Bonjour tout le monde

Encore merci pour les reviews, ça fait toujours autant plaisir..

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Précédemment : Les deux se sont enfin endormis dans le salon, Sherlock ayant insisté pour ne pas aller dans sa chambre et John croyant qu'il avait besoin de sa présence en avait fait de même.

Bonne lecture...

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Les premières lueurs du jour n'avaient pas encore traversé les carreaux et John fut dérangé dans son sommeil. Il grogna en se tortillant pour faire disparaître cette gène qui s'intensifia et lui fit ouvrir les yeux puis sursauter. Il hurla de surprise et mécontentement.

- Mais qu'est-ce que tu fais ?!

- J'ai cherché partout.. Ca peut être que dans tes poches.

John se débattit pour se débarrasser des mains un peu trop intrusives à son goût.

- Mais tu cherches quoi ?

- Les médocs John, j'en ai besoin. Donne-moi ça!

Le cerveau du médecin refusait de croire à cette situation.

- Et ça te donne le droit de me fouiller quand je dors ? Tu ne pouvais pas simplement me réveiller ?

- Tu me les aurais donnés ? Je ne pense pas.

John fronça les sourcils. Il venait de comprendre. Ses poings tremblaient et ses dents se séparaient à peine pour laisser sortir les mots.

- C'est pour ça que tu as voulu dormir ici.. C'était de la comédie. C'est fini Sherlock, je peux définitivement pas te faire confiance. Tu ferais bien d'aller dans ta chambre.

Le détective ne bougea pas, debout au milieu de la pièce.

- Bien ! Reste là, moi je m'en vais.

- John tu peux pas me laisser comme ça ! C'est pour toi que je suis là !

John se retourna.

- Quoi ?

- C'est à cause de toi que je suis là.

Il revint a grands pas vers Sherlock et enfonca son index dans sa poitrine pour appuyer ses dires.

- Tu n'es ni là pour moi ni à cause de moi. Tout est ta faute. J'ai pas demandé à te voir te détruire, tu comprends ? Et JE suis là pour toi, d'accord ? N'inverse pas les rôles - il alla vers sa chambre -

- Alors donne-moi ces fichus médocs!

- Cause toujours...

John disparu laissant l'autre planté au milieu du salon. Il sauta dans son lit et rumina encore un peu. Il ne su pas dire combien de fois il s'est tourné et retourné en essayant de retrouver le sommeil. Est-ce que Sherlock était une cause perdue ? Pourquoi quand il s'agissait de lui il ne comprenait rien ? Il ne le laisserait pas tomber tant qu'il le pourrait si seulement il pouvait un peu dormir et être plus apte à réagir sans excès. Il pensait pouvoir gérer le cas du détective en bon médecin qu'il était, tout était quasiment planifié. Un seul détail contre lequel Mycroft l'avait mis en garde mais qu'il avait prétendu pouvoir faire abstraction, le recul face à la situation. Sherlock n'était pas un patient comme les autres, il était d'abord son meilleur ami et cela chamboulait beaucoup de paramètres.

Une fois la colère atténuée il somnola un peu avant que son réveil ne sonne.- Maudit réveil- Il traîna un peu au chaud dans la couette puis se leva avant de risquer de se rendormir. Il ne pouvait décemment pas laisser Sherlock seul sans surveillance, en plein ennui total, dans cet état là.

Il profita que chaque chambre bénéficie de sa propre salle d'eau pour prendre une douche au calme. Il était encore fâché contre le comportement abusif de son ami et devait prendre encore un peu de temps seul pour l'affronter serin de bon matin.

Il s'habilla sommairement d'une de ses chemises à carreaux et d'un jean et se sentait déjà de meilleure humeur.

Nouvelle journée. On respire un grand coup et on efface tout. Pour son bien.

Hop petit-déjeuner.

