Titre original: Sins of the Innocent

Auteur: reapertownusa

Traduction: Ally-33

Note de la traductrice: Je précise que l'auteur ne m'a pas encore donné son autorisation. Et en cas d'un éventuel désaccord, l'histoire sera évidemment supprimée. Je ne suis que la traductrice, pas l'auteur!

ATTENTION: Les thèmes abordés ici sont sombres et lourd, les punitions corporelles extrêmes, la violence domestique consensuelle, la violence sur des enfants, la mort de certains personnages, certaines scènes perturbantes impliquant des enfants, l'inceste (le genre pas sexy), la prostitution, les références à la maltraitance passée, l'auto-régulation, thèmes concernant le suicide, la torture, le sexe des mineurs (rien concernant des enfants de moins de 15 ne sera montré, mais implicite).

...

Les péchés de l'innocence

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Chapitre 2

2 Mai 1994 - Boulder, Colorado

Etudier était habituellement facile pour Sam. Normalement, il était pleinement concentré, il en profitait même. D'ailleurs Dean lui disais tout le temps qu'il était un gmin bizarre à cause de ça. Mais son grand frère avait beau le taquiner, c'était toujours lui qui l'aidait avec ses devoirs de maison.

Dean avait arrêté l'école depuis des années et il n'avait même jamais entendu parler de certaines des choses que Sam étudiait maintenant. Pourtant ça ne l'empêchait pas de s'asseoir et d'essayer de tout lui expliquer; même si, bien souvent, l'aîné finissait par s'en vouloir de ne pas être en mesure de comprendre lui-même.

Ce n'était pas que Dean était stupide, ou qu'il n'aimait pas l'école. Mais papa l'avait soudainement retiré de l'école en déclarant que donner une éducation à quelqu'un comme Dean était une perte de temps. En réalité, Sam avait entendu son père dire "quelque chose comme Dean" mais il savait qu'il avait surement mal entendu.

C'était Dean qui venait à ses concours scientifiques et qui lui préparait sont déjeunés parce que papa ne voulait pas lui donner d'argent pour la cafétéria. C'était Dean qui se précipitait, encore en sueur et épuisé de ses séances d'entraînement matinale, pour s'assurer que Sam était à l'heure à l'école. C'était Dean qui était toujours là à sa sortie les après-midi. Et c'était encore Dean qui essayait de convaincre papa de rester dans une ville assez longtemps pour que Sam puisse finir son trimestre.

Alors quand son frère disait qu'il trouvait l'école inutile, Sam savait que c'était un gros mensonge. De plus, même si Dean pensait que c'était stupide, il savait au moins que c'était important pour lui. EtSam aimait juste savoir que quelqu'un en avait quelque chose à foutre, parce qu'il était assez sur que papa ne savait même pas qu'il existait.

Étant donné la ferveur avec laquelle Dean se battait pour le garder à l'école et le nombre d'ennuies que ça lui avait causé, Sam avait apprit à ne jamais le prendre pour acquit. Actuellement, il ne pouvait pas se concentrer sur ses devoirs car les lettres dans son livre étaient floues à travers les larmes qui remplissaient ses yeux.

Sam était assis à la table de la cuisine du petit appartement crasseux, recroquevillé sur lui-même en une boule aussi petite que possible. Le son de la télévision résonnait assez fort pour déranger les voisins, qui se serait probablement plaints au gérant, s'il ne sagissait pas d'une bande de junkies. En tout cas c'était ce que papa lui avait dit.

Pourtant, Il n'entendait pas la télé. Il entendait seulement le son qu'elle était censée camoufler: le bruit rythmique et régulier du cuir s'abattant, avec force, contre la peau nue.

Sam resserra son emprise sur son crayon, comme s'il pouvait l'utiliser comme une baguette magique pour éloigner Dean d'ici ou, au moins, changer papa en crapaud. Mais bien sûr c'était impossible alors il se contenta de rester assit là, les yeux vides, s'efforçant de fixer ses exercices d'algèbres pour ne pas voir les marques rouges fleurissant sur le dos pâle de son frère.

Il se mordit la lèvre inférieure et essuya les larmes sur ses joues. Elles avaient coulé sur les papiers usés devant lui et quand Sam essaya de nettoyer une goutte sur sa feuille, il bafouilla l'encre de son nom: c'était bien la seule chose qu'il avait été capable d'écrire de la soirée.

Il froissa bruyamment le papier et le jeta contre le mur en espérant à moitié que papa le verrait. Mais ce ne fut pas le cas. Papa ne voyait jamais Sam. Il était bien trop occupé à chercher des raisons pour faire du mal à Dean; pas qu'il est réellement besoin d'une quelconque raison.

Dean n'avait rien fait de mal. Il ne faisait jamais rien de mal. Pourtant toutes les nuits, au lieu de prendre le dîner, il devait retirer tous ses vêtements.

Quand il était petit, Dean lui avait dit qu'il n'aimait pas dîner et que de toute façon, il était assez gros comme ça. Sam n'avait jamais pensé que son frère était gros. Il ne savait pas pourquoi papa lui disait ça alors que Dean était plus mince que Sam lui-même. Mais pendant un certain temps, son frère l'avait convaincu qu'il n'aimait pas dîner.

En tout cas, il avait été convaincu jusqu'à une nuit où ils attendaient à un arrêt de bus pendant que papa était dans un bar. Dean pensait surement que Sam était endormi, et il l'était presque, mais il avait ouvert un oeil et regardait furtivement autour de lui quand il avait senti la chaleur de son frère quitter son côté.

