Voici tous les drabbles que j'ai écrits mais pas publiés depuis un an sur ce fandom. En hommage à Kazuki Takahashi. Merci pour tout ce que vous avez couché sur papier et produit en animation, ça a changé ma vie en me donnant encore plus de choses auxquelles rêver. Et des gens à rencontrer. Merci de me donner encore tellement d'émotions douces et tristes.
Camionnette/Tour/Râler - Zexal - 195 mots
Un nouveau chaos de la route entraina un nouveau cri de douleur de la part de Rio, assise par terre au milieu de coussins qu'on avait essayé d'assembler comme on pouvait dans cette camionnette grise et inconfortable.
« Tiens bon, Rio, on est presque arrivés, lança son frère Réginald alias Shark, qui conduisait le véhicule en le confondant sûrement avec une moto, si on en croyait les dérapages et les virages brusques qu'il lui imprimait. »
Ou alors, c'était à cause des créatures malfaisantes qui les traquaient depuis des heures, avides de mettre la main sur l'enfant à moitié astralien – parce que le bébé d'Astral, l'émissaire d'Astra World – que la jeune femme portait et qu'elle était sur le point de mettre au monde. Heureusement, la tour où logeaient Kite et son frère Hart n'était pas loin et le lieu ultra sécurisé suffirait à les protéger. Tori, désespérée, regarda son amie, Astral qui essayait de l'encourager avec l'aide de son meilleur ami Yuma, dont Rio était en train de broyer la main tant elle la tenait fort. Eux qui avaient souvent râlé après les excès de protection de Shark, ils savaient maintenant qu'il avait eu raison.
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Silence/Espoir/Bleu - Zexal - 211 mots
Le silence qui régnait dans la pièce n'avait jamais été aussi angoissant. Plus que tout, Astral craignait que son bébé se mette à pleurer, ce qui attirerait à coup sûr leurs poursuivants sur eux. Finalement, la protection de la tour d'Heartland n'avait pas été assez forte… et Astral, en croisant le regard de son meilleur ami, lut dans ses yeux rouges autant de peur que dans ses propres iris bicolores. Yuma, d'ailleurs, baissa son regard vers l'enfant et ses cheveux bleu ciel, si insolites mais qui rappelaient tellement ceux d'Astral et le monde de purs esprits d'où il venait, avant de prendre cette apparence humaine. Sans réfléchir plus longtemps, Yuma ouvrit soudain la porte de la penderie dans laquelle ils s'étaient retranchés et bondit à l'extérieur pour attirer les créatures sur lui. Sans un bruit. Astral non plus ne put pas crier pour le retenir. Briser le silence leur paraîtrait un signal de mort, à tout les deux. Le seul éclat qui brillait encore dans le cœur de l'ancien émissaire, c'était que la première émotion humaine que son ami lui avait apprise était l'espoir. Il devait s'y accrocher. L'espoir que tout cela n'était pas vain. Que son enfant s'en sortirait. Que Yuma ne se ferait pas tuer à cause de lui.
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La photo d'une conserve de lentilles cuisinées à l'Auvergnate - GX – 176 mots
« Qu'est-ce qu'on mange ce soir ? demanda Alexia en prenant place dans la cafétéria de la section Rouge Sliffer.
-Eh bien, tu as le choix entre des lentilles, des lentilles ou des lentilles, répondit Chad d'un ton désabusé en lui montrant l'empilement de boîtes de conserve titrées "Lentilles cuisinées à l'Auvergnate" qui occupait toute une partie de la pièce.
-Mais enfin, qu'est-ce qui s'est passé ici ? s'exclama la jeune fille.
-Ce qu'il se passe toujours dans la cantine des Sliffer, lui exliqua Syrus. L'académie achète notre nourriture en gros et on mange la même chose tous les jours pendant des semaines.
-Quoi ? Mais c'est de la maltraitance !
-Tu as bien échappé au dortoir des Bleu Obelisk pour avoir plus de liberté, n'est-ce pas ? s'assura Jaden. Eh bien, considère que tu l'as gagnée et que tu as même des bonus : finie la nourriture haut de gamme immangeable des Obeliks, goûte donc ces succulentes lentilles nourrissantes ! Tu peux même les manger avec les doigts.
