Tu céderas.
Cette fic est écrite dans le cadre de la 102ème nuit écriture du FoF (Forum Francophone) pour le thème "Jurer". Le FoF est un forum regroupant tous les francophones de ffnet où l'on peut discuter, demander de l'aide ou s'amuser entre nous.
Attachée.
Enchaînée.
Réduite à néant.
Voilà ce qu'était devenue la fière Raiponce, enfermée désormais dans une pauvre cellule, sans aucun confort, sans lumière, sans rien.
Et ce, depuis deux semaines.
Quand Belle entra, Raiponce ne daigna même pas la regarder, et la reine admira la résistance de son ancienne amie.
Elle admira aussi le fait que, même ainsi, dans la déchéance, elle était toujours aussi belle, aussi forte, aussi majestueuse, et le fait est que oui, Belle avait toujours autant envie de l'embrasser.
« Bonjour Raiponce…
La blonde tourna enfin son regard vers elle.
- Que fais-tu ici Belle ? Ou plutôt, dois-je t'appeler la Bête ? Demanda-t-elle avec cynisme.
- Appelle-moi comme tu veux, fit-elle, magnanime. Tu dois savoir pourquoi je suis là, pas vrai ?
- Est-ce que tu es venue pour me tuer ?
- Étant donné le fait que tu as toi-même essayé de le faire en premier lieu contre moi, on pourrait dire que c'est de bonne guerre, non ? La quenouille… elle ne vient pas de nulle part, pas vrai ? »
Le regard de Raiponce était plein d'orgueil et de défi, et la reine ne l'en admira que plus pour cela.
« Exact, répondit son amie avec froideur. Peux-tu vraiment me blâmer d'avoir voulu détruire le monstre que tu es devenu ?
Avant même que Raiponce ait pu se rendre compte de quoi que ce soit, la reine s'était dirigée vers elle, et avait enserré son visage entre ses doigts.
- Fais attention Raiponce, susurra-t-elle avec un fausse douceur, ne joue pas avec le feu, ou tu risques de te brûler. »
La jeune femme continua de la regarder avec défi et colère.
« Force moi à le faire ! Force moi à arrêter ! »
Belle la relâcha, tentant de regagner son sang-froid, dévorée qu'elle était par la frustration.
C'était là à la fois le problème, et la chose qui la faisait tant s'intéresser à Raiponce.
Celle-ci savait qu'elle était un monstre, et elle était de ce fait invulnérable à sa magie et à sa séduction.
Ce qui ne rendrait que plus réjouissant et jouissif le moment où Belle la ferait sombrer…
« Ton père est encore en vie, annonça-t-elle avec nonchalance. Heureusement pour lui, il a fini par avouer son horrible crime…
Tu veux dire le tien… faillit répondre Raiponce, qui préféra se taire.
- Et de ce fait, il est désormais en prison, pour toujours… Jusqu'à sa mort. Enfin… ça, cela ne dépend que de toi…
- Qu'est-ce que tu veux Belle ?
- Toi et moi, nous allons passer un marché. Si tu veux que les choses se déroulent bien pour ce cher Rumplestiltskin, tu vas devoir me jurer une loyauté et une fidélité éternelle. Tu vas accepter de ne jamais me trahir, de ne jamais me contester, ne jamais rien faire contre moi.
- Et si j'accepte… Tu laisseras mon père vivre, et… tu me laisseras être libre moi-même ?
- Oh bien sûr… Mais je te demande autre chose.
- Quoi ?
- J'ai besoin d'un consort… ou plutôt, dans mon cas particulier, d'une reine-consort. Accepterais-tu de remplir ce rôle ?
- Tu te fiches de moi ? Tu veux faire de moi une potiche ? Va te faire foutre Belle ! »
La reine se contenta de sourire, avant de l'embrasser, et Raiponce ne put qu'admettre qu'elle était autant amoureuse de sa tortionnaire qu'auparavant.
« Un jour tu céderas… Un jour, tu me jureras fidélité et amour éternel. Ce n'est qu'une question de temps. »
Même une fois que la reine eut quitté sa cellule, Raiponce ne parvint pas à desserrer les dents.
A suivre…
