Titre original: Sins of the Innocent
Auteur: reapertownusa
Traduction: Ally-33
Note de la traductrice: Je précise que l'auteur ne m'a pas encore donné son autorisation. Et en cas d'un éventuel désaccord, l'histoire sera évidemment supprimée. Je ne suis que la traductrice, pas l'auteur!
ATTENTION: Les thèmes abordés ici sont sombres et lourd, les punitions corporelles extrêmes, la violence domestique consensuelle, la violence sur des enfants, la mort de certains personnages, certaines scènes perturbantes impliquant des enfants, l'inceste (le genre pas sexy), la prostitution, les références à la maltraitance passée, l'auto-régulation, thèmes concernant le suicide, la torture, le sexe des mineurs (rien concernant des enfants de moins de 15 ne sera montré, mais implicite).
...
Les péchés de l'innocence
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Chapitre 4
La chambre de motel était tellement calme que l'on pouvait crisser les ressors des lit deux chambres plus loin. Techniquement, il n'y avait aucun mouvement dans le corps de Sam qui pouvait laisser penser qu'il avait entendu les mots de John. Dean, lui, restait figé, penché sur le lit, n'osant même pas respirer.
Puis John le vit, le moment exact où ses paroles ont frappé son plus jeune fils comme un train en marche. Sam recula pour ne plus donner dos à Dean, ses yeux passèrent rapidement entre son père et son frère. Finalement il arrêta son regard sur John quand Dean refusa de rencontrer ses yeux.
"Dean n'a pas tué maman." Dit Sam.
Il y avait une question dans sa voix. Le soupçon naïf d'espoirs écorchait John jusqu'au plus profond de ses entrailles. Il aurait donné n'importe quoi pour un monde où ses garçons auraient pu avoir confiance l'un en l'autre, où ils auraient pu avoir une mère et une maison. Il avait prié un dieu absent jusqu'à ne plus pouvoir, pour que ses garçons aient cette vie.
Mais peu importe à quel point il le voulait. Ce n'était pas dans ce monde. Ce monde était horrible et criblé de monstres. Et peu importe à quel point il essayait de les protéger, ses fils n'étaient pas à l'abri de tous ces dangers.
"Non." Accorda John. "Ton frère n'a rien fait. C'est le démon à l'intérieur de lui, le responsable."
Il n'avait jamais parlé à son cadet de la mort de Mary, pas réellement en tout cas. Sam savait seulement que sa mère avait été tuée par des démons. John les avaient tous détruits, sauf un. Mais il ne lui en avait jamais autant dit.
John avait été incapable de parler de ça. Il avait laissé Dean lui expliquer et il ne savait pas exactement ce qu'il lui avait dit. Mais il n'y avait aucun doute qu'une grande partie avait été un mensonge, ou, au moins, avait été omit. Si le démon lui avait révélé qu'il avait tué sa mère, il aurait été incapable d'obtenir l'amour de Sam.
"Voilà de quoi j'ai essayé de te protéger, Sam." Dit John. "Et voilà ce que, toit, tu protèges."
Sam reprit sa position défensif en se plaçant entre John et Dean. "Je ne te crois pas."
"C'est la vérité."
Les mots calmes provenaient de Dean. Il était toujours courbés sur le lit, avec la tête tournée pour éviter l'intensité du regard de son frère.
Les yeux de John se posèrent sur Sam et il regarda les différentes émotions qui se battaient sur son visage, avant que, finalement, l'incrédulité ne l'emporte. Son fils aurait eu la même réaction s'il avait essayé de lui prouver que le ciel était bleu.
"C'est n'importe quoi." Dit Sam. "Dean, lève toi."
Dean était plus intelligent que ça et resta là où papa l'avait laissé. L'hostilité en Sam était au bord de l'ébullition. John n'était pas très fier que son cadet est hérité de son tempérament, mais il savait que la majorité de celui-ci n'était pas plus de la faute de Sam que de la capacité du démon à influencer les émotions.
"Lèves-toi et regarde-moi!"
Sam gifla fortement l'arrière levé de son frère. Dean sauta sous la surprise avant de reprendre sa position initiale en serrant la couverture. Avec un soupire de frustration, Sam saisit brusquement le bras de son frère et tenta de le tirer d'un coup sec.
Dean se crispa. Il s'écarta de l'emprise de Sam et jeta un regard interrogateur dans la direction de John.
John confirma d'un hochement de tête. "Reste sur le lit."
Ce fut son plus jeune qui réagit aux mots. Sam se tourna vers lui, avec toute la rage qu'il ressentait. "Et toi sors!"
John se dirigea vert Sam, bien décidé à lui répondre sur le même ton colérique. "Tu penses vraiment que je vais te laisser seul avec lui, alors qu'il vient juste de s'exposer?"
Sam commençait à être anxieux. L'incrédulité laissait place à l'indécision. C'était l'émotion la plus forte que John avait ressentie chez son fils de toute la soirée, peut-être même du mois entier.
"D'accord." Après s'être frotté la main sur les joues, Sam hocha la tête. "Alors montre-moi."
Ce n'était pas la meilleure option, mais Sam était son fils, et il était intelligent. Il n'avait jamais été approprié pour la chasse, car il était incapable de suivre des ordres. Il avait besoin de travailler là-dessus et de voir la preuve par lui-même. D'ordinaire, John n'avait pas le temps de la lui fournir sans mettre des vies en pétille. Mais maintenant, il y avait un risque plus important s'il ne le faisait pas.
