Bonjour les gens
Si vous trouvez quelqu'un pour me botter les fesses pour publier plus rapidement je suis preneuse.. Ce chapitre était prêt depuis des lustres mais j'ai réécris quelques passages puis j'ai traîné ( je ne suis pas totalement satisfaite de la fin et je ne sais pas si ce que j'ai voulu montrer de ce qui se passe dans la tête de Sherlock est bien passé.. j'espère..)
Ps: Si quelque chose vous perturbe, faites-le moi savoir, il n'y a que comme ça qu'on s'améliore.
OooOooOooOooO
Précédemment : Molly a fait les analyses nécessaires pour réajuster le traitement de Sherlock qui devrait passer à la phase suivante de manque dans très peu de temps. Elle reste avec lui tout l'après-midi et une bonne partie de la soirée pendant que John profite pour rendre visite à sa petite amie. Quand il rentre, notre détective préféré dort paisiblement sur le canapé. John prévoit une petite discussion pour la suite des opérations le lendemain matin car il est très tard. Il le laisse dormir et part également se coucher.
OooOooOooOooO
Sherlock se réveilla en sursaut en plein milieu de la nuit, dans le noir complet, sans vraiment se rappeler où il se trouvait. C'était ces quelques secondes de flottement entre le sommeil et la réalité et que le cerveau, aussi brillant soit-il n'était pas encore totalement connecté. Il se retourna pour se redresser mais le tiraillement dans ses muscles furent comme un éclair de lucidité.
"Maudit chalet"
Il se rallongea, abattu par la douleur.
John ? Pourquoi John n'était pas à ses côtés comme à son habitude ?
Et là, le reste des souvenirs vinrent se greffer au fur et à mesure. Les analyses, Molly, les suppositions de Molly - il grimaça, blasé - sa solution de secours volé dans la mallette. Puis le départ de John. Il était parti il ne savait où, le laissant penser que c'était forcément plus important que lui. Et ça, ça lui donnait l'impression que des milliers de petits poignards jouaient dans son estomac.
Et si John n'était pas à ses côtés, là maintenant, c'est qu'il n'était probablement pas encore rentré.
Sa respiration plus courte et plus rapide ne fut pas de bonne augure, il fallait être idiot pour ne pas s'en rendre compte. Mais depuis sa crise de panique à Baskerville il s'était documenté et travaillé pour apprendre à gérer ses crises quand le médecin ne serait pas là pour l'apaiser par sa présence.
Il prit une bonne inspiration et la bloqua dans ses poumons tout en fermant les yeux. Il se plongea dans son palais mental, une pièce totalement vide et peu éclairée faisant l'affaire. Il expira doucement en tentant de se calmer.
Il l'avait déjà fait quelques fois au début, quand il avait commencé à sombrer, quand John se faisait de plus en plus absent et qu'il se retrouvait seul dans une descente après un shoot. Sauf que dans ces moments, c'était juste temporaire, le temps d'accéder à mieux. Il avait tout à disposition pour continuer à oublier. Un autre shoot, divers médicaments savamment dosés, parfois une enquête dangereuse.
Ici il n'avait rien. Juste sa panique et ses techniques de respirations qui lui semblaient ridiculement inutiles pour le coup.
C'est à ce moment qu'il se rappela le petit trésor caché dans sa chambre. Si John n'était pas là ce n'était pas si grave de succomber à la tentation. Il se persuada même que c'était légitime. Il devait se lever.
Il chercha ailleurs dans son palais mental et se fit une projection du chalet et de son agencement dans les moindres détails.
Sherlock respira un grand coup pour se donner le courage nécessaire pour ne pas se laisser vaincre par la douleur et entreprit déjà de s'asseoir. Le plus dur étant fait il n'avait plus très loin pour se diriger vers le premier interrupteur à sa portée.
Une fois la petite lampe d'appoint allumée, il avait juste assez de lumière pour traverser le salon. Il traîna les pieds difficilement et se stoppa net à côté d'une chaise où était déposée la veste de John. Quel soulagement ! Un sourire se dessina même sur ses lèvres. Le médecin ne l'avait pas abandonné. Il était prêt à s'insulter intérieurement d'avoir eu de telles mauvaises pensées le concernant.
Il posa les mains sur le dossier de la chaise et serra la veste comme il aurait pu serrer les épaules de John pour ne plus le laisser partir.
Il en avait presque oublié son but premier qui l'avait emmené jusque là. Il n'en avait plus la nécessité vu que son médecin était bel et bien là et qu'il serait là pour l'apaiser bien mieux que n'importe quelle substance.
