Titre original: Sins of the Innocent
Auteur: reapertownusa
Traduction: Allys-33
Note de la traductrice: Je précise que l'auteur ne m'a pas encore donné son autorisation. Et en cas d'un éventuel désaccord, l'histoire sera évidemment supprimée. Je ne suis que la traductrice, pas l'auteur!
ATTENTION: Les thèmes abordés ici sont sombres et lourd, les punitions corporelles extrêmes, la violence domestique consensuelle, la violence sur des enfants, la mort de certains personnages, certaines scènes perturbantes impliquant des enfants, l'inceste (le genre pas sexy), la prostitution, les références à la maltraitance passée, l'autorégulation, thèmes concernant le suicide, la torture, le sexe des mineurs (rien concernant des enfants de moins de 15 ne sera montré, mais implicite).
...
Les péchés de l'innocence
.
Chapitre 12
Aucun d'eux n'avait dormi la nuit précédente. Aucun d'eux n'avait même essayé.
Ils s'étaient simplement allongé sur le capot de la voiture et avaient regardé le ciel toute la nuit depuis la cour de l'église. Dean avait demandé à son frère de lui rappeler le nom des différentes constellations, mais Sam ne se rappelait que de celles que Dean lui-même avait inventé quand ils étaient enfants.
Après avoir regardé le soleil se lever, Dean avait été suffisamment fatigué pour s'autoriser à fermer les yeux. Il avait dormi dans les bras de Sam Jusqu'à ce que le pasteur Jim vienne les chercher. Les deux hommes l'avaient réveillé pour le mettre dans la voiture.
Le rétablissement pompait encore beaucoup d'énergie à son frère et désormais, Sam recherchait tous les autres signes de maladies qu'il avait négligés. Dean disait que la majorité d'entre eux apparaissaient et disparaissaient selon le contrôle qu'il avait sur le démon, mais Sam savait que même lui n'était plus très sûr de cette excuse.
La sensation constante de faiblesse, les vertiges, le souffle court, la poitrine douloureuse, les maux d'estomac et les migraines - tout ça pour n'en citer que quelques-uns - et Dean ne lui avait dit qu'il se sentait malade qu'à une ou deux reprises seulement. Son aîné n'avait jamais pris la peine de lui signaler qu'il était peut-être en train de mourir.
Il disait que ça avait été un lent déclin. Le démon avait commencé à le ronger de l'intérieur depuis des années. Il avait toujours dit ça, mais Sam n'avait jamais vraiment compris la signification de ces paroles. Pourtant, il aurait dû comprendre l'allusion quand son aîné lui avait dit qu'il était même incapable d'uriner sans douleur.
Ce n'était pas quelque chose de nouveau, la plupart du temps Dean avait toujours eu l'air malade. Il avait toujours eu l'air de souffrir ou d'être extrêmement fatigué à cause des entraînements ou de ce qu'il prenait pour se faire vomir.
Peut importe à quel point son ainé avait tenté de le lui cacher, Sam aurait dû s'en rendre compte. Il avait été à ses côtés pratiquement chaque seconde de chaque journée et il n'avait même pas remarqué que Dean était humain. Il l'avait battu et il avait laissé papa le battre sans la moindre raison.
Sam fouilla ses souvenirs et tenta de remplacer toutes les fois où il avait été certain de voir un démon par l'image de son frère tel qu'il était réellement, juste un petit garçon obéissant aux ordres de son père.
Il n'y avait pas de mots pour décrire à quel point il se détestait à cet instant.
Assit dans la salle d'attente de l'hôpital, il regardant son frère et le vit tel qu'il était réellement – un être humain. Il n'y avait jamais eu de force surhumaine, ni de discrétion démoniaque, mais juste un entraînement intensif. Ce qu'il y avait de drôle, c'était que ça ne changeait rien à la situation, parce que Dean n'était pas qu'un simple humain.
Dean était son grand frère. Il avait traversé toutes ces souffrances pour lui sauver la vie, à plus d'une reprise, et maintenant Sam sauverait la sienne.
Dean baladait nerveusement ses doigts sur l'horrible chaise en vinyle vert de la salle d'attente. Sam avait du mal à comprendre pourquoi, mais il savait que son frère préférerait mille fois se faire fouetter ou baiser dans une ruelle que d'attendre de voir un médecin.
"Dean, tu devrais te détendre un peu." Dit-il.
"Je suis détendu."
Comme si ce n'était pas suffisant avec ses doigts, Dean se mit également à taper le sol en linoleum avec le talon de sa botte.
Sam leva les yeux au-dessus de l'aquarium, qui semblait retenir toute l'attention de Dean, pour s'arrêter sur la télévision dans le coin de la pièce qui diffusait une stupidité à l'eau de rose. Il la regarda une minute en espérant silencieusement qu'il existait des programmes meilleurs que celui-ci.
Sam posa sa main sur celle de son frère. "Tu veux que j'éteigne ce truc?"
Dean regarda les gens dans la salle et secoua la tête.
