Heya !
Plus court que d'ordinaire, mais... Ouais, j'ai dis tout ce que j'avais à dire dans ce chapitre.
Merci de vos commentaires, ils me font vraiment plaisir.
N'hésitez pas à aller voir mes autres fics !
Bonne lecture !
Pilou.
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Chapitre 12 : Apathie.
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Nami entra dans la pâtisserie en fredonnant, l'anniversaire de Chikusa était dans une semaine et elle s'était portée volontaire pour commander le gâteau. Elle l'aurait bien fait elle-même, mais elle avait encore du mal à faire son préféré, une forêt noire à la cerise. Elle s'arrêta en voyant Sawada et Sasagawa avec une autre fille. Brillant... Elle choisit de les ignorer pour foncer vers le comptoir, mais bien sûr, il fallait qu'ils l'appellent.
_ Ah Akane-chan !
Elle soupira et se tourna vers Sasagawa avec un sourire polit.
_ Kyoko-san. Sawada... Et fille que je ne connais pas.
_ Haru est Miura Haru ! Qui es-tu ? Est-ce que tu viens aussi acheter tes gâteaux du mois ?
_ Je suis Akane Nanami, une camarade de classe de Kyoko-san et Sawada. Et non, je viens commander un gâteau pour l'anniversaire d'un ami.
Kyoko sourit avec un air excité :
_ Oh ! Lequel est-ce ?
_ Chikusa, répondit-elle simplement.
Kyoko hocha la tête. Haru, quant à elle demanda :
_ Donc tu n'as pas de jour du gâteau ?
_ Pour quoi faire ? Je fais assez de sport pour brûler toute calories superflues. Je ne surveilles pas vraiment mon alimentation et manges des pâtisseries et sucreries quand ça me chante. C'est juste que, généralement, je préfères les faire moi-même.
Elle n'avait jamais vu l'intérêt de faire attention à sa ligne, que ce soit dans cette vie ou la précédente. Surtout si ça voulait dire se priver de choses qu'elle aimait. Et vu comment elle était active dans cette vie, et la vitesse de son métabolisme, elle ne prenait pas un kilo de trop, donc elle pouvait se permettre de n'en avoir rien à faire. Les deux filles semblèrent surprises de l'entendre dire ça et elle vit une pointe d'envie dans leurs regards. Elle haussa les épaules et se tourna de nouveau vers le comptoir, elles avaient qu'à être actives si elles ne voulaient pas prendre du poids.
_ Pourquoi est-ce que vous ne viendriez pas toutes les trois à la maison ?
_ Non merci, Reborn-san. J'ai tout juste le temps de passer cette commande avant d'aller à une séance d'entraînement. Et vous savez que j'apprécie peu Sawada.
Reborn hocha la tête, ne poussant pas le sujet avec elle, mais réussi à convaincre les deux autres filles de les suivre. Elle ignora la façon dont Sawada déprima en l'entendant dire qu'elle ne l'appréciait pas. C'était vrai et elle n'allait pas ménager ses sentiments en faisant comme si elle ne le trouvait pas irritant. Peut-être qu'il s'améliorait au fil des ans dans le manga, mais à cet âge ? Il était égocentrique, insensible envers les autres et un fainéant de première. On parlait, après tout, d'un gars qui avait demandé à Reborn de tabasser un gosse de cinq ans pour le forcer à utiliser son bazooka et se servir de son double du futur pour se débarrasser de Bianchi.
Elle commanda sa forêt noire et s'en alla. Michaella et elle devaient se rendre dans la ville voisine pour l'entraîner à traquer des cibles et repérer les meilleurs endroits où effectuer des coups. Elles en profitaient pour pratiquer sa technique pour effacer sa présence et passer inaperçue. Nami était un peu inquiète de la facilité avec laquelle elle pouvait réussir ces exercices, mais avait conscience que c'était une bonne chose dans la profession qu'elle avait choisie.
L'anniversaire de Chikusa se passa bien. Juste un dîné avec les trois Cavallone, avec des cadeaux de la part de chacun. Mukuro lui avait donné du venin de divers animaux, voyant qu'il utilisait des poisons. Nami quelques manhwa de cultivation, sachant que les histoires fictives pouvaient donner beaucoup d'inspiration. Et Ken lui avait donné un CD de son groupe préféré.