À contre coeur, Sam se déplaça et alla se positionner à la fin du lit pour laisser papa approcher Dean. "Lève-toi." Dit John avec une gifle cinglante. "Sur le lt, couches-toi sur le dos, bras et jambe écartés."
Contrairement à Sam, Dean suivait toujours les ordres sans poser de question. Alors lorsqu'il resta sans bouger, John comprit exactement ce qui se passait. Les yeux de Dean étaient sauvages, son expression était désespéré et sa position, celle d'un lion piégé. Mais en vérité, ce n'était pas Dean.
C'était l'assassin de Mary qui prenait conscience qu'il était sur le point de perdre le contrôle sur Sam.
John se força à sortir de l'engourdissement provoqué par la trop grande dose de whisky. Il n'aurait pas dû exagérer ce soir, pas quand il était loin d'en avoir fini. Il n'aurait pas dû, mais il était trop tard maintenant.
Le sac d'armes était de l'autre côté de la pièce et John ne pouvait pas prendre le risque de se déplacer et de libérer l'accès entre Sam et le démon. "Sam, prends le Colt."
"Quoi ... pourquoi?"
"Putain, Sam! Vas-y."
Apparemment, il y avait assez d'urgence dans le ton de John pour faire réagir Sam. Il se pressa de chercher l'arme dans le sac et de revenir vers le bord du lit.
Avec impatience, John tendit la main pour l'arme. Quand il ne sentit pas le métal du Colt contre sa peau, il détourna ses yeux du démon pour regarder son fils. Sam secoua la tête, souleva la glissière et pointa l'arme sur Dean.
"Je tirais s'il le faut." Dit-il.
John n'était pas certain de lui faire confiance là-dessus. Mais Sam n'abandonnerait pas le pistolet, pas sans un sérieux débat pour lequel il n'avait ni le temps ni la patience.
Dean, non plus, n'avait pas respecté l'ordre de John, mais il avait déplacé ses jambes. Il se tenait courbé, les mains toujours sur le lit avec ses yeux brillants verrouillés sur Sam.
"Sammy?"
Sam grimaça et cligna des yeux, mais ne voyait toujours que son frère, pas le démon. "Ça va Dean."
"Sur le lit, maintenant." Aboya John.
"Papa, s'il te plaît, non." Les mains de Dean laissèrent le lit et il s'accroupit sur le sol en regardant John s'approcher. "Tu ne peux pas. Tu sais de quoi il est capable... Tu avais promis."
Les yeux de Dean croisèrent ceux de papa avec un désespoir presque égal à celui que John avait vu la première nuit où le démon avait possédé son fils. Le regard était presque assez authentique pour duper John.
"Tu m'avais promis que tu ne le laisserais pas sortir."
Démon ou pas, même John ne pouvait ignorer le besoin cru dans le ton de Dean. Il posa une main sur l'épaule de son fils et lui donna une douce pression.
C'était le geste le plus rassurant qu'il pouvait se permettre d'offrir, car il pouvait aussi s'agir du démon qui suppliait de ne pas être révélé. Dean devait surement savoir à quel point c'était important pour Sam de voir la vérité de ses propres yeux.
Ce fut à son fils que John fit appel. "Ton frère doit comprendre."
Les menottes claquèrent quand John les sortit de la poche de sa veste. Il n'était pas rare qu'il ait besoin de restreindre un démon pour obtenir des informations. Dean aussi était habitué à les porter, pourtant quand elles furent dans son champ de vision, le démon paniqua.
Dean tourna ses yeux suppliant vers Sam. "Je ferais n'importe quoi pour toi, tu le sais. Mais s'il te plaît Sammy, tu ne peux pas me demander ça."
Malgré le regard d'avertissement de John, Sam baissait le Colt. "Papa, attend."
"Ce n'est pas ton frère qui parle."
"Si, c'est lui."
John saisit son bras, quand il essaya de passer devant lui, mais Sam s'éloigna en le bousculant. D'un mouvement rapide, papa tendis sa main devant lui pour l'arréter. Au lieu de reculer, Sam se pencha pour croiser le regard de son père, avant de lui remettre le Colt.
"Laisse-moi juste parler à mon frère."
Contre son meilleur jugement, John se décala et leva le Colt pour le pointer sur Dean. C'était un risque que Sam prenait, mais au moins de cette façon, John était là pour couvrir ses arrières.
Sam inclina la tête pour regarder son frère, qui était resté accroupi contre le lit en fixant ses pieds nus. Debout, au-dessus de lui, il regarda Dean donner un léger coup avec son doigt dans un petit tas de terre, qui devait surement provenir des bottes de papa.
"Tu disais que tu m'avais tout raconté." Dit Sam.
"J'ai essayé." Murmura Dean. "J'ai essayé à plusieurs reprises, mais... Je suis désolé."
Sam passa une main dans ses cheveux et s'éloigna de quelques pas. "Je te faisais confiance Dean."
"Je t'avais prévenu de ne pas le faire."
La chambre tomba dans un long silence, avant que San ne se retourne vers son frère. "Je veux savoir pourquoi."
Dean haussa légèrement les épaules et se recroquevilla sur lui-même. "Je ne pouvais pas te perdre toi aussi."
"Non, je veux dire, pourquoi... pourquoi tu aurais tué maman?"
"Je sais ce que tu veux dire."
"Qu'est-ce que c'est supposé vouloir dire Dean?"
Alors que Sam hurlait presque, les mots de Dean, eux, étaient à peine audibles. "Peu importe. Tout ce que je fais, c'est blesser les gens autour de moi. C'est ce que j'ai essayé de te faire comprendre."