Sam se fichait bien qu'il y ait une dizaine de personnes qui regardait cette émission. Son frère n'aimait pas la télé et si Dean voulait qu'elle soit éteinte, alors il l'étendrait.
Le fait qu'il y avait autant d'étrangers autour d'eux n'arrangeait rien. Sam aurait préféré qu'ils soient seuls ici, mais le pasteur Jim avait fait son maximum pour que la situation soit le moins stressante possible pour Dean.
Ils verraient un docteur homme, à qui Jim avait déjà parlé des marques sur le corps de Dean et expliqué que Sam devait rester dans la pièce avec eux. Jim lui avait également promis que, peu importe ce qu'ils trouveraient, personne n'emmènerait Dean loin de lui.
En plus de le tuer, laisser quelqu'un emmener son frère, avait été la plus grande menace qu'avait fait papa pour obliger Sam à participer au contrôle le démon. Même s'il était désormais assez grand pour empêcher ça, la menace restait toujours très présente dans son esprit.
"Mr. Winchester?"
Sam leva la tête, tandis que son frère baissait la sienne. Une jeune femme se trouvait sur le pas de la porte. Elle tenait un bloc-notes et souriait à Dean. Les deux jeunes hommes se levèrent et Sam posa une main à l'arrière du coup de son frère pour le guider dans le couloir derrière l'infirmière.
Il pouvait sentir le pouls de Dean battre à toute vitesse sous ses doigts. Il ne manqua pas non plus le léger tremblement qui le traversa entièrement quand ils arrivèrent dans le confinement d'une petite salle d'examen. Dean s'arrêta là où Sam lui avait dit et resta parfaitement immobile.
"Vous voulez que je me déshabille?"
Sam grimaça au choix des mots, mais il se sentit toutefois soulagé que Dean ait parlé directement à la jeune fille; même s'il ne l'avait probablement pas regardé assez longtemps pour connaître son sexe.
L'infirmière prit ça pour du flirt et rigola doucement en s'asseyant. "Ho croyez-moi que j'aimerais bien chéri, mais je vais juste vous posez quelques questions et puis je vous apporterai une robe d'hôpital."
Sam ne voulait pas revenir sur la demande qu'ils avaient fait de voir un médecin masculin, mais il devait s'assurer que ce ne serait pas cette jeune fille qui examinerait son frère. "Et le médecin viendra après?"
"Tout à fait. Il sera là dans peu de temps."
Un poids semblait s'être retiré des épaules de Dean.
L'infirmière entama une série de questions qui confirmèrent que Dean ne fumait pas, que son régime alimentaire laissait largement à désirer et qu'il faisait plus d'exercice que ce que la jeune femme croyait humainement possible. Ils ne connaissaient absolument rien de leurs antécédents familiaux, ni si Dean avait une quelconque allergie et il n'y aurait probablement pas assez de papier dans tout l'hôpital pour faire une liste complète de toutes les blessures sérieuse qu'il avait subi au cour de sa vie.
Le sourire de l'infirmière avait disparu depuis un moment et plus la conversation avançait, plus ses yeux se remplissaient de compassion, comme si elle commençait réellement à voir Dean. Ce dernier se tortillait nerveusement sous son regard plein de pitié, alors Sam se racla la gorge pour détourner l'attention de la jeune femme.
Elle rajusta sa position sur sa chaise et baissa les yeux sur ses questions. "Pratiquez-vous des rapports sexuels protégés?"
"Non madame." Dit Dean. "Ça paie pas assez bien."
Sam serra les dents pour s'empêcher de faire un commentaire, mais alors il réalisa quelque chose. "Il n'est pas…" Un léger rougissement lui monta aux joues. Il ne savait pas quel était le terme politiquement correct pour préciser que son frère était celui qui se faisait prendre. "Il n'est pas celui qui a besoin de mettre le préservatif."
Elle hocha la tête, comprenant apparemment la situation. "Combien de partenaires avez-vous eus?"
"Des partenaires?" Répéta Dean.
"Avez-vous été avec beaucoup hommes?"
"Ça dépend des nuits." Dean était sur la défensif. "Je suis une pute, mais je prends quand même le temps de me nettoyer."
L'infirmière devint étrangement silencieuse alors que son aîné détaillait sa routine post-sexe. Dean, quant à lui, devenait de plus en plus mal à l'aise à l'idée de lui parler. Sam poussa un soupire de soulagement quand elle quitta enfin la pièce.
Dean portait trois couches épaisses de vêtements et, même s'il avait évidement su qu'il lui faudrait les enlever, il semblait réticent à cette perspective. Sam l'aida avec les deux premiers vêtements et le laissa retirer son t-shirt.
Au vu de la réticence dont son frère faisait preuve, Sam avait presque peur de trouver de nouvelle blessure dissimulées, mais les cicatrices les plus récentes étaient celles laissées par Gordon. Elles faisaient évidemment partie des marques que Dean voulait cacher.
Montrer ses cicatrices à un étranger allait à l'encontre de tout ce que papa lui avait toujours inculqué. Personne n'était censé les voire, pourtant la forte lumière de la salle d'examen dévoilait chaque entaille, chaque marque qui avait été gravé sur la peau de son frère.
