Adoptif - Fates - 176 mots

Le jeune noble tout de noir vêtu tendit devant lui sa main ferrée pour que Léo la serre. Celui-ci jeta un regard de biais à son cousin et s'exécuta. La famille de sa mère décédée était soudain revenue de nulle part, prétextant qu'elle voulait apprendre à tisser des liens avec lui. Mais le jeune prince n'était pas confiant, et encore moins naïf. Ces gens, il ne les connaissait pas.

"Comment ! Vous entendez donc confier ce livre puissant et sacré entre tous à ce... Corrin ? Une pièce rapportée, un trophée hoshidien !

-Faites attention à la façon dont vous parlez de mon frère, rétorqua Léo à sa nouvelle tante, tout en déposant Brynildr dans les mains d'un Corrin abasourdi par tant d'hostilité.

-Mais enfin, ce n'est pas votre frère ! protesta sa parente. Vous n'avez aucun lien de sang !

-Qu'il soit mon frère adoptif ou consanguin, je m'en moque, rétorqua froidement le jeune prince. Il est une partie de moi et il a toute ma confiance."

Il ajouta plus bas :

"Contrairement à vous."

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Eau - Fates - 121 mots

L'eau bouillonnait et tourbillonnait autour de lui, tellement fort et tellement vite que Léo ne pouvait même plus distinguer le haut du bas, la surface du tapis d'algues et de galets, très loin au fond. Soudain, alors qu'il était sûr qu'il allait se noyer, une mâchoire puissante le saisit par ses vêtements et le tira hors du lac. Il toussa, cracha, et vida ses poumons de toute l'eau qu'il avait avalée avant qu'on le redépose sur la terre ferme. Corrin, son corps immense de dragon penché au-dessus de lui, se coucha à ses côtés en poussant une plainte inquiète.

"Tout va bien, hoqueta Léo en le laissant poser sa grande tête écailleuse sur son ventre. Tout va bien... Merci, mon frère..."

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Pince à épiler - Fates - 123 mots

"Je ne comprends pas pourquoi je dois faire ça. Je vais ressembler à un cactus sans les épines ! Tu as déjà vu un cactus sans épines, Rhajat ? Tu trouves ça séduisant ?

-Je vous trouverai toujours séduisante, même si vous vous changez en termite, rétorqua Rhajat, sa pince à épiler brandie, prête à traquer le moindre poil réfractaire dans les sourcils de sa bien-aimée. Vous êtes mon âme sœur, après tout.

-Tu sais, dans ces moments-là je ne sais jamais si je suis émue ou perplexe."

Mais bon, vu que Rhajat s'était confortée aux traditions nohriennes lors de leur mariage, c'était de bonne guerre que Kamui en fasse autant, même si elle devait ressembler à un cactus sans piquants pour ça.

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Cheval - Fates - 129 mots

Avant que cet ambassadeur ne lui lance ce regard ébahi et réprobateur, Xander ne s'était même pas rendu compte que sa salle du conseil ressemblait à un salon de thé. Il y avait des tasses à infusion et des saladiers de thé glacé partout sur la table, aspergée de discrètes tâches orangées là où il avait débordé. Des pulls étaient abandonnés sur les sièges, Léo et Corrin faisaient des messes basses en riant et en mangeant des cookies, une pile de dossiers administratifs devant eux; Élise était à cheval sur sa chaise et le tabouret d'à côté pour lui montrer le rapport qu'elle annotait. C'était tellement normal pour lui d'être aussi décontracté avec sa famille que Xander avait presque oublié que tous les souverains étaient loin d'avoir sa chance.

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Carillon - Fates - 165 mots

Même si ça faisait des années qu'il vivait en Hoshido, il arrivait encore à Corrin de ressentir des accès de malaise, voire de panique, comme s'il se découvrait soudain pris au piège dans un royaume inconnu, et entouré d'inconnus. Surtout depuis que Lilith, Gunther et Flora étaient morts, et que Felicia et Jakob n'assuraient plus son service... Heureusement, il avait trouvé un moyen simple d'apaiser ses angoisses, grâce au carillon qu'il avait fait installer devant la grande baie vitrée de sa chambre, qui était pratiquement toujours entrouverte. La douce mélodie sereine le calmait. Et en plus, en les rares occasions où Léo venait de Nohr pour le voir, il passait toujours par cette porte-fenêtre pour entrer dans sa chambre.

Le carillon tinta. Corrin releva la tête, ne retint même pas le grand sourire qui lui monta aux lèvres et bondit sur ses pieds, s'emmêlant presque dans son kimono pour se jeter dans les bras de son petit frère et lui couvrir les mains de baisers.

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Gastronomie - Fates - 143 mots

L'une des choses les plus difficiles auxquelles s'adapter en Hoshido, c'était la gastronomie. Les goûts étaient si différents, et, malheureusement, les aliments aussi... Léo en fit rapidement les frais, dès sa première visite officielle au royaume voisin, et sa rencontre avec un plat de poisson cru dont il se serait bien passé.

"Quel pays de barbares... Ne pas cuir le produit de la pêche devrait être interdit..., gémit le jeune roi, atteint de maux d'estomac foudroyants, la tête posée sur les genoux de Corrin qui lui essuyait le visage avec un chiffon humide.

-Je suis désolé, Léo, déplora le jeune prince en essayant de lui masser l'estomac pour le soulager. Je leur avais pourtant dit que tu ne supporterai probablement pas ce type de nourriture..."

Il ne restait plus à espérer que ce soit une vraie intolérance et pas quelque chose de pire...

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Sapin - Fates - 171 mots

Cela faisait des heures que ses petits frères et sœurs lui courraient partout autour tandis qu'ils cherchaient le meilleur sapin pour le ramener au château et le mettre dans le grand salon de leurs appartements privés. Et vu que Corrin et Élise ne regardaient absolument pas où ils mettaient les pieds, Xander surveillait constamment la couche de neige au cas où elle dissimulerait des congères.

"Celui-là, frère ! s'exclamèrent soudain les deux enfants en désignant un grand arbre. C'est le plus beau !"

Le jeune prince hocha la tête et sortit Siegfried, son épée légendaire, de son fourreau. Il pointa la lame vers le sol et des rayons de force noire en jaillirent, avant de déblayer tout le terrain autour de l'arbre et de l'arracher du sol, racines comprises. Les enfants poussèrent des cris d'admiration quand il se renversa et Xander ne put pas s'empêcher de plaindre les convois de wyvernes qui allaient devoir le ramener, surtout que Camilla, Corrin, Léo et Élise escaladaient déjà ses grandes branches pour s'assoir dessus.