Comme s'il ne le savait déjà que trop bien, Clyde était parfaitement au courant qu'il avait fait une énorme erreur en n'étant pas resté dormir chez son meilleur ami.
Mais le destin, le karma, l'esprit de sa mère, ou un quelconque Dieu bien farceur, se chargeait de le lui faire savoir d'une manière encore plus explicite
Pour commencer, sa nuit ne pouvait pas vraiment se qualifier de réparatrice.
Malgré cette douce et salutaire dose d'endorphine, qui, au passage, avait été monstrueusement dure à obtenir. Alors que toutes ces magnifiques créatures blondes et sexy de ce magazine pour adulte ne pouvaient que réveiller à l'instant ses pulsions et l'envoyer presque trop rapidement au septième ciel, le gamin avait eu un mal fou à se concentrer sur les si jolies courbes de ces charmantes demoiselles.
Juste quand le plaisir commençait à monter de façon satisfaisante, que sa main intensifiait légèrement ses mouvements frénétiques, qu'il fermait les yeux en pouvant enfin savourer de vraies sensations grisantes, des images trop troublantes de son meilleur ami lui revenaient en tête.
Craig qui lui offrait un mignon petit sourire lui étant destiné, ou à le regarder d'un air bien peu innocent. Jusqu'à dangereusement s'approcher de lui, en écho à la tristement célèbre soirée spéciale Brenda Love. Et cette fois, pas pour juste embrasser un endroit vague dans son cou, mais dans l'idée de lui offrir un vrai baiser langoureux. En choquant bien sûr ses lèvres qui étaient encore totalement étrangères à ce genre de pratique avec un gars. Qui ne désiraient que des contacts buccaux avec une fille de toute façon !
Ce qu'il pensait être une évidence inébranlable l'avait fait se réveiller brusquement de sa torpeur plus vraiment aussi douce. Pas depuis que Clyde venait de s'imaginer dans une situation bien peu amicale avec son meilleur ami. De quoi perturber un début d'orgasme qui venait de se bloquer en cogitant que ce n'était pas bien de mélanger un plaisir purement sexuel avec la présence d'un bon pote très respectable. Et gay. Et peut-être amoureux de lui. Malgré le peu de preuves tangibles de prétendus sentiments brûlant d'amour...
Qu'importe, cet ami depuis peu bien tourmenté préférait se concentrer à nouveau sur un sujet familièrement agréable. Surtout agréable. Bien qu'insupportablement compliqué depuis un léger détail dont il fallait taire le nom pour ne pas perdre tout sursaut d'excitation. Ou éjaculer juste au moment où les images fantasmées (et donc irréalistes) de son complice lui apparaissaient trop clairement en tête. Un satané coup du sort, et un mauvais timing, naturellement.
Finalement, il ne devait son salut qu'à un souvenir heureusement encore très net, lui aussi, et sûrement bien plus sain que d'imaginer son meilleur ami en train de l'embrasser ou le toucher.
Clyde avait une bien meilleure scène en tête : Ce jour béni où ce petit chanceux avait été convié à l'anniversaire de Wendy Testaburger. Une fête avec bien sûr la présence indispensable de Bebe Stevens, la meilleure amie de l'ex petite amie de Stan.
Et, pour faire honneur à cette soirée d'anniversaire, la jolie blonde avait revêtu une somptueuse robe rouge à pois blancs. Purement retro aux dires de celle qui la portait fièrement. Bien que ce détail vestimentaire ne devait pas intéresser ceux qui pleuraient intérieurement de joie devant le décolleté très notable qu'offrait cette tenue. En plus d'une coupe parfaite pour visualiser en détail les formes aussi généreuses qu'harmonieuses de la jeune fille.
Bien entendu, beaucoup d'invités (filles et garçons) avaient silencieusement admiré et savouré cette vision enchanteresse. Sauf Craig, qui avait passé le plus clair de son temps à filmer et prendre des photos du chaton que Wendy avait eu en cadeau de la part de son amie Bebe. Tout en supportant presque continuellement les commentaires de son meilleur ami à s'extasier devant la fille si belle avec laquelle il rêvait d'être officiellement en couple.