"Comment on met ce satané machin?" Demanda Dean avec un soupire de frustration.
Dean tenait la robe d'hôpital que lui avait laissée l'infirmière. Il semblait à deux doigts de la jeter et de s'enfuir à toute vitesse. Sam posa proprement ses vêtements sur une chaise et alla lui prendre la robe des mains. Il la retourna une ou deux fois avant de comprendre dans quel sens elle se portait.
"Bon, les bras vont là, donc je suppose que ça se porte comme ça."
Dean grimaça quand Sam lui fit porter la robe. "C'est stupide." Il jeta un coup d'œil par-dessus son épaule pour voir ses fesses dépasser de l'arrière du vêtement. "En quoi c'est mieux que d'être nu?"
Sam grimaça en sympathie. Il savait que, pour Dean avoir l'arrière ainsi exposé était pire que d'être sans vêtements. Délicatement, Sam saisit les deux extrémités de la robe et les rapprocha jusqu'à les superposer, puis il hocha simplement les épaules.
"C'est mieux que rien."
La poignée de la porte tourna, puis elle s'ouvrit pour laisser entrer un homme légèrement potelé chargé d'un dossier. Malgré le sourire aimable qu'il arborait, Sam ne pouvait s'empêcher d'être nerveux simplement parce que son frère l'était également.
Dean resta immobile au milieu de la pièce, comme Sam l'avait vu faire des centaines de fois auparavant. Il s'exhibait, se laissait évaluer comme un vulgaire animal.
"Vous devez surement être Dean." Dit le médecin en lui tendant la main. "Je suis le docteur Alderman."
Dean ne saisit pas la main qui lui était tendue. En dépit de leur conversation précédente, Sam savait qu'il avait encore peur de contaminer le médecin. Il fut soudainement inquiet que son frère n'ait pas compris que le docteur aurait à le toucher à divers endroits.
Lorsque Dean lui lança un regard, Sam y répondit par un hochement de tête encourageant.
"Oui." Dit Dean en acceptant la poignée de main.
Le geste était moins hésitant que précédemment avec le pasteur Jim. Sam se demanda vaguement si ce n'était pas le pasteur qui avait demandé au médecin de saluer son frère de cette façon.
"Très bien. Asseyez-vous, nous allons commencer."
Dean s'assit soigneusement sur le papier crépu de la table d'examen. Il était évident, de par sa manière de gigoter, qu'il n'aimait pas la sensation du papier contre sa peau. Si ça avait été possible, Sam aurait échangé sa place avec la sienne sans la moindre hésitation.
"Alors, j'ai passé en revue votre dossier et c'est vraiment incroyable… enfin bref. Il y a plusieurs points inquiétants dans les informations que vous nous avez fourni. Nous aurons besoin de faire des prélèvements de sang et d'urine. Et quand vous dites que vous n'avez pas vu de médecin depuis vos quatre ans, je suppose que cela inclut également les testes contre les MST?"
Sam acquiesça pour Dean quand se dernier lui lança un regard interrogatif. Il doutait même que son frère sache ce qu'était une MST.
"Oui monsieur." Répondit Dean.
Contrairement à son frère, Sam avait été à l'école assez longtemps pour suivre des cours de science naturelle et son estomac se serra douloureusement tandis qu'il se faisait une liste mentale des symptômes de toutes les maladies qu'il avait étudié en classe. "Vous pensez qu'il a une de ces maladies?"
"Nous ferons les testes nécessaire et nous verrons bien de quoi il s'agit. Dean, depuis combien de temps pratiquez-vous ce genre d'activité sexuelle?"
"Dix ans peut-être."
Le docteur Alderman regarda Dean, puis baissa les yeux sur ses papiers. "Il est écrit ici que vous avez vingt-deux ans."
"Oui monsieur."
"Ok, je vais juste toucher votre cou ici." Dit le docteur Alderman. Dean se raidit quand ses doigts se possèdent sur le côté de sa gorge. "Vous vous débrouillez bien. Maintenant si vous pouviez ouvrir votre bouche. Très bien. Et depuis combien de temps utilisez-vous le sirop d'ipéca?"
"Je ne sais pas." Dean haussa les épaules. "Depuis que j'ai commencé à avoir des problèmes de nausées."
Sam remua avec anxiété sur sa chaise quand le docteur Alderman fronça les sourcils. "C'est un problème?"
"Eh bien, c'est très probablement la cause de son déclin musculaire en dépits de l'augmentation de l'exercice physique. Une utilisation chronique d'ipéca peut être fatale et pourrait expliquer un bon nombre de ses symptômes. Mais la détérioration du muscle cardiaque devrait être notre principale préoccupation. Tout d'abord, Dean, nous allons jeter un coup d'œil à vos organes vitaux et nous verrons bien ce qu'il en est."
Dean se pencha vers l'arrière lorsque le docteur Alderman se rapprocha. Dès que Sam le vit décrocher le brassard de tension, il sauta de sa chaise et se précipita aux côtés de son frère, avant même que le médecin n'ait pu le toucher.
