Lentille - Echoes - 172 mots

Conrad était un homme patient, et il en fallait, de la patience, quand sa sœur commençait à arpenter la pièce où il se trouvait en râlant. Une nouvelle fois, elle n'était pas d'accord avec son mari. Une nouvelle fois, comme le débat ne menait nulle part puisqu'Alm et elle tenaient leurs positions, elle était venue se convaincre que ses motivations étaient justes, en se persuadant que c'était avec son frère qu'elle débattait. Or, Conrad n'aimait pas vraiment ce genre de conflits.

"Anthiese, finit-il par lancer alors que sa sœur ressassait les mêmes arguments, étant arrivée à bout de sa dissertation. Je pense que tu devrais te vider l'esprit. Que penses-tu de venir trier des lentilles avec moi dans les cuisines ?

-Heu... trier des lentilles ? s'interrompit la jeune reine, interloquée.

-Oui, ça te permettra de te concentrer sur autre chose. Et accessoirement... d'apprendre à faire la différence entre une lentille et un gravier, contrairement à la dernière fois.

-Ce n'était pas de ma faute !

-C'est bien ce que je dis."

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Désolation - Fates - 110 mots

Toute la fratrie contemplait du haut de la crête la plaine ravagée, retournée, plongée dans le silence et la désolation.

"J'ai toujours su que Léo était un mage surpuissant, mais détruire totalement cette terre ne lui ressemble pas, déplora Élise en serrant son bâton de soin.

-Je ne crois pas qu'il avait conscience de ce qu'il faisait, mon coeur, la rassura Camilla en balayant le paysage du regard. Ce maudit village a dû lui faire perdre la tête.

-Suivons-le, ordonna Xander. Je doute que nos voisins seront aussi conciliants avec lui que nos propres hommes."

Ils descendirent la bute. Corrin avait déjà disparu, ils ne pouvaient pas perdre Léo aussi.

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Retour - Fates - 176 mots

Le monde autour d'eux était encore humide après l'averse qui était tombée durant une partie de la journée, mais le ciel bleu, dont ils apercevaient de plus en plus les couleurs éclatantes à travers les nuages blancs et gris, se reflétait dans les flaques brillantes au soleil. Il y avait comme un parfum de tranquillité et de voyage qui flottait dans l'air pendant que Xander, Camilla, Léo et Élise de Nohr attendaient le retour de leur frère en bavardant. Un cri de joie les interpela soudain. Corrin, le pas impatient et gracieux, venait vers eux dans la clarté du printemps, trempant ses pieds nus à chaque fois qu'il marchait dans une flaque. Il revenait du long périple qu'il avait entrepris avec son époux à la fin de la guerre, un périple que sa fratrie et lui avaient décidé d'expérimenter ensemble, pendant quelques jours, en confiant le royaume à la reine. Dès que Corrin fut sur eux, ils se rassemblèrent tous dans un énorme câlin à cinq. Le temps était si beau, et ils étaient tellement heureux.

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Habitude - Fates - 142 mots

Corrin avait fait de son mieux pour se comporter dans le château Krakenburg comme s'il était un étranger, mais il ne pouvait pas oublier qu'il avait vécu presque toute sa vie à Nohr. Même s'il n'avait pas été élevé au palais, il gardait des habitudes de sa vie d'avant, comme celle de toujours apporter aux domestiques des plantes pour parfumer le linge quand il en trouvait, ou faire l'économie des chandelles quand c'était possible. Il continuait à se lever tard, à repasser derrière son frère adoptif qui était maintenant le roi pour vérifier que son col n'était pas à l'envers, à lui embrasser la main quand ils ne retrouvaient après des mois de séparation. Il n'arrivait pas à être un simple ambassadeur, un prince hoshidien habitant le palais de façon temporaire, il restait le frère de Léo, et un prince de Nohr.

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Karité - Fates - 153 mots

Corrin ne se baignait plus avec ses frères et sœurs depuis plusieurs années déjà, mais cette fois, les circonstances étaient exceptionnelles. Les économies d'eau étaient de rigueur, alors le jeune prince avait finalement rejoint son frère cadet dans le bain qui était déjà plein de mousse. Il fallait dire que le savon à base de karité qu'on leur avait vendu dans les terres arides était exceptionnellement gras. Et ce qui était exceptionnel, aussi, c'était l'immaturité des deux princes, qui retombèrent aussitôt en enfance une fois ensemble dans le baquet.

"Mais regarde ce que tu fais, enfin, tu m'en as mis dans les yeux !

-Tu n'as qu'à les fermer quand je te dis que je vais te savonner la tête, Léo !

-Tu veux peut-être les rejoindre, mon cher ? se moqua Camilla en dévisageant leur frère aîné.

-Je préfère éviter, répondit l'intéressé. Au train où vont les choses, ça peut vite dégénérer."

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Poursuite - Awakening - 111 mots

"Noire, ramasse ta sœur et va-t'en, ordonna Tharja, qui s'était campée devant la porte de la chambre et faisait face à une demi-douzaine d'Ombres qui grognaient et sifflaient en se bousculant pour pénétrer dans la pièce.

-Mais... Mère, balbutia l'enfant, horrifiée par ce qu'elle voyait.

-Dépêche-toi !"

Au bord de la nausée, paniquée, Noire ramassa sa petite sœur qui était assise sur le sol, l'enroulant au passage dans le grand manteau de leur père disparu et se mit à courir vers la deuxième sortie, à l'autre bout de la chambre. Elle ne vit pas leur mère affronter les Ombres et mourir. Pas plus que les créatures se lancer à leur poursuite.

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Passerelle - Fates - 134 mots

Corrin s'aperçut le premier que la passerelle sur laquelle se tenait son frère d'adoption était lentement en train de se désagréger.

"Léo ! s'écria-t-il, paniqué."

Mais Takumi, son frère de sang, fut plus rapide. Attrapant son rival par le poignet, il le tira avec lui sur le rebord qui ne s'était pas effrité. Léo le fixa, éberlué, puis lui sourit.

"Merci, prince Takumi, dit-il avec sincérité. Vous m'avez sauvé la vie."

Corrin profita de ce que ses deux petits frères soient à moins de deux mètres l'un de l'autre sans se battre pour s'élancer vers eux et les prendre dans ses bras. Ils couinèrent ensemble de protestation et le jeune prince sourit, le visage enfoui à moitié dans des cheveux argentés et des cheveux blonds. Il y avait des jours qu'il attendait ce moment.