Salut !
Un nouveau chapitre.
Bonne lecture !
J'espère que ça vous plaira.
Pilou.
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Chapitre 6 : De l'Irréel au Réel.
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Le temps passa, chaque jour les rapprochant un peu plus de la rentrée au collège et de l'arrivée de la mafia. Nami s'entraînait dur au kendo avec son père et se battait régulièrement contre Mukuro pour s'assurer d'avoir un niveau acceptable. Elle ne le battait pas souvent, mais ça arrivait encore. Et si elle arrivait à être au même niveau que Mukuro dans un combat sans Flammes, alors elle savait qu'elle était à peu près capable de battre quelqu'un du niveau de Hibari. Après tout, Mukuro le battait toujours une fois sur deux dans leurs nombreux affrontements.
Nami regarda le bout de son bôkken et soupira. Elle n'était pas faible, elle pouvait se protéger. Mais elle ne savait pas si sa force était un avantage ou non. Hibari était le plus fort dans la ville. Mukuro était juste derrière lui et elle... elle était à côté de Mukuro. Mais est-ce que cette force la protégera de la mafia ou attirera leur attention ?
Elle soupira de nouveau avant de secouer sa tête pour chasser ses pensées noires et elle reprit ses kata. Les mouvements répétitifs et précis étaient étrangement calmants et suffisaient à satisfaire sa légère hyperactivité. Dans sa vie précédente, elle haïssait le sport et s'était totalement plongée dans ses histoires. Au point où, lorsque ses parents l'avaient faite voir un ostéopathe crânien pour ses migraines chroniques, il lui avait dit qu'elle avait trop d'énergie spirituelle et pas assez d'énergie physique pour balancer le tout. Comme si le chakra existait réellement, comme si ses migraines étaient dû à trop d'imagination et un manque d'activité physique. Elle avait rejeté totalement ces croyances. Après tout, le chakra appartenait au Monde Irréelle, pas au Monde Réelle. Elle avait toujours fait la différence entre les deux.
Le Monde Réel, celui dans lequel elle vivait, logique et chaotique mais sans pouvoirs surnaturels, sans magie, sans énergie spirituelle. C'était un lieu sûr et rationnel pour elle. Effroyablement ennuyeux, certes. Et aussi pourri jusque la moelle avec des humains qui détruisaient tous ce qu'il y a autour d'eux. Mais sa vie était calme et sans danger. Contrairement au Monde Irréel dans lequel elle se perdait, à imaginer des aventures pour des personnages sur lesquels elle avait tout contrôle.
Le Monde Irréel... C'est les mondes dans lesquels les histoires qu'elle aime se déroulent. L'Alagaësia, le monde magique, le Disque-Monde, Konoha, le Seireitei... Là où les pouvoirs surnaturels sont naturels, là où on n'avait aucune autre limite que l'imagination. Dans les histoires, elle pouvait faire ce qu'elle voulait. Elle décidait de la vie des personnages, leurs rêves, leur avenir, leurs amours et leurs haines, leurs peurs et leurs joies. Elle adorait jouer avec ses personnages dans le Monde Irréel, parce qu'elle était en sécurité derrière son écran, dans le Monde Réel. Tout le monde rêve des aventures du Monde Irréel, mais très peu veulent réellement y aller autrement que dans leur imagination. Et encore moins pourraient y survivre. Le Monde Irréel était dangereux et on y risquait sa vie et son intégrité physique en permanence. Il n'est amusant et excitant que tant qu'on reste hors de son influence.
Elle frappa violemment dans l'air en fermant les yeux. Elle était entrée dans le Monde Irréel. Elle ne savait pas comment ni pourquoi, et au fond, ce n'était pas si important de savoir. Ce qu'elle devait faire, c'était trouver la volonté de survivre et de lutter contre l'Intrigue de l'histoire. Elle devait trouver la force mentale de continuer à avancer. Elle était forte physiquement, elle savait se battre et se protéger. Mais elle était aussi terrifiée. Elle n'était pas courageuse, elle était lâche et introvertie. Elle pouvait crier, insulter, critiquer et se débattre autant qu'elle voulait dans son esprit, elle n'avait jamais le cran d'agir physiquement. Après tout, elle n'avait jamais été une actrice, uniquement une spectatrice passive. Elle était toujours plus à l'aise dans le background, dans l'ombre, à écrire ce qu'il se passe dans le Monde Irréel. Comment pouvait-elle prendre le premier pas et écrire sa propre histoire ? Comment pouvait-elle prendre entre ses mains son avenir dans ce monde à la réalité incertaine ?