La respiration de Dean s'accéléra jusqu'à devenir des rafales saccadées de paniques lorsque le brassard se serra autour de son biceps. Sam était tellement concentré à essayer d'évacuer le plus de tension possible des épaules de son frère, qu'Il manqua presque le regard perplexe du médecin.
"Qu'est-ce qu'Il y a?" Demanda-Il.
"Son cœur bat assez fort, ce qui est bien, mais il est trop rapide." Le docteur retira son stéthoscope, l'air perdu dans ses pensées. "Nous devons surveiller ça. Par contre, il est à la limite de l'hypertension de stade deux. Je sais que vous faites fasse à beaucoup d'angoisse actuellement Dean, et nous verrons comment votre cœur fonctionne quand vous êtes détendu, mais même sous l'effet d'un stress important, nous ne devrions pas voir de tels chiffres chez quelqu'un d'aussi jeune et en particulier quelqu'un d'aussi actif."
Sam se mordit la lèvre inférieure. Il n'avait presque jamais vu son frère détendu. Même quand il était juste allongé, il attendait toujours que quelque chose d'affreux se produise. Présentement, Dean était devenu effroyablement calme sous ses mains.
"Qu'est-ce que ça veut dire?" Demanda Dean.
"Beaucoup de ce que j'ai vu pourrait correspondre à des symptômes généralement détectés chez des patients souffrant d'anorexie purgative."
Dean lança un regard à Sam. "En dirait vraiment un truc démoniaque."
"L'anorexie… le trouble alimentaire?" Sam ignora le froncement de sourcil de son frère. "Ce n'est pas vrai. C'était juste les règles de papa pour contrôler le démon."
"Je sais." Répondit le docteur Alderman. "J'ai été briefé sur vos antécédents. Mais les symptômes restent les mêmes et il est dangereusement en sous-poids-"
"Je ne suis pas en sous-poids."
"Vraiment? Je voudrais juste vérifier quelque chose sur votre ventre, juste là."
Le docteur passa derrière Dean et glissa sa main sous sa robe d'hôpital. Sam se poussa sur le coter pour être le plus possible hors du passage sans pour autant retirer sa main de la nuque de Dean. Ce dernier se pencha vers lui alors que la main du médecin se déplaçait sur son abdomen. "C'est cohérent avec les gonflements que j'ai vus sur vos pieds et vos chevilles. J'ai besoin de voir comment fonctionnent vos reins parce que c'est un cas extrême de rétention d'eau."
Sam écoutait le médecin sans jamais lâcher Dean. "Ce n'est pas de la graisse?"
"Absolument pas. Je n'ai d'ailleurs jamais vu une aussi faible quantité de graisse chez un humain actif."
Dean jeta un coup d'œil à son frère par-dessus son épaule. "Peut-être qu'on n'est pas chez un humain…"
"Dean." Averti Sam.
Dean serra les dents et retourna son attention vers le médecin.
"Je n'ai pas d'image assez précise de votre régime alimentaire. Mangez-vous beaucoup de choses salées?"
"Je mange beaucoup de sel." Le docteur Alderman prit un siège pour laisser un peu d'espace à Dean et l'observa.
"Vous voulez dire que vous en mettez beaucoup dans votre nourriture?"
Dean secoua la tête. "Juste du sel. Une grande poignée de sel avec de l'eau bénite."
"Est-ce fréquent?" Quand Dean hocha la tête, le docteur Alderman acquiesça à lui-même. "Cela correspond parfaitement à vos autres symptômes. Je suppose que vous vous sentez encore plus mal après ces doses répétées de sel?"
"Oui…"
"N'importe qui d'autre l'aurait été. Sans parler du reste, rien que ça suffirait déjà à vous rendre malade – mal de gorge, de tête et j'en passe. Et je suis sûr que vous avez constamment soif." Le docteur Alderman se pencha contre le dossier de sa chaise. "Dean, je suis heureux de vous annoncer que vous être, sans le moindre doute, complètement et totalement humain, et exceptionnellement chanceux d'être encore vivant."
Un simple coup d'œil sur le visage de Dean suffisait pour se rendre compte qu'Il se sentait loin d'être chanceux. Même Sam avait du mal à entendre ce qui était censé être la meilleure nouvelle de leur vie.
Tout était de la faute de papa.
Papa avait obligé Dean à consommer du sel, puis il l'avait fait culpabiliser sur sa prise de poids apparente. Papa lui avait donné de l'ipéca et s'était plaint de sa faiblesse. Dean devait commencer à comprendre, parce que Sam pouvait sentir le tremblement de ses épaules.
Le regard du docteur Alderman passa entre les deux jeunes hommes, puis il se leva. "Je dois vous faire un examen physique complet, mais avant, je pense que vous devriez prendre quelques minutes." Il tendit à Dean une tasse, que Sam prit pour lui. "Il me faudrait ces échantillons de sang et d'urine."
Les yeux de Dean étaient vides lorsqu'il redressa son dos, ses mains sur ses genoux. "Lequel vous voulez en premier?"
