Hello, tout le monde..

Voilà, j'ai retrouvé mon rythme de publication du mardi..

Merci à mes reviewveuses et aux gens qui me lisent.

Bonne lecture

OooOooOooOooOooO

Fin de l'épisode précédent : John vient de sauver in extremis Sherlock d'un arrêt cardiaque. Sherlock se réveille.

OooOooOooOooOooO

- Reste allongé !

La terreur dans les yeux de John était toujours visible mais il y avait également une forte colère.

- Je vais bien...

Il tenta de se redresser et chercha à comprendre où il se trouvait mais fut assommé par la tirade du médecin qui sorti de ses gonds. Il hurlait, sûrement pour évacuer sa peur et ses bras balayaient l'air dans de grands gestes désordonnés.

- Tu vas bien ? Mais bien sûr ! Tu as juste frôlé l'arrêt cardiaque.

Il faisait les cents pas le long du lit puis il s'arrêta pour fourrer la seringue vide sous le nez de Sherlock.

- Et si tu es encore vivant c'est grâce à ça !

- Bien sûr.. De l'adrénaline.. Bien jou..

- Oh la ferme! J'en ai pas fini avec toi! Tu crois que c'est un jeu ? Que tu as le droit de nous - pour ne pas dire « me » - faire subir ça ? C'est fini Sherlock, hors de question que tu t'en sorte facilement cette fois. Tu n'est qu'un.. qu'un..

Sherlock dévia le regard quand John lui tourna le dos, il continua lui-même la phrase d'une voix accablée.

- Un égoïste ? Enfoiré ? Minable ?

Il avait tout une liste d'insultes qu'il avait répertoriées tout au long de sa vie à force de les entendre. John le coupa dans un tremblement nerveux sans se retourner.

- Un traître.

Un lourd silence s'abattit comme si le plafond menaçait de se décrocher pour s'effondrer sur eux.

John tentait de se contenir et Sherlock analysait ce qu'il entendait par "traître". C'est bien la première fois qu'on le qualifiait ainsi et cela l'affectait d'autant plus que cela vienne de John. Il plissa les yeux.

- Un traître ? J'ai toujours été sincère avec toi, et je ne t'ai jamais menti.

John avança vers le lit et posa les poings qui s'enfoncèrent dans le matelas. Ses yeux noirs le transperçaient.

- Ma confiance,Sherlock.. Tu as trahi ma confiance.

Il ne su trop quoi répondre ne savant absolument pas qu'il se retrouverait devant ce genre d'accusation. John reprit de plus belle.

- Et c'est quoi ça ? - désignant un bout de papier plié en quatre sur la table de chevet – On peut savoir ?

- Vu ta colère tu sais très bien ce que c'est.

John saisi le papier, le déplia et le brandit sous le nez.

- La conso de tous les junkies du quartier sur un mois ?! Ah ben non! Excuse-moi de la méprise !C'est uniquement ce qui te coule actuellement dans les veines. Cocaïne, héroïne – soupir – et j'en passe...

Sherlock aurait voulu lui signifier que le sarcasme était inutile si il avait des choses à lui dire mais préféra se taire.

- Ça a failli te tuer...

- Euh.. J'en suis désolé alors.

- Ce n'est pas vrai. Le grand Sherlock Holmes n'est jamais désolé. - Il mit un temps de réflexion – Mais je vais t'apprendre à l'être, crois-moi.

Le détective ne prit pas en compte cette dernière remarque. John se fâchait souvent après lui, le sermonnait régulièrement, mais cela ne durait jamais longtemps. Il savait donc que l'orage passerait vite. Il changea donc naturellement de sujet, comme d'habitude.

- Je te suis reconnaissant en tout cas de m'avoir sauvé.

John haussa les épaules.

- Je n'allais pas te laisser me filer aussi facilement entre les mains.

- Je ne te parle pas de ça. John ? Mon kidnapping ? C'est bien toi qui est venu me chercher, non ? Où sommes-nous ?

Le soldat fronça les yeux sans répondre. Sherlock devait sûrement avoir eu des neurones de grillés pour être autant à côté de la plaque.

- D'ailleurs est-ce que tu sais dans quelles magouilles Mycroft est impliqué ? J'aimerais savoir pourquoi il était présent.