John serra le Colt plus fort dans sa main quand Dean se leva et fit un pas vers Sam.
"Je te tuerais aussi, si j'en ai l'occasion." Lui dit Dean. "Alors va-t'en. Sors d'ici!"
Dean poussa son frère. Le choque s'installa sur le visage de Sam alors qu'il trébuchait en arrière.
John s'avança et saisit le bras de Dean. Il cogna ses jambes pour le faire tomber face contre le lit. Au moment où il frappa le matelas, John poussa le canon du Colt contre l'arrière de sa tête.
Il risqua un coup d'oeil par-dessus son épaule pour regarder son plus jeune, encore étourdi. "Soit je te montre cette chose maintenant, soit tu me donnes le cuir à rasoir."
Avec des yeux anxieux, Dean aussi regarda Sam et John pressa plus fortement l'arme contre la base de son crâne. "Baisse les yeux."
Sam semblait encore engourdi en fouillant dans le sac de John. Il tremblait au moment où il se tenait près de son père.
"J-je peux pas..."
John donna un hochement de tête compréhensif en prenant la lourde bande de cuire des mains de Sam. Il souhaitait aussi ne jamais avoir vu le démon. Il n'eut pas le temps de se confier à son fils, que déjà il entendit la porte de la chambre claquer.
Quand Sam fut parti, Dean lâcha un soupiré de soulagement, qui sortit John de sa paralysie. Il frotta durement ses doigts contre ses yeux. Mais le brouillard dans sa vision et le flou qui s'était installé dans son esprit restèrent intacts. Seul le poids du cuir dans sa main lui rappelait ce qu'il faisait.
"Lève-toi et je te mets une balle dans la tête."
Dean réprima un léger son, mais ne bougea pas.
John prit tout son temps pour marcher jusqu'à la porte et revenir afin de pouvoir se reprendre. Maintenant que la porte était fermée et le chêne de sécurité mise en place, il appuya des boutons au hasard sur la télécommande pour que le bruit de la télé inonde la chambre silencieuse.
Toute la réticence que John avait envers la procédure fut dissipé en sachant que ce n'était pas les yeux de son fils qui s'attardait sur la porte que Sam venait juste de franchir. La chose sur le lit pensait surement des trucs à propos de Sam, qui aurait glacé le sang de John.
Pire encore, au moment où Dean avait poussé Sam, il aurait aussi pu le tuer avec facilité. Ça devenait de plus en plus dur de justifier le risque de garder Dean en vie. John hésita avant de désarmer le Colt et de le balancer sur la table de chevet.
Il serra le poing. Il devait frapper le démon avec toute la force qu'il pouvait rassembler.
Ça serait tellement plus facile s'il pouvait trouver la force de briser cette fausse innocence, il ne serait plus obligé de supporter le regard accusateur de Mary qui le fixait.
La chose qui avait détruit sa famille avait tellement du visage de Mary. Il parodiait sa peau blanche, le léger angle de son nez, ses lèvres pleines et le doux balayage de ses cils. La chair était celle de son fils, mais le démon y était incarné.
Cette chose connaissait trop bien ces faiblesses.
Au moment où John se rapprocha et raffermi sa prise sur le cuir, Dean se redressa sur le matelas. Il se stabilisa sur ses genoux, la poitrine à plat sur le lit et le visage enfoncé dans l'oreiller. La pente de son dos serrait tous les muscles de son fessier surélevé et dégageait là vu sur la couche de sang entre ses cuisses.
John balançait inconsciemment le vieux cuir à rasoir, en tournant autour du lit. Le léger tremblement dans les épaules de Dean s'arrêta net car ses muscles devinrent trop rigides pour permettre un quelconque.
Certaines nuits, John serrait la ceinture avec tellement de force, qu'il finissait par en avoir des cloques, mais le poids de l'épaisse et usée lanière de cuire l'aidait.
Ils l'avaient récupéré après une chasse improvisée. John s'était occupé des cheveux de ses garçons jusqu'à ce que son aîné soit assez âgé pour prendre le relais, mais comme beaucoup d'autre chose, il n'était pas particulièrement doué pour ça. Alors que John aurait préféré des cheveux coupés court, Dean avait toujours insisté pour que Sam garde ses cheveux ridiculement long.
Pour une occasion particulière, il avait eu besoin que Dean soit présentable et il avait gaspillé de l'argent pour que ses cheveux soient impeccablement coupés. Le barbier avait été un collectionneur d'antiquité.
Il avait été tellement convaincant dans son rôle d'humain, que John n'avait pas su qu'il s'agissait d'un démon, jusqu'à ce que Dean trébuche pour se cogner contre une étagère et briser une boule à neige apparemment très couteuse.
Ce démon avait eu une fasciation particulière pour Dean, encore plus que les autres. Il avait accepté de ne pas taxer John pour la perte de l'objet de collection, s'il était autorisé à sangler Dean nu. La forme du démon avait été faible, mais l'instrument en lui-même avait attiré l'attention de John.
En fin de compte, Dean avait tué le démon à coup de rasoir pendant que John avait fouillé le magasin à la recherche de tout objet de valeur. L'endroit avait été plein de babiole, mais il y en avait peu dont John connaissait la valeur, en dehors du cuir à rasoir et de l'argent de la caisse.
Dean n'avait que onze ans, et déjà, le démon avait été trop proche de la surface. Il avait été de plus en plus exposé avec le temps.