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-sSs-
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Le premier décembre, ils furent rassemblés dans la maison des Cavallone au petit matin.
_ Okay, les bambini, l'avion du Boss vient de partir pour Namimori. Il devrait arriver dans la journée.
_ Pourquoi est-ce qu'il est là maintenant ? Je croyais qu'on avait au moins un an de formation avant qu'il ne se passe quoi que ce soit, marmonna Ken.
_ Il vient tester le futur Decimo de Vongola pour voir s'il fera un bon allié ou non. Ça, et, comme il a aussi été formé par Reborn, il le considère un peu comme un kōhai.
Ils hochèrent la tête, acceptant l'explication. Leonardo reprit la parole :
_ Cependant, ça ne veut pas dire qu'il ne veut pas vous rencontrer. Il n'ira voir Sawada que le 3, mais demain, il passera une partie de l'après-midi avec vous. Donc tenez-vous bien, d'accord ?
_ Bien sûr, répondit Nami.
C'était une étape importante de leur plan pour rejoindre cette famille. Ils devaient faire une bonne impression sur le Boss. Même s'il était plus détendu qu'un Boss normal, Dino était tout de même leur supérieur hiérarchique.
_ Est-ce qu'il va rester ici ? Et pour combien de temps est-il là ?
Elle pouvait comprendre l'inquiétude de Mukuro, considérant que la maison était assez pleine. Les trois adultes avaient chacun une chambre et les trois garçons se partageaient le grenier, qui avait été remodelé en chambre supplémentaire. Ils avaient chacun un lit mezzanine avec un bureau en dessous, même si Mukuro dormait les trois quarts du temps chez Nami. Il avait hésité à accepter l'offre des Akane de l'adopter, quand ils étaient coincés à l'orphelinat, mais même s'ils pouvaient aisément s'occuper d'un second enfant, quatre auraient été trop pour eux. Donc, ne voulant pas laisser ses cousins derrière, il avait continué de refuser. Et, maintenant qu'ils vivaient chez les Cavallone et allaient rejoindre leur famille, il n'en voyait pas l'utilité. Même s'il était extrêmement reconnaissant envers la famille qui l'avait accepté comme l'un des leurs. Il savait qu'il était considéré comme le frère jumeau de Nami et, honnêtement, ça ne le dérangeait pas tant que ça.
_ Non, on a décidé d'acheter une plus large maison en bordure de la ville, comme quartier général. On va continuer d'utiliser celle-là comme point de rencontre, et hôpital de fortune si besoin, car elle est plus proche de là où vit Nami. Quant à la durée de son séjour, environ un mois, il repartira après le nouvel an.
Ils hochèrent tous la tête. Le reste de la journée fut passée à revoir les protocoles quand on rencontre le Boss. Il n'y en avait pas beaucoup et ils se résumaient pour la plupart à « soit polit et ne l'attaque pas » mais les trois adultes voulaient être sûrs que leurs charges ne fassent pas d'erreur. Ils s'étaient attachés à eux, au fil des mois, et voulaient vraiment les voir intégrer la famille.
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-sSs-
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Elle faisait son jogging matinal, son katana dans un sac à son épaule, quand elle fut rudement interrompue par une fille qu'elle n'avait plus vue depuis l'incident à la pâtisserie.
_ Hey ! Akane !
Elle s'arrêta en soupirant et retira ses écouteurs pour fixer la jeune fille qui se dirigeait vers elle, armée d'une crosse de hockey.
_ Quoi ?
_ Je te défis pour l'amour de Tsuna-kun !
_ Tu peux l'avoir, il m'intéresse pas.
Elle se retourna pour reprendre son chemin, quand la gamine parla de nouveau :
_ Pourquoi ? Il est gentil et courageux et altruiste...
Elle la fixa avec un air blasé, sentant l'Apathie pointer le bout de son nez.
_ On connaît clairement deux Sawada différents. Et pourquoi tu me questionnes ? Je t'ai dis qu'il était tout à toi, alors arrête de m'emmerder.
_ Mais je ne peux pas te laisser le dénigrer comme ça alors que tu as clairement son amour !
Elle soupira encore une fois. La fille n'allait pas la lâcher. L'irritation rejoignit l'apathie et, pour une fois, elle ne chercha pas à lutter.
_ Écoute, gamine, j'en ai rien à faire de ce qu'une idiote naïve comme toi pense. Alors, fous-moi la paix.