La fille qui, visiblement, restait toujours en première place pour capturer son attention et ses sens. À complètement éclipser Brenda Love, à moitié devenue une pestiférée...
Néanmoins, si repenser au corps quasi divin de Bebe Stevens et imaginer poser ses mains dessus lui avait au moins offert une jouissance plus rassurante que satisfaisante, cela ne l'empêchait pas de repenser à Craig une fois que l'auteur de ce petit péché totalement assumé s'était calmement mis au lit.
Pas pour refaire des plans scabreux sur un éventuel baiser donné par son complice. Plutôt imaginer comment aurait pu se dérouler leur sympathique petite soirée suite à l'anniversaire de Stripe. Une soirée à durer jusqu'à très tard dans la nuit puisque Clyde serait bien sûr resté dormir chez Craig, sans se poser trop de questions.
Comme tout bon ami qui se respecte. Comme l'aurait fait le vrai Clyde Donovan, et non cet usurpateur méfiant et paranoïaque qui regrettait amèrement d'avoir douté de son ami. De l'avoir presque abandonné, mis de côté, déçu aussi, encore une fois...
Alors qu'il aurait pu passer un très bon moment avec son ami préféré, comme d'habitude quand ils partageaient ce moment nocturne très bon enfant et non malsain au possible.
Le gamin avait encore des souvenirs très précis en tête : Toutes ces fois où il s'amusait gentiment à agacer Craig en lui demandant innocemment s'il dormait (En sachant d'avance très bien la réponse...) Et les petits bruits mignons mais terriblement aigus que faisait Stripe trop tôt le matin parce qu'il avait faim, ou voulait simplement faire savoir aux deux amis encore endormis que lui était bien réveillé. Puis, joyeusement couiner de plus belle en voyant son compagnon humain rappliquer pour lui donner à manger ou simplement le prendre affectueusement dans ses bras. Sous les gentilles railleries de l'ami et invité qui qualifiait son compère de mère poule.
Trop occupé à se remémorer ces précieux souvenirs, Clyde n'avait pas remarqué tout de suite qu'il pleurait. Des pleurs lents et silencieux, à ne pas le secouer de spasmes, mais qui restaient tout de même douloureux. L'éternel soupirant de Bebe se demandait même par quel miracle il avait réussi à s'endormir sans encombre malgré cette tristesse accablante.
Ce qu'il devinait très bien par contre, c'était que son père avait dû passer une merveilleuse soirée. À sa soi-disant réunion interminable et barbante qui n'était sûrement pas un rendez-vous amoureux avec une femme charmante... Cela expliquait mieux la raison de son retour si tardif, sûrement aux alentours de minuit.
Clyde n'avait jamais vu son père aussi guilleret et détendu, mais il n'allait pas s'en plaindre. Pendant que Mr Donovan faisait la conversation pour deux et illuminait la matinée avec son sourire radieux, il ne bombardait pas son fils de questions au sujet de sa mine pas franchement rayonnante. Le pauvre ami désorienté depuis la vérité au sujet de l'homosexualité de son presque frère ne se sentait pas capable de déballer la vérité à son père. Et n'avait pas non plus le cœur à mentir en lui faisant profiter de ses pitoyables talents d'acteur, alors que Roger Donovan semblait sincèrement comblé. Chose qui était devenu extrêmement rare, moralement impossible, depuis le décès de son épouse.
Peut-être qu'il s'autorisait enfin à être heureux... Et à aller au cinéma avec une femme dont il était tombé amoureux, tel un adolescent découvrant l'amour. Mr Donovan nageait tellement dans le bonheur propre à l'insouciance amoureuse qu'il parlait à son fils d'un film récent sûrement visionné lors de sa soirée qui n'était certainement pas un rendez-vous galant.
Pour renchérir sur le sujet cinématographique, Clyde lui aurait bien parlé du film que lui-même avait vu avec son meilleur ami. Une fiction avec une romance en plus, comme par hasard ! Seulement, replonger dans ces souvenirs encore très frais et chaotiques de la veille, avec bien sûr toutes les émotions incluses, était au-dessus de ses forces. Le gamin n'avait pas envie de fondre à nouveau en larmes, et, dans la continuité des choses, se retrouver bombardé de questions embarrassantes. Son confident attitré allait lui en poser assez comme ça, plus tard...
