Titre original: Sins of the Innocent
Auteur: reapertownusa
Traduction: Allys-33
Note de la traductrice: Je précise que l'auteur ne m'a pas encore donné son autorisation. Et en cas d'un éventuel désaccord, l'histoire sera évidemment supprimée. Je ne suis que la traductrice, pas l'auteur!
ATTENTION: Les thèmes abordés ici sont sombres et lourd, les punitions corporelles extrêmes, la violence domestique consensuelle, la violence sur des enfants, la mort de certains personnages, certaines scènes perturbantes impliquant des enfants, l'inceste (le genre pas sexy), la prostitution, les références à la maltraitance passée, l'auto-régulation, thèmes concernant le suicide, la torture, le sexe des mineurs (rien concernant des enfants de moins de 15 ne sera montré, mais implicite).
Note: C'est la deuxième fois que je publie ce chapitre. La première fois j'ai eu un problème au niveau de la publication et le chapitre était totalement illisible. Merci à Komakai de me l'avoir fait remarquer. Je m'excuse et bonne lecture à tous.
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Les péchés de l'innocence
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Chapitre 5
Les rideaux en lambeau laissaient passer assez de lumière pour permettre à Sam de distinguer les longues ecchymoses sur le bras que Dean avait laissé hors de la couverture et enroulé autour de lui. Des fois, il se demandait si papa n'avait pas retiré Dean de l'école juste pour pouvoir le battre à sa guise, sans devoir faire attention à où il le marquait.
Sam grimaça et regarda l'autre lit. Les couvertures étaient défaites et il était vide. Le jeune homme laissa échapper un soupire de soulagement et se détendit sur son oreiller. Au moins il n'aurait pas à supporter papa dès le réveil.
Il tourna toute son attention sur Dean. Son frère lui faisait face, à moitié recroquevillé sur lui-même. En se faisant le plus discret possible, Sam baissa la couverture pour révéler la peau décolorée de l'abdomen de Dean.
Soudain, Dean se réveilla. Il tira rapidement la couverture et la tint fermement contre sa poitrine, avant même que sa vision ne se soit pleinement concentré sur le monde autour de lui. Il cligna plusieurs fois des yeux en direction de Sam, puis finalement, il se laissa retomber sur son oreiller. Il tressaillit et se tourna sur le côté; mais Sam savait bien que cette partie de son corps était tout aussi meurtrie que les autres.
Papa lui avait montré cette technique.
Battre Dean sur les fesses et le dos rendait douloureux le faite de s'asseoir ou de se coucher sur le dos, mais le fouetter sur les côtés et par devant le rendrait incapable de s'allonger sans avoir mal, peu importe la position. Sam avait été obligé de le faire, une fois. Dean s'était tenu droit, avec les mains sur la tête, pour que la ceinture puisse facilement atteindre ses côtés.
Il l'avait fait uniquement parce que papa avait été derrière lui, le cuir à rasoir en main. Il n'avait jamais été capable de le refaire à nouveau, ni de se pardonner la seule fois où il l'avait fait. Sam frotta doucement une zone non marquée sur l'épaule de son frère, comme si ça pouvait tout compenser.
Ce matin, Dean semblait satisfait d'être couché à côté de lui, alors qu'habituellement, il se serait précipité pour faire le lit de papa et aller commencer son entrainement. Mais en prenant en compte la façon dont il cachait son corps, Sam pouvait dire que ce n'était pas la douleur qui le maintenait au lit. Dean ne voulait pas qu'il voit les dégâts.
Sam repoussa la couverture de son côté et s'assit au bord du lit pour porter son jean, puis il alla rapidement à la salle de bain afin de remplir d'eau le verre qui était sur le comptoir. En retournant dans la chambre, il s'arrêta devenant l'armoire pour récupérer un petit sac en plastique, dans la poche de sa veste, qui contenait des antidouleurs. Il avait dû jeter les boîtes parce qu'elles étaient trop bruyantes.
Dean se redressa avec précaution quand il le vit revenir vers le lit. Ses yeux fatigués se levèrent vers son frère quand il lui tendit le verre. Dean avait toujours soif, alors Sam savait qu'il ne refuserait pas l'eau.
Dean vacilla en essayant de se lever du lit. Sam posa le verre sur la commode pour l'aider à s'asseoir et plaça un oreiller contre la tête de lit pour qu'il s'y adosse.
Si Dean accepta le verre, il secoua la tête quand Sam lui tendit les pilules. Ils savaient tous les deux que son frère n'était pas supposé prendre de médicaments, mais ce n'était pas comme si papa le saurait.
"Ils sont à moi, Dean."
Comme prévu, Dean secoua obstinément la tête. Sam n'arrivait presque jamais à lui faire prendre de médicament, sauf quand il était blessé à la chasse, en pus des corrections de papa. Dans ces cas-là, il pouvait le convaincre que les pilules étaient justes pour la blessure. Et, techniquement, Dean avait été blessé à la chasse, il avait vu le sang la nuit dernière.
"Je vais bien." Mentit-il.
Les yeux de Dean étaient injectés de sang et cernés. Sam savait très bien qu'il n'avait pas dormi autant que lui, la nuit dernière. Son frère était loin d'aller bien.
Sam se leva rapidement et retourna cacher les médicaments dans la poche de sa veste, avant de passer sa frustration sur son frère. Puis, il continua vers le lit de papa et tira la couverture d'un coup sec. Du coin de l'œil, il vit Dean commencer à se lever.
"Hey, c'est à moi de faire ça." Protesta-t-il.
"Je pense être capable de faire un lit, Dean."
"Apparemment non. Regard, tu le fais déjà mal."
Dean semblait agiter, il devait sûrement penser que papa serait en mesure de savoir qui, exactement, avait fait le lit. Il se redressa, trop rapidement, et gémit avant de s'effondrer sur l'oreiller, les yeux fermés dans la douleur.
Les mains de Sam se figèrent sur la couverture. Il ne put retenir la frustration de sa voix en regardant son frère respirer avec difficulté. "Tu as besoin d'aller à l'hôpital?"
"T'es devenu fou?" Dean ouvrit les yeux et se força à stabiliser sa respiration. "Je ne vais pas risquer la vie d'un médecin juste juste à cause d'une petite douleur."
