Pull - Fates - 161 mots
Ce n'était pas un pull que sa sœur lui tricotait, c'était une œuvre d'art. Dans les mailles épaisses, d'un beau blanc doux et neigeux comme un nuage, elle avait d'abord fait apparaître un loup tout blond qui portait un diadème d'ébène autour de la tête, le port droit et fier. Ensuite, elle avait rajouté une louve violette, puis un petit dragon argenté qui se blottissait contre le loup. Elle avait aussi brodé un renard des neiges, un petit lionceau et un chaton blond avec des rubans noirs autour de ses petites oreilles. Camilla sourit et montra le pull à son frère.
"Qu'est-ce que tu en penses, mon cher ?
-Je ne sais pas quoi te dire, Camilla... c'est magnifique, répondit Xander, ému, en passant le doigt sur chaque petit animal qui représentait chacun des membres de leur fratrie. Merci."
Bien plus que la soie, les perles et les dentelles, c'était le vêtement le plus magnifique qu'il avait vu de sa vie.
/
Dragon - Fates - 128 mots
"Alors, Nyx ? Vous pensez pouvoir faire quelque chose ?
-C'est difficile à dire pour le moment, Xander. Le sortilège qui a touché Corrin semble d'une grande puissance..."
Le prince héritier se tourna vers le grand dragon argenté et noir qui était couché à côté d'eux. Difficile de lire dans ces yeux sombres où on ne devinait même pas de pupille, mais on frère devait être assez inquiet par son impossibilité soudaine à reprendre forme humain.
"Bon. Ça n'a rien de trop grave pour le moment, décida Xander en prenant la grande tête écailleuse entre ses bras et en laissant Corrin frotter son menton contre son torse. J'espère juste que vous trouverez rapidement une solution..."
Quelque chose lui disait que cette bizarrerie n'était que le début du problème.
/
Chandelle - Fates - 180 mots
Corrin n'aurait jamais pensé, quelques mois auparavant, qu'il était du genre à pouffer en rougissant quand Niles lui faisait un compliment. Or, force était de constater que c'était bien le cas. Rien que de voir leurs mains jointes et posées sur la table qui les séparait l'émouvait bien plus que ce qu'il aurait cru. Niles souriait lui aussi, et il tendit la main pour donner à goûter au jeune prince le morceau de gâteau qui était piqué sur sa fourchette. Les chandelles à côté d'eux bougèrent soudain, et le hors-la-loi, évitant la petite flamme tremblotante, se tourna vers sa gauche.
"Messire Léo, j'ignorais que la douleur vous mettait en émoi, susurra-t-il pendant que son amant lui faisait les gros yeux.
-Oh, pardon, marmonna le frère de Corrin sans relever, se contentant juste de redresser un peu le chandelier."
À force de dire qu'il tenait la chandelle quand son frère l'invitait dans ses appartements et que Niles se trouvait là, il avait fini par prendre l'expression au pied de la lettre. Peut-être que ça aurait le mérite de les décourager !
/
Tourterelle - Fates - 153 mots
Kamui n'aimait définitivement pas le sable. D'accord, c'était elle qui avait demandé à sa bien-aimée de lui montrer tous les recoins des terres de la Tribu du Vent, car elle voulait connaître l'endroit d'où sa femme était originaire. Ce n'était pas tant le sable brûlant sous ses pieds nus -elle en avait la plante tellement résistante qu'elle le sentait à peine-, les rafales de vent ou les serpents qui se coulaient parfois dans le sable qui la rebutaient. C'était les insectes ! Il y en avait des centaines ! Quand un nouveau nuage de moucherons fonça vers elle, Kamui couina et rentra la tête dans les épaules, s'accrochant à Rhajat dans le même temps.
"Tout va comme vous voulez, les tourterelles ? cria quelqu'un depuis les hauteurs du village fortifié, prenant sans doute son geste pour un élan éperdu d'amour."
Kamui grogna. Que n'aurait-elle donné pour être une tourterelle à cet instant !
/
Céréales - Fates - 170 mots
Quand ils étaient en campagne, il n'y avait qu'un seul moment de la journée que Corrin aimait vraiment, c'était le petit-déjeuner. Sous réserve que personne ne les avait attaqués pendant la nuit, ou qu'aucune nouvelle urgente ne les obligeait à lever le camp, ils pouvaient se retrouver dehors, sous le soleil clair et lumineux du matin, à manger, à même le bol, les céréales hyper protéinées qu'on leur servait avec du lait.
"Wouah, Léo, c'est encore toi qui a eu l'aquarelle que les serviteurs cachent dans nos sacs de céréales ! s'exclama Élise, impressionnée. Tu me la donnes ?
-Pas question, c'est moi qui l'ai trouvée !
-Oh, Léo, tu peux la lui laisser, pour une fois, intervint Camilla. Regarde, j'ai passé toute mon enfance à voler celles de Xander, et il s'en est toujours très bien porté.
-Quoi ? Alors c'était toi ? Et dire que tu accusais Carolina !"
Sa cuillère pleine de lait à la bouche, Corrin sourit. Oui, ces petits-déjeuners étaient presque comme à la maison.
/
Bourgeon - Fates - 131 mots
Le petit garçon, en rampant, essaya d'attraper le bourgeon vert et tendre qui avait poussé sur l'arbuste. Il fallait dire que bébé Siegbert en avait peu vu, des bourgeons, dans sa vie. Nohr était un royaume si peu clément pour les pousses aussi tendres, et ils avaient vécu dans une angoisse si permanente que jamais Nyx, sa mère, n'avait pu lui apprendre à regarder les fleurs et les arbres.
"Niles, enfin, ne restez pas planté là à me regarder ! s'insurgea Corrin, qui essayait d'éloigner son neveu du bourgeon qui, apparemment, lui semblait comestible. Venez donc m'aider !
-J'arrive, mon amour, répondit le hors-la-loi en cachant à peine son sourire."
Ces petits bonheurs qui étaient si simples, ils en avaient été privés si longtemps qu'ils leur paraissaient, tout à coup, immenses.
/
Changement - Fates - 166 mots
Avec leur entrée dans l'âge adulte, même si les benjamins étaient encore des enfants, et surtout, l'accession de Xander au trône de Nohr, n'importe quel autre royaume se serait attendu à voir la fratrie princière marquer déférence et même distance dans sa vie de tous les jours, et entre eux, qui étaient maintenant les principaux acteurs politiques du pays. Mais aucun de ces changements n'arriva. Xander, qui était assis dans son trône, ceint de la magnifique couronne d'ébène, voyait régulièrement Corrin entrer pieds nus dans la salle et lui demander s'il voulait goûter au chocolat qu'il avait préparé. Il continua d'offrir à Camilla une petite pierre pour son collier à chaque Noël, il entendit Léo et Élise se chamailler depuis l'étage du dessus. Et, quand il allait mal, ce qui pouvait arriver souvent, ses quatre frères et sœurs venaient lui faire un énorme câlin plein d'amour et, ensemble, ils s'endormaient dans le même lit, comme les enfants qu'ils avaient été, et la fratrie qu'ils seraient toujours.