"Je sais ce que tu veux." Cracha John. "Tu n'auras pas mon fils."
Il ne donna aucun avertissement avant d'abattre le cuir dans un bruit fort.
Chaque coup couvrait facilement toute la largeur des fesses de Dean et il ne fallut que quelque lancement du cuir pour noircir la peau du haut de ses fesses au bas de ses cuisses. Le lit se balançait avec chaque coup.
Après un cri étouffé dans l'oreiller, Dean essaya de se lever. Cependant, son fils savait qu'il devait rester sur le lit, et il combattit la tentative de fuite du démon. Quand il sembla que Dean était sur le point de perdre, John abattit la lanière de cuir de toutes ses forces contre ses cuisses.
L'élan du coup projeta Dean vers l'avant. Sa tête cogna contre la tête de lit et ses jambes glissèrent de sous lui.
Une grimace déforma les traits de John quand Dean ferma les yeux et se recroquevilla sur le côté.
John lui donna quelques secondes pour réajuster sa position. Dean se retourna sur son ventre et resta couché, les bras serrant l'oreiller. De l'autre côté du lit, John balança la lanière pour couvrir les parties de la peau qu'il avait manquées sur le côté gauche.
La respiration de John était laborieuse quand il délaissa le cuir à rasoir en faveur du cuir plus mince de la ceinture de Dean.
Il donna des coups violents, des épaules aux mollets de Dean. Il lui fallut un effort surhumain pour ne pas écoutez les cries que son fils étouffait dans l'oreiller alors que chaque coup de ceinture laissait de solides traînés sanglantes.
"À genoux."
C'était aussi dur pour Dean d'obéir que pour John de commander.
John dut l'aider à se stabiliser en le voyant lutter pour se mettre en position. Les gémissements étranglés de Dean moururent dans sa gorge alors qu'il se balançait légèrement, les yeux à peine ouverts et haletant désespérément à la recherche d'aire.
Ce fut facile de glisser le bandana plié dans la bouche ouverte de Dean. John le serra fermement autour de sa tête. Ses doigts effleurèrent les gouttes de sueur qui perlaient sur la nuque de son fils. Il tira un coup sec sur les deux extrémités du tissu pour bien serrer le noeud du bâillon.
Il détestait utiliser ça sur son fils, mais il était impossible de lui demander de ne pas crier.
"Sur le dos, bras écarté."
Les joues de John étaient presque aussi humides que celles de Dean quand il regarda ses yeux faussement douloureux et apeuré. Il savait ce qui se cachait derrière ce masque.
Il se pencha en avant pour parler en laissant sa voix s'imprégner de tout le venin possible.
"J'aurais dû en finir il y a longtemps."
...
31 Octobre 1994- Chadron, Nebraska
Dean était couché, nu, sur le ventre, sur la couverture usée. Sa respiration était faible et, même si la pièce était assez fraiche pour lui donner la chair de poule, il brillait de sueur. Sous les rayures brûlantes qui couvraient sa peau, ses muscles abusés criaient à l'agonie.
Pour une fois, il était heureux que Sammy ne soit pas là.
Son frère était trop petit pour comprendre pourquoi Dean avait besoin de ce traitement. Ça le bouleversait toujours et être la cause de l'anxiété de Sam était plus douloureux que n'importe quel fouet. En temps normal, Dean aurait dû se glisser sous la couverture avant que son frère ne puisse le voir, or pour l'instant, le simple poids de l'aire semblait trop lourd sur l'arrière de ses cuisses.
La tête de Dean était baissée et il ne pouvait pas voir papa, mais il l'entendit s'installer dans la chaise au coin de la pièce. Il laissa échapper un soupire de soulagement en sachant que son père ne l'avait pas laissé tout seul.
Quand Dean se tordit pour regarder par-dessus son épaule, il fut surpris de voir que papa ne faisait pas de recherche. Sa chaise était tourné vers le lit et il le regardait. John ne sembla pas avoir remarquer les yeux de son fils sur lui. Il y avait une distance étrange dans son regard.
C'était vraiment difficile pour Dean d'essayer de rester concentré alors que sa conscience vacillait. Il voulait plus que tout se laisser aller à cette noirceur qui l'envahissait, mais papa avait besoin qu'il reste éveillé, alors il combattait le brouillard. Il se déplaça sur le lit et étouffa un sanglot.
Il déglutit pour essayer d'humidifier sa bouche douloureusement sèche. Le gout imposant du sel lui brûlait encore la langue. Dean enterra sa tête dans l'oreiller, en souhaitant presque s'étouffer, juste pour faire arrêter la douleur. Mais même sans regarder, il pouvait sentir les yeux sur lui et il se força à se calmer.
Dean essayait de rester fort pour son père.
Il sursauta quand il entendit papa poser, trop lourdement, une autre bouteille vide sur la table. Des bruits de pas s'approchèrent de lui, mais il ne les regarda pas, il ne bougea pas de la position qu'on lui avait dit de prendre. Il ne savait pas pourquoi papa l'avait laissé couché, mais il avait peur de lui faire changer d'avis en bougeant.
Plus que tout, il ne voulait pas voir les tiges de bois dans les mains de papa. Sam les avait rapporté, à contrecœur, et les avait trempé cette après-midi-là, sans savoir à quoi elles serviraient.
Son frère avait été trop occupé à lui parler de la soirée d'halloween de ce soir pour penser à ce qu'il fessait. Dean l'avait aidé à arranger son costume et Sam lui avait promis de lui rapporter des M&M's.