Il était impossible que Sam réponde calmement à ça. Il serra les dents jusqu'à ce qu'il aperçoive une tache de sang séché sur le drap qu'il arrangeait. Sam resta là, figé, à fixer cette tache qui n'avait pas de sens.
Papa ne pouvait pas avoir été blessé la nuit dernière. Si ça avait été le cas, Dean n'aurait pas atteint la voiture sans avoir été fouetté. Sam plissa les yeux vers son frère et le concerné baissa la tête.
"J'ai déjà été puni pour ça."
En dehors du faite que ça le mettait encore plus en colère, Sam ne pouvait pas s'en foutre davantage de la punition. Ses yeux alternèrent entre la position de la tache de sang, à environ la moitié du lit, et la rougeur de honte qui s'étalait sur les joues de Dean.
"Qu'est-ce que tu faisais dans le lit de papa?"
"Je prenais mon fouet."
"Il te fouette sur la couverture pas en dessous."
Dean ne répondit pas, Il se contenta de baisser la tête davantage et de resserrer la couverture autour de lui. Sam leva les sourcille en fixant son frère, attendant une réponse.
"Dean?"
"Qu'est-ce que tu veux que je te dise?"
C'était une question légitime, pas un commentaire rhétorique. Dean voulait savoir quelle était la bonne réponse, car la mauvaise pourrait être douloureuse.
Sam baissa la tête à son tour et se laissa tomber sur le lit de papa pour ne plus dominer son frère, déjà mal à l'aise. Il posa ses coudes sur ses genoux pour que ses mains soient bien visibles. Dean détourna la tête dans l'inconfort.
La vérité le frappa comme un train en marche, avec tellement de force qu'il en resta nauséeux. Il aurait dû le voir plutôt, c'était tellement évident; tous ces gestes déplacés, cette facilité avec laquelle Dean jouait les actes que papa mettait en scène pour les démons et la légèreté avec laquelle les commentaires obscènes, à l'égare de son frère, sortait de la bouche de papa.
"Ça fait combien de temps que papa te baise?" La question lui échappa avant même qu'il n'ait pu songer à la censurer.
Dean donna un haussement d'épaules négligeant, mais il se rétracta à la douleur que le petit mouvement avait apportée. "Plus longtemps que toi."
Les mots furent prononcés avec calme, sans le moindre gêne. Dean semblait, tout au plus, ennuyé par la question. Sam saisit le drap avec tellement de force qu'il en avait mal aux doigts, avant de claquer son point dans le matelas.
Dean se recroquevilla contre son oreiller, comme s'il pouvait l'avaler et le faire disparaître. Sam pouvait à peine forcer son poing à se desserrer. Ce n'était pas uniquement la rage de ce que papa avait fait à son frère ou le fait qu'il lui ait fait croire que c'était normal. Mais il y avait un pincement de jalousie au fond de lui qui n'avait rien à faire là.
Papa s'était toujours focalisé sur Dean. Il disait que c'était pour le protéger, mais ce n'était que des mots. Il n'y en avait toujours eu que pour Dean.
Si papa n'avait pas besoin de Dean pour une chasse, c'était Dean qui avait besoin d'être puni. Papa ne l'avait presque jamais regardé et la seule chose qu'il pensait être à lui, que son frère ne donnait qu'à lui, il la donnait aussi à papa.
Non. Papa l'avait pris. Il leur avait pris, à lui et à Daan.
Sam ne dit plus un mot, il lança un regard inquisiteur à la tache rouge, avant de se lever et de jeter la couverture dessus. Il serra la mâchoire en voyant que son frère semblait plus préoccupé par la couverture froissée qu'autre chose.
En retournant vers l'autre lit, Sam saisit son sac et fouilla à l'intérieur. Il releva la tête en entendant son frère gémir. Dean était en train de se lever du lit.
Sam ferma fort les yeux en réalisant que Dean pensait qu'il cherchait la brosse à cheveux, dans son sac.
"Non. Seigneur, non Dean." La voix de Sam vacilla et il dû se forcer à s'arrêter, le temps de se retourner pour saisir le poignet de son frère. "Tu n'as rien fait de mal?"
"Alors, pourquoi est-ce que tu es énervé?"
Sam se pinça le nez, dans l'espoir d'enrailler son mal de tête. "Tu n'en sait rien, pas vrais?"
En levant la main pour se gratter la tête dans l'incompréhension, Dean ne fit que souligner davantage les dégâts de papa avait causé.
"Oublis ça." Dit Sam, en attrapant aussi le sac de Dean. Il l'ouvrit et en sortit des vêtements de rechange qu'il lança à son frère. "Je vais te sortir d'ici."
Dean repoussa les couvertures, mais il inspira bruyamment en balançant ses pieds hors du lit. "Qu'est-ce que tu racontes, Sammy?"
Ce n'était pas les mots de Dean, mais son corps exposé qui stoppa Sam dans ses actions. Il était assis, légèrement courbé, sur le bord du lit, sa peau paraissait encore plus pâle que d'habitude, en contraste avec les ecchymoses qui avaient, méthodiquement, été placées là.
Sa respiration lacérée était surement due à des côtes endommagées. Ses cuisses et ses fesses devaient être pire encore, mais Dean gardait cette partie caché en refusant de se lever sous le regard de Sam.
C'était papa qui avait fait ça à Dean. C'était loin d'être la première fois, pourtant ça changeait tout. Papa l'avait battu comme un chien puis il l'avait baisé, tout en sachant qu'il était déjà blessé. Et ça n'avait absolument rien à voir avec le démon.
"Habilles-toi, on s'en va."
"Je ne peux pas." La résignation était douloureusement présente dans son ton et par la chute de ses épaules. "C'est ça ma vie, mais il y a de l'argent dans mon sac, j'en ai gardé un peu."
"Tu l'as caché de papa?"
Dean le regarda attentivement, comme s'il pensait que Sam pourrait le punir pour ça."
Parfois, Dean était complètement à côté de la plaque. De l'avis de Sam, son frère devrait pouvoir garder tout l'argent qu'il gagnait en se prostituant. C'était son corps, pas celui de papa.
"Ouais." Admit Dean. "Juste un peu de chaque affaire. Je voulais faire une réserve... au cas où tu voudrais partir."