_ Je ne suis pas idiote ou naïve ! Et on a le même âge !
_ Si. Tu ne te rends même pas compte du monde dans lequel tu fonces tête baissée. Ou est-ce que tu continues de penser sérieusement que Reborn-san est un enfant innocent ?
_ Bien sûr ! Reborn-chan est l'innocence pure, comment oses-tu dire le contraire ?!
_ Parce que c'est le cas. C'est un adulte, tueur à gage, maudit sous la forme d'un enfant. Et il forme Sawada pour devenir un boss de la mafia. Ce qui veut dire, illégalité et morts. Ce qui veut dire, petite gamine ignorante, que, plongée dans le déni comme tu es, tu ne survivras jamais ce monde. Encore moins en tant que femme du boss.
La jeune fille s'énerva aussitôt et lui fonça dessus en levant sa crosse. Nami soupira et, dans un mouvement trop rapide pour être vu par le commun des mortels, elle dégaina son katana. La crosse fut coupée en deux et une ligne rouge apparut sur le bras de Haru, allant du poignet au coude. Nami nettoya rapidement sa lame avec un chiffon et la rengaina, pendant que l'autre fille s'effondrait à terre, sous le choc. Elle referma le sac et le remit sur son épaule avant de lancer :
_ Réveilles-toi au monde réel, gamine. Le chemin que tu cherches à marcher n'est pas celui du paradis, mais des enfers.
Puis, elle remit ses écouteurs et repartit. Elle essaya de chasser l'Apathie qui essayait toujours de reprendre le dessus. Mais c'était difficile, c'était juste un de ces jours. Elle s'arrêta dans un parc et s'assit sous un arbre, à l'écart, les genoux repliés vers elle et la tête enfuie dans ses bras croisés. Elle essaya de contrôler sa respiration, de reprendre le contrôle de son esprit et de chasser les brumes de l'Apathie. C'était de plus en plus difficile pour elle d'y arriver.
Dans sa vie précédente, elle avait été vraiment apathique envers la vie elle-même. Elle ne voyait pas l'intérêt, le sens d'une vie. Tout le monde allait avec le mouvement, mais personne n'était important. Des milliards d'humains, des milliards de visages sans distinction. Qu'importait la vie ? On travaillait pour manger et avoir un toit, on faisait des enfants pour perpétuer l'espèce, mais au final, on était juste un visage sans nom dans une foule sans direction. Sans le besoin de se battre pour leur survie, les humains allaient juste avec le mouvement. L'Apathie avait submergé la plupart de ses sentiments. Elle savait qu'elle aimait sa famille, mais n'arrivait jamais à le montrer, à le dire. Elle n'arrivait pas à créer des liens, parce que, à quoi bon ? Son existence sur terre n'avait aucun sens, juste une vie de plus.
Mais elle s'était promis d'essayer de donner un sens à sa vie, ici, de chasser l'Apathie qui l'avait accompagnée toute sa vie précédente. Et elle avait réussi, d'abord avec le kenjutsu familiale, puis avec sa décision d'élever Mukuro du mieux qu'elle pouvait, et, maintenant, avec leur but de rejoindre les Cavallone. Cependant, l'Apathie arrivait parfois à reprendre le dessus, à lui faire se demander « à quoi bon ? » quand elle était au plus bas. Mukuro aidait, il était toujours là pour lui rappeler qu'elle devait s'occuper de lui. Mais, plus il grandissait et se développait en tant que personne, plus elle avait du mal. Elle avait le kenjutsu, qui lui permettait de se sentir vivante, mais ça ne durait que le temps d'un combat.
Elle connaissait la peur, la colère, l'amour qu'elle avait pour sa famille. Mais elle avait du mal avec le reste. Elle avait du mal à voir ceux avec qui elle n'avait pas de lien, ou qu'elle ne connaissait pas du manga, comme réels. Il lui arrivait, quand elle allait faire des courses dans le quartier commercial, ou même à l'école, avec des gens qu'elle côtoyait depuis des années, de ne juste pas voir les visages des gens autour d'elle. Ils n'étaient juste pas réels, pas des gens. Et elle avait peur de son incapacité à voir ceux qu'elle ne connaissait pas. Parce que ça voulait dire, que si elle ne les voyait pas comme réels, alors elle n'aura aucun mal à les tuer. Et ça lui faisait peur. Après tout, une fois qu'elle aura franchi ce cap, qu'est-ce qui l'empêchera de se limiter à ses cibles ? Qu'est-ce qui l'empêchera de craquer et d'ignorer les morales avec lesquelles elle avait grandi ?