Dean était assez sûr qu'il ne serait pas capable de manger au retour de Sam. Il avait déjà la nausée.
Dean serra le drap. Il voulait dire à papa qu'il ne pouvait plus en supporter davantage. Il faisait confiance à son père pour savoir combien il lui en fallait, mais il avait peur.
Il ne savait pas où étaient les tiges. Elles pouvaient être à la poubelle ou encore dans les mains de son père.
Son dos se crispa dans l'anticipation. Il sursauta quand une main douce se posa sur son épaule. Il retint sa respiration jusqu'à voir des étoiles, puis il prit une grande gorgée d'aire et tenta de parler.
"Je suis désolé, papa."
Papa lui frotta la nuque. Venant de lui, c'était un geste étrangement réconfortant. Dean n'avait pas l'habitude de sentir les mains de son père de manièrent non douloureuse, encore moins durant un exorciste. Mais sa main frottait de façon rassurante le muscle noué du dos de Dean, là où la peau n'était pas blessé.
Finalement, il regarda son père et fronça les sourcils, ne comprenant pas le regard sur son visage. Dean cligna vigoureusement des yeux pour faire partir l'humidité qui y était et réalisa que la main de papa était vide. Le soulagement qui l'envahis fit fondre un peu de la tension dans ses épaules.
"Ce n'est pas de ta faute Dean. Tu n'es pas responsable de ce que tu es."
Une nouvelle vague de larmes inonda les yeux brûlant de Dean. Il ne savait pas si c'était parce que papa venait de l'absoudre ou parce qu'il confirmait sa damnation. Il ferma fermement les yeux.
"Tu es tellement magnifique." Continua papa.
Dean s'étouffa aux paroles de son père et ses yeux s'ouvrirent sous le choc.
Les larmes dévalèrent son visage. Ses fesses entières étaient recouvertes de blessures et tout son corps tremblait. Ça faisait tellement mal qu'il avait l'impression d'avaler de l'acide à chaque déglutition. Mais soudain, plus rien n'avait d'importance.
La confusion se lisait sur les traits de Dean. La main de papa était toujours sur lui, mais elle ne le massait plus, elle errait, bordant certaines coupures qui avaient déjà été recouvertes de sel, mais pas dans le but d'en rajouter.
Dean restait raide, ayant déjà connu le toucher d'autres hommes, mais papa n'allait pas chercher entre ses jambes. Il suivait juste les courbes de son corps, l'explorant comme s'il ne voyait pas Dean nu tous les soirs.
"Papa... ça va?" Dean demanda d'une voix rauque.
Le regard de John était livide. Dean se demanda combien de bouteille il avait réellement bu. Plus papa était proche, plus l'aire se remplissait de l'odeur d'alcool dans laquelle Dean voulait se noyer lui-même.
"Tu es tellement beau."
Dean étouffa un autre sanglot
Il ne pouvait pas réellement être réveillé. Il renifla et essuya la morve de son nez contre son oreiller avant de regarder à nouveau vers papa.
"C'est vrai?"
Il avait déjà entendu d'autres hommes le dire avant. Il avait entendu ça depuis son sixième anniversaire.
Quel beau garçon.
Quel magnifique petite salope.
Il savait ce qui accompagnait ces mots. Des mains rugueuses qui tiraient et qui sondaient, l'air froid sur la peau nue et le gout salé et nauséeux dans sa bouche. Il savait que son corps réagirait d'une façon qu'il ne comprenait pas et il savait que quand se serait terminé, quand il ne resterait plus que du sang de démon sur sa peau, il aurait fait du bon travail.
Son père serait fier de lui et rien d'autre n'avait d'importance. Mais papa ne lui avait jamais dit qu'il était beau, il ne l'avait jamais regardé avec des yeux aussi révérencieux.
Une main vint effleurer sa joue trempée alors que papa murmurait des mots que Dean entendait à peine. Il était trop concentré à essayer de comprendre les mots pour se rendre compte de ce que papa était sur le point de faire.
Il réussit à peine à se retenir de crier quand son père le retourna sur son dos blessé. Pendant un petit moment, la vision de Dean devint noire et sa respiration fut réduite à des gémissements saccadés.
Papa continua à errer inconsciemment, examinant tout, jusqu'aux yeux de Dean. Il essuya les larmes, en murmurant une excuse, qui, Dean le savait, ne lui était pas destinée.
Dean haleta quand papa le chevaucha, forçant un poids lourd sur ses hanches battues. John s'assit sur lui, le recouvrant entièrement. Le tissu rugueux de ses vêtements donnait l'effet de lames de rasoirs sur sa peau. Dean mordit fortement sa lèvre inférieure jusqu'au sang et senti à nouveau l'inconscience le submerger.
Il n'eut pas le temps de lui demander d'arrêter, que déjà la bouche de papa se verrouillait sur la sienne.
Papa embrassait Dean avec douceur. Il y avait, dans le baiser, de l'amour que Dean n'avait jamais connu. Personne ne l'avait jamais embrassé avant, pas comme ça, pas sans être étouffé par une langue violente et amené proche de l'évanouissement à cause du manque d'aire.
Quand la main de papa passa aveuglément sur les boucles noires de Dean, il s'éloigna comme s'il venait d'être brûlé. Il y avait de la confusion dans les yeux de papa, qui se changea rapidement en colère.
Dean gémit et trembla en sentant la haine familière.
Papa balança son poing. Le coup écrasant tomba comme une enclume sur le matelas, à seulement quelque centimètre du visage de Dean.