Il resta un instant sans bouger puis se trouva bête de s'agripper autant à un simple vêtement. Il passa juste sa main à l'intérieur. Elle était froide. Juste pour vérifier.
Non seulement John était bien rentré mais depuis déjà un bon moment. Lui qui s'était inquiété pour rien. Il la lâcha et la défroissa un peu pour la remettre correctement en place ce qui fit monter une effluve de parfum jusqu'à son nez. Non, ça ce n'était définitivement pas l'odeur de John et il savait trop bien à qui elle appartenait.
Il le savait car au fur et à mesure ce parfum avait fini par le dégoûter. La fragrance en elle-même n'était pas désagréable mais il la détestait.
Il avait beau faire croire à John qu'il ne se souvenait pas de sa compagne quand celui-ci lui en parlait mais c'était évidemment faux. Comment pouvait-il oublier celle qui avait réussi à déjouer tous ses pièges, celle qui ne s'était pas sauvée au bout de un ou deux vagues échanges avec le sociopathe?
Quand il jouait sa petite comédie dans le but de la faire fuir, simplement elle lui souriait et retrouvait les bras ou les lèvres de son amoureux en prenant bien soin qu'il la voit faire.
Oui il la détestait. Et c'était viscéral.
Il la détestait parce qu'elle détournait John de lui, parce qu'il avait déduit que ses traits ne montraient aucunement un grand amour sincère – était-il objectif?-, parce qu'elle lui tenait tête et le narguait, parce que John l'aimait beaucoup trop, parce que John était à sa merci, parce que John finirait par être malheureux.
Il y avait un milliard de raisons pour la détester et elles étaient toutes évidemment fondées. C'était pour le bien de John. Jamais ce ne serait parce que lui serait malheureux. Jamais il ne l'admettrait.
Même si un moment il avait pensé à renoncer au médicament dans sa cachette, là, c'en était trop pour lui. Il aurait eu accès à d'autres produits plus fort qu'il ne s'en serait pas privé.
Il voulait seulement que la tornade qui dévastait son cerveau et son corps se calme juste un peu. Il se traîna dans sa chambre et alla directement à la salle de bain pour passer la main au dessus du petit meuble à pharmacie en baissant la tête, évitant de croiser son propre regard dans le miroir.
Sherlock avait la gélule en main qu'il fixa un moment en se demandant d'un côté si il ne faisait pas une bêtise et se rassurant de l'autre que de toute façon c'était son traitement. Puis machinalement il leva la tête et fut confronté à son reflet. La nausée s'empara de son estomac.
Ce n'était pas dans ses plans, ce ne devait pas se passer comme ça. Le peu de contrôle qui lui restait s'échappait de ses mains. Son cerveau s'activa trop rapidement essayant de paramétrer chaque scénario possible à partir de ce point et aucune fin ne le satisfaisait vraiment. Aucune fin heureuse.
Instinctivement il monta les mains en signe de protestation contre l'activité incessante des rouages de ses méninges et hurla, les yeux exorbités.
- Stop!
Son monde s'arrêta de tourner aussitôt et il fut choqué d'entendre sa propre respiration. Elle était saccadé et il se sentait épuisé comme si il venait de finir de courir un marathon. Son cœur, même si il n'était pas forcement rapide, tentait de s'échapper de sa poitrine à chaque battement.
Il se fixa dans les yeux à nouveau. La gélule toujours en main, il devait prendre une décision. Maintenant.
- Tu n'est qu'un idiot. Arrête d'être aussi lâche.
Il avala aussitôt le médicament avec une grande rasade d'eau et ferma les yeux, la tête penchée en avant, les mains appuyées sur le lavabo. Il espérait vraiment que ça agisse au plus vite pour ne pas avoir le temps de peut-être regretter son geste et pouvoir se vider la tête, enfin.
Son souhait fut exhaussé quand il senti sa tête tourner un peu. Ce n'était en rien les vertiges qu'il avait connu à cause du manque, c'était agréable. Bingo. Il déduisit avoir pris un sédatif ou un anti-dépresseur quelconque et sourit. Il savait que maintenant tout irait mieux.
Ce n'était malheureusement que le fort décontractant et non pas ce qu'il pensait être et ses ennuis ne faisaient que commencer.
Comme l'avait prédit Molly, les molécules du traitement se combinèrent peu à peu à ce qui lui restait dans les veines pour donner l'effet inverse que celui attendu et devenir potentiellement dangereux.
Peu importe, Sherlock se sentait particulièrement bien, plus de douleurs et cette impression de flotter quelques centimètres au dessus du sol.
