Hello tout le monde!

Bon je n'ai aucune excuse mais "oups j'ai loupé le mardi" .. Donc voila la suite ..

Ps merci à mes reviewveuses et à tout ceux qui me lisent.

Bonne lecture

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Précédemment...

- JOHN SUIS EN TRAIN DE CREVER !

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Le médecin entra tranquillement dans la chambre et déposa l'eau et le linge sur la table de chevet. Il tenta de rester le plus impassible possible.

Sherlock était livide, tremblant, des gouttes de sueur collaient ses boucles sur son front et il dévisagea John avec un air de terreur mélangé à de l'incompréhension.

- Mais.. qu'est-ce.. que.. tu fais ?

Sa respiration était tellement saccadée qu'il soufflait chaque mot plutôt qu'il les prononçait.

- Pourquoi ?

Les yeux froncés, incrédule, il l'observa passer silencieusement le tensiomètre à son bras. Une crise de panique n'avait jamais tué personne mais il valait mieux être prudent. Le brassard se dégonfla et John murmura pour lui-même « 19/6 ». C'était certes haut mais totalement normal dans son état.

- Calme-toi, ça va passer. - le ton était sec -

- Me calmer ?... Je vais... crever...tu comprends ? J'ai trop.. mal... Pas.. normal..

Il avait une main crispée sur sa poitrine désignant bien que ses côtes semblaient lui transpercer le cœur. C'était la première fois qu'il ne pouvait pas passer à coté des effets de la descente, se réinjectant d'habitude une faible dose de drogues diverses ou avalant un savant cocktail détonnant d'analgésiques, décontractants et autres anxiolytiques en tout genre qui le faisait planer encore un peu le temps que ça passe.

Cette fois John veillerait bien qu'il n'ait rien.

Il approcha la chaise du lit sachant qu'il allait y passer un certain temps, trempa le tissus dans l'eau et lui essuya le front calmement, repoussant ses cheveux en arrière. Il passa ensuite le linge frais sur chaque parcelle de peau recouverte de sueur. Rien de plus que tenter de faire disparaître le stress. Le froid et le contact doux et régulier se voulant uniquement apaisant.

La douleur forçait Sherlock à garder les yeux fermés. Il accepta le traitement mais sa tête bascula sur le coté de sorte que John ne puisse plus voir son visage. Il était hors de question de se montrer aussi faible devant lui. Il se concentrait plutôt sur cette sensation qui lui semblait glacée et s'obligeait à penser à autre chose que ce mal qui le terrassait.

Sa respiration mit presque une trentaine de minutes à ralentir mais paraissait toujours saccadée.

Si John n'était pas resté à coté de lui tout ce temps, il jurerait l'entendre se remettre d'un gros chagrin. Mais il n'était pas là pour s'apitoyer, oh non. Il reposa enfin le tissus pour ne pas s'éterniser pensant que le plus gros de la crise était passé et se leva pour s'éclipser.

- Tu es.. un monstre.. John Watson.

- Quoi ?

- Tu .. as … très bien... entendu.

Oui il avait bien entendu. L'indignation et la colère le submergea et il bondit sur Sherlock, les deux mains ancrées dans son t-shirt et l'enfonçant un peu plus dans son matelas devant des yeux écarquillés.

- C'est moi le monstre ? Regarde-toi !

Il avait hurlé tellement fort que sa voix se brisa dans sa gorge.

Il leva le poing au dessus de sa tête, prêt à le frapper en plein visage quand il croisa son regard. Le génie avait l'air de n'attendre que ça.

Il se recula doucement de lui et comprit.

Sherlock préférait être détesté qu'ignoré ou abandonné. Ses yeux criaient au désespoir d'autant plus quand il comprit qu'il était démasqué.

John baissa la tête.

- Tu n'est qu'un imbécile..

Puis il sorti prenant bien soin de claquer volontairement la porte derrière lui. Plus il le provoquerait, plus il se devait d'être dur avec lui.

Il resta un instant derrière la porte à espionner chaque bruit. Il l'entendit d'abord gesticuler pensant qu'il tentait inutilement de se sauver, puis quelques sons étouffés qui semblaient être des coups portés sur le matelas, puis le calme. Il profita alors de se poser devant une tasse de thé avant de penser à en proposer une à Sherlock, un peu plus tard, quand il aurait – il l'espérait - un peu réfléchi.