Elle rangea son bôkken dans son obbi avant de prendre sa bouteille d'eau là où elle l'avait laissée sur le sol. Elle avala quelque gorgée puis se mit à faire ses étirements.
Lorsqu'elle fut calmée, elle sortit du dojo de sa famille et retourna dans la maison en elle-même. Elle jeta un regard à sa tenue, un hakama noir avec un kimono bleu court tombant jusqu'aux genoux et fermé par-dessus un T-shirt violet sombre par un obi noir. Elle haussa les épaules et rangea son bôkken dans un sac spécial qu'elle passa dans son dos avant d'enfiler ses baskets.
_ M'man ! J'vais courir un peu !
_ D'accord, rentre à l'heure pour dîner.
_ D'accord.
Elle prit son keffieh bleu et le drapa autour de son cou, le remontant pour couvrir le bas de son visage, comme à son habitude, avant de placer ses écouteurs dans ses oreilles et de mettre son mp3 en route. Puis, elle sortit et se mit à courir. Pour une fois, Mukuro n'était pas avec elle. Il était à son club et comptait passer un peu de temps avec ses cousins à la salle d'arcade avant de venir chez elle pour dîner. Elle n'arrivait toujours pas à comprendre comment il pouvait avoir une foi aussi aveugle en elle. Le pouvoir qu'elle avait sur lui lui faisait parfois peur. Mukuro lui faisait confiance et l'écoutait pour savoir ce qu'il pouvait ou ne pouvait pas faire. Elle ne faisait que lui donner des conseils avec des explications logiques, mais elle savait que si elle lui demandait sérieusement de tuer quelqu'un ou de commettre un crime, il le ferait sans la moindre hésitation. Elle se doutait qu'il s'était attaché lors de leurs rencontres mentales nocturnes, car elle était la seule lueur d'espoir et de gentillesse qu'il avait lors de ses moments les plus noirs. Mais son obsession et sa dépendance étaient dangereuses, pour lui et pour les autres. Elle savait qu'il ne lui ferait jamais de mal et qu'il serait prêt à tout faire pour rester à ses côtés, mais s'il lui arrivait quelque chose... si elle mourrait encore... il y avait de très forte chance pour qu'il se brise et parte dans une rage meurtrière. Leur relation n'avait peut-être pas passer la ligne du toxique, mais elle avait conscience de la dépendance émotionnel de l'autre, même si elle faisait de son mieux pour la réduire. Une autre raison, elle soupçonnait, pour laquelle elle ne pourra jamais le voir comme un petit ami potentiel. Elle avait trop de contrôle sur lui, pour pouvoir le voir comme un égal.
Elle soupira, il n'y avait rien qu'elle puisse faire à ce sujet. Elle pouvait juste faire de son mieux pour survivre. Le poids rassurant de son bôkken dans son dos allégea son inquiétude à cette pensée. Ce n'était pas un vrai katana, mais un morceau de bois solide pouvait parfois faire tout autant de dégâts entre les mains d'une personne expérimentée.
Elle s'arrêta un moment devant un parc et s'assit sur le muret l'entourant pour reprendre un peu son souffle et profiter de l'air frais de l'après-midi. Ils étaient à peine arrivés sur la fin de l'hiver mais le temps se réchauffait déjà. Elle n'aimais pas le soleil et la chaleur, préférant l'ombre et le climat breton, alors la brise fraîche et les quelques nuages dissimulant la lumière aveuglante et trop forte de l'astre solaire étaient les bienvenues.