Dean s'était levé et avait rapidement avalé du riz d'une boîte à emporter que quelqu'un avait jetée à la poubelle. Quand Sam lui en avait parlé, son frère lui avait affirmé que c'était dégoûtant et qu'il faisait vraiment des rêves étranges. Mais, il avait surtout l'air coupable et triste, alors Sam avait cessé d'en parler.

Une semaine plus tard, Sam avait fini son compte rendu sur Mahatma Gandhi; un homme qui n'avait jamais blessé personne, pas comme papa. Sam avait décidé que Gandhi était la personne la plus cool au monde, après son grand frère bien sur.

Sam avait rapidement commencé une grève de la faim. S'il refusait de manger son dîner jusqu'à ce que Dean ait le sien, alors papa le laisserait manger. Mais ça ne c'était pas passé comme prévu et le lendemain, Dean avait reçu une fessée à la place de chaque repas. Sam avait mangé son dînée la nuit suivante.

Le plan B était évident: ils allaient fuir. Sam avait emballé leurs affaires et il avait même volé les réserves d'argent que papa cachait dans la poche inférieure droite de son sac. Il avait tout, sauf Dean. Dean, qui l'avait traité d'idiot et avait pris le fouet pour l'argent qu'il avait mal rangé.

Il fonctionnait avec le plan C depuis un moment maintenant. C'était celui où Sam contournait complètement papa, en faufilant de la nourriture en cachette à Dean. Il l'emballait dans des mouchoirs et la cachait dans la taie d'oreiller de son frère pour qu'il puisse manger quand papa dormait. Dean avait soutenu qu'il n'était pas censé en avoir, alors Sam avait boudé jusqu'à ce qu'il accepte finalement de manger.

Sam avait trouvé comment donner assez de nourriture à son frère pour ne pas avoir à passer ses nuits éveillé à écouter son estomac grogner. Mais il ne savait toujours pas comment empêcher papa de le frapper.

C'était pire que de rester assit à regarder, puisque Sam devait lui apporter tout ce qu'il voulait pour frapper son frère avec, pendant que ce dernier se déshabillait.

Sam venait juste de commencer la maternelle, la première nuit où papa lui avait demandée de lui donner la brosse à cheveux. Ça semblait stupide et il n'y avait pas vraiment réfléchi sur le moment. Puis papa lui avait arraché la brosse et frappé son frère avec jusqu'à ce que Dean soit en larmes.

Ça avait été la dernière fois que Sam s'était fié à son père.

Papa n'avait pas touché Sam, pourtant il avait pleuré plus fort et plus longtemps que Dean. Même s'il savait que ça faisait de lui un gros bébé, il s'en fichait. Tout ce qui comptait réellement était qu'après sa punition, Dean l'avait trouvé caché derrière le canapé et l'avait pris dans ses bras. Il lui avait promis que tout allait bien et que papa faisait ce qu'il fallait.

Il ne croyait pas toutes ces conneries sur leur père, mais il n'avait pas vraiment le choix. Dire non n'empêchait rien du tout. Si papa devait aller chercher lui-même ce qu'il voulait, Dean obtiendrait juste des fessées supplémentaires.

Sam utilisa les trop grandes manches de son t-shirt pour essuyer ses joues. Il poussa son manuel d'un coup sec et ce ne fut peut-être pas totalement par accident qu'il tomba de la table. Il atterrit sur le sol dans un fracas assez bruyant pour briser le rythme de papa.

Papa lança un regard assassin à Sam, qui leva le menton et croisa les bras en signe de défis. Cependant au lieu d'aller faire face à son fils, papa tendit sa main et abattit violemment le cuir sur le bas des cuisses de Dean. Sam sauta de sa chaise quand son frère cria et sursauta brusquement avant de se repositionner rapidement.

"Ramasse-le, ou ça va direct à la poubelle." Papa dit avec un coup de tête sec vers le livre.

Un frisson traversa Sam, lui retournant l'estomac, alors que son cerveau cherchait déjà comment expliquer ça à son professeur de maths. Il savait que Dean trouverait un moyen de récupérer son livre, mais il savait aussi qu'il se ferait frapper davantage pour ça.

Il était à mi-chemin vers son livre quand le téléphone sonna.

"Sam fait taire cette putain de télé."

Papa aboya l'ordre comme si ce n'était pas lui qui avait allumé cette satanée chose bruyante. De toute façon, ni lui, ni Dean n'était autorisé à regarder la télévision. Même s'il voulait vraiment le faire remarquer, Sam ne dit rien et se contenta d'obéir pendant que papa répondait au téléphone.

"Ici le détective Alexis."

Sam roula des yeux en se demandant pourquoi papa avait besoin d'autant de nom. Pas qu'il se souciait actuellement des mensonges que son père racontait au téléphone. Tout ce qu'il pouvait entendre était les halètements calmes et les respirations vives que son frère ne se permettait pas quand papa pouvait entendre.

Sans vraiment le regarder, papa posa la ceinture sur le dos de Dean et partit arpenter la pièce. L'aîné était tellement habitué au poids du cuir qu'il ne sursauta même pas au contact.

Papa commença rapidement à parler de cadavres et d'autres choses dégoûtantes. Des choses effrayantes que Sam souhaitait ne jamais avoir découvertes. Pendant des années il avait harcelé Dean pour savoir pourquoi ils vivaient comme ça. Puis un jour, il avait trouvé le journal de papa. Sam ne savait pas pourquoi, mais sa découverte semblait avoir bouleversé son frère, plus encore que quand papa le frappait.

Cette nuit, Dean lui avait tout dit sur les démons et son monde s'était écroulé.