"Tu l'as gardé pour moi?"
Son frère hocha la tête et se pencha lentement vers son sac. Sam l'arrêta, avant qu'il ne commence à fouiller à l'intérieur. Il n'y avait aucune chance qu'il prenne l'argent de Dean, s'il ne venait pas avec lui.
"Je ne t'abandonnerais pas, Dean. Jamais." La poitrine de Sam se serra à l'expression de surprise peinte sur le visage de son frère. Il ne voulait pas se dire que Dean n'avait pas compris ça plutôt. "Mais je ne vais pas rester là, sans rien faire, à te regarder te faire tuer."
"Tu ne comprends pas."
"Alors, explique-moi!"
"J'ai essayé, Sammy. Pour maman, pour moi... mais tu refuses d'écouter."
Sam retourna s'asseoir sur le lit de papa pour faire face à son frère. Il avait une théorie, mais il savait que Dean ne l'apprécierait pas.
"Je pense que ça n'a rien à voir avec ton démon."
Dean serra la mâchoire. Sa position entière criait son désaccord, sans qu'il n'ait besoin de dire un seul mot.
"Dean, je pense que papa est possédé."
C'était la seule possibilité pouvant expliquer pourquoi un père violerait son propre fils. Dean avait déjà joué les appâts pour beaucoup de démons, comme ça; il les attirait en se fessant passer pour un enfant vulnérable.
Les humains ne touchaient pas les enfants de cette façon. Ils n'abusaient pas de leur propre famille.
"Non." Dean secoua la tête avec véhémence. "Non, j'ai été prudent."
"Je ne dis pas que c'était toi. Ces cinq démons hier soir-"
"Ce n'était pas eux non plus." Perdu dans ses réflexion, Dean laissa ses yeux vagabonder inconsciemment. "Non, c'est impossible qu'il ait été possédé tout ce temps."
"Tout ce temps?" Répéta Sam. "Ça a commencé quand?"
Dean devint soudain fasciné par l'hideux papier peint de la chambre.
"Après maman?" Demanda Sam. "Avant?"
"Quoi? Non, mais ça va pas ou quoi? Espèce d'imbécile."
Dean lui lança un oreiller et serra le poing. Pendant un instant, Sam pensa qu'il était allé assez loin pour obtenir une réponse honnête. Cependant, Dean resta silencieux. Il posa ses mains sur ses genoux et baissa la tête.
"Hey." Sam tapa contre le genou de son frère. "Combien de temps?"
"Ça n'a pas d'importance. Tu sais, il ne peut être avec personne d'autre non plus. Il pourrait se retrouver au lit avec une succube."
Sam se leva, se tenant debout devant son frère. "Tu n'es pas sérieusement en train de le défendre là?"
"Ce n'est pas comme s'il m'avait attaché." Dean leva la tête pour croiser les yeux de Sam. "On fait ça l'un pour l'autre, comme toi et moi. C'est à ça que sert la famille."
...
15 Juin 1998- Greenville, Mississippi
L'air était chaud et puait le renfermé; ça en était presque trop étouffant. Il était tard dans l'après-midi et le soleil cognait durement contre les stores fermés. L'air conditionné de l'appartement était en panne et il faisait beaucoup trop chaud pour réfléchir et encore moins pour bougé.
Sam avait renoncé à faire quoi que ce soit et restait juste allongé sur le lit. La fenêtre ouverte n'était pas d'une grande utilité. Elle était ridiculement petite et les brises occasionnelles qui passaient par les stores poussiéreux étaient épouvantablement chaudes. Il se disait qu'il devrait peut-être fermer la fenêtre, mais ça signifiait qu'il aurait à bouger.
Rien ne pourrait le faire bouger, à part peut-être un incendie, et encore, Dean pourrait toujours le porter.
L'école venait juste de se terminer pour l'année et papa avait encore quelques affaires à régler, avant qu'ils ne reprennent la route pour l'été. Sam ne voulait pas partir. Il aimait cette ville, il aimait une des filles de l'école et il détestait le fait que tout le monde se foute de ce qu'il voulait.
Alors oui, il était supposé emballer ses affaires, mais il refusait de bouger.
Sa frange était mouillée et plaquée contre on front. Il portait un débardeur et un short large, emprunté à Dean. Le t-shirt était relevé sur son ventre.
Le livre qu'il lisait avait été abandonné, sur le lit, à côté de lui. Et ses pensées dérivèrent de sa liste de lecture de l'été, au fait qu'il avait quinze ans et les couilles pleines.
Papa n'était pas là et l'une des choses qu'il aimait concernant leur voiture était que le grondement de l'impala se faisait entendre d'assez loin pour qu'il ait toujours le temps d'arrêter de faire tout ce qu'il n'était pas censé faire.
Une partie de lui voulait que papa le trouve en train de faire ces choses.
Sam avait l'intention de faire l'exact opposé de tout ce que papa lui ordonnait. Il espérait qu'il aurait le courage de le balancer en pleine face, à papa, quand il rentrerait.
C'était la raison pour laquelle, au lieu de ranger ses affaires, il était étendu sur le lit, avec son short assez bas pour se masturber. Il ressentit un léger tressaillement au fond de son estomac, à l'idée d'être couché comme ça, exposé à la lumière du jour. Bien sûr personne ne pouvait le voir par la fenêtre et il était seul dans la pièce, mais même si son frère avait l'habitude de prendre son pied dans des lieux publiques, Sam, lui, n'avait jamais été aussi exposé de sa vie.
Sam ne savait pas vraiment où Dean se trouvait, actuellement. Il avait laissé son frère, nu, sur une chaise, dans la cuisine. La pensée suffisait presque à le ramollir, alors Sam la repoussa dans un coin reculé de son esprit. De toute façon Dean avait mérité la fessée pour avoir été aussi con.
Ses nerfs l'avaient poussés à regarder plusieurs fois la porte ouverte, avant qu'il ne ferme complètement les yeux. Il se laissa transporter par le mouvement de sa main. Il arqua son dos et pressa sa tête plus fort contre l'oreiller.
Sam senti à peine le mouvement du matelas. Il ne réalisa même pas que ce n'était pas son corps qui déplaçait le lit, jusqu'à ce qu'une main saisisse son poignet.