"Je pense que tu es censée urine dedans." Dit Sam. "Aux toilettes." Il aida son frère à se lever de la table d'examen et ajusta sa robe d'hôpital avant de le guider hors de la pièce. "Tu te débrouilles bien."
Dean serra la main que Sam avait posé sur son bras. "Si tu le dis."
Sam le fit entrer dans les petites toilettes individuelles de l'hôpital et verrouilla la porte derrière eux. Quand il se retourna, Dean se regardait dans le miroir. Sa mâchoire était tellement serrée qu'elle tremblait.
"Dean?"
Il vit son aîné serrer son poing, mais ne put se déplacer assez rapidement pour l'empêcher de l'envoie droit dans le miroir. Sam sursauta. Des fissures se dessinèrent sur la partie inférieure du miroir et le poing de Dean s'éloigna couvert de sang. Sam se précipita pour attraper son frère, avant qu'Il ne donne encore un coup de poing au miroir.
Dean le repoussa. "Du sel? Du putain de sel?" Les mots n'étaient destinés à personne en particulier. Dean agrippa ses cheveux.
"Tu ne savais pas. Papa ne savait pas."
"J'étais sûr. Je prenais du sel et je me sentais mal à cause du démon… putain j'ai tué maman et papa… et tous les autres. C'était pas un démon, Sammy. C'était moi. C'était juste moi."
"Non, Dean. C'était juste nous – c'est toujours nous."
…
"Tu es sûr qu'il n'y a pas de mauvaise réponse?" Demanda Dean.
Il était assis près de Sam sur la banquette d'un restaurant et tentait de piquer des croûtons avec sa fourchette. En réalité, il ne faisait que les écraser. Finalement, il abandonna, les saisit à pleine main et les fourras dans sa bouche.
Sam se pencha contre le vinyle craquelé de la banquette et leva un sourcil interrogateur vers son frère. "Tu crois vraiment que je vais te fouetter si tu me dis que tu n'aimes pas la salade césar?"
"Je sais pas trop. Ça a l'air de te tenir à cœur la bouffe à lapin."
"C'est bon pour toi."
"Géniale. Donc c'est bon pour toi aussi. Alors mange-la." Dean poussa l'assiette de salade vers Sam avec le reste des aliments rejetés. "Le fromage et les croûtons, ça va, mais je ne sais pas comment tu fais pour avaler ces trucs verts. Sammy, te vexe pas, mais tu as des goûts de merde."
"J'ai dit qu'on trouverait ce que tu aimais Dean, pas que tu avais bon goût."
"La ferme."
Dean observa les autres assiettes en face de lui. Même s'ils n'étaient que tous les deux, ils avaient pris l'une des plus grandes cabines, juste pour avoir assez de place sur la table, car ils avaient littéralement commandé une assiette de chaque plat qui composait le menu. Si Dean devait commencer à passer ses propres commandes, alors il devait savoir ce qu'il aimait.
Dean piocha quelques frites et les porta à sa bouche. Il grimaça et attrapa son Pepsi pour faire passer le goût. Ce n'était pourtant pas la première fois qu'il mangeait des frites, il en avait déjà partagé avec Sam auparavant.
"Tu n'aimes pas les frites?" Demanda Sam.
"Elles sont salées."
Sam fronça les sourcils en vidant l'assiette de hamburger de toutes les frites qu'elle contenait. Il était plus que soulagé que Dean ait arrêté de consommer du sel, mais s'il pensait pouvoir éviter tout ce qui était salé, son frère serait rapidement déçu de beaucoup de nourriture qu'il aurait pu apprécier en d'autres circonstances. "Et ça, c'est dégeux." Dit Dean en ajoutant le thé glacé à la liste.
"Tu aimerais peut-être ça avec un peu plus de sucre."
"Ouais, mais le sucre ressemble au sel. Et si je vois encore ne serait-ce qu'un seul grain de sel…" Dean se pencha contre le dossier de la banquette. "Je suis prêt pour le dessert."
C'était probablement mieux de passer sous silence le fait que les desserts étaient presque tous majoritairement composés de sucre. Au moins, le gout sucré en lui-même ne le répugnait pas. D'aussi loin que Sam s'en souvenait, son frère avait toujours aimé les sucreries. Ce qui signifiait que lui faire prendre du poids ne serait pas un énorme problème c'était déjà ça.
"Je suis sûr que Karen t'attend déjà avec une bonne tarte." Dit Sam. "Peut-être même plusieurs."
Dean se replia soudainement sur lui-même et sa posture détendue disparut instantanément. "Je ne suis pas sûr qu'on devrait y aller."
"Tu plaisantes? Je n'ai pas réussi à les en dissuader."
"Ils vont être gentils. Ça va être bizarre."
"Oui je sais, mais je pense que je pourrais rapidement m'y habituer."
Dean se mordit la lèvre inférieure. "Je pensais à l'école."
"Et?"