Sam n'en avait jamais parlé, mais d'une manière ou d'une autre, papa avait compris qu'il savait. Dean n'avait jamais cafeté ses bêtises. Habituellement, il se débrouillait toujours pour le couvrir. En revanche, son frère rapportait tout ce qu'il faisait, lui-même, à papa. Et il avait probablement obtenu une fessée pour ça aussi.

Depuis, papa ne lui avait plus rien caché. Et maintenant, Sam devait regarder d'effrayantes photos de scènes de crime avec des yeux morts qui le fixaient et des coupures de journaux épinglées sur tous les murs. Et le pire de tout, c'est que Dean avait semblé encore plus triste que d'habitude.

Sam regrettait d'avoir un jour posé des questions sur tout ça.

"Il y a eu une autre attaque." Dit papa en raccrochant le téléphone. "C'était à Walsenburg."

Sam avait les mots "et alors?" sur le bout de la langue. Et ils auraient glissé de ses lèvres si ses yeux, déjà humides, n'étaient pas bloqués sur l'horrible marque sur les cuisses de Dean. Tout ça juste parce que Sam avait fait une scène avec son livre. Il força sa mâchoire à rester fermé, regardant silencieusement papa relever la ceinture.

Dean essaya de se lever dès que le poids de la ceinture était parti. Habituellement, c'était normal pour papa de l'emmener sur une chasse avec lui; mais cette fois il donna une claque sur les fesses endolories de son fils, avant de le repousser sur le bras du canapé d'une main sur son épaule.

"Tu n'as pas fini, n'est ce pas?" Demanda papa.

Ce n'était pas réellement une question et malgré l'incertitude sur son visage, Dean reposa ses bras sur les coussins du canapé et prépara à nouveau ses jambes. Sam regarda les épaules de son frère se raidirent et il ressentit une envie profonde de frapper son père.

"Non monsieur."

"Sam va finir ça."

Dean étouffa une respiration qui se brisa presque en sanglots. Il ferma les yeux et enfouit sa tête dans ses bras.

Papa le fouetta avec la ceinture, lui faisant relever la tête d'un coup.

Sam étouffa son propre sanglot.

"Réponds-moi Dean."

"Oui monsieur." Dean répondit après une déglutition difficile. Mais son corps entier tremblait.

"Hé, viens là." Papa passa sa main sur le côté de la cuisse nu de Dean dans un mouvement circulaire doux. Après un moment Dean se pencha dans le contact. Et quelque chose à ce sujet dérangeait Sam, presque autant que quand papa frappait Dean."Tu sais que nous devons protéger ton frère, hin?"

"Oui monsieur."

La réponse était automatique. Sam était tellement perdu dans le vide des yeux de son frère, qu'il ne remarqua pas immédiatement la ceinture qui lui était tendue. Jusque-là, Sam n'avait pas réellement compris l'implication des paroles de son père.

"Tu veux que je..." Sam secoua la tête en reculant. "Non."

Il ne savait pas s'il avait un jour dit ce mot aussi fort devant papa. Mais peu importe si ça le mettait en colère. C'était impossible qu'il fasse ce que papa lui ordonnait. Il ne pouvait pas faire du mal à son frère.

Quand ses larmes recommencèrent à couler, papa posa une main sur son épaule. Mais sans y penser, Sam s'éloigna du contact en reculant davantage.

"Assez." Le ton glacial de papa gela Sam sur place. "Si je dois partir et vous laisser seules tous les deux, j'ai besoin de savoir que je peux te faire confiance avec ça."

Bien sûr, Sam voulait que papa le laisse seul avec Dean. C'était stupide qu'il ait encore peur de les laisser seules une nuit. Dean avait presque l'âge de conduire et Sam n'était plus un bébé.

Ils étaient presque assez âgés pour avoir leur propre maison; là où Sam pourrait garder Dean en sécurité. Son frère pourrait lui faire des pancakes avec des myrtilles et de la crème fouetté tous les matins et l'aîné pourrait manger tous les hamburgers qu'il voulait. Ils pourraient dormir toute la journé, sans que Dean ne soit tiré du lit pour une session d'entrainement alors qu'il faisait encore noir dehors.

Sam voulait plus que tout emmener Dean loin d'ici et démarrer une nouvelle vie où ils pourraient être normaux et heureux. Mais peu importe combien il voulait être seul avec son frère, papa était fou s'il pensait que Sam fesserait Dean pour ça.

Si ça ne tenait qu'à lui, les lanières en cuir, les brosse à cheveux, et tout ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à un bâton seraient bannis. Il détestait ces trucs, il détestait papa, et il détestait la façon dont Dean restait couché sur le canapé à attendre que quelqu'un vienne le frapper.

Sam avait vu son frère démembrer des démons comme si c'était la chose la plus facile au monde; et il avait presque tué une bande entière de brute à l'école pour avoir dit à Sam qu'il avait une coiffure ridicule.

Il ne voulait pas réellement que Dean tue papa, mais au moins, qu'il lui rende ses coups. Parce que la façon dont papa traitait Dean était bien pire que la façon dont ses gosses avaient traité Sam. C'était injuste.

Sa respiration était devenue tellement rapide, qu'il pouvait à peine inspirer assez d'air pour remplir ses poumons. Mais il se débrouilla quand même pour crier à son père.

"Pourquoi tu laisses pas Dean tranquille?"

Des cries en retour ou un autre coup de ceinture à Dean aurait renforcé le désespoir sa tirade. Ça aurait prouvé que papa était le monstre que Sam pensait qu'il était. Mais maintenant, il ne savait plus quoi penser parce qu'il n'y avait pas de rage dans les yeux de son père.

