Hello tout le monde..

Toujours merci pour les reviews et bonne lecture.

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Précédemment: Apres une nouvelle querelle puérile entre John et Sherlock, ce dernier apprend qu'il vont avoir de la visite et en déduit aussitôt qu'il s'agit de Mycroft.

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Il ne fallu pas plus que quelques minutes pour que le bip du téléphone de John se fasse entendre pour annoncer l'arrivée de la berline noire.

Sherlock écouta avec attention les notes du digicode de la porte d'entrée, jubila un instant en prévision de sa future évasion puis souffla en voyant John utiliser également une carte magnétique attachée autour de son cou et qu'il ne laisserait sûrement pas à sa portée.

Le médecin invita l'aîné des Holmes à prendre place au salon. Ce dernier passa devant son frère en détaillant son allure de bas en haut d'un air faussement dégoutté et prit place dans un des fauteuils.

Sherlock se tortilla, caricaturant une démarche féminine pour venir à lui et s'amusa d'une voix aiguë. Il voulait bien lui signifier qu'il était parfaitement au courant du plan entre John et lui et qu'il s'en moquait.

- Alors... Myranda.. Que nous vaux le plaisir de votre visite ? On s'inquiète ?

Le plus vieux bu dans sa tasse sans lui adresser un seul regard. John attendait le déclenchement de la troisième guerre mondiale.

- Je ne suis pas venu pour toi mais pour voir si John avait tout ce dont il avait besoin. Mais si tu veux vraiment que je m'inquiète... Alors... - John changea de couleur – comment te sens-tu dans ta belle prison dorée ? Pas trop à l'étroit ? Rien ne te... « manque » ?

Ce dernier mot l'ébranla. Sherlock su qu'il ne serait pas en état de tenir tête à son frère si celui-ci utilisait ses faiblesses contre lui. Plus les regards s'affrontaient, plus le sourire de Mycroft grandissait. Le détective serra les dents sentant l'envie d'un geste déplacé puis tourna les talons pour finir par s'enfermer dans sa chambre sous un dernier affront.

- Et prend une douche ! Tu fais honte à voir.

Il se laissa glisser le long de la porte, tremblant cette fois non pas de manque mais de colère. Il tendit l'oreille mais dans l'incapacité de se concentrer correctement, n'eut que des fragments de conversation.

De la voix de John « difficile », « rendre la vie aussi compliquée », « n'y arrive pas », « je ne pourrait pas » et de celle de son frère « vous avais prévenu », « ingérable », « l'abandonner », « si il faut ».

Comment avait-il pu être aussi stupide pour penser que John le supporte autant ? N'importe qui l'aurait laissé tomber bien avant ça, même son propre frère l'avait fait. Et apparemment John était également sur le point d'abdiquer.

C'est vrai qu'il était odieux avec lui mais il lui était tellement difficile de gérer son stress, son corps qui ne lui obéissait plus et tout ce qui empiétait sur son amitié. Est-ce qu'il devait faire des efforts ? Sûrement. Est-ce qu'il y arriverait ? Il ferait du mieux qu'un sociopathe en état de manque en serait capable.

Si il avait su que la conversation qu'il avait cru entendre avait été totalement autre.

- Alors, comment il s'en sort ?

- C'est difficile à dire. Je sais qu'il me cache quelque chose, mais c'est Sherlock.. Pourquoi il s'obstine à se rendre la vie aussi compliquée ?

- Et vous ?

- Je pensais faire abstraction que c'est de lui qu'il s'agit mais je n'y arrive pas.

- Je vous avait prévenu, Le lien qui vous uni peut se révéler ingérable, autant pour un que pour l'autre. Mais le point positif est que jamais vous ne pourrez l'abandonner.

- C'est vrai, je ne pourrais pas.

- En tout cas je vous remercie pour ce que vous faites pour lui. N'hésitez pas à me contacter si il le faut.