En attendant ce moment humiliant, en bon fils modèle, Clyde avait enfin ouvert la bouche pour prononcer autre chose que des réponses en monosyllabes et proposé de préparer ses fameux lemon bars pour clôturer le dîner de ce soir. Comme ça, durant la journée, son père allait pouvoir se reposer en se repassant calmement et avec délectation les meilleurs passages de sa soirée romantique d'hier. Un beau geste de la part de son gentil garçon assez délicat pour marquer le coup, en étant, de plus, assez compréhensif au point de ne pas éventer le léger mensonge parental.
En vérité, c'était pour se faire pardonner de cacher tant de choses. Et noyer un peu plus son père dans cette frénésie amoureuse, bel et bien aveugle au monde réel... Bien que ce gamin pas réellement hypocrite voulait aussi fêter discrètement ce bonheur pour le moment secret que vivait son père, qu'au moins une personne dans cette maison puisse être heureuse. Et récompensée d'assumer pleinement ses sentiments. Tandis que son propre fils faisait un bien piètre ami...
Un mauvais ami, certes, mais un super menteur qui allait passer maître dans l'art de berner son monde !
À force de servir mensonge sur mensonge saupoudré de faux sourires, ses paroles devenaient moins maladroites, bien que toujours fatalement écornées de menterie.
Mais Clyde n'avait pas le temps d'être écœuré par son comportement, il préférait fuir dans la cuisine pour ne plus entendre les paroles de son père, bien trop gentilles et sûrement peu méritées...
Le plus grand admirateur de Bebe Stevens savait très bien qu'il n'était pas un bon garçon qui commençait à être plus mature et responsable. Mr Donovan n'avait absolument aucune raison d'être fier de lui. Comment un gars aussi lâche et peureux pouvait mériter de tels compliments... D'ailleurs, Clyde se demandait bien pourquoi Craig s'était épris de lui, si les faits étaient avérés.
En admettant que son meilleur ami soit bien amoureux, aussi fou que ça puisse paraître, il devait seulement être attiré physiquement et non réellement sous le charme de son pote pas vraiment brillant. Juste un peu plus gentil que la moyenne, surtout plus beau que la plupart des gars de la classe. Sûrement... Clyde en venait même à presque douter de son style pourtant si cool dont il avait toujours été très fier !
Pour ne pas se torturer l'esprit plus longtemps et agonir cette confiance en lui dignement acquise depuis son titre de garçon le plus mignon, le gamin essayait de se concentrer uniquement sur sa tâche principale : Préparer ce gâteau au citron. Tout en pensant à préparer un éventuel cadeau mangeable destiné à Craig, pour se faire pardonner de sa pitoyable performance amicale d'hier soir. Le coup serait bien vite réparé avec des chocolats, ou bien des biscuits.
Ou quelque chose d'un peu moins... Romantique. Et puis s'excuser pour quoi au juste ? Ce n'était pas lui qui était gay et à fantasmer sur son pote innocent qui n'avait rien demandé à personne. Craig n'était pas son petit ami, il ne lui devait donc rien et sûrement pas une solennelle présentation d'excuses à base de fleurs et des sucreries. En plus, le plus grand fan de cochons d'Inde devait sûrement détester tous ces trucs à l'eau de rose.
C'est pourquoi Clyde décidait de sérieusement s'en tenir au repas avec son père. Une relation père-fils bien plus simple que ce qu'était récemment devenue son amitié idéale avec ce type que le gamin facilement admiratif avait pourtant toujours trouvé très cool, et à savoir garder les pieds sur Terre sans devenir terriblement ennuyeux...
Ouais, il s'amusait toujours bien avec Craig. Ils étaient différents mais se complétaient. Le fan de cochons d'Inde arrivait à toujours miraculeusement bien le consoler. Beaucoup de gamins voyaient Craig Tucker comme un gars distant et désagréable, mais il traitait son meilleur ami avec un égard particulier. Sans ressembler à un vieux couple marié, comme Stan et Kyle, ils étaient toujours présents l'un pour l'autre.
