Bonjour à tous,
Voilà la suite du dernier chapitre qui, je l'avoue, était frustrant. Mais je n'en suis absoluement pas désolée.. AhAh..
Précédemment :
John trouve Sherlock évanoui sur le sol de la cuisine. Il pense jusque là que c'est un malaise causé par le processus de sevrage.
Bonne lecture..
OooOooOooOooO
John n'était pas du genre à laisser un soldat au sol, encore moins son meilleur ami.
Il s'extirpa de dessous lui en prenant bien garde de ne pas laisser sa tête frapper le sol et le tira ensuite par dessous les bras comme il l'aurait fait pour un de ses frères de guerre. On leur avait appris comment déplacer un corps en urgence à l'armée en minimisant les risques d'aggraver les cas et ce fut mieux que rien pour emporter le détective. Il s'arrêta une seconde. Canapé ou chambre ? Le lit aurait été plus confortable mais il était aussi plus loin et plus haut. Il recula donc jusqu'au canapé jusqu'à ce que ses mollets buttent contre l'assise et il bascula en arrière avec lui. Il était à demi allongé, un pied au sol, l'autre jambe tendue sur le canapé, le dos de Sherlock reposant contre sa poitrine.
John parlait plus pour lui-même que pour Sherlock quelque part pour ne pas céder à la panique et n'admettant pas de le sentir inconscient.
- Tu ne vas pas m'aider, hein ?
Evidemment il ne reçu aucune réponse mais il continua en essayant de se dépêtrer du corps avachi sur lui.
- Allez, laisse-moi sortir de là.. On va remettre les papouilles à une autre fois si tu veux bien..
Il avait toujours plaisanté quand il était sous pression et cette fois ne dérogeais pas à la règle. Et c'est à ce moment que Sherlock refit surface, ou était-il toujours plus ou moins conscient.
- Pas...
- Sherlock ? Pas quoi ?
- Mmmmm
- Je t'ai fais mal ? Ca va ?
Plus de réponse
- Forcement.. Allez... On bouge...
John se glissa doucement en gesticulant en arrière risquant même de tomber quand il escalada l'accoudoir, laissant enfin la place à Sherlock pour s'allonger complètement. Il lui remonta les jambes pour les placer dans son alignement, attrapa coussin et couverture et l'installa le plus confortablement possible.
Il récupéra son matériel et vérifia les constantes. La tension était bien basse mais rien qui nécessitait une intervention médicale d'urgence. Juste attendre qu'il se réveille.
Pourtant John n'attendit pas sagement que Sherlock émerge de lui-même. Il le sollicita sans cesse. Comme il était persuadé qu'il s'agissait d'un malaise suite au manque, il était important de le voir conscient.
Au bout de longues minutes à l'appeler, Sherlock fini par réagir enfin. Il grommela mollement.
- Qu'est ce qu'il s'est passé ?
- Tu t'es évanoui dans la cuisine.
Sherlock eut l'air de réfléchir et de chercher une réponse sur le visage de John qui lui souriait gentiment. Il détourna la tête quand quelques bribes de souvenirs réapparurent.
- Ne t'inquiète pas, tout va bien.
A partir de ce moment John redoubla d'attention pour le détective.
Il fila à la cuisine un instant et revint avec une serviette humide. Il s'accroupit à coté de lui et passa le linge sur son front et son cou puis releva les boucles collées du bout des doigts.
Au touché, Sherlock tenta de se relever mais retomba lamentablement, trop faible pour soulever son propre poids.
- Reste allongé, si tu as besoin de quoi que ce soit, je préfère que tu me demandes.
John glissa sa main le long de son bras puis la posa sur la couverture au niveau de son ventre. Sherlock porta ses yeux au contact et le médecin la retira aussitôt.
- Oh excuse-moi, c'est vrai, j'avais oublié...
Sherlock se maudit intérieurement d'avoir dit précédemment que le sociopathe qu'il était détestait être touché. Il maudissait également son cerveau instable et ces ressentis contradictoires car comme il aurait aussi bien voulu tout oublier un instant blottit contre John, il ne supportait tout autant pas la sensation étrangement désagréable qu'il ressentait au moindre contact.
John voulu lui laisser un peu d'espace et commença à ramasser les débris d'assiettes et de muffins. Il s'arrêta un instant, les mains pleines et regarda Sherlock en soupirant, pensif.
- Tu m'en crée des soucis..
John avait dit cela avec légèreté, sans reproche, pour évacuer la pression. Aussi juste pour dire quelque chose, éviter ce silence pesant.
Sherlock baissa la tête honteux de ce qu'il avait fait. Le médecin cru que c'était sa phrase qui l'avait blessé.
- Désolé. Je voulais pas dire ça. Je serais toujours là quand tu auras besoin de moi, sans hésitation. C'est que tu m'as vraiment fait peur, tu sais. Mais ce n'est pas de ta faute, c'est normal de passer par ce stade.