La rage de les entendre comploter l'empêchait de se concentrer pour mieux discerner les phrases et quelque part il avait entendu ce qu'il avait eu envie d'entendre. Mycroft, sale traître qui voulait détourner John de lui.

Le médecin frappa à sa porte mais n'eut pas de réponse.

- Sherlock ? Il est parti.

Toujours rien

- Sherlock est-ce que tout va bien ?

Silence. Les deux savaient très bien qu'il suffisait de tourner la poignet, le verrou ayant été volontairement confisqué. Mais John savait mieux que quiconque installer un climat de confiance.

- Je veux juste savoir que tu vas bien, après je ne t'embête plus.

Il entendit frapper en bas de la porte trois coups lents, un silence, un lent, un bref puis un lent et sourit à l'astuce. Bien sur qu'il se souvenait de son alphabet morse par cœur et comprit le message. « OK ».

- D'accord.

Il fit demi tour et tristement, visualisa mentalement la position dans laquelle devait se trouver Sherlock, assis par terre, probablement trop affecté pour ne pas vouloir se faire trahir par un changement dans sa voix.

Qu'il se calme seul. De toute façon il ne pourrait pas y faire grand chose dans l'immédiat, au mieux provoquer un énième conflit si il le forçait à quoi que ce soit.

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Il fallut deux bonnes heures qu'il passa à lire pour voir enfin la porte de la chambre s'ouvrir timidement.

Il bloqua sur le détective qui resta un instant sans bouger, prêt à faire son show, bien plus présentable.

Les pieds nus, un pantalon noir avait remplacé son vieux jogging, une chemise blanche à la place de son t-shirt informe collait encore un peu aux endroits où la peau n'était pas totalement sèche et ses boucles légèrement tirées en arrière comme à chaque fois qu'il avait les cheveux mouillés, avant qu'elles ne reprennent leur place habituelle. Juste sa barbe de trois jours et ses traits tirés le faisait paraître bien plus vieux et fatigué.

Il prit enfin place en face de John qui ne l'avait pas quitté du regard durant tout son trajet, un grand sourire sur les lèvres.

- Depuis quand tu tiens comptes des âneries que te balance Mycroft ?

- Il n'avait pas vraiment tord.. – il se gratta le menton – Juste pour ça, je n'ai pu rien faire, je tremble encore trop.

John se leva pour préparer un thé et continua de lui parler en lui tournant le dos.

- Même si je pense que tu ne devrais pas te soucier de ce que dit ton frère, je suis content de te voir comme ça.

- Ne sois pas stupide. Je ne fais pas ça pour lui.

John sursauta et se retourna vivement car la voix venait de trop près, comme d'habitude. Tellement près qu'il dû comme à chaque fois lever la tête pour s'adresser à lui. Sherlock l'avait encore suivit sans un bruit ignorant le concept d'espace personnel.

- Arrête de faire ça ! Combien de fois je devrais te le répéter ?

Et comme à chaque fois Sherlock lui avait sourit fièrement le laissant se reculer d'un pas, se moquant des remontrances.

John passa outre et analysa rapidement. Il n'avait aucune idée de cette soudaine transformation mais il devait en profiter. Tout en douceur.

- Est-ce que je me donne la peine de préparer un bon repas ?

Sherlock grimaça d'abords puis repensa aux bribes de conversations de l'après midi. Se montrer agréable avec John.

- Si tu veux.

- Tu as une envie particulière ?

Le détective grimpa presque au dessus de lui pour accéder à la cuisine et examiner chaque placard et le frigo. Il grogna sachant très bien qu'un simple paquet de chips ne constituerait pas un repas valable pour John puis se ravisa et déposa sur le plan de travail deux filets de poulet et un sachet de purée. Simple, efficace.

John valida le choix avec enthousiasme, peut-être un peu trop.

- Tu me donnes un coups de main ?

- Ne pousse pas trop, John..

Le médecin décida d'abord de lui trouver une occupation avant que l'ennui ne fasse fuir sa bonne volonté et ouvrit les volets d'un vieux meuble, découvrant un écran plat dernier cri.