Son cerveau n'eut pas le temps de retrouver sa pleine conscience, avant que ses yeux ne s'ouvrent. Alors il se retourna pour essayer de se cacher, comme s'il pouvait sérieusement convaincre quelqu'un qu'il était en train de lire. Mais ses jambes ne pouvaient pas bouger et il lui fallut un long moment avant de s'en rendre compte.
Son frère était agenouillé entre ses jambes.
La sueur brillait sur la peau nue de Dean. Sa position était légèrement crispée. Le cerveau de Sam traita à peine le fait que son frère lui avait apporté une boisson fraîche avec des glaçons. Le verre était déjà posé sur la table de chevet.
Sam s'empressa de remettre son short en place et tenta de paraître décontracté, en s'efforçant de ne pas s'attarder sur le fait que son frère ne semblait absolument pas dérangé par la situation. Il ne voulait pas penser à quel genre de chose possédait son frère nu, pour le faire monter sur le lit pendant qu'il se masturbait; parce que, évidemment, la possession était la réponse logique.
Dean dormait toujours nu, alors être dans un lit avec lui comme ça, n'était pas vraiment étrange; mais d'habitude il ne faisait que dormir. Et là, son frère ne semblait pas fatigué.
Il savait que son frère avait des relations sexuelles tout le temps. C'était presque normal pour lui de le regarder en avoir. Il n'y avait jamais vraiment réfléchi avant, mis à part que ça semblait douloureux; Dean, lui, n'avait jamais semblé dérangé par le fait que son cadet le regarde. Mais Sam n'avait jamais été celui pour qui Dean était à genoux.
Maintenant, son frère se penchait sur lui, baissant son short et le touchait. Sam s'éloigna, en essayant de se rappeler où il avait mis son fusil.
"Qu'est-ce que tu fous, Dean?"
Quand Dean leva la tête vers lui, ce n'était ni avec un regard mauvais, ni avec un sourire malicieux. Dans ses yeux, il n'y avait aucune raillerie démoniaque, mais plutôt une confusion douloureuse.
"Dean?" Appela Sam.
"Désolé, je... Désolé." Dean se précipitait hors du lit, quand Sam le retint.
Si son frère était nu actuellement, c'était uniquement à cause de lui; Dean ne s'était pas réellement comporté comme un con. Quand Sam avait refusé d'emballer ses affaires, son aîné avait commencé à le faire à sa place, pour éviter une confrontation avec papa. À la base, Sam l'avait frappé, juste pour avoir suivi les ordres de papa; ce qui coûterait à Dean la ceinture, minimum, au retour de leur père.
Si Dean voulait faire, tout ce qu'il pouvait bien être en train de faire, Sam ne le ferait pas se sentir mal. Pas quand c'était lui qui avait mis ces marques sur sa peau, avec la brosse à cheveux.
"Non, Dean, c'est bon. J'étais juste surpris."
La seule chose qui était plus étrange que de trouver son grand frère sur le lit pendant qu'il se masturbait, était d'avoir la bouche dudit frère sur lui. La sensation dans l'estomac de Sam était incroyable, alors qu'il regardait la tête de Dean monter et descendre, entre ses jambes écartées.
C'était la première fois que quelque chose d'autre que la main de Sam touchait cet endroit.
Au niveau instinctif, il savait que la bouche de son frère n'aurait jamais dû se trouver là, mais son corps ne le voyait pas de cette façon.
...
21 Mai 2001- Seattle, Washington
"Alors, tu veux que papa te baise?"
"Je veux qu'il soit heureux." Les yeux de Dean étaient brillants, quand il baissa la tête. "Qu'est-ce que je peux dire d'autre? Je suis désolé."
L'estomac de Sam se retourna à l'honnêteté profonde des mots de son frère. Des fois, il se disait que son frère était encore ce gamin de quatre ans, qui n'avait jamais eu la chance de grandir. Mais il savait que papa n'était pas le seul auprès de qui Dean essayait de s'excuser.
"Rien de tout ça n'est de ta faute, Dean."
Le rire agité et amer de Dean bloqua le souffle de Sam. Il regarda les yeux de son frère dériver vers la table de chevet entre eux, où se trouvait le Colt.
'Je ne pense pas que soit douloureux."
Sam ne questionna pas Dean sur la signification de ces mots, et fit mine de ne pas savoir lui-même. Il prit le Colt et le glissa dans la taille de son Jean. L'arme n'était pas aussi stable que s'il l'avait maintenu avec une ceinture, mais il n'avait jamais été incapable d'en porter une.
Sam s'assit sur le lit à côté de son frère. "Pourquoi tu dors avec moi? "
Dean leva les sourcils. "Je dois dormir où? Tu ne veux pas que je dorme par terre et papa ne veut pas que je dorme dans l'impala."
Sam frotta doucement la peau de la cuisse de son frère. Au toucher, Dean écarta automatiquement ses jambes, mais étouffa un gémissement quand le mouvement déplaça son poids sur ses fesses. Sam se força à regarder au-delà des ecchymoses récentes, pour voir les vieilles cicatrices sous elles. Son pouce caressa la croix blanche délavée qui avait été sculpté dans la peau de la cuisse intérieure de Dean.
"Pourquoi tu me laisses te baiser?"
Dean sembla ne pas comprendre la question, comme si la réponse était évidente, ce qui effraya Sam davantage. Quand tout ça avait commencé, il était allé avec, car il ne pouvait pas supporter la douleur dans les yeux de son frère. Il avait toujours pensé que c'était la volonté de Dean.
"Je ferais n'importe quoi pour toi, Sammy."
La main de Sam tremblait quand il la leva pour repousser ses cheveux. C'était ce dont il avait eu peur la nuit dernière. Dean l'avait laissé utiliser son corps. Exactement comme il l'avait fait avec papa, et les démons, et les bâtards dans la ruelle de derrière; ils en avaient bien profité, pour quelques billets, qui couvraient à peine une nuit dans une putain de chambre de motel.
Toute la véhémence des paroles de papa, affirmant que Dean aimait le sexe, n'était que des conneries. C'était juste une autre partie de lui que papa l'avait forcé à abandonner, seulement pour lui en mettre plein la gueule et lui dire qu'il le voulait.