-Non, Jaden, ça c'est vraiment dégoûtant. »
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Une lanterne sous une pluie battante, pour une image dont les tons sont uniformément noirs et gris - Zexal - 150 mots
Astral regarda sans comprendre les teintes noires et grises qui avaient envahi le monde. Tout était mort; l'air paraissait ne plus circuler, les choses ne bougeaient plus, même la pluie avait été figée dans sa chute. Le monde était bien mort… et, depuis le temps qu'il était là à parcourir la ville sans trouver personne, il avait eu tout le loisir de se mettre sérieusement à penser que les êtres vivants avaient tous disparu aussi. Tous… même Yuma. Il se maudissait déjà de ne pas avoir été là pour l'aider, le protéger, veiller tout simplement sur son meilleur ami… D'un regard désespéré, lancé de ses yeux bicolores or et argenté, l'émissaire d'Astra World fixa la lanterne en cuivre qui se trouvait devant lui. Elle était brisée, comme si la lumière s'en était enfuie. Et il ne pouvait pas s'empêcher de voir l'âme perdue de Yuma à travers cette vision…
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La chanteuse de salle de bain - Zexal - 145 mots
L'eau chaude était absolument parfaite. Elle délassait ses muscles noués, lui donnait une délicieuse sensation de bien-être. L'odeur douce d'abricot lui donnait l'impression de flotter dans un de ses plus beaux rêves et la couleur des murs prolongeait cette sensation d'apaisement. Tout était parfait, elle était bien, tout ça lui donnait toujours envie de chanter !
« Hé, la chanteuse de salle de bain ! Sors de là, il y en a d'autres qui attendent leur tour !
-Leur tour de chant ? répondit Rio en faisant semblant de ne pas comprendre. Tu peux commencer à fredonner, si tu veux ! Pas besoin d'être dans une salle de bain pour ça, Réginald. »
Elle entendit son frère grommeler et lâcha un rire satisfait. Il n'oserait pas rentrer pendant qu'elle était dans son bain, elle ne risquait pas d'arrêter maintenant de lui casser les oreilles !
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Kiwi - Zexal - 155 mots
Quand Yuma avait donné du kiwi à manger à Astral pour la première fois, il ne s'était pas attendu à le voir faire une tête pareille, ni se mettre à avoir des problèmes pour respirer. Le verdict était rapidement tombé : l'ancien émissaire d'Astra World était allergique.
« Mais c'était un fantôme fluorescent il y a encore quelques jours ! s'exclama Yuma en désignant son ami d'un doigt accusateur, pendant que Tori appelait l'hôpital. Comment un esprit peut-il être allergique à quoi que ce soit ? Hé, Astral, tu as vraiment fait n'importe quoi quand tu t'es incarné.
-Yuma, laisse-le ! ordonna Tori en lui faisant les gros yeux. Ce n'est pas très sympa de lancer des chamailleries alors qu'il ne peut pas se défendre !
-C'est bon, je vais bien…, affirma Astral d'une voix étouffée. »
Yuma finit par montrer à quel point il s'inquiétait vraiment et se pencha pour lui tenir la main.
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Glace/Plage/Crêpe – Duel Monsters - 166 mots
Le petit Joey était trop jeune pour avoir de l'argent de poche, mais il avait réussi à vendre quelques unes de ses petites voitures dans la cour de l'école, en se rapprochant d'un gamin riche qui, lui, avait de la monnaie à revendre. Grâce à ça, il avait pu acheter les deux billets de bus dont il avait besoin pour conduire sa petite sœur à la plage, échappant à une énième dispute de leurs parents, et acquérir une gourmandise au stand de sucreries de la station balnéaire. Il était si petit qu'il avait bien du mal à atteindre le comptoir mais il avait fait rouler fièrement les petites pièces brillantes, très content de pouvoir les échanger contre une crêpe fondante, napée de chocolat et d'une touche de chantilly, et surmontée d'une boule de glace à la vanille. Sérénity et lui avaient dévoré leur dessert à belles dents avant d'aller faire des châteaux de sable. Des bonheurs si simples mais dont ils se souviendraient toute leur vie.
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Glace - Zexal - 166 mots
« Comment fait-il pour en avoir partout, comme ça ?
-C'est un cochon !
Astral et Tori, l'un les sourcils haussé et l'autre les sourcils froncés avec exaspération, observaient Yuma qui en était à sa quatrième glace. La substance crémeuse, blanche et froide, avait débordé partout sur son nez, ses joues et même ses cheveux. Astral, qui ne savait même pas dans quel sens ça se tenait à peine quelques minutes plus tôt, en était pas mal impressionné.
« N'écoute pas Tori, lui glissa Yuma en ralentissant sa marche pour parvenir à sa hauteur. C'est beaucoup plus amusant quand tu manges ta glace sans craindre d'en mettre partout au moins éternuement !
-Pourquoi est-ce que j'éternuerais ? rétorqua l'ancien émissaire. »
En réponse, Yuma donna soudain un petit coup dans son cornet croustillant, qui se souleva et étala un peu de glace sur le visage d'Astral. Celui-ci éternua aussitôt et le dessert éclaboussa partout.