Dean tremblait alors que papa le retourna encore sur son ventre. Ses membres maladroits s'étalèrent de façon désordonnée, mais il était trop étourdi pour les arranger ou même se rendre compte de leur position.
Il y eut un bruissement, suivit du son d'une fermeture éclair. Un instant plus tard, papa était sur lui. Le poids était tellement lourd qu'il devait se battre pour rassembler de l'aire dans ses poumons.
Une main rugueuse, froide et glissante, se pressa contre lui. Dean enterra sa tête dans l'oreiller. Des doigts s'enfonçaient en lui, même si son corps se battait pour les repousser.
C'était comme si John le déchirait de l'intérieur pour l'ouvrir et il ne savait pas pourquoi. Il savait juste que papa avait besoin de ça, alors il tenta d'oublier la douleur et de se focaliser sur les mots de son père, qui lui disait combien il était beau.
Ce n'était pas la première fois que quelqu'un le touchait là-bas. Mais c'était la première fois que quelqu'un le pénétrait. Ça n'avait jamais fait aussi mal auparavant, pas que ça avait vraiment de l'importance. Dean avait l'intention de donner autant que papa demanderait.
Quand son père commença les allers retours à l'intérieur de lui en le retenant fermement avec ses mains, Dean se dit qu'il ne pourrait jamais rien ressentir de plus douloureux. Mais il avait tort. Il s'en rendit compte quand tous les murmures de papa lui disant à quel point il était joli, toutes ses délicates caresses, tous ses doux baisés sur son cou prirent fin à l'instant où papa vint en lui, en criant le nom de maman.
...
20 Mai 2011- Seattle, Washington
Le cri déchirant de Dean fut étouffé par le tissu sale dans sa bouche. Il lutta pour respirer à travers l'obstacle, mais ses halètements désespérés ne firent que dessécher davantage sa bouche, le conduisant à deux doigts d'une attaque de panique.
Il tenta de se calmer suffisamment pour inspirer par le nez. C'était presque impossible alors que la ceinture continuait de s'abattre sur ses côtes. Son corps pesait lourdement sur son dos abusé.
"C'est bien fils."
Dean entendit les mots à travers la brume de la douleur et une pointe de chaleur s'alluma dans la fosses gelé de son estomac. Il savait pourquoi papa faisait ça, pourtant, c'était encore difficile de ne pas penser au faite que son père voulait le voir mort.
Mais il n'était pas le seul. Dean savait que se serait plus facile pour tout le monde s'ils avaient juste salé et brûlé son cadavre. Il l'aurait fait lui-même il y des années, s'il avait été sûr que Sammy l'aurait supporté.
"Tu peux encore le sentir?" Demanda papa.
John dut s'y prendre à plusieurs reprises pour réussir à détacher le bâillon. Dean inspira avidement de grandes bouffées d'air qui le laissèrent étourdi. Quand les mots de papa lui parvinrent à travers la douleur, Dean acquiesça.
Il pouvait encore le sentir. Le démon était toujours là, juste sous la surface et parfois, il avait du mal à respirer à travers les ténèbres. Sa tête était pleine et sa peau semblait trop serrée.
Quelquefois, Dean pensait que le démon se nourrissait de la douleur, mais il savait que les exorcistes devaient être utiles. Papa devait avoir raison, ça maintenait le démon enfermé.
"Un peu, mais c'est mieux."
Mieux, mais pas assez.
'Papa..."
Il essaya d'assembler les mots nécessaires afin de remercier son père, pour tout. Et pour lui demander de faire ce qui auraient dut être faits il y a dix-huit ans...
Son corps était plus que fatigué et il stressait tellement qu'il ne sentait même pas l'intégralité de la douleur. Dean était prêt maintenant. Il avait vu le regard de son frère. Il n'y avait plus aucune raison de rester. Samnny n'avait plus besoin et ne voulait plus de lui.
Mais, avant qu'il ne puisse demander une balle, la main de papa passa sur sa hanche battue et il frissonna.
Il avait dû perdre connaissance à un moment ou un autre, car il se trouvait désormais sous les draps, avec le poids de papa sur la peau qu'il ne sentait déjà plus.
Dean mordit le drap pour se forcer à se calmer.
Il savait que son père faisait ça pour lui et s'il n'était pas aussi bête, il serait capable d'en profiter, comme papa avait dit qu'il était censé le faire. Dean chercha le plaisir qu'il était supposé ressentir alors que des poussées profondes, rapides et désespérées l'ouvraient.
Seule la friction contre les draps aurait pu l'exciter, mais là encore, la douleur était trop forte et les mouvements de papa, trop brutaux pour le rendre plus que demi-dure. Dean se battait pour que ça reste ainsi, sachant qu'il ne supporterait pas davantage de coup s'il salissait les draps de son père.
Il ne remarqua pas vraiment l'instant où papa termina avec lui. La brûlure était tellement intense. Il était au bord de l'évanouissement quand John le poussa hors du lit.
Avec des pas hésitant, Dean trébucha vers son propre lit et l'utilisa pour se stabiliser. Mais il s'arrêta juste avant de tirer la couverture. C'était le lit de Sammy. S'il revenait, son frère ne voudrait surement pas le partager avec lui.
Dean prit un des oreillers et rabattit correctement la couverture, cependant il ne fit que deux pas avant d'entendre les jurons.
Il suivit les yeux de John, mais il vit à peine l'éclat de sang qui tachait les draps blancs du lit de son père, avant qu'une poigne de fer ne le pousse sur ses genoux.