- Tu ne vois vraiment pas où tu es ? - Un sourire qui ne présageait rien de bon naissait sur ses lèvres.-

Sherlock observa autour de lui, même si il avait déjà étudié la pièce dans chacun de ses recoins.

- Malgré le matériel médical particulièrement complet, le revêtement sur les murs et le sol ne sont pas ceux que l'on trouve dans un hôpital. Je dirais donc une clinique privée de haut standing. Une chambre où mon frère aurait réussi à me mettre en surveillance. Peut-être dans l'espoir de se racheter pour mon kidnapping.

- La seule chose vraie est que tu n'est pas dans un hôpital. Je t'ai dis que j'allais t'apprendre à regretter, à ne plus recommencer... Réfléchis...

- John...Je n'aime pas trop la tournure que prend cette discussion..

- Monsieur Le Grand Détective sèche ? Réfléchis je t'ai dis ! - Il avait presque hurlé -

Sherlock su que la seule façon d'apaiser la colère de John et d'avoir un échange plus rationnel avec lui serait de se plier à son petit jeu. Et même se montrer docile alors que celui-ci préparait maintenant une perfusion pour lui redonner des forces et le réhydrater.

- Alors il va falloir que tu te montre un peu plus précis. J'ai bien peur de ne pas avoir assez d'éléments pour comprendre où tu veux en venir. Donne-moi des indices John.

John se calma aussitôt. Si le détective se pliait à ses demandes il aurait ce qu'il voulait : voir son visage quand il comprendrait de lui-même. Il chercha comment l'amener sur la bonne piste. Il piqua le bras du détective et y installa la perfusion. Il reprit son discours.

- Ton frère n'est pas impliqué, enfin pas vraiment. Il était simplement l'exécutant, comme il te l'a dit. Rappel-toi d'ailleurs qu'il t'as promis de ne plus s'occuper de tes affaires de drogue.

- As-tu parlé avec lui de ce qu'il s'est passé avant que tu arrives ? Est-ce qu'il t'as raconté ce qu'il a à voir dans tout ça ?

- Non. Il n'a pas eu besoin.

Le sourire diabolique de John s'agrandit. Il savait que cela suffisait et que la réaction ne se ferait plus attendre. Le visage de Sherlock se décomposa. Il refusait de croire ce que sa logique lui révélait. Tout mais pas ça.

- Tu étais donc présent ?

- Oui

- Et tu... - incapacité de terminer cette phrase -

- Je t'ai connu bien plus éloquent. Oui Sherlock, c'était entièrement mon idée.

La tête du détective s'écrasa dans l'oreiller. Immobile, silencieux, pâle.

John jubilait. Il avait presque envie de lui demander ce que cela faisait de se sentir trahi.

- Est-ce que tu veux savoir pourquoi ?

- Non John, tu me l'as déjà dit deux fois – sa voix était celle d'un fantôme – mais je veux savoir comment.

Le soldat fut pris de court qu'il se soit si vite résigné sur la raison de sa présence. Acceptation ou ruse ? Il se croyait pourtant prêt à gérer toutes les possibilités de l'évolution de son plan et le voilà qui doutait déjà des réactions de son détenu.

- Il faut que tu te repose. Tu es encore sous l'emprise de la drogue. On en reparlera plus tard.

- Je vais très bien. - oui d'ailleurs comment était-ce possible ? - Explique-moi, j'ai besoin de savoir.

Le soldat s'apprêtait à sortir de la chambre car il n'était plus très sûr de la façon de présenter les choses à Sherlock, il devait réfléchir. La voix grave l'empêcha d'avancer plus.

- John ! - Il s'arrêta et la voix devint un murmure suppliant – Tu ne peux pas me laisser comme ça.

Le soldat resta dans l'ouverture de la porte sans lui faire face.

- On est toujours au même endroit. C'est un chalet pour la protection des témoins et on va rester là un bon moment.

- Bien sûr .. Mycroft..

- Ce n'est pas l'idée de Mycroft !

Il claqua la porte, énervé, avant de la rouvrir aussitôt. Il connaissait trop bien le détective pour voir qu'il cherchait déjà à se défaire de sa perfusion et avait déjà un pied hors du lit. Sherlock se stoppa, restant immobile comme si il allait passer inaperçu.