Il tituba pour retourner au salon et trébucha dans une des chaises. Il la fixa d'un air réprobateur et posa son doigt sur la bouche.
- Chuuut tu vas réveiller John..
Puis il se mit à glousser bêtement, sans savoir pourquoi jusqu'à arriver à la veste du médecin. Il lui jeta un regard noir en arborant une moue contrariée puis lui parla également.
- Toi, dehors ! Tu va pas empester notre jolie maison !
Il attrapa la veste et voulu ouvrir la fenêtre pour l'y jeter. Son état lui avait sûrement fait oublier que toutes les issues étaient condamnées car il batailla un bon moment avec la poignée en jurant vulgairement.
- Toi aussi tu es de son côté à cette voleuse ? M'en fou ça restera là, c'est très bien.
Il posa le vêtement sur le rebord de la fenêtre et arriva enfin à la cuisine non sans embûches et après avoir perdu l'équilibre une paire de fois, en accusant bien sur les meubles sur son passage.
L'assiette de muffins attira son attention. Il la prit et s'installa à table. Bien qu'il ne mangeait pas toujours il était rarement contre une douceur au chocolat. De plus il était particulièrement d'humeur à y goutter tellement ils lui paraissaient appétissants.
Il croqua à pleine bouche dans le premier, satisfait de l'excellent goût sucré. Une deuxième bouchée alors que la première n'était pas complètement avalée. C'est la bouche pleine à craquer qu'il tourna l'assiette pour accéder, curieux, au petit mot caché entre deux gâteaux. Il le saisit tout en essayant de mâcher du mieux qu'il pouvait sans s'étouffer et le lu.
Sa seule réaction fut d'ouvrir grand la bouche en tirant la langue pour que le contenu dégringole sur la table. Tout à coup le goût était devenu infâme.
" Des douceurs pour mon amour. Je t'aime, bisous."
Immonde et répugnante manipulatrice. Elle n'avait rien à faire dans leur cocon. Et la voilà qui s'immisçait tel une brume qui s'infiltrerait par chaque passage, chaque fissure à sa portée.. Il pouvait même voir ce nuage toxique tournoyer autour de lui. Les hallucinations paraissaient si réelles. Elle avait réussi à investir le chalet. Il aurait juré l'entendre rire.
Sherlock suffoqua, comme si elle arrivait également à entrer en lui. Il la respirait, il s'était régalé de son poison. Créature démoniaque !
Son cœur s'emballa et voulu sortir de sa gorge avec le peu de gâteau qu'il avait ingéré. Il écrasa le reste des muffins en miettes avant de tout envoyer voler par terre et dû se tenir à la table pour reprendre son souffle. Elle l'avait presque mis à terre. Elle était en train de gagner.
La combinaison drogue-médicament étant à son effet maximum, sa psychose prit une nouvelle dimension.
La cuisine se mit à tourner dans un sens alors que le reste du chalet prenait le sens inverse. Les hallucinations s'insinuaient trop facilement.
Il se senti happé par cette brume représentant l'amie de John. Il pouvait même l'entendre lui parler.
- Tu vas disparaître. John est à moi.
Était-ce la concrétisation de cette image folle ou la peur de perdre John qui le terrorisait ?
- J... Jamais...
- Arrête de lutter...
Elle serra légèrement son cou et il posa un genou au sol, en manque d'air. Il tenta quelques gestes désordonnés pour la chasser mais aussitôt elle se reformait et serrait un peu plus.
Il s'agissait uniquement des manifestations de sa crise de panique qui lui faisait sentir sa gorge serrée et lui rendait la respiration fastidieuse mais pour lui c'était réel. Plus de frontière entre ce cauchemar et la réalité.
- J.. Jo.. hn..
- Oublie le. Là ou tu vas maintenant tu n'as pas besoin de lui. Et ça fait bien longtemps que lui n'a plus besoin de toi. Tu le sais.
Il s'arrêta aussitôt de se battre contre les démons. Tout était trop. Avait-il perdu John? Sa vie? Tout devait-il obligatoirement se terminer ici et comme ça?
Il aurait voulu se relever, lui dire qu'elle avait tord mais son cœur tambourinait trop fort dans sa poitrine jusqu'à l'empêcher de faire le moindre mouvement. Juste des larmes glissèrent sans effort le long des ses joues. Peut-être disait-elle vrai. Peut-être était-il temps de fermer les yeux et de s'en aller.
Les premières lueurs du jour faisaient leur apparition.
Que le carrelage du sol était glacial. Il aurait voulu sentir la chaleur réconfortante de John à ses côtés.
Ce furent les dernières pensées cohérentes qui traversèrent son esprit.