Dean se hâta de se stabiliser en équilibrant ses hanches contre la chaleur des cuisses nues de son père. Le barrage était assez proche des zébrures sanglantes pour lui donner le vertige.
Il remarquait à peine la douleur.
C'était la seule chose qu'il ne pouvait pas supporter. En dehors du fait qu'ils étaient nus tous les deux, la sueur glissant sur leurs entrejambes, c'était comme si c'était normal, après qu'il est tué maman.
La première fois que John l'avait saisi sans avertissement et avait déchiré son bas de pyjama, puis poussé sur ses genoux, Dean avait cru que son père allait le tuer. Maintenant, il souhaitait juste qu'il l'est fait.
...
Sam n'était pas allé bien loin avant que ses genoux tremblant ne flanchent. Il poussa son dos contre le mur d'un immeuble pour ne pas s'étaler complètement et se laissa glisser jusqu'au sol.
Il finit assis dans une flaque d'eau. Il remarqua à peine le liquide froid qui imbiba son pantalon jusqu'à ses sous-vêtements. La légère pluie tombait sur lui alors qu'il se battait pour reprendre son souffle. Bientôt sa frange fut plaquée sur ses yeux, mais il n'avait pas la force de lever la main pour l'en écarter.
Après avoir repris de l'oxygène, la logique commença à s'installer pour calmer son hystérie. Certaines choses, comme la capacité de faire des maths, se remirent à fonctionner.
Quatre ans.
Dean avait quatre ans quand le démon a tué maman.
Sam ne pouvait s'empêcher de se demander quel genre de démon posséderait un enfant aussi jeune. Ou, du moins, comment aurait-il pu être assez fort pour tuer qui que ce soit en habitant le corps d'un enfant.
La seule chose dont il était sûr était que, quoiqu'il ait pu se passer, ce n'était en rien la faute de Dean. Plus il restait assit où il trouvait, loin de la circulation de l'avenue, plus il se rappelait de quand Dean avait essayé de le lui dire. Il avait tout simplement refusé d'écouter.
Il avait besoin de voir le démon de ses propres yeux, mais pas au risque de Dean et sûrement pas sans sa volonté.
Son estomac se tordit douloureusement à la réalisation de ce qu'il avait fait en donnant le cuir à rasoir à papa. Mais même s'il ne l'avait pas fait, ça n'aurait pas stoppé l'exorciste et, de toute façon, Dean ne semblait évidemment pas vouloir l'arrêter. Mais Sam était gelé sur place en repensant au regard qu'avait eu son frère, juste avant qu'il n'ait tourne le dos pour s'enfuir.
Tout cela avait été trop. il n'avait plus pensé à maman depuis un long moment. Dans les souvenirs de Sam, Dean avait toujours été le seul à prendre soin de lui.
Il ne se rappelait de rien à propos de sa mère, rien d'autre que des histoires que son frère lui avait raconté. Il savait juste à quoi elle ressemblait grâce aux photos que Dean gardait dans une vieille BD de Batman caché au fond de son sac, là où papa ne s'embêterait pas à aller les chercher.
Le démon a peut-être tué maman, mais Dean, lui, l'aimait.
Quand Sam retourna à la chambre de motel, il fut accueilli par le son familier des ronflements de son père et les sanglots saccadé que son frère étoffait dans son oreiller. Dean devint instantanément silencieux, mais les respirations lourdes de John continuèrent sans la moindre interruption. Papa avait normalement un sommeille léger et ne ronflait pas, sauf quand il buvait, ce qui était très souvent le cas.
Sam ferma doucement la porte derrière lui et laissa ses yeux s'habituer à l'obscurité de la pièce avant de marcher vers le lit. Il était déjà effrayé à l'idée de ce qu'il pourrait trouver et son estomac chuta quand il découvrit le lit vide et encore fait.
Il était sûr d'avoir entendu son frère pleurer. Il commença à se demander s'il ne l'avait pas imaginé, quand il regarda l'autre lit pour n'y trouver que papa.
Soudain, l'image de papa pressant le Colt sur la tête de Dean s'imposa dans son esprit.
Jusque-là, il n'y avait pas vraiment pensé. Il avait été distrait et ce n'était pas comme si c'était la première fois que papa tenait une arme sur Dean. C'était juste une précaution. John n'avait jamais appuyé sur la gâchette. Cependant, il était rarement aussi énervé et saoul.
Sam sentit son cœur se briser quand il repéra finalement une forme dans le coin de la pièce. C'était trop grand pour qu'il s'agisse de leur sac et lorsqu'il la vit bouger, il se précipita à ces côtés et tomba à genoux.
Son frère prétendait encore être endormi sous leur couverture de rechange, mais sa respiration n'était pas assez stable et son corps était trop rigide pour que ce soit vrai. Son frère n'avait jamais su mentir, que ce soit avec des mots ou des gestes.
"Hé," murmura Sam.
Il passa sa main dans les cheveux emmêlés de son frère et jusque sur sa joue humide. Dean se pencha dans le toucher un instant avant de s'éloigner.
Dans l'obscurité, Sam ne pouvait pas voir ce qui avait été fait à son frère, mais il était sûr que ça avait été particulièrement douloureux ce soir, à cause de lui.
"Sammy?"
La voix de son frère était si faible et incertaine que le souffle de Sam se bloqua dans sa gorge. Il s'assit près de lui et laissa son dos reposer contre le mur. Il chercha des yeux la silhouette de leur père. qui ronflait encore dans son lit, avant de retourner son attention vers Dean.