Il chercha d'abord à prendre des nouvelles de Sherlock et voir comment sa nuit s'était déroulée. N'ayant accès à rien, il savait qu'il ne risquait pas grand chose, ni de s'évader mais avec lui, il fallait s'attendre à tout.

Et évidemment il ne fut pas surpris de le trouver prostré sur son fauteuil. Il eut un sourire en remarquant qu'instinctivement il avait choisi depuis le début celui à gauche de la cheminée, comme chez eux.

Ce qui le fit moins rire et le ramena à la réalité, ce fut les tremblements qui le secouaient et son regard dans le vide. Il tenta.

- Palais mental ?

Sans réponse il l'aurait laissé dans son monde sachant que cela lui faisait du bien mais l'autre répondit, terrorisé comme si il avait vu un fantôme, un léger balancement d'avant en arrière.

- Je ne sais pas comment tu as fait... J'y ai réfléchi toute la nuit...

- Pour ? Te ramener ici ? Je t'ai dit hier, tu ne m'a pas écou-

Il fut coupé.

- Ne soit pas stupide John. J'étais défoncé, pas décérébré. Les médicaments, les cigarettes.. Et je suis sûr qu'il y a un tas de choses ici.. Mais où ? Ca me rend fou de ne pas savoir.

- Et à part ça, comment tu te sens ?

- Je vais à meeeerveille !-Enooorme sourire hypocrite-

John haussa les épaules.

- Très bien.. Je vais préparer le p'tit déj.

- Pas faim.

- Mais si... Je reviens..

Le médecin sorti du chalet, alla dans le coffre du 4x4 mis à sa disposition pour l'occasion et revint les mains chargées. Il posa un sac de courses à la cuisine et se mit face à Sherlock qui cachait son visage entre ses genoux recroquevillés contre lui.

- Tiens - grand sourire fier-

Le détective releva la tête et se senti un peu bête. Son irritabilité se calma aussitôt.

- T'y as pensé ?

John souriait toujours.

- Tu sais que tu risques de regretter quand je te réveillerais en pleine nuit ?

- C'est pas très grave.

Puis il récupéra son sac de produit frais pour le petit déjeuner et se mit à cuisiner alors qu'il entendait, ravi, Sherlock accorder son violon.

Pas plus que quelques fausses notes mais aucune remarque cinglante de la part du musicien. John priait le ciel de ne pas avoir abîmé l'instrument de grande valeur dans la précipitation.

Il revint au salon avec des fruits coupés et du pain perdu bien chaud. Sherlock regardait dehors en se frottant vigoureusement les mains. Le violon posé sur le fauteuil.

- Il y a un problème ?

Sherlock regarda ses mains

- Je tremble John.- pour la première fois sa voix paraissait sincèrement triste- mais c'est gentil d'y avoir pensé.

- Viens t'asseoir.

- J'ai pas vraiment envie de manger.

John nota que la phrase n'était pas la même. Il faisait très attention aux mots employés par le détective sachant l'importance qu'ils avaient pour lui. Possible qu'il ait quand même faim, qu'il ait fait précédemment sa tête de cochon comme d'habitude mais que là, se voir incapable de jouer de la musique l'ai fait réfléchir et coupé l'appétit. Il allait y remédier, et au reste aussi.

- Viens quand même t'asseoir avec moi.. Sherlock... S'il te plaît...

Il servit une assiette, du thé et poussa le tout devant le détective. Il se servit ensuite puis sortit et mis en évidence la petite boîte que Sherlock reconnue de suite. Le génie plissa les yeux mais ne demanda rien, la cachette ne devait pas se trouver loin et il ne voulait pas éveiller plus les soupçons sur ses recherches.

- Bon appétit.

- Il manque quelque chose, non ?

- Si on essaie de t'enlever une addiction ce n'est pas pour en encourager une autre.

-...

- Arrête.

- Quoi ?

- Ce regard.

- Quel regard ?

- Ton regard, Sherlock. Tu me fais ton putain de regard.