Papa semblait effrayé, peut-être triste, comme Dean. C'était suffisant pour choquer Sam, le laissant sans voix. Avec méfiance, il regarda son père prendre une grande respiration avant de relever la tête, que Sam n'avait même pas remarqué qu'il avait baissé.

"Je ne serais pas toujours là pour te protéger Sam, et si tu ne peux pas faire attention à ton frère..." Papa grimaça légèrement en regardant Dean par-dessus son épaule, avant de revenir à Sam. "Je ne veux pas avoir à le tuer. Mais je ne perdrais pas mes deux fils."

"Tuer Dean?"

Les mots sortirent en panique de la bouche de Sam. Dean, toujours couché sur le canapé, regardait calmement les cousins, comme s'il savait déjà que papa prévoyait de le tuer; et que cela lui était complètement égal.

"Non!" Sam se précipita pour se positionner entre son frère et son père. Il se tenait, les bras écartés, comme s'il pouvait bloquer papa s'il le fallait. "Tu ne peux pas tuer Dean. Je ne te laisserais pas faire."

Il y avait un éclat humide dans les yeux de papa, quelque chose que Sam n'avait jamais vu avant. "C'est bien la dernière chose que je souhaite. Vous savez que le vous aiment les garçons."

Avec une autre secousse de la tête, Sam fit un pas plus près de son frère. "Si tu l'aimais vraiment, tu ne lui ferais pas de mal, tu ne le..."

"Sammy, ferme-la!" Interrompit Dean. "Tu ne sais pas de quoi tu parles."

Sam ressemblait probablement à un idiot totale, arrêté là avec la bouche ouverte. Mais il ne pouvait pas la refermer. Il ne pouvait rien faire. Il était paralysé, regardant bêtement son frère, qui avait apparemment été battu tellement fort que ça lui avait retourné le cerveau.

"De quoi je parle?" Demanda Sam. "J'essaie juste de t'aider Dean.

"Alors, prend cette putain de ceinture." Les mots de Dean étaient calmes et sévères.

"Écoute ton frère Sam." Dit papa. "C'est la dernière chose que je veux, mais c'est le seul moyen de le garder en vie. J'ai besoin que tu fasses ça pour Dean."

Sam voulait dire à son père d'aller se jeter du haut d'un pont, mais il pouvait sentir l'urgence dans le silence de son frère. Pour Dean, il tendit la main et saisit le cuir. Il était chaud et un peu moite d'avoir été tenu aussi longtemps par papa. Les mains de Sam tremblaient tellement qu'il pouvait à peine enrouler ses doigts autour de la ceinture.

"Qu'est-ce que je dois faire?" Sa langue était engourdie et les mots avaient du mal à passer ses lèvres.

"Fouette-le aussi fort que tu peux."

Ce fut la seule chose que dit papa avant de rallumer la télé et de prendre sa veste pour sortir. La porte se referma bruyamment derrière lui et Sam resta debout, au milieu du salon, tenant la ceinture de Dean comme si c'était une bouée de sauvetage.

Il ne savait même pas pourquoi son frère continuait à porter une ceinture, quand tout ce que papa faisait était de le frapper avec. Sam regarda alternativement entre l'objet maudit dans ses mains et son frère, nu, couché sur le canapé. Les jambes de Dean tremblaient et c'était douloureux de regarder les dégradés de rouges dont sa peau était teintée.

Sam ne voulait pas que Dean meure, mais il ne comprenait pas comment le blesser pourrait lui sauver la vie. Il attendit jusqu'à ce qu'il entende le son du moteur de l'impala disparaitre dans la nuit, avant de laisser tomber la ceinture sur le sol et de courir vers son frère.

"Dean, lèves-toi."

Lorsque Sam tira précipitamment sur son bras, Dean le regarda comme s'il avait une deuxième tête et laissa échapper un soupire las, qui ressemblait un peu trop à ceux de papa.

"Non Sammy." Les mots étaient presque trop bas pour être entendu et Sam se figea au regard dans les yeux de son frère. Dean était presque en larmes et c'était de sa faute. "Tu as entendu papa."

"Papa à tort. Il ne peut pas te tuer. Je pense qu'il n'a même pas le droit de faire tout ça et il ne peut pas te frapper juste parce qu'il en a envie."

"Il n'en a pas envie. Il le fait pour moi, parce que j'en ai besoin."

"Pourquoi? Tu n'as rien fait de mal."

Pour une raison quelconque, Dean eut un mouvement de recul aux mots, avant de se ressaisir et de fixer Sam comme s'il était un idiot. Mais il était loin d'être bête. Sam avait fait ses recherches sur ce truc de fesser, parce qu'il lui semblait qu'aucun autre enfant à l'école ne souffrait du simple fait de devoir s'asseoir.

Cette tache s'était avérée plus difficile que prévu. Quand il avait demandé des livres à ce sujet, le bibliothécaire avait semblé inquiet et lui avait suggéré d'aller voir le conseiller d'éducation. Il savait, par papa, que les conseillers d'éducation étaient tous des démons; donc il avait laissé tomber les livre, en faveur d'interroger directement les gens.

Dean aurait été en colère s'il avait su que Sam avait questionné des civils autour de lui. Mais il n'avait pas vraiment parlé de son frère ou de leur famille; alors, techniquement, il n'avait brisé aucune des règles de papa. Il avait eu beaucoup de réponses et en était arrivé à la conclusion que Dean n'était pas le seul enfant au monde à recevoir des fessées.

Cependant, son frère était peut-être le seul à se faire taper sans aucune raison. Il fallait avoir fait quelque chose de mal pour mériter une fessée. C'était la règle. Mais, Dean était parfait.