Papa choisit, précisément, ce moment pour tourner les clefs dans la serrure de la porte.
Sam n'avait aucune pensée consciente, quand il se rua vers lui. Il leva le poing et l'envoya violemment en direction du visage de papa, espérant le prendre au dépourvut. Il le manqua de peu, lorsqu'il fut retenu. Il jeta son coude derrière lui pour se dégager. Mais c'est quand il entendit Dean hurler, qu'il se rendit compte qu'il venait de le cogner dans les côtes.
Avant qu'il ne puisse se retourner, papa passa devant lui, saisi le bras de Dean et le tordit dans son dos. La forte pression sur son épaule, le conduisit sur ses genoux. Ses yeux étaient humides quand papa le lâcha et arma le Colt.
Sam vérifia sa ceinture, pour la trouver vide. Le Colt était surement tombé au moment de son interaction avec Dean.
Papa était debout entre les genoux écartées de son frère, alors que Dean tenait ses bras dans son dos, comme s'ils étaient menottés; même si sa main tenant son poignet était sa seule restrictions. Dean baissa la tête et papa pressa le revolver contre sa tempe.
"C'est Dean" Cria Sam. "C'est Dean!"
Papa ne dit rien. Il lui lança un regard examinateur, avant de rabaisser sa tête vers son aîné. Avec l'arme toujours pressée sur la tête de Dean, John utilisa sa main libre pour agrippa une poignée de ses cheveux et tira fermement vers l'arrière afin de voir son visage.
Sam retint son souffle, quand leurs yeux se rencontrèrent. Lentement, papa baissa le Colt, mais il tendit la main, pour dire à Dean de garder sa position. Il marcha vers les sacs que Sam avait jeté sur le lit et sortit une boîte de sel de celui de Dean.
Avant que John ne soit revenu près de lui, Dean avait déjà rejeté sa tête en arrière et ouvert la bouche. Quand il fut là, papa pencha la boîte pour verser le sel dans sa gorge; puis il le força à garder la bouche fermée jusqu'à ce qu'il est tout avalé.
Au moment où papa recula, les larmes trempaient les cils de Dean. Dès que sa bouche fut autorisée à s'ouvrir, il se laissa tomber au sol, haletant désespérément à la recherche d'oxygène. Il toussait encore, quand papa le remit sur ses pieds.
"Tout va bien." Déclara papa. "Tu sais que tu devrais être sur mes genoux pour avoir touché ton frère comme ça?"
Dean se décala légèrement et hocha la tête. "Oui monsieur."
"On fera ça ce soir, tu as eu une nuit difficile, mon grand."
"Merci papa."
Papa pressa son épaule et lui donna un sourire triste, qui illumina le visage de Dean, comme rien d'autre ne pouvait le faire. Sam détestait être incapable d'en faire autant. Mais quand la main de John suivit la ligne du bras de son frère, il se rappela à quel point il détestait son père.
"Éloignes- toi de lui."
"Excuses-moi?" Papa leva un sourcil, défiant Sam.
"Comment est-ce que tu peux faire ça à ton propre fils?"
Papa s'éloigna de Dean pour confronter son cadet. "Tu sais bien ce qu'il faut faire pour garder ton frère en vie."
"Pas le torturer, en tout cas." Répondit Sam.
Papa et Dean froncèrent les sourcils. C'était la première fois que l'un d'eux utilisait le terme exact pour définir ce qui était fait à Dean.
"Comment est-ce que tu peux baiser ton propre fils? Et la nuit dernière... après ce que tu les à laissé lui faire-"
"Sammy, ferme-la."
Il ignora le plaidoyer de Dean et se concentra sur son père. John avait au moins la décence de paraître coupable, pas désolé, mais, au moins, il semblait avoir été pris à faire quelque chose qu'il n'aurait pas dû. Il ne fallut pas longtemps avant que papa ne revêtisse l'expression que Sam avait attendu; celle qui disait qu'il n'en avait rien à foutre.
"Nous devons tous faire des sacrifices pour ton frère."
Sam voulait dire à papa qu'il était fou. Il voulait le haïr pour avoir retourné le cerveau de Dean et prétendu que c'était pour lui. Il voulait, mais il ne pouvait pas, car ce n'était pas très différent de ce qu'il avait fait lui-même.
"On a tort tous les deux." Dit Sam.
Il passa un long moment durant lequel papa les lorgna, tour à tour, avant qu'il ne fusille Dean du regard en grognant. "Tu as touché mon fils?"
Dean cligna des yeux et regarda Sam, impuissant, comme s'il cherchait une traduction. Il espérait probablement avoir mal compris la question. Sam ne savait pas quoi lui dire. Papa ne devait pas savoir, et si Dean comprenait ce qui lui était demandé, il lui dirait.
La main de papa s'abbatiat sur les fesses de Dean, avec assez de force pour lui faire plier les genoux. Sam se précipita vers son frère, mais John l'attrapa avant qu'il ne touche le sol.
"Réponds à la question." Papa grogna dans l'oreille de Dean. Il y avait un violent avertissement dans l'ordre.
Dean courba les épaule, se penchant loin du papa. "Je-je ne sais pas, monsieur."
"Tu ne sais pas si tu baises avec mon fils?"
Après s'être fait secoué violemment par papa, Dean tourna vers son frère des yeux plein d'excuses. Rapidement, Sam secoua la tête en réponse.
"Si monsieur. Je l'ai fait."
Sam voulait crier pour arrêter son père, mais à peine avait-il ouvert la bouche, que Dean fut propulsé contre le mur, qui trembla sous l'impact. La tête de Dean s'inclina vers l'arrière dans un cri silencieux, quand son dos abusé rencontra le ciment.
'Tu pensais vraiment pouvoir t'en tirer comme ça?"
Il éloigna Dean du mur, juste pour l'y balancer à nouveau. Son visage se tordit dans la souffrance et, quand ses yeux s'ouvrirent, il était pleins de douceur.
Sam se précipita pour l'arrêter, mais papa lui donna un coup qui l'envoya valser. Il finit par se cogner la tête contre le bord du lit et glissa sur le sol. Il fallut un petit moment pour que sa joue enregistre la douleur et un autre, plus long, pour que son cerveau assimile le fait que papa venait de le frapper.