- Et ne cherche même pas à te sauver. Si le chalet est verrouillé contre les intrusions, je me suis assuré qu'il soit également impossible d'en sortir. C'est ton frère qui s'est occupé de ce détail, et tu sais très bien qu'il s'est donné à cœur joie pour remplir sa mission. Alors recouche-toi …. et arrête de faire l'enfant.

Il s'apprêta à refermer derrière lui alors que Sherlock se réinstallait docilement dans son lit découragé par le simple fait de savoir que Mycroft avait condamné toutes les issues, quand il entendit un murmure peu assuré.

- John ?

- Qu'est-ce que tu veux ?

- Laisse la porte ouverte.

Sans un regard il laissa une légère ouverture sachant très bien le pourquoi de cette demande. L'heure avait largement défilée. On y arrivait.

- Coopère et tout se passera bien.

John ne voulait en aucun cas montrer un signe de faiblesse et gardait ce ton sévère mais il avait bien ressenti le tremblement dans la voix de Sherlock.

Il savaient maintenant tout les deux que la descente si redoutée ne tarderait plus à venir et ce n'est pas cette porte ouverte qui rassurait le génie. La dose prise avait été si forte que la chute en serait d'autant plus douloureuse.

Bien sur qu'en temps normal il se serait sauvé pour un petit shoot de compensation, rien de bien méchant, juste pour supporter plus facilement. Bien sur qu'il aurait pu aussi être chez lui, avec ce John qu'il connaissait, certes râleur, mais qui ne l'aurais jamais abandonné, seul sans cette pièce dans un tel moment. Il savait qu'il avait été trop loin mais « John.. », il avait besoin de John.

Et voilà son cœur qui se mis à tambouriner. Il ne manquait plus qu'une crise de panique. Il n'arrivait plus à réfléchir, c'était peut-être les premiers signes de la descente. C'est juste que rien ne se déroulait comme prévu et ça, c'était pas bon.

OooOooOooOooOooO

Dans la cuisine, le soldat avait les deux poings posés sur la table. Mycroft l'avait prévenu de l'enfer qu'il allait vivre si il était vraiment prêt pour ce « plan du dernier sauvetage » comme il l'avait appelé. L'idée lui avait parue folle mais il y participa avec plaisir sachant intéressant bras de fer mental qu'il allait disputer avec son frère.

A cet instant John aurait bien tué Sherlock si il n'était pas en si mauvais état.

Il prépara un linge propre, un petit saladier remplit d'eau fraîche et attendit. Il ne restait plus que cela a faire de toute façon et ce ne serait plus très long au son de l'agitation qui venait de la chambre. Mais cette fois, non, il n'accourrait pas comme d'habitude. La leçon allait enfin commencer.

Sherlock ne tenait plus en place. Son rythme cardiaque crevait le plafond. Il agrippait aux couvertures, les tirait sur lui puis les repoussait.

- John ? - de l'autre coté l'appelé ferma les yeux -

Il regardait autour de lui. Trouver un point d'encrage, se concentrer.

- John ! - se faire violence pour ne pas répondre -

Il pensa un moment se défaire de ses draps et matériels médicaux mais pour aller où ? Il ne gérait plus rien... Ni même John.

- JOHN !

L'intéressé craqua mais de colère. Il ne bougea pas de sa chaise pour autant.

- M'aboyer dessus ne me fera pas venir plus vite !

Il y eu un silence, pas un seul mouvement, sûrement l'effet de surprise. Puis un bruit métallique.

- Ne pense même pas à te lever ! Je te jure que tu le regretteras !

Sherlock ne savait plus. Jusqu'à se demander si tout ceci n'était pas une simple hallucination. Ou si il était mort il avait franchi les portes de l'enfer. Un petit rire nerveux arriva aux oreilles du médecin, bien attentif au déroulement de la situation puis il l'entendit se débattre à nouveau avec ses couvertures.

- John.. S'il te plaît... - Attendre le bon moment -

- John.. - intéressant, toujours à intervalles réguliers -

- John, j'ai besoin de toi.. - non pas encore -

…...

- John ! John ! - intervalle plus longs et difficulté à s'exprimer, on y arrive -

- JOHN SUIS EN TRAIN DE CREVER !

Maintenant.

OooOooOooOooO

A Mardi prochain!