John continua à ranger le désordre de la cuisine dans des gestes rapides et désordonnés en exprimant à haute voix ses résolutions d'être plus présent et d'augmenter sa surveillance, également en parlant de ses angoisses, son attachement, sa loyauté qui serait désormais sans faille, etc, etc..
Sherlock avait de plus en plus de mal à supporter ce blabla incessant de douceurs dégoulinantes qu'il savait ne pas mériter. Il voulait plus que tout au monde que John soit prêt de lui mais pas comme ça, pas en pensant profiter hypocritement alors qu'il se sentait coupable au plus haut point.
Maintenant il voulait juste que John se taise.
Il se redressa difficilement en position assise et hurla.
- Stop ! Arrête d'être... toi ! Pas maintenant !
John se figea mais resta calme.
- Quoi ? Je ne comprends pas, qu'est-ce qui t'arrive ?
Le calme du médecin fut contagieux et Sherlock baissa le ton.
- Arrête.. S'il te plaît.. Bien sûr que tout est ma faute..
- Sherlock... Je ne veux pas revenir sur la raison pour laquelle on est dans ce chalet mais ce qui est arrivé cette nuit est courant. Tu es obligé de passer par ces crises dans le processus de guérison.
- Tu ne comprends rien alors ?
Sherlock avait roulé des yeux d'agacement. En voyant que le cerveau de John travaillait au ralenti, il continua.
- Ma chambre, au dessus du miroir, salle de bain.
John le fixa en fronçant les sourcils, puis une fois l'information traitée il fila vers l'endroit indiqué.
Sherlock entendit le tapotage des mains sur le meuble indiqué – John était trop petit pour voir ce qu'il faisait - et un trop long silence qui ne présageait rien de bon. Un râle qui le fit frissonner parvint enfin à ses oreilles, comme si le médecin se retenait difficilement d'exploser puis il sursauta quand le mur qui les séparait menaça de s'effondrer sous les coups de poings de John.
Un premier choc d'une extrême violence, emplis de rage puis deux ont suivis, de plus en plus faibles, comme si John s'écroulait, impuissant, sous la fatalité de la situation.
Il revint en de grandes enjambées, rouge et tremblant devant le détective qui n'avait pas bougé de sa position assise. John tendit le bras et brandit les médicaments trouvés sous le nez de Sherlock.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Tu t'es blessé, tu saignes.
Il observait la main éraflée qui commençait à gonfler, ignorant délibérément la question. La colère de John augmentait de façon exponentielle.
- Qu'est-ce que c'est ?!
- Ne perds pas de temps inutilement à poser des questions auxquelles tu connais la réponse
John soupira.
- Ne gagne pas du temps inutilement à répondre à coté. Je veux l'entendre de ta bouche...- Il serra les dents en ponctuant chaque mot – Qu'est-ce.. que..c'est ?
Sherlock s'allongea sur le dos, ferma les yeux après avoir fixé le plafond une seconde et parla le plus naturellement du monde
- La mallette de Molly, quand vous étiez dans la salle de bain avant que tu t'en ailles. Mais honnêtement je ne sais pas ce que c'est.
Il garda les yeux fermés mais son visage passa du léger sourire d'insouciance à la crispation dans l'attente de la réaction de John. Il l'entendait faire les cents pas et respirer fortement comme un lion en cage.
Et la sentence tomba.
Sherlock n'eut pas le temps de réagir quand il se trouva happé par le haut de son t-shirt et soulevé avant d'être repoussé d'un coup de poing en plein visage. Il retomba violemment sur le canapé les yeux écarquillés avant d'être attrapé à nouveau et sentir sa pommette brûler et sa tête basculer sur le coté quand John lui administra une violente gifle du revers de la main.
Puis le silence ponctué par le souffle rauque de John.
Sherlock osa à peine se redresser encore sous le choc de ce qui venait de se passer.
Ce n'était pas la première fois que John frappait Sherlock et celui-ci pensait que c'était a chaque fois justifié, mérité. Pour lui, John ne frapperait jamais quelqu'un sur un simple coup de colère. Et cette fois-ci il savait qu'il le méritait bien plus que toutes les autres fois. Il avait tellement confiance dans le jugement de John.
Sauf que cette fois, il aurait eu besoin de tellement autre chose. Il ne savait pas quoi, mais pas ça.
John avait reprit ses allers-retours devant lui.
- Moi qui m'inquiétait alors que tu te tapais juste un gros trip !
Sherlock reprenait ses esprits. Son œil gauche le lançait. Il toucha sa pommette droite du bout des doigts et remarqua une légère trace de sang sans pouvoir déterminer si c'était le sien ou celui de la blessure de la main de John. Sa voix était triste
- Tu t'inquiétais pour moi ? A quel moment ? Quand vous vous baladiez main dans la main ? Ou que tu avais sa langue dans ta bouche ? Ou quand tu ..
- Ferme-la !
