Chaussette - Fates - 144 mots

Quand elle vit une paire de chaussettes roulées en boule fuser dans les airs à quelques centimètres de son nez, Camilla crut qu'elle s'était trompée. Mais, à bien y regarder, elle aperçut bientôt ses deux petites sœurs, Kamui, âgée de neuf ans, et Élise, qui avait trois ans, courir en riant dans la salle pleine de linge en se lançant des chaussettes dessus. Et, bien sûr, son petit frère Léo, qui avait sept ans, qui les observait depuis une pile de linges et attendait le moment propice pour les bombarder.

"Des chaussettes ? s'exclama Camilla, interloquée, en attrapant au vol l'un des projectiles.

-Ben oui ! Y'a pas de neige dans la cour, alors on fait sans ! répondit la petite Kamui fièrement.

-Oh, c'est vraiment adorable, trésor. Par contre... évitez de voler celles de Père, je pense qu'il ne serait pas très content."

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Équation - Fates - 169 mots

C'était inutile, Corrin n'arrivait jamais à rien avec ces équations. Elles lui donnaient la migraine. C'était trop difficile... Comment Léo parvenait-il à être aussi doué en mathématiques ? Le jeune prince, dans l'idée de réclamer un peu d'aide à son cadet, se glissa dans sa chambre avec ses livres de calcul. Il trouva la pièce plongée dans le noir.

"Léo ? Est-ce que tu peux..., commença-t-il, avant de s'interrompre. Excuse-moi, tu es malade, ce n'est pas le moment que je t'embête avec...

-Qu'est-ce qu'il y a ? Si c'est pour un problème de maths, ça ne prendra qu'une seconde, marmonna Léo depuis son lit.

-Je ne sais pas si tu peux..."

Le cadet lui fit signe d'approcher. Corrin se glissa dans son lit et lui tendit ses livres, qui se retrouvèrent bientôt abandonnés sur le côté. En effet, même malade, ça ne prit à Léo qu'une seconde. Le reste du temps, les deux frères le passèrent blottis l'un contre l'autre, parfois à se faire des câlins, parfois à dormir.

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Peigne - Fates - 142 mots

C'était un petit peigne en bois que Sakura avait trouvé dans une brocante. Il était simple, mais délicat, orné de motifs et de rameaux fleuris absolument adorables. Ni une, ni deux, la jeune fille l'avait acheté. C'était bientôt l'anniversaire de sa sœur Kamui, elle voulait lui offrir quelque chose de bien. Même si ce n'était rien de précieux, de rare ou de somptueux, rien en tout cas qui rappelât une reine. Mais Kamui sourit en le voyant.

"Merci, Sakura, dit-elle en embrassant sa petite sœur. Je le garderai toujours sur moi.

-Vous n'êtes pas obligée, rétorqua Sakura en rougissant."

Mais, quelques mois plus tard, alors qu'elle rendait visite à sa sœur et à son épouse dans le royaume de Valla, elle eut l'occasion de voir un petit peigne en bois qui retenait en chignon les longues mèches blanches des cheveux de Kamui.

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Cheminée - Fates - 112 mots

Corrin était accroupi devant la cheminée qui brûlait dans la grande salle du château. Il espérait que le feu réchaufferait et ferait cesser les tremblements presque convulsifs de son corps, mais c'était peine perdue. Il tremblait comme une feuille. Il ne comprenait pas pourquoi, il ne faisait pas si froid que ça...

"Corrin ? l'appela Niles d'une voix douce.

-Niles ?

-Que faites-vous ici tout seul ? Vous tremblez ?

-Oui, je ne comprends pas pourquoi..."

En silence, son amant vint s'accroupir derrière lui et le prit dans ses bras. Lui savait très bien pourquoi son époux tremblait. Depuis qu'il avait été contraint d'occire son frère biologique, il ne pouvait plus s'arrêter.

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Défi - Fates - 137 mots

Réussir à sortir vivants de cet enfer allait être un véritable défi. Les Sans-visages sortaient de partout, ils jaillissaient des ombres, de l'escalier derrière eux et même de la sortie de la caverne, en haut des marches.

"Restez groupés ! ordonna Corrin à ses troupes qui, de toute façon, n'avaient aucune envie de se disperser.

-Oh, Père, pourquoi avoir invoqué autant de Sans-visages ? gloussa Camilla comme s'il ne s'agissait que d'une farce un peu bancale.

-Camilla, ce n'est pas drôle, marmonna Léo en voyant les créatures venir.

-Attendez, ce n'est pas normal. Même Père n'en enverrait pas autant ici, remarqua Xander en fronçant les sourcils.

-On y réfléchira plus tard, si vous le voulez bien, les interrompit Corrin."

Il leva les yeux au ciel. Oui, réussir à coordonner toute sa fratrie, c'était ça, le vrai défi.

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Évasion - Fates - 186 mots

Ce n'était pas exactement une évasion. Le but n'était pas d'aider Corrin à quitter la forteresse nord pour toujours, mais de lui donner au moins un aperçu du monde extérieur, des arbres, des champs, des étoiles sur un morceau de ciel plus grand que cerné par quatre remparts, de la vraie vie, en somme. Son frère avait l'air tellement triste... Léo avait juste voulu l'aider. Revoir un sourire sur son visage, lui qui accueillait toujours ses élans d'enthousiasme avec sérieux et réserve, ne comprenant pas la candeur et la naïveté de son aîné. Non, il ne les comprenait pas, mais il les aimait, ces deux caractéristiques de Corrin, il les aimait et s'y raccrochait de toutes ses forces. Il aimait tellement son frère, même s'il doutait, encore aujourd'hui, qu'ils soient vraiment du même sang. Alors, lorsque Xander l'accusa d'avoir laissé Corrin sortir uniquement pour satisfaire son propre orgueil, se donner un rôle de protecteur et de guerrier avisé, Léo hurla "Je pensais pouvoir le protéger !". Oui, comprit-il avant que la main de Xander le gifle. Il pensait pouvoir protéger son frère. Mais il avait tort.

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Chocolat - Fates - 113 mots

Ses sœurs ne lui avaient pas posé trop de questions, quand elles s'étaient aperçues que Kamui n'avaient pas envie de parler. À la place, faisant montre d'une surprenante douceur, alors qu'elles étaient aussi bavardes l'une que l'autre, surtout quand on blessait leur sœur, elles s'étaient assises autour d'elle dans le grand salon de sa somptueuse chambre. Elles lui avaient apporté des kilos de chocolat, dès que Kamui avait formulé le souhait d'en avoir, quitte à devoir le fabriquer elles-mêmes. Et maintenant, elles attendaient. Blotties de part et d'autre de la jeune princesse, Élise et Camilla attendirent que sa peine s'allège, et que le chocolat et la douceur de leur tendresse fasse le reste.