Pour simplifier ces jolies pensées amicalement philosophiques, Clyde devait bien admettre que son ami lui manquait. D'habitude, dès son réveil il envoyait des messages à Craig, et ce dernier lui répondait quand ça lui chantait. En général quelques heures plus tard, cédant à l'insistance de son complice ou parce qu'il était réellement trop occupé avant. Mais il n'y avait jamais eu de pesant silence radio comme aujourd'hui. Une première qui n'était pas du tout plaisante...
Pendant que la pâte terminait de cuire, Clyde se retrouvait seul avec ses remords.
Bien sûr, il aurait dû s'en douter, comme prévu Craig était fâché. Son ami lui en voulait tellement qu'il ne prenait même pas la peine de lui téléphoner, ou de chercher sa présence. Ce sale petit pleurnichard l'avait trop déçu ou n'avait pas cédé à ses avances, leur relation ne méritait donc plus aucun effort. Ils allaient devenir de parfaits inconnus qui s'enverraient de temps en temps des regards gênés et lointains.
Effacer des années d'amitié si facilement lui faisait plus mal que de se brûler avec le plat qu'il avait sorti du four en oubliant de se protéger les mains. Il n'avait pas eu besoin de grand-chose pour contrer cette petite erreur d'étourderie pas du tout provoquée à cause d'une certaine personne. Alors que pour recoller les morceaux avec son meilleur ami, la situation se révélait presque désespérée. Craig était fier et rancunier, il n'allait pas à nouveau l'inviter chez lui et manger des tacos en sa compagnie. Passer l'éponge sur le comportement irrespectueux de son ami, et même oublier qu'il était gay pour redevenir le meilleur ami parfait que Clyde pensait avoir trouvé !
Son imagination s'emportait facilement, pour aussi vite se retrouver à manger le mur.
La preuve : Au moment où Clyde pensait avoir retrouvé un semblant de sérénité, en s'occupant de la préparation au citron sans pleurer en songeant à toutes les vilaines choses que son meilleur ami adoré devait maintenant penser de lui, la sonnerie de la porte l'avait fait sursauter.
Au point de manquer de faire tomber son bol, mais d'oser espérer croire en la venue surprise de Craig !
Sa confiance en son meilleur ami et un euphorique élan de joie étaient montés d'un coup quand, de l'entrée, son père l'apostrophait en lui signalant que c'était un de ses amis. Pas besoin de sous-titre, seul le grand défenseur de cochons d'Inde pouvait débarquer à l'improviste un dimanche. Ses autres amis téléphonaient toujours avant, par politesse, ou pour ne pas s'être déplacés pour rien.
Un grand sourire aux lèvres, le soupirant sans cesse éconduit de Bebe Stevens s'attendait à reconnaître et accueillir chaleureusement un individu affublé d'un célèbre bonnet péruvien. Et non que ça soit précisément cette personne, la dernière qu'il voulait voir en de pareilles circonstances, qui franchissait la porte de la cuisine. Heureusement que le gamin avait reposé tout ce qu'il avait dans les mains, sinon d'autres dégâts auraient été signalés.
Au moins, en étant resté bien en sécurité chez son cher ami Craig, Clyde n'aurait pas eu ce genre de visite imprévue à ne surtout pas se classer dans la catégorie des bonnes surprises qui redonnaient direct le sourire.
Son père, un traître inconscient de sa grave erreur, venait de faire entrer le chaos en personne dans leur maison. Un être retord et manipulateur qui, après avoir cérémonieusement salué l'adulte de la maison, allait signaler sa présence à celui qu'il était venu voir. Ou humilier.
Cette façon dont le regardait ce gros lard, le ton de sa voix tellement faux et mielleux pour le saluer à son tour et prononcer son prénom... À vomir !
Pour un peu, Cartman aurait été jusqu'à lui offrir l'étreinte sacrée de l'amitié tout en lui proposant un délicieux caramel. Peut-être même deux. Mais Clyde ne se laissait plus prendre à ce genre de corruption basée sur la gourmandise. Moins souvent du moins.