Elle se baissa soudainement par réflexe en sentant un objet voler à grande vitesse vers elle. Juste à temps pour qu'une balle de baseball lui passe par-dessus la tête. La balle frappa le muret entourant la maison en face d'elle et s'y enfonça d'au moins un centimètre. Elle l'avait échappée belle. Et elle maudit mentalement Murphy parce qu'il n'y avait qu'une personne capable de lancer une balle avec autant de force. Elle se redressa et allait partir quand un garçon aux cheveux noirs courts et aux yeux noisettes portant un T-shirt de baseball et ayant un gant couvrant sa main droite, se mit devant elle en se frottant l'arrière de la tête avec un air gêné.
Elle soupira et retira un écouteur.
_ Qu'est-ce que tu veux ?
_ Ah ah. Je veux m'excuser pour la balle. Si tu t'étais pas baissée, j'aurais pu te blesser.
Elle haussa les épaules et remonta son keffieh sur son visage en répondant :
_ Je me suis baissée, donc pas la peine de t'excuser. Tu devrais retourner jouer.
_ Tu veux jouer avec nous ? C'est une batte sur ton dos, non ?
_ Non, je ne veux pas jouer. Et ce n'est pas une batte.
Elle se leva et remit son écouteur avant de se détourner et de dire :
_ Je dois retourner à ma course, au revoir.
Puis, elle partit sans attendre de réponse, augmenta nonchalamment le volume de sa musique. Il ne manquerait plus qu'il s'intéresse à elle. Elle devrait peut-être éviter ce parc à l'avenir. Peut-être qu'elle pouvait le contourner dans son circuit pour réduire les chances de croiser de nouveau Yamamoto...
Elle rentra chez elle après une autre heure à courir sans incident et partit aussitôt prendre une douche. Lorsqu'elle retourna dans sa chambre, elle vit Mukuro en train de lire sur le lit et eut un sourire en coin.
_ Hey, Mu. Passé une bonne journée ?
_ Salut Hime-chan. Ça allait. Birdy est venu jouer un peu avec moi et je lui ai mis une raclée. Et toi ?
Elle haussa les épaules avant de s'installer à son bureau pour allumer son ordinateur.
_ Pas trop mal. Me suis surtout entraînée. Faillis recevoir une commotion cérébrale parce que Yamamoto ne sait pas contrôler la force de ses lancés de baseball quand je courrais. J'ai esquivé juste à temps pour éviter sa balle. Je te jure qu'elle s'est enfoncée d'au moins un centimètre dans le mur d'en face.
_ Tu n'aurais pas été la première, grommela-t-il. Ken s'est déjà pris une de ses balles, elles sont horribles.
_ J'espère juste qu'il ne se souviendra pas de moi et n'essayera pas de devenir ami pour se faire pardonner, grogna-t-elle.
_ Pourquoi ?
Elle lui jeta un regard éloquent et il écarquilla les yeux.
_ Oh. Okay, ne pas s'approcher du maniaque du baseball, compris. Tu fais quoi ?
_ Un essais sur la Chance Aléatoire. Faut bien que je tape ça quelque part, ne serais-ce que pour me placer des limites...
_ Vraiment ? Montre !
Il se leva et sautilla vers elle avec un sourire amusé. Elle leva les yeux au ciel et le laissa lire les deux pages qu'elle venait de finir.
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-sSs-
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Théories : Chance Aléatoire.
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Chance Aléatoire (CA)
Une simple définition serait qu'une personne ayant une CA s'attire les pires ennuis possibles et imaginables sans le faire exprès pour s'en sortir de façon improbable et miraculeuse en le faisant encore moins exprès. Il s'agit d'une condition médicale reconnue dans le monde magique qui peut parfois être particulièrement difficile à diagnostiquer.
La CA peut être variable et a plusieurs niveaux.
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Une CA Variable (CAV) est quand quelqu'un a normalement une CA d'un certain niveau (généralement B) mais qui a régulièrement un accidents de niveau plus élevé (A ou S). Un exemple serait quelqu'un avec une CA de rang B qui est particulièrement chanceux ou malchanceux les vendredi 13 dépendant si le mois est paire ou non. Cette personne aurait une CAB avec une variable A sur ces jours précis.