"Je ne veux pas y aller, mais je veux que toi tu le fasses. T'es un putain de génie, Sammy. Tu as compris que je n'étais pas un démon des lustres avant moi." Dean secoua la tête. "Je ne sais toujours pas ce que je suis exactement. Sans les chasses… je ne sais pas. Mais je sais que l'école, c'est pas pour moi."
"Tu es intelligent aussi, Dean."
Dean ricana. "Peu importe. Il faut rester assit toute la journée dans ces stupides chaises en plastique pour apprendre des choses dont je me fous totalement. Je sais que se sera diffèrent maintenant, mais on ne peut pas remonter le temps et si on doit aller de l'avant, alors je ne veux plus y retourner."
"Oui, d'accord, mais tu es sûr que ça va aller si j'y vais?"
Sam n'aimait pas l'idée d'être loin de son frère plusieurs heures par jour. Il était capable de rester avec le pasteur Jim pendant quelques heures, mais il avait été plus dur à convaincre concernant Karen et Bobby, même quand Sam était avec lui. Dean ne se faisait toujours pas assez confiance pour rester seul avec eux.
Aller en voiture chez le pasteur Jim représenterait quatre heures de route quotidienne pour Dean. Mais ça lui accorderait du temps sur la route et peut-être que ça rendrait la transition à une vie stationnaire moins brusque. Tout allait changer désormais, mais Sam ne pouvait s'empêcher de penser que c'était exactement ce dont ils avaient besoin.
"Évidemment. Tu n'iras pas si loin et je pense pouvoir éviter les ennuis toute une demi-journée. Tu sais je me dis que, peut-être qu'un jour, je pourrais aller t'apporter ton déjeuné sur le campus. Je sais que tu as horreur des merdes qu'ils servent dans les cafétérias."
"Ce serait super Dean, mais tu sais, je crois qu'on peut te faire passer ton bac sans que tu n'es réellement à aller à l'école."
Les deux frères habitaient chez le pasteur Jim depuis deux semaines, durant lesquelles il avait travaillé sur le démon avec Dean. Pendant cette période la majorité de ses blessures avaient guéri et il commençait à avoir assez d'énergie pour que cela devienne un problème.
Le mode de pensé de Dean était complètement faux et le pasteur Jim avait prévenu Sam qu'Il n'en serait peut-être jamais autrement. Comme l'avait dit son aîné, rien ne pourrait jamais changer ce qui avait été fait.
Sam devait encore surveiller son frère de près. Dean pensait que la prostitution était un moyen acceptable de payer ses médicaments contre la chlamydia et la blennorragie. Il ne l'avait fait qu'une seule fois, mais entre la brosse à cheveux de Sam et les clochettes que le pasteur avait accroché aux portes, il avait rapidement compris le message.
Dean essayait vraiment. C'était juste nouveau pour eux deux.
Karen et Jim avaient aidé Sam à faire une demande de bourse pour l'université locale de Sioux Falls. Désormais, ils partiraient habiter avec les Singer et tout le monde voulait sincèrement que Dean passe son baccalauréat. La prostitution et les chasses ne plaisaient à personne.
Mais le fait était que Sam se fichait de ce que voulaient les autres. Il savait bien qu'ils essayaient tous de les aider et qu'ils voulaient prendre soin de son frère. Il comprenait aussi que sur le long terme avoir ne serait-ce que le baccalauréat pourrait lui être utile, mais Dean n'avait jamais été autorisé à prendre de décisions et dans ce cas il ne s'agissait pas de vie ou de mort.
Peu importe à quel point Sam voulait prétendre qu'ils se réveilleraient demain et que tout serait parfait, il n'était pas dupe. Dean ne trouverait probablement jamais un travail normal, mais ce n'était pas grave. Si pour une quelconque raison son frère ne voulait pas passer son diplôme, Sam le suivrait dans sa décision.
"Ce n'est pas la peine." Dit Dean. "Je lis assez bien pour me débrouiller et je sais additionner et soustraire autant que nécessaire. Si j'ai besoin de savoir autre chose, je te demanderais. Ça ne sert à rien de m'encombrer le cerveau avec des trucs inutiles quand j'ai une véritable encyclopédie vivante avec moi."
Sam gloussa et pencha sa tête pour la faire reposer contre celle de Dean. "Tu crois que ça finira par devenir plus facile?"
"Non, mais ça pourra pas être pire et puis on n'est pas si mal là."
Un sourire se dessina sur les lèvres de Sam. Venant de Dean, c'était purement optimiste.
…
19 Septembre 2001 – Garage Singer - Sioux Falls, Dakota du sud
Quand Sam rentra des cours, il trouva son frère dans le jardin. Un sac d'engrais pendait sur son épaule et Karen lui indiquait où en verser tout en lui demandant toutes les deux minutes si ce n'était pas trop lourd pour lui. Elle ne l'avait évidemment jamais vu transporter des cadavres beaucoup plus lourds, en plus sans sel ni sirop d'ipéca sa force s'était décuplé.
Le visage de Karen s'illumina davantage quand elle le vit. "Sam! Dis donc tu es rentré tôt aujourd'hui."