Il restait cependant volontairement conciliant face au petit jeu pervers de son invité surprise non désiré. Qui se baladait librement dans la cuisine, commentant que ce cher Clyde Donovan ferait vraiment une très bonne femme au foyer. La soi-disant épouse modèle mettait cette vanne sur le compte de sa présence dans cette pièce généralement attribuée aux femmes, et n'en prenait donc pas ombrage. Beaucoup d'hommes brillaient dans la gastronomie, et faisaient même mieux la cuisine que les femmes.
Sauf que ce gros porc n'avait pas des pensées aussi engagées et subtiles en tête, il venait simplement de remarquer le gâteau posé sur la table, qui attendait sagement d'être recouvert de citron. Une véritable invitation pour cet énergumène qui était du genre à tout de suite faire main basse sur la nourriture qu'il déclarait immédiatement comme sienne.
Et le faisait bien savoir à celui qui pourrait contester ce crime en lui envoyant un petit regard où brillait son sadisme presque enfantin, reflétant une évidence frustrante mais bien présente : Clyde ne pouvait pas lui refuser de se servir, il avait trop besoin de lui. Tout comme Eric Cartman en savait trop sur le compte de ce pauvre ami désorienté depuis qu'il avait découvert l'homosexualité de son complice.
Un parfum de chantage environnait leur nouveau lien ambigu, bien que cette technique discutable n'ait jamais été évoquée. Pour le moment.
Actuellement, le plus à même de jouer les maîtres-chanteurs se concentrait plutôt sur la part du contrat très généreuse qu'il se concoctait. Armé d'un couteau à beurre traînant sur la table, il coupait lentement ce dessert qui ne lui était pas destiné, en ne quittant pas des yeux celui à être lentement torturé.
Quelle délicate attention de la part de ce sale profiteur d'avoir l'audace de se servir naturellement dans le plat mais sans y fourrer directement ses mains répugnantes. D'user d'un peu de délicatesse pour mettre à bien ce premier larcin qui servirait à payer ses bonnes actions sûrement intéressées et sa bonté discutable...
Commençant à bien cerner son confident de fortune, Clyde pensait que Cartman n'était sûrement pas à saliver devant un gâteau encore inachevé, qui serait fade sans ce délicieux citron. Ce gros porc aimait davantage l'idée de s'approprier quelque chose en terrassant le plus héroïquement pour lui sa malheureusement victime. En ayant une ascendance sur une personne trop peu sûre d'elle ou hésitante pour lui dire non. Chose que ce anti-héros faisait régulièrement avec Butters, quand ce dernier ne passait pas autant de temps avec Kenny.
Maintenant, ce gars détestable recherchait sûrement un autre volontaire aussi manipulable et candide que Butters Stotch. Et Clyde ferait parfaitement l'affaire pour marcher dans les pas de son naïf prédécesseur, c'est-à-dire effectuer toutes ses basses besognes.
Sauf que le digne successeur pressenti et choisi par Eric Cartman en personne ne comptait pas se laisser faire. Traîner avec Craig Tucker, qui n'avait rien à envier à Cartman niveau violence et intimidation, lui avait appris quelques trucs pour ne pas se laisser marcher sur les pieds.
En prenant une voix qu'il voulait très calme et posée, et surtout avant que son invité digne d'une mauvaise surprise sacrifie froidement son pauvre gâteau, Clyde avait proposé à Cartman d'aller dans sa chambre. Qu'ainsi ils seraient plus tranquilles pour discuter de la soirée d'anniversaire d'hier. Le gamin avait eu du flair, ajouter qu'il avait des révélations importantes à lui faire achevait de piquer la curiosité de ce gars pourri gâté mais actuellement son seul allié. Un allié vicieusement intéressé lorsque les nouvelles promettaient du sang, des rebondissements et assez d'actions merveilleusement inappropriées pour le divertir.
C'est donc sans grande résistance que Cartman avait laissé ce dessert en paix pour suivre docilement son nouvel ami jusqu'à la chambre. Pensant à sa future quête qui consisterait à écouter d'une oreille distraite les élucubrations de son pathétique petit protégé, tout en cherchant des éléments de choix pour se moquer de lui. Et peut-être aussi, accessoirement, l'aider un peu...
