Disclamer : Merlin et l'histoire ne m'appartiennent pas
Titre : Everything
Auteur : CaughtInTheRa1n
Résumé : "V-vous aviez dit que vous reviendriez." "Je sais. Et je l'ai fait." "N-non, vous ne l'avez pas fait." Arthur devait faire face à sa plus grosse erreur.
Traducteur : Ange Phoenix
Bêta : Antidote
Avancé de la fanfiction originale : 40 chapitres, en cours
Note : J'ai l'autorisation de l'auteur(e)
Note 2 : h.t.t.p.s : / / discord . gg / zFp2PHTxDR (vous pourrez voter pour la prochaine traduction / fanfiction)
CHAPITRE 6
"...Gaius ?"
Il semblait n'y avoir eu que quelques secondes avant que quelqu'un ne frappe timidement à la porte et qu'une voix douce appelle son nom à travers le bois. Gaius s'était redressé de la cheminée où il avait fait bouillir de l'eau pour nettoyer les blessures de Merlin. Il avait de la fièvre, mais Gaius ne pouvait pas en trouver la cause avant de voir l'étendue de ses blessures.
"Oui, Gwen !" appela-t-il, se dirigeant vers la porte. Il avait jeté un regard en arrière, vers Merlin. Sa respiration était encore bien trop rapide et superficielle, et Gaius craignait que ce soit plus qu'une simple cage thoracique endommagée. Il ne le saurait pas avant de l'avoir soigné. Et il avait besoin de Gwen pour ça.
Gaius ouvrit légèrement la porte et observa Gwen. Ses joues étaient rouges, de colère ou de course, il ne savait pas, mais elle semblait être seule.
"Arthur est-il avec vous ?" demanda Gaius à travers la fente. C'était une habitude qu'ils avaient prise, ainsi que de nombreux chevaliers, au cours du dernier mois, car ils craignaient et détestaient tous la paranoïa et la fureur du roi. Éviter Arthur était le plus sûr, alors que Gwaine pouvait à peine passer quelques minutes sans frapper quelque chose et que Gwen refusait toujours de lui parler ouvertement.
Le visage de Gwen s'assombrit à la mention du Roi, comme à chaque fois que Gaius l'avait mentionné. Gaius aimait exprimer sa colère, Gwen aimait l'avaler. Ils avaient beaucoup appris l'un sur l'autre depuis l'exécution.
La fausse exécution.
"Non", répondit-elle, tandis que Gaius pouvait voir le dégoût dans ses yeux, "Il m'a ordonné de me rendre dans vos appartements et s'est enfui."
Gaius ouvrit alors un peu plus la porte.
"C'est probablement pour le mieux, Guenièvre." Une autre réponse habituelle, mais cette fois le sens était différent, et Gwen le savait. Ses sourcils s'étaient en effet froncés au ton de Gaius.
"Gaius ?" Elle n'avait pas besoin de demander si quelque chose n'allait pas, tout comme Gaius. Ils n'avaient plus besoin de mots, ils partageaient leur perte.
"Je..." Gwen avait essayé de jeter un coup d'œil par-dessus son épaule dans la pièce d'à côté, l'inquiétude brillant dans ses yeux. Gaius se déplaça donc pour lui bloquer la vue. "Je pense que ce serait mieux si je te prévenais."
Gwen resta silencieuse, ses yeux essayant de lire les siens tandis que Gaius cherchait les mots pour préparer Gwen à ce qu'elle était sur le point de voir. Quand aucun ne vint, Gwen parla.
"Laissez-moi entrer, Gaius. Vous n'avez pas besoin de dire quoi que ce soit, ouvrez juste la porte. Je suis prête."
"Je ne crois pas que vous le soyez, Guenièvre", chuchota-t-il, mais il avait quand même poussé la porte. "C'est Arthur qui l'a amené."
Gwen fit un pas courageux. Elle était prête à voir Elyan allongé sur le lit de camp, ou Gwaine en train de se faire soigner une blessure d'entraînement. Elle s'était endurcie pour faire face au choc d'un être cher étendu sur un lit de camp, blessé...
Mais elle trouva le lit de camp vide.
"Je ne comprends pas..."
Elle se retourna pour demander à Gaius ce qu'elle était censée chercher quand elle le vit.
