Aucune excuse pour mon retard qui devient une habitude alors je passe de suite à...

Précédemment :

Sherlock à loupé le retour de John de chez sa copine et se reveille en pleine nuit. puis il déduit joyeusement que John est là avant de déchanter et de se rendre compte pourquoi il l'a abandonné. Il avale un des comprimés volés dont les effets vont malheureusement être bien plus violents que prévus.

Il subit des hallucinations horrifiantes avant de succomber à un malaise.

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Bonne lecture..

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John émergea doucement, baigné par les rayons du soleil qui entraient doucement dans sa chambre. La nuit avait été bonne et il s'étira tel un gros chat, le sourire aux lèvres. Un grognement de satisfaction s'échappa même malgré lui.

Il se prélassa encore un peu, profitant de se remémorer les bons moments de la veille.

Bien qu'il soit parti du chalet en claquant la porte, la rage au ventre, quand il vit la demoiselle dont il était épris qui l'attendait devant chez elle, son visage s'illumina et plus rien à part eux deux n'existait dans ce monde. Qu'elle lui avait manqué ces quelques jours !

Il avait accouru pour lui ouvrir la portière en parfait gentleman qu'il était et le reste de la journée ne fut que ponctuée d'attentions similaires. Il était heureux et voulait couvrir son amoureuse de délicatesses. Il l'emmena se promener dans le petit parc pas loin de chez elle, là où ils s'étaient rencontrés, s'asseyant sur un banc pour discuter de tout et de rien. Plus tard il l'invita dans ce petit restaurant où elle avait toujours voulu aller. Il savait que ses visites devraient être espacées pendant un moment et si c'était le cas, le peu de fois où il se verraient il ne lui refuserait rien. Après avoir mangé de succulents plats, un champagne de grand cru accompagna le dessert et une fois la bouteille fini, il n'en finissait pas de parler et parler encore, appréciant cette façon qu'elle avait de le regarder. Il interpella même le marchand de roses et lui acheta tout ce qui lui restait, un énorme bouquet. Rien n'était assez beau.

Ensuite ils rentrèrent à pieds. L'air était agréable et ils avaient tant de choses à se dire.

Il passa sa veste sur ses épaules frêles quand elle grelotta avant de la prendre dans ses bras et de l'embrasser langoureusement. Il su que c'était le moment de presser le pas pour rentrer.

Un fois à son appartement, il prit son temps pour savourer chaque baiser, chaque caresse et graver ces instants jusqu'à la prochaine fois.

John ouvrit enfin complètement les yeux avant de se laisser aller à des pensées qu'il pensait déplacées alors qu'il avait sérieusement du pain sur la planche avec énergumène qui devait sûrement encore dormir dans la pièce à côté.

Mais avant tout, pour se donner du courage, il envoya un petit texto innocent.

JW : Bonjour mon amour, tu as bien dormi ?

M : Bonjour mon cœur, oui et toi ?

JW : Si bien que j'ai du rêver de toi.

JW : J'ai passé une superbe journée hier, je t'aime

Petit texto innocent qu'il regretta surement.

M : Moi aussi je t'aime, mais...

JW : Mais quoi ? Tu m'inquiètes là...

M : Rien de grave, Juste que comme on ne se voit pas beaucoup, la prochaine fois si tu pouvais éviter de parler que de Sherlock Holmes

JW : Quoi ? Tu exagères, je n'ai pas tant parlé de lui, juste un peu. C'est normal avec ce qu'il se passe.

M : Au début un peu mais après tes quelques verres il n'y en avait plus que pour lui.

JW : Mais non... Et je n'ai pas tant bu que ça.. J'étais même sobre pour rentrer.

M : Tu as tellement parlé de lui que je m'attendais presque à t'entendre crier son nom quand on a fait l'amour. Ah ah.

JW : Tu n'es pas drôle. J'aimerais que tu évites ce genre de blague. Je ferais attention la prochaine fois, promis.. Je dois te laisser. Je t'aime.

M : Je t'aime.

John haussa les épaules en se levant et jetant son téléphone sur le lit. Il était sûr qu'elle exagérait, obligatoirement. Comment aurait-il pu, en si charmante compagnie, n'avoir en bouche que le nom de celui qui lui faisait hérisser les poils ces derniers temps ? Impossible. A vrai dire, le vin et le champagne ayant fait leur œuvre, il était assez heureux pour n'avoir en tête que ce qu'il avait bien envie de se rappeler, et cela lui convenait parfaitement.

Il sauta joyeusement à la douche repoussant encore un peu cet état de plénitude, sachant qu'il devait avoir une discussion avec « celui qui savait tout » sur la suite du programme et que cela allait encore l'exaspérer.

C'est se sentant bien et plein d'énergie qu'il sortit enfin et s'habilla rapidement d'un jean et d'un simple t-shirt. Il s'arrêta devant sa porte close, prêt à sortir, et prit une grande inspiration pour se donner du courage.

Il se dirigea directement vers le canapé pour vérifier si Sherlock y dormait toujours. Evidemment personne. Ca aurait été trop beau que l'insomniaque fasse une nuit complète. Il pensa qu'il devait surement être dans sa chambre, il s'y dirigea pour vérifier.

Au passage, il ramassa la couverture tombée au sol comme il lui était naturel de passer derrière le désordre du détective, la plia et la posa sur le dossier du fauteuil pour la nuit prochaine. C'est alors qu'il remarqua sa veste sur le rebord de la fenêtre et ne se demanda même pas comment elle avait pu atterrir là tellement il était habitué à de tels comportements parfois bien plus bizarres.