Le cas le plus célèbre de CAV est Harry Potter. Sa CA normal est de rang B mais est élevée à S le jour de Halloween et pour la période fin-Mai – début-Juin. Avec une évolution au rang A lors des matchs de Quidditch.
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En premier, on a le rang le plus bas, le rang C. (CAC)
Le nombre d'incident est assez peu élevé, à environ deux ou trois par an.
La gravité des incidents est généralement basse. Il peut s'agir de simples blessures, à une victoire à la loterie, tout en passant par l'incendie accidentelle de son logement.
Le niveau C est assez peu souvent diagnostiqué parce qu'il n'est pas considéré comme grave et les incidents peuvent être pris pour de simples coïncidences ou hasards. Cependant, il est important de surveiller les signes pour s'assurer que la CA n'évolue pas en un niveau supérieur, ce qui peut parfaitement arriver.
Il n'y a pas vraiment de CAC considérés comme variables. Si ça s'aggrave, alors ça passe directement à un rang B.
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Le deuxième rang est le rang B. (CAB)
La CAB est plus inquiétante que la CAC car plus fréquente, au rythme d'une à deux fois par mois.
Les incidents ne sont pas vraiment mortels, mais s'ils se passent mal, il se peut que le Patient ou les personnes autour de lui se fassent gravement blessés.
Un exemple magistrale qui a permis de diagnostiquer un élève de Poudlard dont on ne citera pas le nom (Il se pourrait que ses initiales soient HJP) serait le suivant :
Notre élève de seconde années, que nous nommerons Harvey, avait trouvé un livre, écrit dans une langue inconnu, dans une classe abandonnées depuis des années. Bien entendu, comme tout jeune garçon de douze ans, il l'a ouvert et il l'a lu. À voix haute. Et tous ceux ayant été élevés par des sorciers, ou ayant un minimum de bon sens, savent que c'est une très mauvaise idée en générale. Harvey ne le savait pas et a réussi à invoquer un démon mineure sans faire exprès. Une pixie sauvage est passée dans le coin et a désorienté le démon, ce qui l'a fait tomber en arrière sur une pierre légèrement déchaussée qui l'a étourdi. Il a essayé de se relever et de foncer de nouveau vers Harvey avant de trébucher, de tomber par la fenêtre et de s'empaler sur l'une des piques en fer accrochées aux murs du château. Ce qui l'a tué parce que ce type de démon est allergique au fer.
Ceci est un exemple d'accident classique pour une CAB. Ils sont dangereux, mais se règlent quasiment tous par eux-même sans que le Patient n'ait à faire quoi que ce soit. Cependant, il faut être prudent quand on interagit avec un patient ayant une CAB car la CA ne couvre pas les personnes autours du Patient au moment de l'incident et il arrive très souvent qu'il y ait des dégâts collatéraux.
La CAB est considérée comme la plus dangereuse en dehors de la S, plus à cause des dégâts collatéraux que parce que la Patient court de réels risques.
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Le rang A. (CA²)
Le rang A est considéré moins dangereux que le B car il est surtout caractérisé par la partie « Chance » de la CA. Il s'agit d'une anomalie, comme expliqué dans l'exemple de l'introduction. Une personne ayant une CA² est soit extrêmement chanceuse soit extrêmement malchanceuse. Elle se présente sous deux formes.
Soit la personne a des épisodes sur des jours ou événements précis. (se référer à l'exemple de la loterie de l'introduction et à la note sur les matchs de Quidditch de Harry Potter.)
Soit la personne est en permanence extra-chanceuse dans un domaine et extra-malchanceuse dans un autre. Par exemple, quand une personne (qui ne s'appelle pas Tsunade) gagne des paries ou gagne à des jeux d'argent, une catastrophe arrive quelque part ou à quelqu'un d'autre proche d'elle.
La CA² se présente principalement chez ceux ayant une CAV, mais peut être aussi trouvée en tant que CA régulière. Elle n'est, en théorie, pas dangereuse pour d'autre ou le Patient, mais quand même à surveiller. Les Casinos et salles de jeux clandestines sont particulièrement vigilants et n'hésiteront pas à mettre à la porte tous ceux suspectés d'avoir une CA², sauf, bien sûr, si elle est négative et leur fait gagner de l'argent à eux.