John fouilla dans sa poche et posa une cigarette sur la table.

- Tu vois tu le savais.

- Quoi ?

- Tu as été chercher le médicament dans ta cachette bien gardée. Tu avais l'intention de me le donner car tu as déterminé mon traitement. Tu n'étais pas obligé de prendre le paquet de cigarettes que tu gardes maintenant dans ta poche mais tu l'as fait quand même. Tu avais déjà décidé que tu m'en donnerais au moins une.

- Pas " au moins une", c'est une seule. Et mange.

Sherlock s'exécuta lentement mais au bout de quelques bouchées il s'arrêta.

- Pourquoi "on" ?

- Pardon ?

- Tu as dit " on essaie de t'enlever ect..", pourquoi " on" ?

- Ben "on" C'est...

- Personne. Il y a que toi. Tu es tout seul. Et peut-être même qu'un jour tu ne seras plus là.

Il avait prononcé ces mots avec tant de désinvolture comme si il s'agissait d'une évidence que John ne su quoi répondre et les deux finirent silencieusement leur plat.

John débarrassa alors que Sherlock prit son médicament et qu'il s'installa près de la cheminée pour savourer sa précieuse cigarette. Les bruits de vaisselle furent interrompu par une voix grave et insolente.

- Et on va faire quoi de tout ce temps ?

Il pu presque entendre John sourire et l'interrogea du regard quand il revenait vers lui la serviette entre les mains.

- Moi je sais pas encore mais je prédis du repos pour toi.

- Ne dis pas de bêtises, on vient juste de se lever. Il va falloir que tu trouves à m'occuper ou je risque de devenir légèrement agaçant.

- Je pense que je vais pouvoir gérer ça alors si ce n'est que "légèrement".

Sherlock aurait voulu terminer par une réponse cinglante mais fut trahit par un bâillement à s'en décrocher la mâchoire. Les effets du traitement se ressentaient et ses muscles se détendaient doucement.

- Si tu ne veux pas aller dans ta chambre, installe toi au moins sur le canapé.

Sherlock ne rechigna pas car apparemment John savait définitivement ce qu'il faisait.

Puis il nota un autre impact intéressant qu'avait le médicament sur lui : il devenait bizarrement docile. Un peu trop à son goût mais à cet instant il trouvait même que ce n'était pas si grave.

Sur le chemin qui l'amenait au sofa d'un pas traînant il fit une pause. Un éclair lui traversa l'esprit. Il regarda avec intérêt ses mains qu'il porta face à son visage et fonça - du moins il se déplaça à la vitesse qu'il pu - vers son violon.

Juste profiter de ce cours instant où le traitement lui permettait d'être enfin à nouveau maître de ses gestes. La mélodie fut jolie et courte car elle l'épuisa rapidement mais d'après John il ne l'avait que trop rarement entendu jouer avec autant d'intensité. Ce n'était ni passion ni colère, juste un trop plein à extérioriser.

Quand il se senti chanceler, il posa l'instrument et se laissa tomber dans le canapé.

John approcha pour une dernière vérification. Tout allait bien, surtout ce petit sourire de satisfaction, les yeux presque clos.

- Merci John.

Il posa la main sur son épaule en réponse tentant de cacher son air triste. Quelle était cette fougue que Sherlock gardait si jalousement enfouie et qui le poussait à être devenu celui qu'il avait en face de lui ? Si pour une fois dans sa vie il pouvait parler de ces choses qu'il trouve si stupides et inutiles.

John passa la matinée entre divers coups de fil, son blog et de réguliers coups d'œil vers Sherlock. Qu'il était calme quand il dormait. Qu'il était calme sous traitement. Il savait que l'orage ne faisait que d'être reporté. Pour l'instant il le ménageait le temps qu'il se remette physiquement, qu'il prenne des forces mais le moment du vrai sevrage devait arriver au plus tôt. Avant de ne plus être capable de le lui infliger.