Dans le coin, à côté des fioles de potions et des étagères d'herbes, un enfant était allongé sur la table de cuisine de Gaius. Il était sale et pâle et respirait de façon irrégulière, avec des membres trop longs et un squelette trop proéminent. Gwen avait immédiatement pensé à un garçon mendiant endormi dans les rues, mais cela ne correspondait pas tout à fait. Il semblait un peu trop vieux, d'une certaine manière, bien qu'aucun adulte ne puisse être aussi maigre. Et il y avait quelque chose de plus familier chez lui, quelque chose que Gwen ne pouvait pas situer.
Ce ne fut que lorsqu'elle remarqua l'éclat sombre d'un collier autour du cou du garçon qu'elle comprit que le garçon était un sorcier, et il n'y avait aucun doute dans son esprit sur le fait que Gaius l'avait probablement sauvé du même sort que Merlin. Ses poings s'étaient serrés à cette pensée.
C'était probablement le même collier.
Pas étonnant que Gaius soit si tendu.
La bouilloire sur le feu commença à bouillir, et Gaius se leva d'un bond pour la prendre, la posant sur un tabouret à côté de la forme allongée du garçon. Il avait établi un contact visuel avec Gwen. Il semblait attendre quelque chose, une sorte de réaction de sa part.
Les poings de Gwen s'étaient détendus. Ils n'avaient peut-être pas réussi à sauver Merlin, mais ils pouvaient aider ce garçon à éviter le même sort. Elle attrapa un chiffon sur une étagère proche d'elle et jeta un regard déterminé à Gaius. Il avait semblé surpris pendant un moment, mais il l'avait imité, plongeant un chiffon dans l'eau et essuyant la crasse sur le visage du garçon.
Dire que Gaius était surpris par les actions de Gwen était un euphémisme. Il s'attendait à plus - plus de larmes, plus de cris, plus de questions - mais au lieu de cela, il avait seulement vu une résolution et une détermination sinistres. Apparemment, elle était encore plus forte qu'il ne le pensait.
Ses mains tremblaient pendant qu'il travaillait, et quand il avait commencé à soulever le chiffon de la peau de Merlin, il avait tâtonné et avait failli le faire tomber sur le sol. Gwen avait alors traversé la pièce et avait posé une main douce sur son bras.
"Je peux le faire", dit-elle, acceptant son chiffon ainsi que le sien. Elle avait alors porté son attention sur le visage de Merlin, retirant le tissu de la pommette et de l'orbite enfoncée.
Et avait rapidement laissé tomber les chiffons sur le sol.
"G-G-Gaius-" bégaya-t-elle, se retournant et tombant contre sa poitrine.
Oh, Dieux, pensa Gaius, n'avait-elle pas réalisé... ?
Immédiatement, Gaius bougea et l'entoura de ses bras, la serrant contre lui tout en lui caressant les cheveux.
"C'est bon, c'est bon", avait-il chuchoté, bien que sa propre voix tremblait.
"Mais... Mais ça... C'est... C'est..."
Gaius ferma les yeux. Gwen avait retrouvé sa voix.
"C'est Merlin", haleta-t-elle, se libérant de l'emprise que Gaius avait sur elle et se jetant contre la table. Ses mains s'étaient alors levées pour toucher son visage, prenant doucement ses joues creuses en coupe et faisant courir ses pouces le long de ses pommettes.
"Merlin... ?" murmura-t-elle. Il n'avait pas répondu. Elle inclina sa tête sur le côté. "Oh mon Dieu."
Une longue entaille courait de sa tempe à sa mâchoire, manquant à peine son oreille. Ses deux yeux étaient couverts de bleus noirs, sa lèvre inférieure était fendue et la crasse sanglante était encore collée sur les parties de son visage que Gaius n'avait pas nettoyées.
Mais il n'y avait pas d'erreur.
C'était Merlin.
"Que... que s'est-il passé ? Comment... ?" Elle regardait droit vers le sorcier, mais elle ne pouvait pas croire qu'il était là. "Gaius, mais il est... il est mort. Il est mort. Il est mort i semaines. Je l'ai vu. Vous l'avez vu ! Il a été brûlé ! Il était..."
Elle sembla soudainement remarquer les marques de ligature autour de ses poignets. Elle relâcha donc son visage et souleva avec précaution une de ses mains.
"Qu'est-ce... Qu'est-ce que c'est ?" demanda-t-elle.