Voilà une bonne heure dans le calme et John se décida à refaire chauffer de l'eau pour son malade assagit. Il posa la théière, une tasse et du lait sur un plateau et entra dans la chambre. Il sourit d'abord en le voyant de dos, blottit en boule dans les draps, pensant qu'il s'était endormit puis une fois plus prêt il se hâta de poser le plateau. Le corps était secoué de spasmes.

- Sherlock ?!

Un main sur la taille, il tenta doucement de le pivoter vers lui mais n'eut en réponse qu'un faible gémissement de souffrance. Il priait le ciel mentalement de ne pas avoir merdé. Il avait bien fait ses recherches pendant des mois pour monter son plan et savoir comment traiter au mieux ces états post-drogue mais avec avec le génie, il n'était jamais sûr de rien. Et si sur le papier il n'avait pas tout noté? Et si il était en danger?

- Sherlock, parle-moi. Je suis là.

- John...

- Oui? – il posa la main sur son épaule pour le rassurer -

- Ca recommence... Je vais mourir...

- Ecoute-moi attentivement et soit honnête. Est-ce que tu as pris autre chose de plus que ce que tu as noté ?

- Non.

John soupira et espéra que ce soit la vérité. Et si il disait vrai il était seulement confronté à nouveau aux symptômes de la descente, et cela pour la première fois de sa vie sans filet de secours.

Le médecin savait que cela prendrait des heures, surement des jours, pour que cela passe et qu'il devrait faire face à de nombreuses vagues comme celle-ci. La seule chose à faire : attendre.

Il resta dans son dos et posa instinctivement le revers de sa main sur la tempe de Sherlock pour contrôler sa température. Il fut surprit de le trouver gelé malgré qu'il était à nouveau trempé de sueur. Quand il voulu chercher une couverture supplémentaire, le génie eut un geste désespéré pour le retenir. Sa main glissa faiblement sur le poignet de John qui préféra ne pas s'attarder.

Il le vit frissonner quand il se retira.

- John ?

Sherlock n'eut en réponse que le retrait de sa perfusion et le poids d'un lourd duvet qui le fit souffler de douleur. Chacune de ses terminaisons nerveuses étaient à vif, ses muscles le tiraillaient, les sensations décuplées. Mais au moins il savait qu'il n'était pas seul.

- Reste avec moi.

John soupira

- Je ne pense pas que... - que je peux supporter de te voir comme ça ? que c'est une bonne idée?- Il fut coupé avant de terminer sa phrase.

- Que je le mérite ? Tu as sûrement raison.

John se senti faible devant sa détresses. Il avait tout prévu sauf ça. Il ne l'avait jamais vu ainsi, anéanti, fragile et confus. Il s'attendait plutôt au conflit, sa dureté et son grand cinéma. Il envisagea alors de reconsidérer son plan d'une autre approche pour le moment. Il aurait tout son temps, plus tard, quand il ira un peu mieux.

Il remonta la couette sur le bras découvert mais cette fois il fut agrippé un peu plus fermement par la manche.

- Est-ce que tu es en colère contre moi ?

- Oh bon Dieu que oui !

- Ne jure pas John.

John sourit amèrement. Comment pouvait-il être égal à lui-même dans un moment comme celui-la ?

- Est-ce que tu vas partir ?

- Je ne vais pas te laisser ici tout seul. - silence de réflexion -

- Je voulais dire... après... de BakerStreet.

John ne préféra pas répondre. Mentir maintenant n'aurait servi à rien. Ce n'était pas son genre et le détective, même de dos l'aurais démasqué dans sa voix. Et il n'était sûrement pas là pour lui donner de faux espoirs mais il était certain qu'il ne serait plus jamais le spectateur de sa destruction lente.

Il se dégagea de son emprise et vit le corps de Sherlock se crisper puis trembler en réponse.

- Allez, pousse toi un peu. Je reviens.

John alla chercher son ordinateur portable comprenant qu'il allait devoir passer un certain temps à ses cotés si il voulait le voir se reposer convenablement et quand il revint il vit Sherlock, toujours prostré dans le lit mais complètement décalé, presque prêt à tomber tellement il était au bord.

- Je ne suis pas aussi large ! - pas de réaction -

Il installa un oreiller supplémentairement et s'assit le dos contre la tête de lit, une jambe pendant dans le vide de façon à ne pas prendre trop de place. Il restait bien une vingtaine de centimètres entres eux.