Dean était fort et intelligent. Il prenait toujours soin de Sam et papa. Et il ne se plaignait jamais, même pas pour que papa arrête de le frapper. Tout ça prouvait bien que leur père était injuste.

"Pas encore." Même en étant plus basse que le son de la télé, La voix de Dean fit sursauter Sam. Il poussa sa frange de côté et leva un sourcil interrogateur. Le plus âgé continua à contrecoeur. "Je te ferais du mal si tu ne fais pas ça."

Sam regarda son frère avec scepticisme et faillit même rigoler. Pas parce que c'était drôle, mais parce que c'était tellement ridicule. C'était probablement la chose la plus stupide que Dean ait jamais dit.

Il n'y avait rien au monde dont Sam était sûr, si ce n'est le fait que son frère serait toujours là pour lui. Peu importe ce qui pourrait arriver, Dean le protégerait toujours.

"Tu ne m'en as jamais fait."

Dean tressaillit aux mots, sa respiration se bloqua. Tout d'abord il semblait indécis, mais au moment où il ouvrit la bouche pour parler, il semblait loin, comme déconnecté.

"Sammy, tu ne sais pas ce que je suis."

"Tu es mon grand frère."

La respiration de Dean devint saccadée. Et malgré sa tentative pour les retenir, une larme lui échappa et coula à travers les taches de rousseur sur sa joue. "Alors, tu dois faire ça pour moi."

Sam savait que Dean était têtu et qu'il n'abandonnerait pas tant que tout ça n'était pas terminé. Mais il ne voulait plus regarder les bleues sur ses fesses, alors il s'installa tailleur au milieu du canapé, là où son aîné pouvait le voir.

Dean garda la tête baissé et emmêla ses doigts dans l'un des fils usés qui s'échappaient des coussins du canapé. "Je ne voulais pas que tu le saches. Mais c'est en moi."

"Quoi ça?"

"Le démon."

Sam cligna des yeux dans l'incrédulité et réévalua la déclaration précédente de Dean sur le fait qu'il finirait par lui faire du mal, comme étant la deuxième chose la plus stupide que son frère ait jamais dit. "Tu n'es pas un démon."

"Tu ne peux pas le voir parce que papa le garde sous contrôle, mais c'est à l'intérieur de moi, et si tu ne finis pas ça, il pourrait sortir."

Une fois de plus, les larmes de Sam recommencèrent à couler en voyant la douleur et la peur dans les yeux de Dean. Son frère pleurait maintenant s'étouffant presque dans l'effort pour rester silencieux; comme si Sam ne pouvait pas voir les sentiers humides qui dévalaient son visage.

La trop longue frange de Sam lui tomba devant les yeux quand il secoua la tête et il essaya désespéramment de se cacher derrière elle. "Je ne veux pas te blesser."

"Je sais, mais c'est de ma faute. Tout est de ma faute Sammy. Je suis désolé."

Il y avait quelque chose dans ses mots, quelque chose de sombre et amer que Sam ne pouvait pas comprendre.

Il entendait Dean dire qu'il était désolé au moins cent fois par jour. C'était pratiquement la seule chose qu'il disait quand papa était là; autre que "oui monsieur" ou "non monsieur". Mais cette fois c'était différent. Le ton était celui de la confession, comme si Dean avait attendu toute sa vie pour faire ces excuses particulières à Sam.

Sam se sentait complètement stupide de ne pas pouvoir comprendre quelque chose qui semblait si important pour son frère. Il voulait demander à Dean pourquoi il était désolé, mais sa bouche refusait de bouger. Il était pétrifié, regardant son frère baisser la tête pour cacher son visage dans ses bras.

Un sentiment inconnu avala Sam. Il n'avait jamais vu son frère aussi ouvertement brisé.

La seule chose qu'il pouvait faire était de se rapprocher et d'enrouler ses bras autour du cou de son aîné. Quand il sentit tout le corps de Dean trembler, Sam posa sa joue humide contre ses cheveux et enterra son visage dans l'odeur musquée familière de son frère.

Il ne savait pas combien de temps s'était écoulé avant que Dean ne se déplace, essuyant l'humidité sur son visage.

"Je ne te demande jamais rien."

Les mots de Dean étaient sorti de nulle part et étaient tellement vrais qu'ils en devenaient blessants. Peu importe à quel point tout cela pouvait sembler mal, Dean suppliait pratiquement pour ça. Et Sam ne pouvait pas vraiment lui refuser, pas après tout ce que son frère avait fait pour lui.

Sam se redressa à son tour et essuya ses larmes. Il déplia ses jambes pour les faire pendre sur le bord du canapé, sans pour autant les laisser toucher le sol. Ses pied à terre auraient été un pas de plus vers la ceinture, qui reposait négligemment sur le tapis.

"Je ne peux pas." Chuchota Sam.

"Si le démon sort et m'oblige à te faire du mal, papa n'aura même pas besoin de me tuer, parce que je le ferais moi-même."

"Tu ne peux pas." Sam sauta du canapé et regarda son frère avec colère. "J'ai besoin de toi Dean."

"Et moi j'ai besoin que tu fasses ça. S'il te plaît Sammy."

Sam se rapprocha de la ceinture avec des pas incertains. Il lança un regard à Dean par-dessus son épaule après l'avoir récupéré.

"Dit moi juste pourquoi." Dit Sam.

"Pourquoi quoi?"

"Pourquoi il faut te frapper?"

"La douleur repousse le démon. C'est pour ça que papa doit le faire toutes les nuits."

"Alors, tu as tout le temps mal?"