Tu ne baises personne. Jamais!" Le visage de papa était à quelques centimètres de celui de Dean, quand il grogna. "Je n'ai pas déjà été assez claire là-dessus?"
"Je sais, papa. je n'ai pas fait ça, je te jure. C'est l'inverse."
Au moment où Sam se relevait, la posture de papa s'était légèrement détendu. Il relâcha sa prise sur l'épaule de Dean, laissant une marque rouge sur sa peau.
"Je n'ai pas autorisé ça."
"Je sais monsieur, je pensais juste que-"
"Tu n'es pas autorisé à penser." Dean eut un mouvement de recul, face au cri de papa. "Tu ne peux jamais savoir si c'est le démon qui te le demande. Quand tu prends des décisions, des gens meurent."
Dean baissa la tête, après avoir acquiescé faiblement.
"Ne t'attend pas à pouvoir marcher dans les prochains jours."
"Oui monsieur."
"Mais ça va devoir attendre. J'ai besoin de toi ce soir. Habillez-vous et retrouvez-moi dans la voiture dans deux minutes. On a une affaire"
...
21 Mai 2001- Portland, Oregon
Ils avaient emballé leurs affaires en silence et sautés le petit déjeuné. Dean n'avait même pas utilisé la salle de bain; en fait, il n'avait fait que ranger les affaires et jeter les sous-vêtements de la veille. C'était douloureux, rien que de le regarder s'habiller. Et même avec l'aide de Sam, il semblait à bout de forces, après avoir enfilé son tee-shirt. Pourtant il insista pour ajouter une veste et un manteau.
Sam était prêt à débuter un combat, quand papa ordonna à son frère de s'asseoir à l'avant. Mais avant qu'il ne puisse faire quoique se soit, Dean affirma qu'il n'avait, de toute façon, pas envie de s'allonger.
Sam avait été en colère sur tout le long du trajet vers Portland. Ça avait été des heures interminables à regarder son frère grimacer dans le rétroviseur. De temps en temps, ses yeux avaient dérivé vers la fenêtre, pour regarder passer les autres voitures, en se demandant pourquoi Dean et lui ne pouvaient pas être dans l'une d'entre elles.
Papa et Dean avaient discuté de la chasse, comme si tout était normal, comme d'habitude, alors que Sam était assis à l'arrière, bouillonnant de rage. Il n'avait pas écouté un mot de leur conversation.
Il avait été trop occupé à lancer des regards noirs au dos de la chaise de papa en s'imaginant des choses horrible. Il n'arrivait pas à décider laquelle des situations était la meilleure: que son père violait son frère? Ou qu'il l'ait tellement brisé, qu'au final Dean le voulait réellement.
Son esprit ne pouvait tout simplement pas imaginer son père et son frère ensemble dans un lit. Certes, il avait déjà vu son aîné avec des hommes plus vieux. Même si certains démons étaient jeunes, tous ceux qu'il avait vu payer pour Dean, n'étaient que des vieux porcs dégoutants, qui voulaient juste se taper un enfant.
Ils étaient peut-être démoniaques et brutaux, mais ils n'avaient pas blessé Dean de la même façon que papa l'avait fait.
Sam avait rarement vu papa toucher son aîné autrement que pour les exorcistes ou pour le punir. Les souvenirs lui retournèrent l'estomac. Il savait que c'était la raison pour laquelle Dean ne regardait, jamais, aucune fille.
Au moment où ils se garèrent devant le restaurant, l'estomac du jeune homme était trop noué pour, ne serait-ce que considérer l'idée de manger. Il était juste heureux d'être là, pa rce qu'il savait que Dean n'avait avalé que du sel depuis presque 24 heures. Il avait, d'ailleurs, oublié de lui donner de quoi dîner, hier soir.
Il se précipita hors de la voiture pour aider Dean, avant que papa ne le lui interdise. Son frère s'appuya lourdement sur lui et plissa les yeux contre le soleil, qui sortait de derrière les nuages. Sam n'était pas sûr de ce qu'il cherchait.
Il n'eut pas le temps de lui demander, que déjà papa était là. Il poussa violemment Dean en avant, utilisant son corps pour ouvrir la porte battante du restaurant. Sam tendit, rapidement, la main pour éviter que le battant ne lui revienne en plein visage.
Papa marcha tout droit vers une table, dans un coin, au fond du restaurant. Il poussa Dean sur l'une des chaises dures, en bois, et fit signe à Sam de s'asseoir sur la banquette rembourrée en face d'eux. En s'asseyant, le regard de Sam resta verrouillé sur l'expression de souffrance qui tordait le visage de son frère.
Dès que la serveuse arriva, la douleur s'effaça, comme si elle n'avait jamais existé. C'était une femme âgée, au sourire chaleureux. Et comme toutes les femmes de cette planète, ses yeux se posèrent instantanément sur Dean.
Celui-ci baissa, immédiatement, la tête. Papa, ce bâtard, lui jeta un coup d'oeil pour s'en assurer.
"Il est sourd et timide comme pas possible." Dit-il avec une gentillesse trompeuse.
Papa utilisa la bonne vielle excuse avec un sourire amicale, qui charma assez la serveuse pour la faire rougir. Sam savait que son père n'était pas réellement intéressé. Il était déjà occupé à se taper son propre fils.
C'était un autre des inconvénients d'être avec papa. Même s'il n'avait pas vraiment écouté leur conversation, Sam savait bien qu'ils n'étaient pas là pour manger, mais pour récolter des informations.
"Pauvre chéri." Dit la serveuse en leur donnant les menus. "Au moins, il est en bonne compagnie."
Sam voulait hurler.
Il ne pouvait pas compter le nombre de fois où Dean avait attiré des femmes, qu'il s'agisse d'une jolie petite fille ou d'une gentille grand-mère, c'était toujours pareil.
Papa inventait toujours une excuse invraisemblable sur ce qui n'allait pas avec son aîné. Des fois, c'était juste pour expliquer pourquoi Dean ne parlait pas et d'autres fois, c'était parce qu'il était recouvert de bandages. Dans tous les cas, elles finissaient toujours par lui jeter un regard plein de pitié, accompagné de phrases pathétiques.