Elle prit une autre inspiration, essayant encore une fois de chasser l'Apathie. Elle ne voulait pas s'éteindre de nouveau, perdre sa Volonté de vivre, d'être quelqu'un. Mais elle savait que c'était une lutte perdue d'avance...
Elle réagit par réflexe en sentant une attaque arriver vers elle. Elle roula, dégaina et contre-attaqua. Elle mit plusieurs secondes d'échanges de coups avant de se rendre compte qu'elle se battait contre Hibari. La peur instinctive qu'elle avait de le combattre essaya de remonter, mais l'Apathie la noya et elle continua. Esquive, coupe, pare, coup de pied, pas de côté, tranche... Au fur et à mesure de leur danse, alors qu'elle recevait des bleus et le garçon recevait des coupures sur tout le corps, son regard vide commença à se remplir de vie. L'Apathie perdit du terrain face à la joie du combat, face à l'adrénaline. Et lorsqu'elle parvint à désarmer Hibari et à le maintenir à terre avec sa lame sur la gorge, elle respirait de nouveau normalement. Elle était de nouveau en vie.
_ Hn. La Carnivore est réveillée.
_ Ouais, désolée. J'ai des mauvais jours.
Il hocha la tête et elle se hâta de retirer sa lame. Il se releva et récupéra ses tonfa, mais n'attaqua pas de nouveau. Elle se laissa tomber contre le même arbre qu'avant et commença à entretenir son katana alors qu'il utilisait un kit de secours pour traiter ses plaies.
_ Tu es fortes.
_ Merci.
_ Alors pourquoi prétendre être faible ?
Elle ferma les yeux un instant, hésitant à lui dire. Puis, elle décida qu'il était digne de confiance, sur ce point. Elle refusait de partager ça avec Mukuro, il était sa charge, elle ne voulait pas lui mettre ce poids sur les épaules. Mais Hibari était ce qu'elle avait de plus proche d'un ami.
_ J'ai peur de ma force, et de ce que mon apathie face au monde me fera faire avec cette force.
Le préfet la fixa un instant avec un regard impénétrable, avant d'avoir un reniflement dédaigneux.
_ Stupide. Tu n'es pas apathique si tu t'inquiètes de ce que tu peux faire. Tu es une Carnivore, une louve qui fonctionne en meute. Tu n'utiliseras ta force que pour protéger ta meute, pas pour agir en hyène et tuer tout ce qui t'entoure. Arrête d'avoir peur et accepte tes instincts.
Elle le fixa un long moment, essayant de comprendre ses paroles. Puis, elle ferma les yeux avec un rire amer. Évidemment, l'autre Nuage avait raison. Son territoire était sa famille et ses amis. Elle les protégeait. Oui, elle était assez apathique face au reste du monde, mais ça voulait aussi dire qu'elle ne voyait pas l'intérêt de s'en mêler. Du temps qu'elle continuait à se demander « Pourquoi est-ce que je devrais tuer cette personne ? » plutôt que « Pourquoi est-ce que je ne devrais pas tuer cette personne ? » alors elle devrait s'en tirer.
_ J'étais vraiment stupide, hein... Désolé, Hibari. Je vais essayer de faire mieux.
_ Bien. Ne fuis plus nos combats.
_ Je suis occupée.
_ Alors trouves le temps.
Elle soupira, mais hocha la tête. Puis, elle eut une idée et montra ses Flammes au garçon qui les regarda avec intérêt.
_ Violet permet d'augmenter ou multiplier. Indigo de créer des illusions et manipuler les sens des gens. Tu as les deux, apprends à les utiliser, et peut-être que nos combats seront intéressants.
_ Comment ?
_ Méditation et Volonté. Mais, attention, pouvoir n'a aucune valeur sans contrôle.
Il hocha la tête avant de partir. Elle se laissa aller un instant contre le tronc, respirant calmement, contente de juste se sentir vivante.
Elle finit par reprendre son jogging, l'esprit plus léger.
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Voilà
Avis ?
Pilou.