- Ce sera toujours mieux que rien, non? Je crois même que … voilà ! Trouve le coupable avant la fin.

Il avait zappé quelques chaînes pour tomber sur un canal ne diffusant que des émissions d'enquêtes.

Sherlock se laissa tomber dans le canapé exprimant tout ce qu'il pensait de ce genre de programme.

- Sérieusement.. J'aurais trouvé le coupable avant que le générique de début ne soit terminé.

John pouffa.

-Tu n'as qu'à te rajouter de la difficulté, je sais pas, coupe le son.

Il se sauva préparer le dîner souriant régulièrement en entendant le détective se fâcher contre l'écran silencieux. Il pouvait presque oublier où il était et pourquoi tant la scène lui faisait penser à leurs soirées à BakerStreet. Il décida de ne pas briser l'ambiance et de rendre leur repas moins austère. Au lieu de dîner face à face à table, ils dîneront devant la télé. Il déposa le plateau devant Sherlock qui le remercia machinalement puis bloqua devant le contenu.

- Quoi ? Tu vas pas me dire que tout à coup tu n'as plus faim ? C'est la sauce aux champignons ?

- Non Non... C'est parfait..

C'est juste qu'il n'en revenait pas que John lui refasse déjà confiance. Le médicament et la cigarette étaient déjà sur son plateau et si l'envie lui prenait, il pouvait esquiver le repas n'étant pas, cette fois, contraint à ce chantage.

Il scruta John qui l'ignora volontairement et fit semblant de intéresser au programme.

- Moi il me faut le son si tu veux bien.. Je n'ai pas tes capacités.

Sherlock sourit en coin et attrapa sa fourchette.

- Bon appétit.

Les deux mangèrent épaule contre épaule en se moquant ouvertement des enquêteurs de l'émission qu'ils regardaient puis Sherlock repoussa son assiette à moitié terminée. John n'osa rien dire à ce sujet car il trouvait qu'il avait fait beaucoup d'efforts pour la fin de journée et qu'il le trouvait un peu plus pâle que d'habitude. Il devait sûrement souffrir comme cela faisait un moment que le traitement ne devait plus faire effet mais ne s'était pas plaint une seule fois. Il ne lui tiendrait pas rigueur si il voulait prendre rapidement son remède. Ce qu'il fit.

Par contre Sherlock laissa la cigarette. Lui non plus ne voulait pas briser ce moment en se déplaçant pour aller fumer sachant très bien que John n'aurait pas supporté l'odeur en étant si prés. Décidément, ce soir, il méritait tous les honneurs.

Ou peut-être que c'était juste qu'il n'aurait jamais échange ce moment de complicité qu'il n'avait plus eu avec son ami depuis trop longtemps pour une vulgaire cigarette.

Puis peu à peu le détective se fit plus calme, plus silencieux. John réalisa que le sédatif faisait, peut-être un peu trop rapidement d'après son expérience, son effet. Il testa sa réactivité afin de déterminer si il était temps de se coucher.

- Sherlock, tu vas pas me dire qu'ils n'avaient pas vu que la pelouse n'était pas couchée dans le bon sens ? Même moi je l'ai vu.. Quels imbéciles hein ?

Pas de réponse, juste un léger grognement. John sourit sans même le regarder.

- Allez la marmotte, il est l'heure d'aller dormir.

Aucune réaction. Pas même une protestation. Pas même un geste. John tourna la tête vers lui et l'inquiétude le gagna aussitôt.

Sherlock était livide. Son regard, bien que dirigé vers l'écran, était vide. Et ce n'était sûrement pas un effet du médicament car ses yeux, plutôt grands ouverts, ne montraient aucun signe de fatigue.

- Sherlock ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

- J'ai – déglutition difficile – mal à la tête.

John réfléchi car il connaissait très bien ce qu'il lui avait donné. D'une part c'était une dose raisonnable et les symptômes n'étaient absolument pas dans les effets secondaires.

Il se leva pour lui laisser la place, s'affaira à arranger les coussins.