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Le Rang S (CAS)
Comme le nom l'indique, le rang S est vraiment un cas.
Plus sérieusement, ce rang est le plus dangereux et peut être mortel pour le patient ou les gens autour d'eux. (Se référer en l'occurrence à la mort de Cedric Diggory lors d'un épisode de CAS de Harry Potter.). Il est toujours trouvé dans un CAV et est extrêmement dangereux. Ceux qui l'ont doivent être particulièrement vigilants lors des périodes où le risque d'accident est le plus élevé.
Si ils entreprennent quelque chose, ça se passera mal, que ce soit de façon bénigne (infiltration d'un criminel notoire dans une école pleine d'enfants) ou mortelle (Cedric Diggory). Cette CA applique en permanence la Loi de Murphy et il faut donc toujours se préparer au pire.
La fréquence des épisodes est régulière. Ils n'arrivent que sur certains jours précis ou certaines périodes de l'année. Ce fait rend une CAS assez facile à diagnostiquer et ceux l'ayant sont surveillés de près par une section spéciale des Aurores et de St Mangouste afin de minimiser les risques ou d'au moins pouvoir faire le ménage après la catastrophe inévitable. Ceux ayant une CAS doivent s'enregistrer auprès de St Mangouste et préciser les jours où les risques d'accidents sont les plus élevés. Il s'agit du seul type de CA qui demande une surveillance régulière et que le Patient soit enregistré auprès des autorités.
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Ceci conclu la description des différents types de CA.
J'espère que cela répondra aux questions des jeunes sorciers et sorcières lisant cet essai sur cette condition peu connue mais pourtant tellement répandue.
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-sSs-
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Mukuro éclata de rire devant les exemples et le ton de l'article et prit un moment pour se calmer. Nami regarda sa réaction avec un sourire amusé et attendit patiemment qu'il se remette à respirer normalement.
_ Pauvre Harry Potter, tu es vraiment méchante avec lui.
_ Ce n'est pas être méchante, c'est juste être une auteur. Le Monde Irréel est mon domaine, j'y fais ce que je veux.
Il hocha la tête sagement, connaissant son avis sur la différence entre les deux mondes. Puis, il se figea soudainement avec un air pensif.
_ Tu sais... Tu as toujours fais la différence entre le Réel et l'Irréel... Et si ton problème avec tes Flammes, ce n'était pas ta Volonté, mais ta façon de voir le monde ?
_ Comment ça ?
_ Le monde dans lequel on vit, pour toi, avant, c'était juste un manga. Une simple partie du Monde Irréel. Peut-être que tu n'arrives pas à manifester tes Flammes parce que tu ne vois pas notre monde comme ton nouveau Réel, mais toujours comme Irréel. Après tout, tu arrives à les toucher quand tu médites.
Elle ouvrit la bouche pour nier ses paroles, mais... Elle se rendit compte qu'il avait probablement raison. Elle considérait toujours qu'elle avait été projetée dans le Monde Irréel et faisait une nette différence dans son esprit entre ce qui est Réel et ce qui est Irréel. Et un pouvoir comme les Flammes de Dernière Volonté faisaient partie de l'Irréel dans son esprit. Reconnaître qu'elle avait ce pouvoir, c'était reconnaître qu'elle n'était plus en sécurité dans son ancien monde mais en danger dans ce qui était auparavant Irréel. Pour elle, l'ancien monde était le Monde Réel et ce nouveau monde faisait partie du Monde Irréel, il n'existait pas tant qu'elle ne le reconnaîtrait pas.
Mais elle était lâche, elle était terrifiée à l'idée d'accepter ce nouveau monde comme sa nouvelle réalité. Si elle l'acceptait, si elle acceptait ses Flammes, alors elle acceptait la mafia et les dangers que l'Intrigue allait apportés très rapidement. Et ça lui faisait peur. Elle était généralement assez blasée et apathique, à la limite de la sociopathie parfois, mais sur ce coup-là, elle avait peur. Elle ne voulait pas être mêlée à l'histoire. Elle ne voulait pas être en danger.
