Tu es à moi.

Cette fic est écrite dans le cadre de la 102ème nuit écriture du FoF (Forum Francophone) pour le thème "Merci". Le FoF est un forum regroupant tous les francophones de ffnet où l'on peut discuter, demander de l'aide ou s'amuser entre nous.

Warnings : Lime.

Cela faisait déjà trois semaines que Belle avait fait sa foutue proposition à Raiponce, et celle-ci venait tout juste d'accepter.

Il y avait quelque chose de terrible dans le fait qu'elle était en train d'avoir enfin ce qu'elle avait toujours voulu et qu'elle faisait un pacte avec le diable qui la répugnait.

Sauf qu'elle était amoureuse de Belle, et ça n'arrangeait en aucun cas les choses.

Parce qu'elle avait peur, peur de se perdre elle-même, d'être corrompue par la reine, et d'en venir à aimer ça.

« Alors ? Comment on procède. »

Raiponce avait désormais quitté sa cellule, et se trouvait dans une chambre luxueuse, celle de la reine, et elle se sentait terriblement mal à l'aise.

Elle était complètement à la merci de la reine, et elle détestait cela.

Belle lui sourit, de ce sourire si beau et si faux, si affreux, qui l'était parce qu'il était celui de la Bête.

Et Raiponce la détestait, la haïssait d'avoir rendue son amie ainsi.

Et pourtant…

Une part d'elle savait que Belle et la Bête n'étaient qu'une seule et même personne.

Ça ne rendait pas les choses moins difficiles…

Belle ne lui répondit rien, se contentant de laisser sa magie entourer sa future amante, et l'envahir petit à petit, laissant Raiponce frissonner de dégoût.

« Désormais, toi et moi, nous sommes liées. Chaque chose que tu feras contre moi t'affaibliras… Toi et ton père. Ce qui signifie que, si jamais tu tentes de me tuer, tu mourras, et ton père également. »

La reine ne fit pas attention à la pâleur sur le visage de la jeune femme, et la plaqua immédiatement contre le lit, joueuse, alors que Raiponce, ne voulait que vomir, et mourir.

Elle avait perdu, ils avaient tous perdu.

Ils étaient définitivement à sa merci.

Finalement, Belle se pencha sur elle et se mit à l'embrasser, et vraiment, sincèrement, Raiponce ne voulait pas apprécier ce baiser, sauf que…

Sauf que c'était Belle qui l'embrassait, c'était la femme qu'elle aimait, et Dieu, qu'elle avait attendu ce moment, mais…

Pas comme ça…

Et, si jamais elle fermait les yeux, peut-être qu'elle pouvait tout simplement oublier que c'étaient les lèvres de la Bête qui se trouvaient sur les siennes, que c'était la Bête qui l'embrassait ainsi, aussi langoureusement, que c'était la langue de la Bête qui envahissait sa bouche à cet instant précis, jouant avec la sienne, manquant de la faire se pâmer de plaisir.

Un gémissement de plaisir lui échappa, et elle se mordit immédiatement la langue, pour s'empêcher de crier plus, et pour se punir d'aimer ce que cette folle était en train de lui faire.

Un sourire de ravissement apparut sur le visage de Belle, et Raiponce faillit réellement oublier quel monstre se cachait derrière ce visage d'ange.

« Ne te retient pas… fit-elle avec douceur, loin de la garce qui torturait les innocents à tour de bras. Cri pour moi mon amour. »

Ton amour ?

De qui te moques-tu Belle ?

Si tu m'aimais réellement, me ferais-tu cet horrible chantage ?

« M'as-tu jamais aimé Belle ? Lui demanda Raiponce, une lueur de douleur dans le regard. »

Belle ne répondit pas, se contentant de l'embrasser à nouveau.

Le plaisir ne chassera pas l'horreur, mon amour, pensa Raiponce avec cynisme.

Belle semblait le penser, cependant, un peu comme si la gentillesse de Belle tentait de compenser la cruauté de la Bête.

Avec douceur, la main de Belle se faufila entre ses cuisses, et Raiponce laissa échapper un cri de surprise mêlé de plaisir contenu.

La reinen'eut pas besoin de demander à Raiponce d'écarter les cuisses, puisque celle-ci le fit d'elle-même, semblant presque pressée de sentir sa main en elle, pressée d'en finir.

Après tout, pensait Raiponce avec cynisme, elle était la pute de la reine, non ?

C'était bien pour ça qu'elle était là…

C'était comme ça que Belle la voulait, non ?

Faible.

Soumise.

À sa merci.

Vas te faire foutre Belle.

Vas juste tellement te faire foutre.

Tu n'as pas idée d'à quel point je te hais.

Et d'à quel point je t'aime, aussi.

La jeune femme sentit les deux doigts de Belle entrer en elle, et elle souvint que son père était là, dans ce château, dans un cachot, emprisonné, seul, alors qu'elle était là, en train de prendre du plaisir.

Alors que les doigts de Belle commençaient à bouger lentement, la caressant avec douceur, tandis que Raiponce sentait que la bouche de la reine était sur un de ses seins, et alors qu'elle commençait à gémir, pantelante, elle se souvint de ceux que la reine avait tués et dont elle avait bu le sang.

Quand elle finit par jouir, elle n'eut qu'en tête le fait qu'elle voulait mourir.

Un sourire de prédateur apparut sur le visage de son amante.

« Tu es à moi… »

Oh, comme elle se haïssait.