Il mangea seul à midi mais prépara tout de même un plateau repas pour le réveil de Sherlock qui ouvrit les yeux seulement en début d'après-midi.

- Quelle perte de temps.

La voix était vaseuse mais le ton était donné. La mauvaise humeur avait refait surface.

Il se leva et se mit pourtant sans rechigner à table. Il mangea rien qu'un peu et se dirigea aussitôt vers John en tendant la main, attendant quelque chose.

- Tu me l'as promis.

John le toisa.

- Allez, ma cigarette.

- Je ne pense pas que tu sois en mesure d'exiger quoi que ce soit. Et je ne t'ai rien promis.

- En échange de ma coopération.

- C'est pas coopérer ça, c'est manger.

Bien évidemment la réponse ne plu pas et le contenu du plateau repas traversa la pièce. La haine avait envahi son corps qui tremblait de partout. Il se mit à hurler

- Je me plis à tout ce que tu me demande même si je trouve ça complètement ridicule. Je sais même pas ce que je fais ici !

John tentait de garder son calme et serrait les dents.

- Tu sais très bien pourquoi tu es là et ce qui va arriver. Et je comprends que ça te fasse peur.

- Moi peur ?!- il levait les bras dans de grands gestes- mon pauvre John.. Peur de quoi donc ?

John ne supporta plus son attitude supérieure et voulu le faire taire.

- De moi ! Et de ce que tu me sais capable !

Mais les mots sortirent un peu vite et Sherlock se laissa tomber assis sur son fauteuil, un peu abasourdi de cette réponse inattendue. John faisait les cents pas pour se calmer et fini par se poster à côté de lui. Il le vit pâle- plus que d'habitude-, un vide dans les yeux mais son corps qui s'agitait sous l'effet du manque.

- Merde Sherlock, est-ce que tu vas finir par me dire ?

- J'ai mes raisons. Je ne peux pas te dire que je regrette même si je dois avoir peur de toi.- il leva les yeux vers John- et je ne veux pas avoir peur de toi.

John s'accroupit devant lui, une main sur chaque accoudoir près des mains de Sherlock.

- C'est pas ce que je voulais dire.. Tu sais très bien que ton sevrage ne servira à rien si on ne règle pas la cause qui t'as amené à faire ça. Et ce que je voulais dire c'est que je suis prêt à tout, même au pire, pour te sortir de là. Même si tu finis par me détester.

- Sauf que je n'ai rien à te dire. Ni maintenant, ni sous la torture.

John sourit en se relevant, lui tapota l'épaule avant de s'éloigner pour ramasser la nourriture au sol en marmonnant pour lui même mais assez fort pour arriver à ses oreilles.

- Oh que si tu finiras par parler, je te le garantis. Ne serait-ce au moins pour finir par me dire que tu regrette enfin.

Sherlock n'assimilait pas cette obsession pour le repenti qu'avait John mais il commençait à comprendre qu'il serait capable de tout pour l'obtenir. Il devrait redoubler de tactique pour ne pas flancher. Il utilisa son ton le plus neutre pour reprendre la parole.

- Et donc tu vas me laisser souffrir ?

- Le moins possible je l'espère, mais il va falloir passer par des moments difficiles.

- Je te parles de maintenant John, j'en peux plus..

John rapporta ce qu'il avait ramassé à la cuisine, attrapa son sac et se positionna à coté de Sherlock. Il lui prit pouls et tension en ignorant l'agacement qu'il provoquait.

- Tu vas très bien ! Ne t'inquiète pas. Je vérifierais l'évolution dans une paire d'heures. D'ailleurs on vas avoir de la visite, je ne voudrait pas qu'on te vois comme..

- Comme quoi ? - Pas de réponse – Allez dis-le ! Et c'est qui ?

- Je vais faire chauffer du thé.

- Mycroft bien-sur...