Il posa l'ordinateur fermé sur ses cuisses et passa son bras au dessus de la taille de Sherlock. Sa main sur son ventre, il exerça une pression lui indiquant de se reculer vers lui mais se heurta à un mur.

Il soupira de mécontentement face à ce qu'il qualifiait de caprice.

- Rapproche-toi maintenant.

Le ton qui sonna comme un ordre fit son effet et au bout de quelques seconde il le vit gesticuler difficilement à cause des courbatures mais se reculer jusqu'à ce que son dos se colle complètement contre son flan. - sourire de victoire -

Il commença à surfer sur internet sachant que le contact finirait par l'apaiser mais la respiration saccadée qu'il senti contre lui l'empêchait de penser à autre chose. Il fit une pause.

- Est-ce que tu regrette ? - silence pendant de longues secondes de réflexion-

- J'ai mes raisons.

Mauvaise réponse.

John resta muet, referma l'ordinateur avec fracas et se passa les mains sur le visage pour éviter de l'étrangler là, maintenant.

Il jeta un regard noir au dos de Sherlock et perdit toute la compassion qui l'avait éloigne de son but premier.

- Et on peut savoir lesquels ? Je t'en prie ?

Il butta contre un lourd silence.

- Très bien.

Il se leva et s'apprêta à partir. Le vide laissé fit se retourner vivement Sherlock qui eut un regard l'implorant de rester mêlé à de la contrariété. Sa peau encore plus pale que d'habitude contrastait avec ses yeux rouges soulignés de cernes bleues.

- Tu t'en vas ?

John prit un ton amusé.

- J'ai mes raisons... Et soit plus coopératif je t'ai déjà demandé et ça se passera bien pour toi.

Il passa la porte.

- Je vais préparer quelque chose à manger, viens quand tu seras prêt. J'ai des choses à te dire.

Sherlock bouillonnait intérieurement. Il était furieux du comportement autoritaire du blond mais le voulais également près de lui. Et depuis quand John avait décidé de ne plus être là pour lui à n'importe quelle condition ? Trop de choses nouvelles d'un coup qu'il n'avait pas anticipées. La rébellion de son ami, les effets d'une descente bien trop violente et ce lieu dont il ne savait quasiment rien. Elle était bien loin sa zone de confort.
Il tourna et se retourna dans le lit pendant un long moment tentant de trouver une position confortable et qui ne le ferait pas souffrir. Il devait le reconnaître, seule la présence de John l'apaisait un peu et il s'en était privé lui-même.
Il considéra un instant la tasse de thé apportée plus tôt et y bu une gorgée. Sa bouche était sèche. Il ne savait même pas depuis combien de temps il se trouvait là.
Le liquide froid lui sembla infecte et lui retourna l'estomac. D'un bond il quitta la chambre et se retrouva, paniqué, dans le salon, ses yeux scrutant le moindre indice lui indiquant où il devait se rendre.

- Première porte à gauche.

John avait commencé à dîner et n'avait pas eu besoin de le regarder pour savoir. C'était le passage obligatoire par les nausées.
Il l'entendit entre râles et vomissements et repoussa son assiette. Il avait définitivement fini de manger. L'eau coula à plusieurs reprises pendant qu'il s'affairait au coin cuisine.

Sherlock sorti lentement de la salle de bain traînant les pieds, le dos plié par les muscles douloureux, se passant les mains des cheveux au visage en signe de nervosité.

John se décala du plan de travail pour le voir arriver et sourit intérieurement. A sa vue, le génie s'était redressé aussitôt, la mâchoire serrée pour contrôler sa souffrance et tenta son habituel air hautain qui sonnait pour le coup plus que faux.

- Est-ce que tu viens t'asseoir avec moi ou tu retourne te coucher ?

- Je m'ennuie à mourir dans cette chambre.

- Bien. Assied-toi. J'arrive.

John lui désigna la chaise face à celle ou il avait dîné juste avant et le regarda se mouvoir tel une personne âgée pour arriver à se poser correctement sur cette chaise. Il s'éclipsa pour revenir avec une assiette garnie d'un sandwich appétissant et un verre d'eau qu'il posa devant lui sans aucune douceur puis s'installa en face de lui.

Leur première partie d'échec allait commencer.