"Un de mes profs était malade."
"Dommage pour lui. Tu n'as qu'à manger avec nous, Bobby s'occupe du Chili."
"Avec plaisir." Sam lui sourit puis retourna son attention sur le visage inquiet de son frère. Il fronça les sourcils quand ce dernier refusa de croiser son regard. "Ça t'embête si je t'emprunte Dean une minute?"
"Ho bien sûr que non, les framboises ne vont pas fuir. Assures-toi juste qu'il boive un peu d'eau, j'essaie de lui faire prendre une pause depuis deux bonnes heures déjà."
Dean marchait silencieusement derrière son frère. "Hey, ça va?" Lui demanda Sam quand ils furent assez loin pour ne pas être entendu.
"Je sais que je ne suis pas censé être seul ici avec eux, mais le pasteur Jim avait un truc à faire et Bobby avait besoin d'aide avec des voitures et Karen ne pouvait pas soulever ces sacs toute seule, alors je pensais que…"
"Whaou, tu penses que je suis énervé que tu sois là?" Que son frère évite son regard fut une réponse suffisante. "Dean je ne suis pas en colère. Je suis surpris, oui, mais je trouve ça super. Tu as réparé des voitures?"
Avant que son aîné ne le lui dise, Sam n'avait jamais su que leur père avait été mécanicien autrefois. Forcément, ça l'avait mis mal à l'aide que ce soit précisément ça que Dean avait choisi de faire, mais il avait fini par accepter qu'il s'agissait là du meilleur moyen pour que son frère reste proche de papa, tout en espérant qu'il se rapprocherait davantage de Bobby.
"Ouais." Dean haussa les épaules dans un mouvement dédaigneux. "Elles n'avaient rien de graves."
"Parle pour toi, si ça avait été moi j'y serais encore à essayer de trouver le moteur."
"Bien sûr que non. Tu aurais lu quelques bouquins et tu les aurais toutes réparées plus vite que moi."
Sam passa son bras autour des épaules de Dean et le conduisit dans la maison. "Si tu veux on peut faire la course ce weekend et je te montrerais à quel point je suis nul avec les bagnoles."
"C'est toi, Dean?" Demanda Bobby.
"Oui monsieur. Sammy est là aussi."
"Parfait." Répondit Bobby. "Lui aussi il a besoin de manger de la bonne nourriture et tant mieux il y en a à ras bord."
Les deux garçons rentrèrent dans la cuisine pour trouver Bobby aux fourneaux devant une grande casserole. Dean s'arrêta sur le pas de la porte tandis que Sam alla lui chercher un verre d'eau. Le regard distant, son frère ne quittait pas des yeux le vieil homme qui remuait le chili avec une cuillère en bois. C'était l'une des choses qui le faisait encore frémir.
Bobby jette un coup d'œil par-dessus son épaule et croisa le regard de Dean. "Tu as fait du bon boulot avec la Mustang mon garçon. C'était impressionnant."
"Merci monsieur."
Sam leva en direction de son frère un sourcil interrogateur pour lui montrer son étonnement. Ils savaient tous deux que Bobby avait été dans le métier bien avant leurs naissances, alors que son frère ait réussi à réparer une voiture qui lui avait donné du fil à retordre voulait dire que Dean était bien plus doué qu'il ne voulait l'admettre.
"Mon garçon, qu'est-ce que je t'ai dit sur le vouvoiement et le 'monsieur'?" Demanda Bobby. Il regardait Dean avec un sourire chaleureux et s'assurait de garder sa voix douce pour que le garçon comprenne qu'il n'avait pas réellement de problèmes. "De temps en temps si tu veux, mais pas deux fois dans la même conversation. Ça me vieillit avant l'âge."
"Oui… Bobby."
"Tu vois ce n'était pas si compliqué. Maintenant allez vous débarbouiller, ce sera prêt dans quelques minutes."
"Oui Bobby." Il employait le même ton que pour les 'oui monsieur' habituel.
Peu importe combien tout le monde le voulait, Dean ne pourrait pas se débarrasser aussi facilement de la réponse automatique qu'on lui avait appris à coup de ceinture tout au long de sa vie. Mais Sam savait que même si ça ne se ferait pas du jour au lendemain, s'il y avait bien quelqu'un d'assez têtu pour se faire comprendre de son frère, c'était sans aucun doute Bobby.
Ses longues enjambées le menèrent le premier aux escaliers et quand Dean arriva à l'étage, il le détourna de la salle de bain pour le conduit jusqu'à leur chambre.
"Bobby a dit…"
"Je sais Dean, mais j'ai quelque chose pour toi."
Son frère semblait inquiet, mais le suivit tout de même dans la chambre. Il s'arrêta au pied du lit alors que Sam posait son sac sur le matelas. Il lui fallut un moment à observer l'inquiétude dans les yeux de Dean pour se rappeler que les seules fois où papa avait prononcé ces mots, était lorsqu'il avait ramené quelque chose de nouveau pour lui faire du mal.