Personne ne semblait voir les cicatrices et les bleus sur sa peau, ni la douleur dans ses yeux. Personne ne voulait les voir.
Le sourire de la serveuse ne vacilla pas quand elle sortit son bloc-notes. "Qu'est ce que ces charmants messieurs voudraient boire?"
"Deux pepsi." Dit papa.
Sam leva les yeux de son menu pour voir son frère passer sa langue sur ses lèvres. Le priver de nourriture était une chose, mais Dean ne pas rester sans boire juste parce que papa était énervé.
Il s'éclaircit la gorge et se redressa. "Et un verre d'eau."
Hors des bars, Dean ne buvait que de l'eau. Avec un pincement de culpabilité, Sam réalisa qu'il ignorait si son frère faisait ça, juste, parce que papa le lui avait ordonné.
Sam aurait dû savoir ce que son frère aimait; sa couleur préférée, son plat favori, la musique qu'il appréciait... Plus il y pensait, et plus il se rendait compte qu'il ne connaissait que certaines des choses que Dean n'aimait pas, mais qu'il était forcé de faire.
Le regard de Sam était tranchant, quand il rencontra celui-ci, désapprobateur de papa. Il leva le menton, défiant son père de changer la commande.
Papa resta silencieux. Trop silencieux.
La serveuse leur dit que les boissons arriveraient rapidement, inconsciente de l'échange silencieux qui se déroulait sous ses yeux et de la panique croissante de Dean.
Son frère n'avait même pas ouvert son menu, mais ça n'avait pas grande importance, de toute façon. Papa commandait tout ce qu'il pensait que Dean devait manger et Dean le mangeait; non pas parce qu'il aimait particulièrement ça, mais parce que papa le lui avait ordonné.
"Je peux aller aux toilettes?" Demanda Dean.
"Non, sauf si tu veux que je t'y emmène." Répondit Papa, sans lever les yeux de son menu.
Dean ne demandait presque jamais rien pour lui-même. Mais alors, Sam se souvint que son frère n'était pas allé aux toilettes depuis plus de douze heures. Et en le regardant de plus près, il remarqua que son aîné n'avait pas l'air très bien.
Sa respiration était faible et il déglutissait difficilement, comme si ça gorge lui faisait mal. Les traits de son visage étaient pincé dans la douleur et il n'arrêtait pas de se masser les tempes.
"Je vais l'emmener." Dit Sam.
Papa leva, finalement, la tête. "Tu ne bouges pas d'ici."
"Tu veux qu'il se pisse dessus?" Sam se pencha sur la table, gardant sa voix basse. "Comme ça tu seras content de l'avoir humilié?"
Papa posa, violemment, son menu sur la table. "Si Dean voulait des privilèges, il n'avait qu'a y pensé avant de désobéir à un ordre direct."
"Tu es incroyable, putain. J'en ai marre." Sam quitta sa place, sans accorder plus d'attention à son père. "Viens Dean."
"Bordel de merde, Samuel. Repose ton cul sur se sataner fauteuil."
"Sinon quoi?" Rétorqua Sam, plein de défi. Il se rapprocha pour dominer, de toute sa taille, son père encore assit. "Tu vas jeter Dean sur la table et le fouetter devant la jolie serveuse?"
"Seigneur. Je vais vous ramener au motel, tous les deux."
"Et foutre en l'air ta précieuse chasse?"
Dean pouvait déjà à peine marcher. Alors, il savait que papa ne se risquerait pas à le battre avant la fin de la chasse.
Habituellement, Dean ne prendrait pas le risque, non plus. Mais il semblait, littéralement, prêt à se pisser dessus. Ce ne serait pas la première fois que papa le faisait se mouiller en public et Sam savait que son frère se sentait toujours terriblement honteux après.
"Ça va, Dean." Dit Sam, en aidant son frère à se lever de sa chaise.
Leurs épaules se touchaient, alors qu'ils marchaient dans l'étroit couloir qui menait aux toilettes, mais dès qu'ils furent à l'intérieur, Dean repoussa brusquement la main de Sam de son bras et se retourna.
"Quoi?" Demanda Sam.
Sam pouvait voir son frère dans le miroir; il respirait fort et avait les narines dilatées, signe de colère. Pourtant, plus il regardait le visage de Dean dans la glace, plus il voyait la peur y prendre place.
Dean ouvrit le robinet et se baissa pour boire de grandes gorgées d'eau. Comme il ne freinait pas, Sam posa une main sur son épaule pour l'arrêter, avant qu'il ne se rende malade.
L'aîné s'appuya contre l'évier et s'aspergea le visage d'eau, puis il leva la tête pour rencontrer les yeux de son cadet dans le miroir. "Tu veux bien te calmer?"
"Il va te tuer."
"Ouais." Dean se dirigea vers les toilettes et ouvrit son jean. "Maintenant, au moins, c'est sûr."
"Je suis sérieux."
"Moi aussi." Il grimaça. "Écoute, c'est facile pour toi de le pousser à bout, mais après c'est mon cul qui va prendre et... je suis fatigué, Sammy. Je peux plus faire ça. Je veux plus."
La seule chose qui préoccupa plus Sam que les paroles de son frère, étaient la réalisation que leur conversation n'était pas la cause du malaise inscrit sur le visage de Dean.
"Ça fait mal?" Demanda-t-il.
"Quoi? Quand je pisse?" Dean haussa les épaules. "Un peu."
"Ça ne devrait pas être douloureux."
"Waw, merci pour le scoop, Sammy." Dean se secoua et referma son jean. "J'en ai aussi un pour toi. Beaucoup de choses ne devraient pas être douloureuses, mais elles le sont quand même. Et quand tu vas faire chier papa, elles le sont encore plus."
Dean toussa un peu et leva la main pour essuyer son front. Il se lava les mains, en se servant, encore une fois, de l'évier pour se soutenir. Quand il eut terminé, il laissa le robinet ouvert et se baissa pour boire un peu plus. Dean se releva, juste avant que Sam ne vienne le stopper, à nouveau.
"Tu vas bien?"