John leva le poing au dessus de sa tête en hurlant prêt a être cette fois bien plus violent puis se calma aussitôt quand il vit la crainte dans le regard de Sherlock. Résigné, ça n'en valait plus vraiment la peine. Il baissa le ton, soupirant.
- Ferme-la...
Sherlock marmonna, tête baissée.
- Trois jours
- Quoi ?
Il parla plus distinctement.
- Tu n'as tenu que trois jours...
- Tu as vu ton comportement ?
- ...Avant que je devienne moins important que ton rencart.
John se pinça l'arrête du nez partagé entre la colère et l'indignation
- Je suis parti sans même la prévenir, sans même lui dire au revoir ni où j'allais parce que mon meilleur ami commettait la pire des erreurs qu'il n'ait jamais faite. J'ai tout laissé en plan dans la seconde où j'ai su pour toi et tu ose dire que tu n'es pas important ? Tu ose prétendre que je n'en fait pas assez pour toi parce que je prend quelques heures pour la rassurer ? Et je suis où maintenant ? Avec elle ou avec toi ? Répond !
- Tu aurais pu tout aussi bien le faire par téléphone.
John avait les yeux qui lui sortaient littéralement de la tête. Il ne croyait pas ce qu'il entendait.
- Vaux mieux que tu te taises maintenant. Tu ne te rend même pas compte de ce que tout le monde fait pour toi, tu n'est qu'un monstre ! Un sale monstre égoïste !
Par le passé John n'avait jamais tari d'éloges pour Sherlock. Parfois il l'avait insulté. Rien de bien méchant, « con, enfoiré.. » ou d'autres équivalents mais jamais il avait prononcé le mot « monstre ». Même si Sherlock feignait de s'en moquer quand il venait de personnes extérieures, tout deux savaient l'impact de ce terme et si John l'avait choisit maintenant ce n'était pas par hasard. Il savait qu'il avait cloué le bec du petit génie.
Sauf que pour Sherlock ce fut l'effet d'une bombe, la première d'une longue série.
Si il n'avait pas été sous l'emprise des effets de son mélange qui le rendait encore relativement vaseux, il se serait levé pour fuir à toutes jambes loin de l'orage prénommé John qui allait s'abattre sur lui.
Il tendit juste le bras pour ramasser les médicaments tombés à coté de lui. La douleur des propos de John lui brûlait la gorge et lui piquait les yeux. Instinctivement, il ne voulait pas se laisser démonter aussi facilement. C'était stupide mais réagir par la violence contre la violence fut tout ce qu'il fut capable en ce moment.
Il ne lâcha pas John des yeux quand il attrapa les deux gélules.
- Qu'est-ce que tu veux en faire ?
- Je sais pas, peut-être quelque chose d'altruiste pour une fois. Arrêter d'être un fardeau pour tout le monde, surtout pour toi.
- Pff.. Ne sois pas stupide. Donne-moi ça maintenant et arrête ta comédie de Drama Queen.
John ne montrait aucun signe de compassion et semblait même ne pas croire qu'il en serait capable.
Sherlock se laissa emporter et le défia. Il ferma le poing autour des cachets blancs. Ses larmes coulaient maintenant d'elles-mêmes. Pas de sanglots, pas de pleurs. Juste des larmes impossibles à retenir.
Est-ce que John pouvait seulement comprendre ? Ce n'était pas du chantage affectif, pas une menace de suicide quelconque. Juste sa sale manie de pousser ses propres limites, de pousser les limites de tout le monde.
C'était juste son appel au secours, sa façon de dire à John qu'il perd le contrôle, sa façon de lui dire qu'il va mal à en crever.
Comment pouvait-il voir ce que les gens faisaient pour lui quand il était tellement perdu ? Sa seule préoccupation était de ne pas sombrer plus et de lutter contre cette peur de l'abandon qui se faisait de plus en plus oppressante avec les derniers évènements.
John ne s'était pas battu pour lui.
John était sur le point de l'abandonner.
John pourrait l'empêcher de déraper et lui retirer ces gélules, même de force si il le fallait.
John lui prouverait alors qu'il se préoccupe encore de lui, qu'il tient encore ne serait-ce qu'un peu à lui.
Et John intervint.
- Je te jure que tu n'auras pas le temps de les avaler, je t'aurais tué avant.
Le cœur de Sherlock se serra de soulagement. Il allait l'en empêcher. Il serait toujours là pour l'empêcher d'aller trop loin, comme toujours. Sauf que John porta le coup de grace. Il s'éloigna un instant et revint calmement poser un des flacons plein de comprimés sur la table basse.
- Attends d'abord que je sois parti, ai au moins la décence de ne pas m'infliger ça si c'est ce que tu souhaites…
Il lui tourna le dos et Sherlock resta immobile, même petrifié, toujours au sol, les jambes tremblantes pendant que John attrapait son téléphone.
- Allo Mycroft ? …. Oui, c'est fini. Fin de mission.
OooOooOooOooOooO
Alors? Fin de l'histoire? On s'arrête là? Mouhahaha