"C'est quelque chose de bien." Lui assura Sam en fouillant dans son sac. Il s'arrêta un instant et regarda son frère. "Je veux me débarrasse du cuir à rasoir. Tu peux choisir pour la ceinture, mais je ne veux plus jamais voir ce truc de toute ma vie."
Dean resta silencieux un moment, puis il fit glisser ses doigts le long du cuir autour de ses hanches. "Je veux garder la ceinture."
"D'accord, mais je ne m'en servirais pas." Sam pouvait presque entendre les protestations de son frère avant même qu'il n'ouvre la bouche, alors il le coupa dans son élan. "Je t'ai dit que je te surveillerais et je le ferais, mais si une correction est nécessaire, ce sera avec la brosse – ni la main, ni le cuirs, ok?"
Dean finit par acquiescer. "Ouais, ok."
"Et si tu penses à t'en servir sur toi-même, je te préviens tu n'en porterais plus jamais. Compris?"
"Tu en as des règles." Soupira Dean en se laissant tomber sur le lit. Puis il se tourna sur le ventre pour regarder ce que Sam faisait. "Tu m'as apporté des M&Ms?"
"Non." Dit Sam en riant. "Tu veux des M&Ms?"
"Oui, je serais pas contre."
"On ira à la boutique après manger, mais tu devras porter ça."
Sam sorti deux petits paquets de son sac et les jeta sur le lit devant Dean. Ce dernier les prit et basculé sur le dos pour les examiner.
"Je ne savais pas lequel tu préférerais. Je ne t'ai rien demandé parce que je ne suis pas sûr que tu le saches toi-même, mais tu devrais les essayer. Je sais que se sera bizarre au début, mais tu verras c'est plus confortable qu'un simple jean."
Dean resta silencieux, en observant attentivement le slip et le boxer et en faisant courir ses doigts sur leurs emballages en plastique.
Soudain il se leva et alla fouiller dans son propre sac pour en sortir le Colt. Sam pouvait encore voir le sang collant dans les cheveux de Dean, comme s'Il n'avait jamais été lavé. La cicatrice sur sa tempe qui commençait tout juste à disparaître. Il renvoyait aussi papa et maman et toutes les personnes dont ils avaient salés et brulé les cadavres mais surtout, il se souvenait de la promesse qu'il avait fait à son frère – qu'ils s'en sortiraient tous les deux.
Dean ouvrit l'arme et en sortir les deux dernières balles. Il les mit sur la commode à côté de la photo de leurs parents et posa le Colt sur le lit entre eux.
"Je veux l'enterrer aussi." Dit-il.
Que son frère veuille se débarrasse du Colt était pour Sam un tel soulagement que ça en était étourdissant. Il n'avait même pas pensé à lui demander, il n'avait pas imaginé une seule seconde que Dean serait prêt à s'en séparer aussi longtemps, peut-être pour toujours.
Sam prit l'arme et la contempla un instant, avant de l'enfuir dans un sac avec le cuir à rasoir. "On trouvera un endroit où les enterrer ce soir."
Il posa son sac d'école au sol et s'allongea sur le lit avec Dean. Il laissa son corps se détendre dans la douce chaleur de l'après-midi qui se répandit par la fenêtre.
Il y avait deux lits dans la chambre. Sam savait que les Singer espérait qu'ils cesseraient de partager le même lit, mais le second n'avait jamais servi. Et il ne servirait jamais. Aucun d'eux ne pouvait trouver le sommeil sans être capable de sentir la présence de l'autre à ses côtés.
Dean vint se presser contre lui et posa sa tête sur son épaule. "Tu sais qu'il n'y aura jamais de fille, n'est ce pas? Je veux dire, pas pour moi en tout cas."
Sam passa son bras autour de lui. "T'en sait rien."
"Si, je le sais. Je ne dis pas que ça doit être pareil pour toi. Ça ne devrait pas… Mais au moins tu sais à quoi t'en tenir me concernant."
Sam le savait, car il avait beau répéter à son frère qu'il pourrait se trouver quelqu'un, il était parfaitement conscient que Dean n'en avait aucune envie. Pas plus que lui d'ailleurs.
Peu importe qu'ils soient chez les Singer, dans un motel miteux ou sur la route, il n'y avait personne d'autre avec qui il voudrait être. Il se fichait bien de ce que Dean pouvait être, ni d'où ils venaient, ni où ils iraient. Rien n'avait d'importance tant que son frère était en sécurité dans ses bras.
.
FIN
...
Voilà enfin le dernier chapitre. Je m'excuse vraiment d'avoir mis autant de temps entre chaque chapitre et merci à tous ceux qui ont eus la patience de me suivre tout ce temps. J'espère que ce fic vous aura plu.
Courtney Ackles: Voilà la fin. effectivement Sam est là pour Dean, jusqu'au bout. Merci de m'avoir lu avec tant de patience.
Bleu-cold: Voilà la fin. Effectivement John était complètement traumatisé, mais heureusement ils ont trouvé des gens plus stables près à les aider. Et surtout ils sont ensemble. Merci encore pour ta patience, J'espère que la fin te satisfera.