Par contre la colère en lui monta d'une seule traite quand il aperçu l'assiette de muffins complètement ravagée. Là, il avait vraiment exagéré et si c'était sa façon de se venger de le voir partir la veille, il allait le regretter amèrement. Il fut tellement furieux qu'il ne remarqua pas les boucles brunes gisantes au sol dépassant de derrière l'îlot qui séparait le salon et la cuisine. Les poings serrés il hurla en direction de la chambre du coupable.

- Sherlock !

Pas de réponse.

- Sherlock ! Tu as plutôt intérêt à ramener tes fesses ici rapidement !

Toujours rien.

D'un pas décidé et perdant patience, il voulu aller le chercher. Hors de question de le laisser

s'en sortir aussi facilement.

Et c'est au moment où il dépassa la cuisine que son œil fut attiré instinctivement par cette masse affalée au sol.

- Non, non, non, bon dieu non... Sherlock...

Il tomba aussitôt agenouillé à côté de lui pour vérifier pouls et respiration. Les deux étaient lents mais on ne pouvait pas encore parler de détresse respiratoire, ce qui était plutôt bon signe vu le contexte.

John pensa que Sherlock avait pu convulser sous l'effet du manque, ce qui arrivait souvent d'après les rapports médicaux qu'il avait pu lire. C'était un peu tôt dans le processus mais c'était une possibilité.

Il passa les mains d'abord sur son crâne à la recherche d'une quelconque plaie ou bosse. Ses gestes étaient désordonnés et effectués dans l'urgence. Puis il tata sommairement la nuque, les épaules et se retrouva assis par terre une jambe de chaque côté de Sherlock, à tenter de le tirer contre lui. Il fallait absolument lui éviter plus de contact avec le sol froid.

Dans cette position il lui était difficile d'avoir assez de force pour le bouger convenablement. Et qu'il semblait lourd pour quelqu'un qui ne mange rien, même inconscient il n'y mettait pas du sien.

John arriva à positionner la tête de Sherlock dans le creux de son bras gauche, son dos reposant sur sa cuisse, son autre bras entourant son torse.

Il était tellement gelé et complètement lâche contre lui que John revérifia à plusieurs reprises si il était encore bien vivant.

- Sherlock.. Réveille-toi.. S'il te plaît..

Il lui répétait doucement sans cesse, presque en le suppliant tout en le gardant serré contre lui du mieux qu'il pouvait pour le réchauffer sans lui faire plus de mal.

- Il faut que tu te réveilles.

Le médecin était tiraillé entre garder l'inconscient dans ses bras et aller chercher une couverture. Il opta pour la première option, le laisser ne serait-ce qu'une seule seconde sans surveillance n'étant juste pas envisageable.

Il le tira encore un peu pour l'ajuster contre son torse, le but étant de le décoller le plus possible du carrelage et de partager sa chaleur. Il bloqua la tête du détective d'une main contre son épaule et de sa main libre il frotta vigoureusement ses bras pendant de longues minutes.

Jusqu'à – Alléluia – l'entendre grogner.

Ce ne fut qu'une minuscule victoire car il ne bougea pas d'un pouce ne serait-ce pour se redresser ou se dégager. Son corps était toujours sans réaction et sans cette tonicité musculaire qui devrait être présente quand on est conscient. Et John étant dans son dos ne voyait rien de l'expression de son visage.

- Sherlock, parle-moi

Sans réaction, il reprit de plus belle, il frotta bien plus énergiquement la fine chemise.

- Non non non, ne repart pas...

Et il respira enfin au bout de ce qui lui sembla une éternité quand il sentit la tête se décoller légèrement de son épaule avant de retomber et qu'il vit la main fébrile tenter de prendre appui sur sa cuisse, sans succès.

- Sherlock, allez, fais un effort !

Le soulagement fut total quand il l'entendit enfin dans un rale grave et peu assuré.

- Qu'est-ce … qu'il … se passe ? J'ai froid.

- Est-ce que tu as mal quelque part ?

- J'ai froid.

John sourit sans savoir vraiment pourquoi. La situation était loin d'être comique ou joyeuse. Peut être que c'était nerveux ou qu'il était juste content d'entendre cette voix.

- Est-ce que tu peux te lever ? Il faut te mettre au chaud.

Pas de réponse. Il sentait Sherlock s'avachir à nouveau et repartir dans l'inconscient.

- Te rendors pas ! Pas ici ! Lève toi !

Il l'entendit soupirer deux fois tellement il s'efforçait de rassembler le peu d'énergie qu'il avait puis son dos se tendit contre lui.

- J'arrive pas... mes jambes.

Il avait dit ça si naturellement, sans inquiétude mais un éclair transperça le crâne du médecin. Et si Sherlock s'était blessé en tombant et si il avait aggravé la blessure en le déplaçant. Si il était paralysé. Il resta silencieux trop longtemps face à l'information.

- John ?

- Euh.. Oui... Laisse-moi voir.

Alors que John cherchait une façon d'examiner Sherlock, celui-ci rapprocha de lui-même ses jambes. Difficilement, certes, mais elles bougeaient et ne montraient aucun signe de paralysie ou même de blessure grave.

Si il n'avait pas été dans cet état lamentable, John l'aurais sûrement laissé là en plan, en lui demandant s'il pouvait arrêter de se moquer de lui.

- Sherlock... Sérieusement...

- J'arriverais pas...- soupir - me lever.

Il n'arrivait même pas à faire une phrase complète sans se fatiguer en plein milieu.

- J'arriverais pas à te porter comme ça.

Il était déjà bien lourd à se laisser reposer contre lui de tout son poids.

- Mais il est hors de question que je te laisse là... Tu te rendors.. Sherlock !

Et merde.