Avantage - Fates - 121 mots

Niles était né pauvre, sa mère et son père étaient des gens du peuple qui l'avaient abandonné dans un monde sans pitié où les voleurs comme lui n'avaient aucun droit ni aucune chance. Il avait toujours méprisé la noblesse et ses avantages, et maintenant qu'il se trouvait dans leur situation, il était considérablement gêné. Il se retrouvait à dormir dans une chambre spacieuse et magnifique du château Krakenburg, il mangeait à la meilleure table, ses penderies étaient pleines des plus beaux habits. Et des domestiques le servaient, et on s'adressait à lui avec respect. Mais, surtout, il était l'époux d'un prince qui l'enlaçait par le cou et lui murmurait des mots d'amour, une chose à laquelle il n'aurait jamais osé rêver.

/

Chapeau - Fates - 146 mots

C'était un joli chapeau blanc à larges bords que sa mère la forçait à porter lorsqu'elle jouait dans le parc du château. La petite princesse Camilla, âgée de sept ans, n'aimait pas porter des chapeaux. Son champ de vision s'en trouvait réduit, c'était mauvais pour une future guerrière... car, elle l'avait décidé, être un chevalier wyverne, c'était ça qu'elle voulait. Une bourrasque souleva sa robe printanière et lui arracha le chapeau, l'envoyant rouler à travers le parc. En maugréant, elle se lança à sa poursuite. C'est alors qu'un garçon, âgé d'environ dix ans, rattrapa son couvre-chef et le lui tendit.

"Tiens, tu as, heu... perdu ça..."

Camilla prit le chapeau sans trouver quoi répondre. Ce garçon, elle l'avait reconnu. C'était son demi-frère Xander, le fils de leur père le Roi et de la Reine. Elle décida alors que ce chapeau, finalement, elle ne le quitterait plus.

/

Piano - Fates - 111 mots

Corrin était un véritable virtuose du piano. Il savait tirer à l'instrument des mélodies toutes plus belles, plus envoûtantes et plus puissantes les unes que les autres. Takumi aimait beaucoup l'écouter jouer. Il avait appris, grâce au son de cet instrument, des choses sur son frère disparu qu'il n'aurait jamais comprises avec des mots seuls. Comme aujourd'hui... c'était une triste journée d'octobre, et Corrin arrachait au piano des mélopées sublimes, si pleines de larmes et d'amour que Takumi comprit, sans aucun doute, que son aîné devait penser au défunt prince Xander, son frère adoptif. Il apprendrait plus tard, lorsque Corrin s'écroulerait en larmes dans ses bras, qu'aujourd'hui, c'était l'anniversaire de Xander.

/

Beau mâle - Fates - 112 mots

Quand Niles décidait d'être obséquieux, il pouvait pousser ses plaisanteries douteuses jusqu'au plus grand irrespect. Parfois même, au péril de sa vie. Lorsque, voulant titiller Messire Léo, il avait déclaré avec nonchalance que son frère était un "beau mâle", son maître l'avait incendié du regard, et le hors-la-loi avait cru, l'espace d'un instant, qu'il allait le tuer sur place. Mais il y avait eu une part de vérité dans ses mots : Messire Corrin était beau, du moins plutôt attirant. Et maintenant... quand il était au lit avec Messire Corrin, il pouvait lui susurrer "Quel beau mâle vous faites" aussi souvent qu'il le voulait. Ça ne dérangeait jamais son amant. Au contraire...

/

Dernier - Fates - 113 mots

Dans une fratrie, il était de coutume de toujours se moquer du petit dernier. C'était celui qui se faisait titiller sans cesse par ses frères et sœurs, celui à qui on apprenait la vie à grand renfort de farces et de coups plus ou moins bas. Alors pourquoi, se demandait Léo, indigné, c'était toujours de lui que ses frères et sœurs se moquaient ? Ce n'était pas lui le petit dernier, c'était Élise ! La vérité était que Léo, toujours si posé et si sérieux, était, pour des frères et sœurs, terriblement drôle à embêter. Et puis, ce qu'il oubliait, c'était que, comme un petit dernier, il était aussi celui que Corrin préférait.

/

Vie - Fates - 146 mots

Corrin reçut dans les bras la petite fille, toute potelée et minuscule, que sa femme Kagero venait de mettre au monde. Son petit nez, ses petites oreilles pointues de dragon étaient craquants; ses cheveux couleur chocolat, comme ceux de sa mère, ravissants; ses petites mains, adorables. Il réalisa seulement à ce moment-là que c'était lui qui avait donné la vie à cette enfant, que ce bébé qu'il aimait déjà de tout son être n'aurait jamais vu le jour dans d'autres circonstances, dans d'autres choix... Ainsi, lorsque, plusieurs mois plus tard, son frère adoptif qu'il avait abandonné lui demanda : "Si tu avais su pour Xander et Élise, aurais-tu quand même fait ce choix ?", Corrin regarda son enfant et secoua la tête. Un monde où sa chère Kana n'existerait pas ? "Je ne sais pas..." C'était très cruel à dire, mais il ne savait vraiment pas.

/

Ecailles - Fates - 117 mots

La première fois qu'il avait vu son frère couvert d'écailles des pieds à la tête, il avait connu un moment d'incrédulité totale. Corrin leur avait bien avoué qu'il s'était découvert la faculté de se transformer en dragon, mais quand même... Léo, d'une main précautionneuse, caressa les écailles argentées et brillantes qui recouvraient la forme draconienne de son frère. Corrin pencha vers lui sa tête hérissée de deux cornes pointues, visiblement ravi par la caresse. Il essaya même de frotter sa tête contre la sienne. Léo fronça les sourcils et s'esquiva.

"Désolé de dire ça, mon frère, mais tu veux bien reculer la tête ? Je n'ai pas envie que tu me mettes tes cornes dans les yeux."