« Yuma ! protesta-t-il pendant que son ami s'enfuyait en riant. »
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Basculer - Zexal - 125 mots
Un mouvement de trop et Yuma avait toutes les chances de basculer dans le vide. En bas, c'était des rangées de pieux effilées qui l'attendaient… s'il n'avait pas de chance, parce qu'autrement, le pavage en pierre et la hauteur se chargeraient de lui briser le crâne. Le chantage terrible que Vector lui faisait pour gagner ce Duel rendait Astral fou de colère. Se servir de son amitié pour Yuma pour l'empêcher d'attaquer, c'était lâche. Il savait bien, ce Barian maudit, que malgré tout ce qu'il avait manigancé dans son dos pour briser totalement sa confiance envers l'adolescent, leur lien était toujours aussi fort. Un instant, Astral s'interrogea sur ce paradoxe. Yuma était toujours son meilleur ami, et pourtant, il ne lui faisait plus entièrement confiance.
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Violet – Duel Monsters – 174 mots
Seto Kaiba, depuis qu'il était parti sans se retourner, ne montrait plus aucun signe d'intérêt pour quoi que ce soit. Certes, il avait toujours impassible, parfois moqueur, et ne s'embarrassait pas de ce que pensaient les autres, mais là, c'était différent. Il paraissait éteint et vide. Quelque chose, après toutes les souffrances qu'il avait vécues pendant des années, semblait avoir fini par craquer en lui. Yugi et ses amis avaient tout fait pour qu'ils réagissent, lui parlant à tour de rôle de Duels (c'était Yugi), de son entreprise de jouets (c'était Téa) et d'à quel point il aimait emmerder le monde (ça venait de Tristan). Mais ce fut Joey qui parvint à le faire réagir, lui parlant de Makuba et de la tristesse qu'ils pouvaient lire dans ses yeux gris…
« Violets, répliqua soudain Kaiba en se redressant. Makuba a les yeux violets. »
Il n'y avait qu'un grand frère pour avoir pu observer toutes les nuances de couleurs jouant dans les prunelles de son cadet. Et son instinct semblait se remettre en marche.
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Le blues du business man – Duel Monsters – 174 mots
Le blues du business man pouvait toucher tout le monde, même ceux qui n'étaient pas exactement des business man et qui étaient parvenus à se créer leur petite bulle de normalité, de vie sereine et d'espace dans lequel ils pouvaient un peu oublier leur travail. Certes, Makuba n'était « que » le vice-président de la Kaiba Corp., il avait moins de pression et de responsabilités et il pouvait sans crainte partir quelques jours en voyage avec sa femme et leurs quatre enfants sans se soucier de rien. Son frère était capable de faire le travail tout seul.
Mais, parfois, il se prenait à imaginer comment serait la vie s'ils étaient restés des frères normaux. Est-ce qu'ils seraient aussi proches ? Est-ce que la vie les aurait séparés ? Cette deuxième hypothèse l'effrayait pas mal. Toute leur vie, Seto et lui avaient tout fait l'un pour l'autre. Même se faire adopter par un business man, d'ailleurs. Ils l'avaient fait pour rester ensemble et pour être heureux. Makuba s'en souvenait toujours. Et alors, ça allait mieux.
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Congé – Duel Monsters – 203 mots
Makuba avait bien manœuvré. Il avait préparé son plan longtemps à l'avance, s'était assuré qu'il était parfait. Il était passé dans tous les services, avait rapidement su faire comprendre à ses employés que, s'ils voulaient un peu de repos pendant l'été, ils allaient devoir mentir un peu à leur patron. Les budgets avaient été bouclés, les productions avaient atteint les chiffres qu'il fallait avec encore un peu de réserve, la publicité avait été programmée pour rappeler tout le reste des vacances que la Kaiba Corp. était le meilleur moyen de trouver exactement ce dont ils avaient besoin pour amuser leurs enfants pendant la saison haute.
Résultat, l'entreprise avait fermé et Kaiba s'était pratiquement retrouvé jeté dehors. Un peu déboussolé, portant une chemise et un short à cause des températures étouffantes, il observa son frère s'approcher de lui avec un grand verre de grenadine bien froide à la main.
« J'ai comme l'impression de m'être fait piéger, marmonna-t-il en mettant la paille dans sa bouche.
-Mais non ! rétorqua Makuba. Jamais je n'aurais cru qu'on avait assez bien travaillé pour avoir des congés ! Ceci dit, on devrait peut-être aller à la mer, temps qu'on y est. Le jet est déjà prêt ! »