Ce n'était pas vraiment une question et Sam n'était pas sûr de vouloir entendre la réponse à voix haute.

Sa prise sur la ceinture se resserra douloureusement. Avec des gestes maladroits, il avait plié le cuir en deux, comme il avait vu papa le faire un million de fois. Il ne voulait pas être comme son père et il voulait plus que tout faire sortir Dean d'ici. Pourtant, il était debout derrière lui, regardant les bleues sur sa peau et prêt à en rajouter.

Sam savait qu'il devait le frapper. Son frère savait tout et s'il disait que c'était important, alors ça l'était. Il n'était juste pas sûr de ce qu'il devait faire en premier: en finir avec ça maintenant? ou courir aux toilettes pour vomir?

Il poussa sa main libre sous la manche de son sweat et essuya les larmes bloquées dans ses yeux pour mieux voir ce qu'il faisait.

"Imagine juste que tu balances une batte." Instruit Dean.

Sam ne jouerait plus jamais au baseball.

Il repositionna la ceinture entre ses doigts. Maintenant il la tenait avec ses deux mains tremblantes et s'assura que la boucle ne toucherait pas Dean. Sam savait exactement à quel point le métal aiguisé pouvait trancher la peau de son frère. Quand la lumière était assez forte, il pouvait encore voir la cicatrice.

Ça avait été l'un des rares jours où Dean n'avait pas été là pour le récupérer à la sortie de l'école. Après un moment à attendre, Sam avait fini par s'inquiéter et était rentré tout seul. Il avait trouvé Dean dans la douche, tremblant sous le jet d'eau froide avec du sang coulant de son dos.

Il n'y avait eu personne d'autre dans la chambre de motel, mais le sol avait été couvert de sang où reposait la boucle de ceinture. Papa n'était pas rentré ce soir-là et son frère n'en avait jamais parlé.

Dean réarrangea sa position sur le bras du canapé. "Je commence à avoir mal au ventre."

"Moi aussi." Répondit Sam

"Je suis désolé que tu sois obligé de faire ça Sammy."

Dean s'excusant parce que Sam était forcé de le frapper était presque assez pour lui faire lâcher la ceinture à nouveau; mais il força sa prise à se resserrer. Il savait que s'il la laissait tomber encore une fois, il ne serait plus capable de la reprendre.

"Je vais essayer." Dit Sam

Dean hocha calmement la tête, avant de propager ses jambes. Puis, Sam le fouetta.

Ce n'était pas aussi facile que ça en avait l'air.

La ceinture se balança maladroitement, atterrissant contre l'arrière des cuisses de Dean. Ça l'aurait probablement chatouillé, si sa peau n'était pas déjà meurtrie. Sam savait qu'il n'avait pas mis assez de force dans le coup et il n'était pas sur d'en être capable.

"Plus fort." Le ton de Dean était anxieux et il commençait à s'agiter. "Tu dois frapper beaucoup plus fort."

"J'essaie." Hurla Sam.

Il se hait instantanément quand Dean se crispa au crié. Vu sa position, c'était évident qu'il attendait la douleur. Mais comme rien ne vint, il se força à se calmer.

"Tu t'y prends bien." Dit Dean.

Les mots apportèrent une autre inondation de larmes. Il n'y avait rien de bien dans tout ça. C'était son frère, il était blessé, et tout ce que Sam désirait était d'arrêter la douleur. Mais il ne voulait pas que papa ou le démon ne lui prenne Dean.

Il respira profondément et leva le bras. Au troisième coup, il avait réussi à faire comme papa lui avait ordonné. Il frappait aussi fort qu'il le pouvait ou, du moins, aussi fort que son corps tremblant le lui permettait.

Le son de chaque coup suscitait plus de réaction de la part de Sam que de son frêre. Pourtant, les mains de Dean agrippaient durement les coussins du canapé alors que sa peau prenait une teinte plus sombre.

Quand Sam s'arrêta, trop épuisé psychologiquement et physiquement pour lever le bras une fois de plus, son frère resta plié sur le canapé. Il réalisa que Dean essayait juste de sécher ses yeux avant de regarder par-dessus son épaule. Il se redressa avec raideur et se pencha sur lui-même pour tenter d'apercevoir le travail de Sam. Il vérifiait probablement si c'était assez bon pour papa.

Puis, Dean se redressa entièrement et ses yeux injecter de sang rencontrèrent ceux de son frère. Il trébucha presque dans ses efforts pour rejoindre son cadet et le prendre dans une étreinte serrée. Sam tomba à genoux dans ses bras. Son corps était engourdi, comme paralyse.

Dean le serra fermement contre sa poitrine et Sam jeta aveuglément ses bras autour de lui, comme s'il y avait un moyen de le rapprocher, alors même qu'il était déjà enlacé le plus serré possible. Dean était agenouillé à coté de lui et passait sa main dans les cheveux de son cadet, pendant que ce dernier cachait son visage dans la peau nue de sa poitrine. Sam pouvait sentir le coeur de son frère tambouriner contre son oreille.

Il était sûr qu'ils c'étaient tous les deux excusé au moins une centaine de fois avant qu'il ne se calme un peu. Il hoquetait en essayant d'essuyer la morve qu'il avait laissé sur la peau en sueur de son frère. Dean haussa les épaules et s'éloigna de lui en boitant.

Sam tira ses jambes jusqu'à sa poitrine et posa son menton sur ses genoux. Il resta dans cette position et regarda Dean éteindre la télé avant de marcher vers le minuscule coin cuisine en ignorant totalement ses vêtements. Mais Sam souhaitait désespérément qu'il les porte.