Elle connaissait ces marques, Gaius savait qu'elle les avait déjà vues. Mais elles avaient toujours été sur d'autres personnes ; elles semblaient totalement différentes lorsqu'elles s'enroulaient autour des poignets de Merlin, et elle refusait de comprendre leur signification.
Il était censé être mort.
Gaius s'était baissé et avait soulevé les chiffons du sol. Gwen n'était pas la seule à essayer d'éviter de penser à l'endroit où Merlin avait été et à ce qu'il avait subi durant ces cinq dernières semaines.
Ils connaissaient tous les deux les signes. Ils savaient tous les deux ce qui faisait des marques comme ça. Ils savaient tous les deux pourquoi elles étaient là. Mais ils ne pouvaient pas le dire, pas encore. Parce que c'était Merlin, le plus innocent de tous.
Le même Merlin qui était mort il y a un mois.
Le même Merlin qui avait été accusé de sorcellerie.
Le même Merlin qui avait été emprisonné et brûlé sur le bûcher avant même que quelqu'un ait pu se rendre dans sa cellule pour le réconforter.
Le même Merlin qui avait trahi Camelot pour sauver le roi qui l'avait trahi en retour.
Et s'ils attribuaient un mot à ce qui était arrivé à Merlin, quelqu'un serait responsable. Et cette personne serait Arthur.
Ils ne voulaient pas savoir si oui ou non Arthur et Merlin pourraient survivre en vivant avec ce qui avait été fait, et Gaius et Gwen ne pouvaient pas faire le deuil de deux autres personnes, et encore moins de la même personne deux fois.
Ils avaient donc soigneusement évité le sujet pendant quelques longs moments, alors que Gwen faisait semblant de ne pas comprendre les marques sur les poignets de Merlin et que Gaius s'occupait d'aller chercher de nouveaux chiffons dans l'armoire.
Et puis, comme pour leur répondre, Merlin avait frissonné et gémi, brisant leur fragile ignorance.
Et ils avaient su.
Torture.
Les yeux de Gwen s'étaient alors remplis de larmes, tandis que Gaius ne s'était pas arrêté de bouger. Avec l'acceptation venait l'urgence, et Gaius savait qu'il devait se concentrer à partir de maintenant.
Gaius le médecin savait comment aider.
Gaius le père ne le savait pas.
Alors il avait laissé le médecin prendre le dessus sur le père.
"Vous devriez vous asseoir, Guenièvre", dit doucement Gaius, en tirant quelques chiffons supplémentaires de l'étagère ainsi qu'un morceau de parchemin. Il avait déjà attendu bien trop longtemps pour commencer son examen, et Dieu seul savait ce qui avait été fait à Merlin pendant une si longue période d'emprisonnement. Gaius devait connaître chaque détail s'il voulait garder Merlin en vie, et cela devait être documenté. Il prit une profonde inspiration, plongea un autre chiffon dans le seau d'eau, et commença.
En enlevant les couches de crasse, il avait révélé des choses encore plus laides. La saleté n'avait fait que masquer les dégâts.
Brûlures. Contusions. Hémorragies. Atrophie. Infection. Affamation.
De nouvelles ecchymoses recouvraient les anciennes. L'atrophie avait rongé ses membres. Du vomi avait taché sa poitrine. De l'urine et des excréments étaient collés à ses jambes.
Gaius avait donc commencé à avoir une idée plus précise de ce qui avait été fait à son pupille. Les cinq dernières semaines de Merlin étaient écrites sur son corps pour que tout le monde puisse les voir, et Gaius les avait lues avec le cœur lourd.
Gwen avait aidé en allant chercher de l'eau et en la faisant bouillir. Fixant les seaux d'eaux sales en marchant dans les couloirs, en silence, elle essaya de trouver un sens à ce désordre pourpre tourbillonnant. Ce ne fut que lorsqu'elle était revenue pour la troisième fois que l'un d'entre eux avait parlé.
Elle était entrée et avait été surprise de voir que Gaius se tenait à quelques mètres de la table, agrippant le dossier d'une chaise avec une poigne de fer. Le bras gauche de Merlin pendait sur le côté, et tout sauf ce bras semblait être propre. Avant qu'elle ne puisse demander pourquoi, Gaius avait réalisé qu'elle était là. Il avait tourné la tête pour la fixer, la rage rougissant ses joues alors qu'il prononçait deux mots :
"Poussière de fer."
Et voici le nouveau chapitre de cette fanfiction après ma longue absence.
J'espère que cela vous aura plu !