Elle sentit soudainement les bras de Mukuro autour d'elle et ne se rendit qu'alors compte qu'elle avait commencé à hyperventiler.
_ Shhhh... Doucement, Hime-chan. Je suis là. Je te protégerais de ma vie, ne t'en fais pas.
_ Pourquoi... murmura-t-elle. Pourquoi m'es-tu si dévoué ?
Il s'accroupit par terre devant elle en la regardant dans les yeux avec détermination et en lui tenant les mains avant de répondre doucement :
_ Lors de mon emprisonnement, tu étais ma lumière, ma conscience, ce qui me maintenait sain d'esprit. Tu me montres ce qui vaut la peine de conserver ce monde pourri jusque la moelle, aujourd'hui encore tu me maintiens sain d'esprit et lucide. Tu es mon pilier, ce qui m'ancre dans la lumière et m'empêche de sombrer dans l'obscurité dans laquelle j'ai failli me plonger volontairement lorsque les expérimentations sont devenus trop douloureuses à supporter. Je sais que cette obsession, cette dépendance, est dangereuse, que je suis en permanence en équilibre sur un fil au-dessus du gouffre, mais je m'en fiche parce que tu es là avec moi. Ma princesse, ma lumière, mon ancre. Je te suivrais jusqu'au bout et je te protégerais, quoi qu'il arrive.
Elle écarquilla les yeux face à sa sincérité et sa dévotion. Elle ferma les yeux avec douleur, elle ne savait pas si elle était digne d'une telle déclaration. Elle était égoïste et lâche, elle était loin d'être sociable ou aimable avec d'autres êtres humains. Mais Mukuro croyait en elle et la tenait en si haute estime... Elle se laissa glisser au sol avec lui et le prit dans ses bras en laissant échapper quelques larmes. Elle ne savait pas si c'était de soulagement ou de tristesse et s'en fichait un peu.
_ Mu... Je te promet de faire de mon mieux pour être digne de ta vie, murmura-t-elle.
Ses bras se refermèrent autour d'elle et il répondit d'un ton sûr :
_ Tu l'es déjà, Hime-chan.
Elle ferma les yeux en se détachant de lui alors qu'il lui saisissait de nouveau les mains. Elle était terrifiée. Elle ne voulait pas reconnaître l'existence du monde. Mais elle savait que continuer d'être volontairement aveugle n'était pas la solution. Elle devait ouvrir les yeux et accepter. Accepter que le précédent monde n'était plus le sien. Accepter que ce nouveau monde était sortit du Monde Irréel et était devenu le Monde Réel. Elle prit une inspiration saccadée et chercha ses Flammes. Indigo et violet, si semblables au brouillard qui l'avait accueillie dans ce monde, se mirent à danser derrière ses paupières et elle se força à reconnaître leur existence, leur réalité. C'était ses Flammes et elles existaient. Elles existaient, tout comme le monde autour d'elle. Elles étaient réelles, tout comme sa nouvelle vie et le monde dans lequel elle vivait.
Elle rouvrit lentement les yeux et les fixa sur ses mains dont les paumes étaient tournées vers le haut. Dans la droite, de l'indigo. Dans la gauche, du violet. Des Flammes dansaient paresseusement sur sa peau, la réchauffant plaisamment et humant joyeusement dans son esprit.
_ Elles sont réelles, murmura-t-elle avec révérence.
Mukuro lui sourit et fit apparaître ses propres Flammes, faisant se mêler les deux Brouillards. Ils sentirent brusquement un lien se mettre un place entre leurs esprits et le sourire du garçon s'agrandit.
_ Elles sont réelles et à toi, Hime-chan.
Elle ferma les yeux et se laissa aller contre son ami, fatiguée par son entraînement et la première manifestation de sa Volonté. Elle s'endormit avec le cœur un peu plus léger, un faible sourire sur les lèvres.
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Merci d'avoir lu !
Votre avis ?
Pilou.