"Ouais Dean, c'est moi. Tout va bien."
"Tu es revenu?"
De nouveau, le souffle de Sam se prit dans sa gorge en entendant la confusion totale dans la voix de son frère. Il se blottit plus près de Dean.
'Je n'aurais pas dû partir."
"C'est mieux quand tu n'es pas là."
Sam se raidit à ces mots. La douleur le traversa jusqu'à ce que Dean se penche vers lui, malgré la souffrance que ça devait procurer. Il était presque sûr d'avoir compris ce que son aîné voulait dire, mais il ne voulait pas l'entendre à haute voix.
Avec précaution, il enroula son bras autour des épaules de son frère et le laissa reposer sa tête sur son épaule.
"Qu'est-ce que tu fais ici?"
Sam sentit Dean hausser les épaules avant de murmurer. "Je dors."
"Il y a des punaises dans le lit ou quoi?"
Même alors que les larme dévalaient les joues de Sam, il força un sourire brisé sur son visage quand il réussit, au moins, à attirer le regard de Dean. La pièce était trop sombre pour qu'il puisse réellement distinguer son visage.
"Tu n'aurais pas dû revenir."
Quand Sam frissonna, les actions de Dean nièrent ses mots. Il grogna en sortant de sous la couverture et l'utilisa pour essuyer les cheveux mouillés de Sam.
"Tu ne pensais pas réellement que j'allais commencer à t'écouter maintenant, n'est ce pas?"
"C'est dangereux." Dean ne reprit sa position initial qu'après avoir enroulé la couverture autour de leurs deux corps. "Je suis dangereux."
"Papa s'est occupé du démon, non?"
"Ouais, mais..."
"Laisse tombée Dean. Contentes-toi de ramener tes fesses dans le lit."
Dean resserra la couverture autour de lui. "Ça va."
"Dean, il est hors de question que tu dormes par terre et ne me dit pas que c'est ce que tu veux parce que c'est des conneries."
Sam lança un regard de défi à son frère et Dean baissa les yeux. "je crois que je ne peux pas me lever."
"Merde." Sa poitrine se serra à l'aveu de Dean et, une fois encore, ses yeux dérivèrent vers papa. "Je vais le tuer."
Dean saisit son bras. "Sammy... oublis ça ok? Va te coucher. J'irais mieux d'ici demain."
"Pas si tu dors par terre" Sam sorti de la couverture et s'accroupis près de Dean. "Je peux te porter."
"Pas tant que je serais vivant." Dean soupira et laissa sa tête reposer contre le mur. Sam commença à passer son bras autour de son corps et il fit une faible tentative pour se détacher. "T'es vraiment qu'un petit con."
"Au moins, je ne suis pas aussi stupide que toi. Aller viens." Sam avait à peine réussi à faire asseoir son frère droit, que ce dernier frémit et haleta fortement. Alors il hésita à le bouger davantage. "Tu as quelque chose de cassé?"
"Je ne crois pas, non."
Dean ne semblait pas vraiment très concerné et, une fois de plus, Sam eut envie de rouer son père de coups. Il était sûr qu'il pouvait prendre papa dans son sommeil et ce ne serait pas plus inégal que ce qu'il imposait à Dean.
Il voulait porter son frère à l'impala et partir sans jamais regarder en arrière. Pourtant, il rassembla toute la patience dont il était capable et aida Dean qui s'obstinait à vouloir marcher.
Dean s'appuyait lourdement contre son frère, alors qu'ils avançaient lentement vers le lit. Sam tira la couverture et aida, doucement, son frère à se coucher sur le matelas avant de rabattre la couverture sur lui.
Après un dernier regard glacial en direction de papa, Sam retira ses vêtements mouillés et les posa, sans vraiment regarder où, avant de grimper dans le lit. Dean gémit au mouvement du matelas.
Sam passa sa main sous la couverture pour caressa légèrement la peau de la cuisse de Dean. Le contact était trop chaud et tellement tendre que Dean frémit.
Une des mains de Sam se serra en un poing ferme, tandis que l'autre alla masser doucement la nuque de son frère. C'était l'un des seuls endroits qu'il était sûr que papa n'avait pas battu.
Maintenant que ses yeux s'étaient totalement ajustés à l'obscurité, Sam laissa son regard explorer tout ce qu'il pouvait voir du visage de Dean. Même si les yeux de son frère étaient fermés, la tension écrite sur son visage ne se détendait pas. Dean ne dormait pas, il évitait juste la conversation. Mais il semblait tellement fragile, que Sam n'insista pas.
Il n'était pas difficile de croire qu'il y avait quelque chose de démoniaque en Dean.
Il avait vu son frère décapiter des gens à mains nues. Quand Sam était encore à l'école, il n'avait jamais ramené d'amis, pas seulement parce qu'ils mettaient Dean mal à l'aise, mais parce que, sur de nombreux points, Dean lui faisaient peur.
Il y avait le Dean qui tuerait n'importe qui au moindre mot de papa. Puis il y avait le Dean qui se recroquevillait contre lui et à qui il confirait sa vie sans la moindre hésitation. C'est deux personnes si différentes avaient toujours semblé vraies.
Cette nuit, cependant, là où papa avait vu le démon prêt à se libérer, Sam, lui, n'avait rien vu d'autre que son frère, piégé et effrayé.
Ils ne pouvaient pas avoir raison tous les deux.
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A SUIVRE!