Ce n'était pas comme s'il avait un problème avec le fait que son frère soit nu, il était habitué à ça. A moins de devoir aller sur une chasse, papa ne le laissait pas se rhabiller jusqu'au lendemain. De plus, lui et son frère avaient pris beaucoup de douche ensemble, soit pour garder plus d'eau chaude pour papa, soit parce qu'ils étaient pressés et n'avaient que quelques minutes pour se doucher.

Sam grimaça à la pensé du denim raclant la peau abusée et se demanda si papa ne lui faisait pas une faveur en le laissant nu. Pourtant, il continuait de souhaiter égoïstement que Dean porte son pantalon pour qu'il n'ait plus à regarder ce qui allait devenir ses bleus les plus récents. Bleues qu'il avait fait lui-même .

Sam baissa les yeux, soudainement fasciné par son lacet défait, jusqu'à ce qu'il entende Dean ouvrir un placard. Il releva la tête pour voir son frère verser le liquide clair de sa flasque dans un verre éraflé. Il buvait tout le temps ce truc, mais Sam ne savait pas vraiment ce que c'était.

"C'est de la vodka?" Demanda-t-il?

Dean prit une bote de sel pour en versa un peu dans le verre et mélangea le tout avec un mouvement paresseux de son doigt. Il resta silencieux en regardant le mini tourbillon qu'il avait créé dans l'eau avant de lever le verre du comptoir et de se tourner vers Sam, sans vraiment le regarder.

"C'est de l'eau bénite."

Les yeux de Sam s'élargirent. Il eut l'impression d'étouffer en se rappelant que ce n'était pas une mauvaise blague. Son frère avait réellement un démon en lui.

Il devait faire des recherches. Maintenant qu'il savait ce qui se passait, il allait trouver un moyen de résoudre ce problème, comme ça Dean n'aurait plus jamais à souffrir et personne ne risquerait de mourir.

Après cela, ils restèrent silencieux tandis que Sam faisait la tri dans sa tête. Et plus il y pensait, plus il réalisait qu'il ne connaissait pas grand-chose sur les démons; mis à part qu'ils étaient méchants et faisaient du mal aux gens.

"Est-ce que tu es comme Batman?" Demanda Sam.

Dean le regarda avant de boire l'eau salé. Il toussa un peu puis leva un sourcille interrogateur vers son frère. "Sam, Batman est un super héros. Moi je suis comme le joker, mais en moins cool."

Sam renifla. "Tu es plus cool que ce joker à la noix, tu es mon grand frère."

C'était sa réponse à tout, parce que c'était la seule chose qui comptait vraiment. En plus, il n'aimait pas réellement Batman. Il faisait juste passer les BD en cachette à Dean parce qu'il savait combien son frère les aimait et parfois, quand papa n'était pas là, Dean les lisait pour lui.

Sam reconsidéra sa comparaison puis essaya à nouveau. "Je veux dire est-ce que c'est comme si toi tu étais Bruce et le démon était Batman?"

Dean posa son verre et mit un coude sur le comptoir avant de hausser les épaules. "Je suppose. Pourquoi?"

"Et, on ne peut pas juste faire partir Batman?"

"Si bien sur. Mais on ne peut pas tuer Batman sans tuer Bruce."

Sam fronça les sourcilles et resserrèrent inconsciemment ses bras autour de ses genoux alors qu'il se perdait dans d'intenses réflexions.

"Écoute Sammy, je comprendrais si tu ne voulais plus être près de moi. Je sais ce que je suis et..."

Dean n'eut pas le temps de finir sa phrase que Sam se leva et se précipita vers lui pour le prendre dans une étreinte d'ourse. Il le serra aussi fort qu'il pensait en être capable sans lui faire mal, effrayé à l'idée que son frère puisse disparaître s'il le lâchait.

"Je ne veux pas que tu meures Dean."

Dean enroula ses bras autour de son petit frère et posa son menton sur sa tête. "Papa ne me tuera pas à moins d'y être vraiment obligé, mais ça veut dire que tu devras me donner la fessée quand il te le dira."

Savoir ce que son frère était ne changeait rien. Ce n'était pas de sa faute s'il avait un démon en lui. C'était toujours Dean et il ne lui avait jamais fait aucun mal.

"Mais, ça te fait mal."

"Je peux encaisser. Je suis ton super grand frère, tu te souviens?"

Sam, pas tout à fait capable de parler, se contenta d'acquiescer contre le menton de Dean.

"Papa sait ce qu'il fait." Dean continua. "Tu ne sais pas à quel point cette chose est mauvaise... ce qu'elle me fait faire. Promets-le-moi Sammy"

Sam renifla et nicha sa tête plus loin dans la poitrine de son aîné. "Je te le promets. Mais pourquoi tu ne peux pas manger le dîner?"

"Parce que ça dilue l'eau bénite."

"Et pourquoi tu dois enlever tous tes vêtements alors que papa te frappe seulement sur les fesses?"

Sam ne pouvait pas voir le visage de son frère, mais il sentit ses muscles se raidir, juste un instant, avant que Dean ne s'éloigne brusquement et hausse les épaules dans l'agitation. "Et pourquoi est-ce que tu poses toutes ces questions stupides?"

"Parce que je m'inquiète pour toi."

Les traits de Dean s'adoucirent et il ébouriffa les cheveux de Sam. Ensuite il lui tapota l'épaule et aller ramasser ses vêtements. Avec un grognement étouffé, il enfila son pantalon et récupéra tranquillement la ceinture pour la boucler comme si de rien. Il y glissa son pistolet puis laissa tomber ton t-shirt par-dessus avant de lancer une veste à Sam.