- Tu devrais t'allonger.

- John ?

Le médecin se tourna vers lui et son cœur se mit à tambouriner à tout va.

- Merde, c'est quoi ça maintenant ?

Sherlock le regardait, l'air inquiet, une main déjà recouverte de sang pendant qu'il tenait l'autre sur son nez pour limiter les dégâts.

John couru à la cuisine et revint presque aussi vite avec une serviette mouillée d'eau très froide qu'il appliqua sur la narine du détective, lui penchant légèrement la tête en avant, pour tenter d'arrêter le saignement.

Il s'agenouilla devant lui pour capter son regard, mettant sa panique de coté du mieux qu'il pu.

- Je vais te reposer la question et tu as plutôt intérêt à me dire la vérité car je ne la poserais pas trois fois. Est ce que tu as pris autre chose que ce qui était noté sur ton papier ?

Il y eu un silence de réflexion.

- Je t'ai dis la vérité, rien d'autre que ces deux produits.

John, dans la colère, ne pris pas compte de la réponse et préféra vérifier par lui-même. Il attrapa brutalement le bras gauche de Sherlock et releva la manche de la chemise. Deux « belles » traces de piqûre. Héroïne et cocaïne comme stipulé sur la note. Évidement il s'agissait de Sherlock, il y avait obligatoirement une combine.

Il prit le bras droit sans plus de ménagement, faisant tomber la serviette et mettant du sang un peu partout – sans choquer ou même déranger aucun des deux, l'habitude – et inspecta l'avant bras. Rien.

Et puis le détective lui répétait assez souvent qu'il ne lui mentait jamais, peut-être par omission quelques fois mais jamais en réponse à une question claire et précise.

Alors où se trouvait « l'astuce » ?

Les doses !

John alla chercher le papier avec les indications et le tendit devant Sherlock comme une interrogation en attendant une réponse.

- Les informations sur ce papier sont justes.

John savait qu'il lui cachait quelque chose. Ses réponses n'étaient pas assez rapides, donc calculées.

- Sherlock arrête ! Pas de ça avec moi ! Plus maintenant !

L'interressé le regarda avec insistance, entre l'incapacité, la honte d'avouer à haute voix qu'il était tombé bien bas et l'envie de lui crier à la figure ce qu'il avait fait. Il fit un signe de sa main libre pour designer le chiffon taché de sang. Ses yeux grand ouverts hurlaient « Ca y es ? T'as compris ? »

John se laissa tomber assis à coté de lui, les coudes sur les genoux, le visage dans les mains.

- Mais pourquoi ?

- Comme à chaque fois les doses des injections devaient être les mêmes, même intervalle de temps, même produit. C'est entre Mycroft et moi. Mais cette fois, c'était différent. Il y avait cette poudre à ma disposition, pas besoin de piquer une nouvelle fois, pas besoin qu'il le sache.

John bondit rouge de rage, les poings serrés.

- Mycroft ? Tu vas me faire croire que c'est à cause lui ? Tu savais très bien qu'il ne viendrait pas donc qu'est-ce que ça pouvait faire ? Tu sais que j'aurais pu te tuer si je t'avais donné de plus fortes doses ou autre chose pour calmer tes crises ? Tu le savais hein ?

Il faisait les cents pas , bondissant presque dans tous les sens en hurlant.

- Mycroft ! Toujours Mycroft ! Est-ce que cela t'es venu à l'idée qu'il y avait d'autres personnes dans ta vie ?

Sherlock finissait de s'essuyer, le saignement s'étant arrêté. Il ouvrit la bouche pour argumenter mais fut aussitôt coupé par la voix du médecin qu'il n'avait jamais entendu aussi grave.

- Oh ferme-la. Laisse-moi cinq minutes. J'ai besoin de cinq putain de minutes où je ne veux pas t'entendre.

Machinalement le détective jeta un œil vers la pendule mais se ravisa sous les yeux noirs de colère qui le menaçaient de ne pas jouer à l'imbécile.