"Ouais." Il essuya sa bouche avec sa manche. "Je suis juste un peu fatigué." Ce qui, dans le langage de Dean, voulait dire qu'il souffrait le martyr. Il leva les yeux vers son frère, avec un soupçon de nervosité. "Ne le dit pas à papa, ok?"
"Il doit savoir, Dean. On ne peut pas faire une chasse si tu tiens à peine debout."
"Donne-moi juste une minute, ok? ça va passer. Ça va mieux avec l'eau."
"Ça arrive souvent?"
Sam ne savait pas si son frère était incertain ou agacé par la question. Dans tous les cas, son expression était une réponse suffisante.
"Seulement après les exorcistes majeurs. C'est juste le démon, t'en fais pas."
"Papa le sait, au moins?"
"Il n'a pas besoin de savoir ça."
Sam savait que papa ne verrait pas les choses de cette façon. Mais ce fut le plaidoyer dans les yeux de Dean qui lui fit serrer la mâchoire, quand ils retournèrent au restaurant.
Ils avaient, évidemment, laissé papa seul, à ses réflexions pendant trop longtemps. Il y avait une rage, calme et mortelle, sur son visage, quand il posa les yeux sur son aîné. Sans un mot, Dean se réinstalla sur sa chaise, près de son père. Alors, John se pencha vers son fils et lui chuchota à l'oreille, des mots que Sam n'entendit pas.
La respiration déjà instable de Dean s'accéléra davantage. "Oui monsieur." Murmura-t-il, juste avant que papa ne se lève. Sans perdre de temps, Dean quitta sa chaise pour le suivre.
"Découvre ce que sait la serveuse." Ordonna-t-il à Sam.
C'était la même chose à chaque fois. Papa faisait sortir Dean, trouverait le plus d'intimité possible et le fouetterait le plus fort possible sans attirer l'attention. Apparemment, papa le baiserait aussi, avant de revenir comme si rien ne s'était passé. Dean réapparaîtrait en boitant, des larmes séchées sur le visage et promettrait à Sam que tout allait bien.
Sam les avait regardés partir, pour ces échanges, une centaine de fois. Mais aujourd'hui c'était différent. Il apparut à Sam qu'il pouvait- qu'il devait- arrêter papa.
Toute sa vie, Sam avait regardé son père faire tout ce qu'il voulait de son frère, parce qu'il avait été trop petit pour l'arrêter et que Dean n'aurait jamais levé le petit doigt contre papa, à moins que ce ne soit pour protéger son cadet. Mais cette fois-ci, quand papa saisit violemment le bras de Dean, Sam se leva de toute sa hauteur et baissa les yeux sur son père, prêt à rembourser son frère pour toutes les fois où il lui avait sauvé la vie.
Si papa restait impassible, Dean, lui, était horrifié. "Sammy, assieds-toi."
"On n'est pas censé avoir une affaire?". Demanda-t-il à papa.
John semblait prêt à déchaîner les flammes de l'enfer, jusqu'à ce qu'il vit la serveuse arrivée avec la commande qu'il avait passé en leur absence. À cet instant, Sam lui arracha Dean des mains et le tira sur la banquette rembourrée avec lui.
La seule chose que John détestait plus que voir ses fils penser par eux-mêmes, était le risque de faire une scène. Comme Sam l'avait prédit, papa se contenta de se rasseoir, à sa place, et de faire un charmant sourire à la serveuse qui plaçait deux assiettes sur la table.
"Vous êtes sûr qu'il ne veut rien?" Demanda-t-elle, avec un signe de tête vers Dean.
Ce fut au tour de Sam de sourire, feignant le bonheur avec autant de facilité que son père. "On va partager."
"Dans ce cas, faite moi savait si vous voulez des frites supplémentaires, les garçons." Dit-elle avec un clin d'oeil. "Je peux vous apporter autre chose?"
"En fait, on cherchait Maria Carter," dit papa. "Est-ce qu'elle est là, aujourd'hui?"
"Désolé chéri, Maria ne travail pas les lundis. Vous voulez que je lui transmette un message?"
"Non, on passera chez elle plus tard. Merci."
Dès que la serveuse fut partie, le masque amical de papa disparu. L'adrénaline, dans les veines de Sam, lui donna l'audace de lever les yeux pour rencontrer ceux de son père. Et, même en sachant qu'il venait de signer son arrêt de mort, il se sentait soulagé.
Sam n'était pas stupide. Il savait qu'il y aurait des répercussions quand ils seraient derrière des portes closes et que papa pourrait ce qu'il voudrait à Dean. Mais, pour l'instant, il avait gagné la bataille.
Il y avait une chance qu'il puisse sauver son frère.
Tandis que papa les regardait avec fureur, Sam laissa Dean piocher dans son assiette et boire son Pepsi, après qu'il eut fini son verre d'eau. Papa bouillonnait silencieusement. Il ne mangea pas. Il se contenta de tripoter sa nourriture avec ses couverts et de payer l'addition, quand il décida qu'ils avaient terminé.
"Sam, tu vas chez Maria pour l'interroger. Dean et moi on va vérifier le lieu de la chasse."
"Bien sûr." Répondit Sam. "Mais Dean vient avec moi."
Papa se tourna vers Dean, ne prêtant plus aucune attention à Sam. "Tu vas avec ton frère?"
La question fut prononcée sur un ton moqueur et Dean baissa la tête. "Non monsieur."
"Dean, tu n'es pas obligé d'aller avec lui."
"Si." Les yeux de Dean étaient vides, quand ils rencontrèrent ceux de son frère. "Concentre-toi sur la chasse, Sam."
Dean citait papa, mot pour mot; d'où l'utilisation du 'Sam', que son frère n'employait jamais. Il détestait être appelé Sammy, il l'appréciait ,uniquement, venant de Dean.
Papa se fit un plaisir de bien lui montrer comment il saisit la nuque de Dean pour le conduire hors du restaurant. Il y avait un avertissement silencieux dans ses yeux quand il regarda son fils cadet par-dessus son épaule. Sam ne savait comment il devait interpréter ça, mais il le prix comme une déclaration de guerre.
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A SUIVRE!
Komakai: Je te remercie de m'avoir fait remarquer les erreurs. Je pense que c'est réglé maintenant. J'espère que ce chapitre te plaira et en cas d'autres problèmes n'hésite pas à me le faire savoir.