Ce dernier était tellement occupé à essayer de comprendre ce qui venait de se passer, que la veste faillit le frapper au visage, mais il la rattrapa au dernier moment.

"Allé gamin." Dit Dean avec un geste de la main.

"Quoi? Mais papa ne nous laisse jamais sortir."

"Je sais, mais on a roulé jusqu'à Walenburg la semaine dernière, lui et moi. Ça prend environ six heures, donc il ne sera pas de retour avant demain. Et c'est important."

Son changement d'humeur avait étourdi Sam. Dean était comme ça, il pouvait être une personne totalement différente en fonction de la situation ou des personnes qui l'entourait. Et d'une certaine façon, ça lui faisait penser à Batman.

Sam ne comprenait pas ce qu'ils faisaient et il n'était pas sûr que Dean le savait lui-même. Il avait ce regard sur son visage, celui qui disait qu'il avait eu une de ces idées soudaine qui se finissaient généralement mal. Mais ça n'avait pas d'importance. Ce n'était pas comme si Sam allait lui dire non. En plus ils avaient du temps avant que papa ne vienne constater les dégats.

Ils quittèrent la chambre et Sam crut rêver quand ils s'arrêtèrent à l'extérieur de la salle d'arcade.

Deux semaines plus tôt, un de ses amis d'école l'avait invité là pour sa fête d'anniversaire. Sam avait dit à son frère combien il était excité et à quel point ça allait être amusant. Mais ce soir-là, papa lui avait dit qu'il avait besoin d'aide pour faire des recherches urgentes. Sam avait été très en colère, mais il ne voulait pas que Dean ait une fessée supplémentaire, alors il était resté sans se plaindre.

Ce fut quand Dean lui ouvrit la porte et lui glissa une liasse de billets entre ses mains, que Sam se rappela qu'aujourd'hui, c'était son anniversaire.

"Je ne pouvais rien te prendre de cool sans que papa le remarque, mais il ne peut pas t'enlever ça."

Si Sam avait dit ces même mots, ils auraient été colériques et douloureux. Mais le ton de Dean n'était rien de tout ça. Il évoquait juste des faits sur un ton plat et ça suffisait à raviver la colère de Sam. Mais comme d'habitude son frère avait raison, papa ne pouvait pas jeter ses souvenirs.

L'intérieur de l'arcade était bruyant et pleines de monde. Mais Dean le surveillait donc Sam n'avait pas peur. Son frère pouvait tuer n'importe quelle créature.

Avant qu'ils n'aillent jouer, Sam bu un grand verre de Soda et mangea une énorme pizza au fromage. C'était la meilleure chose qu'il n'ait jamais mangé. Il en emballa quelques parts pour son aîné pour plus tard. Et après que Dean lui ait fait dire au serveur que c'était son anniversaire, tout le monde chanta pour lui. Grâce à son frère il s'était tellement amusé qu'il en avait presque oublié ce qui s'était passé plus tôt.

Le seul rappel était que Dean avait passé tout le repas debout, au lieu d'être assis près de lui. Sam se pencha contre son frère et devina que c'était plus une question de surveillance qu'autre chose. Papa faisait toujours asseoir Dean pour nettoyer les armes ou faire des recherches après les fessées, donc de le voir debout était étrange; mais n'importe qui pourrait être un démo

Chacun appris à l'autre comment jouer aux différents jeux, jusqu'à la fermeture de la salle.

Sam bondissait pratiquement sur le chemin du retour, tout en restant collé à Dean. Ils marchaient toujours côte à côte, avec leurs épaules se touchant légèrement: comme ça ils savaient toujours où se trouvait l'autre, même quand ils regardaient tous les deux vers le ciel.

Sam montrait les constellations qu'il avait apprises à l'école et Dean en inventait certaines, dont l'une était une Impala. La position des étoiles ressemblait tellement à une voiture que Sam se demandait comment personne d'autre ne l'avait découverte avant.

Il se fichait bien que c'était un soir d'école et qu'il aurait à faire ses devoirs de Maths pendant l'anglais.

De retour au motel, pendant que Dean se déshabillait, Sam ramasser son livre, toujours au sol, et essayer de déplier les exercices d'algèbres qu'il avait froissé. Il fourra le tout dans son sac à dos et grimpa sur le lit pour se pelotonner contre son frère.

Ils restèrent éveillés assez longtemps pour que Dean puisse manger les parts de pizza et de gâteau. Et ils continuèrent de parler pendant au moins une heure après. Sam finit par s'endormir dans les bras de son frère au milieu de la conversation, quelque part entre la maison qu'il lui achèterait et le chien qu'ils auraient.

Le lendemain, pendant le petit déjeune, Dean glissa une cuillère en bois sur le comptoir et posa son jean à côté, avant même de dire le moindre mot à papa.

Sam s'étouffa presque sur ses céréales en regardant papa secouer le pantalon de Dean, avant de pousser violemment son frère sur l'une des chaises de la cuisine. Le meuble se balança sous la force du coup et Dean se dépêcha de se mettre en position; puis papa commença.

Quand Sam le vit frémir au premier coup de la cuillère contre sa peau déjà meurtrie, il se promit que d'une façon ou d'une autre, il sortirait Dean de là. Il lui achèterait une maison et trouverait même un moyen de prendre l'Impala avec eux.

Tout comme Dean lui avait dit avant qu'il ne s'endorme la nuit dernière, tout finirait par s'arranger. C'était obligatoire. Les choses ne pouvaient pas être pires et ils ne pouvaient pas passer le reste de leur vie comme ça.

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A SUIVRE!

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Guest: désolé d'avoir is aussi longtemps. Merci pour le commentaire.