Chapitre 8 :

Ah ! Les vacances de Noël ! La neige, les sapins, les chants, les bons repas auprès de la cheminée, presque plus d'élèves dans le château, Potter parti chez les Weasley et un Angelis introuvable… Attendez. Mais où se trouvait Samael ?

Ce fut la question que se posèrent quelques enseignants à la table du petit déjeuner le matin des vacances scolaires. Il venait toujours dans la Grande Salle, à chaque repas. Surtout depuis que madame Bibine avait été le chercher tout au début de l'année avec le professeur Chourave et que les deux femmes l'avaient limite traîné jusqu'à la table des professeurs. Ce fut une technique très efficace car il ne manqua plus un seul repas. Fallait-il qu'elles recommencent ? Elles allaient se lever quand Severus annonça qu'il y allait, précisant qu'il connaissait des méthodes très efficaces pour forcer quelqu'un à sortir de sa tanière.

Ce fut donc en ricanant d'avance qu'il alla dans les appartements de son collègue et prononça le mot de passe pour faire une entrée triomphale. Samael serait-il en train de jouer du violon ? Ou bien à lire près de la cheminée ? Ou alors à nouer ses longues mèches argentées tout en regardant le temps qu'il faisait dehors ?

Rien, le silence, tout était calme. Surpris, il se dirigea dans la chambre et le trouva endormi, roulé en boule sous des épaisses couvertures, seuls ses cheveux dépassaient de la literie. Le maître des potions fut amusé : c'était bien la première fois qu'il le voyait comme ça. En temps normal, le simple fait d'être dans la même pièce que lui suffisait pour que le jeune prof trouve un allié de taille pour faire tourner les autres collègues en bourrique, mais là… La pile électrique était en mode « marmotte ». Sachant instinctivement qu'il n'arriverait pas à le faire sortir des couvertures, il préféra le laisser tranquille et retourner voir les autres professeurs qui attendaient de pied ferme dans la salle des profs.

« Alors ? Demanda Filius, assis dans un fauteuil adapté à sa petite taille.

-Il hiberne, répondit simplement Severus en trouvant son fauteuil favori et en s'installant directement dedans. Je crois que les élèves n'étaient pas les seuls à attendre les vacances avec impatience.

-C'est sa première année d'enseignement après tout. Entre çà et ses absences régulières le soir, réfléchit Pomona en repensant au combat qu'elle avait vu dans le parc. C'est un comportement tout à fait normal...

-De ? Interrogea Minerva, ne comprenant pas, tout comme le reste de l'équipe pédagogique à part Rolanda Bibine qui ne laissa rien paraître.

-De faire la grasse matinée pour lui : c'est sa première année d'enseignement et ce sont les premières vacances. Il doit être fatigué. Surtout qu'il passe souvent la nuit hors du château pour capturer des créatures pour ses cours.

-Aussi qu'il doit s'entraîner très sérieusement pour réussir à affronter un dragon et en ressortir vivant, finit Rolanda. C'est vrai que ça concorde vraiment. »

Les autres se regardèrent : depuis quand elles savaient aussi bien résoudre ce genre d'énigme ?

Mais le professeur Rogue avait raison : leur collègue semblait quelque peu éreinté et ce ne fut pas Mme Pomfresh qui l'aida en le poursuivant pour qu'il prenne de la Pimentine. Seule Minerva le sauva des griffes de l'infirmière en ne dévoilant pas qu'il s'était perché sur une poutre dans la salle de Métamorphose (comment avait-il réussi à y monter, d'ailleurs?). Elle fut très surprise de l'étreinte qu'il lui offrit en remerciement et ce fut une très belle photo qu'obtint le professeur Chourave ce jour-là, avant d'être poursuivie par la directrice-adjointe dans le château parce qu'elle n'avait vraiment pas apprécié le fait d'avoir été photographiée. Très vite, la vie du château reprit un peu de vie grâce aux chamailleries des profs entre eux.

Mais le summum, ce fut quand même le jour de Noël. Madame Bibine et Angelis se trouvaient dans le parc, le plus jeune dans son habituel uniforme auquel des sortilèges de chauffages avaient été rajoutés ainsi qu'une épaisse écharpe. Entre eux, autour d'eux, de la neige, et quelques élèves accessoirement, mais surtout beaucoup de neige. Situés à une dizaine de mètres d'écart, ils s'affrontaient du regard, se tournant presque autour.

« Ne me dites pas qu'il font un duel. Couina Flitwick en regardant par la fenêtre avec quelques collègues.

-On dirait que si. Confirma McGonagal. Je vais prévenir Pompom : il faudra de la Pimentine pour deux personnes ce soir. »

Rolanda fit léviter de sa baguette quelques boules de neige pour les lancer sur Samael qui les évita prestement, sauf une, qu'il se prit en pleine tête. La sorcière se mit à rire face à l'air surpris du sorcier qui secoua la tête pour faire tomber toute la neige de son visage. Puis il se concentra, leva ses deux mains à l'horizontale et ce geste fit léviter plusieurs kilos de neige qui restèrent en suspension dans l'air.

« Oh non, il va quand même pas… commença le professeur d'enchantements.

-Et si. »Sourit le maître des potions qui passait par là.

La professeure de vol cessa immédiatement de rire quand elle vit le sourire sadique sur le visage de son collègue. Comment avait-il fait pour soulever tout ça ? Et sans baguette en plus ! Et puis… Oh non, il n'allait quand même pas oser, si ?

BLAF !

En fait si…

Ce fut Samael qui gagna le duel, par forfait, après avoir enseveli sa collègue sous deux mètres de neige.

La veille du jour de l'an, Harry Potter fut de retour au château, immédiatement mis mal-à-l'aise par le regard de psychopathe que lui lançait Angelis avec le sourire qui allait avec. L'Élu n'osa pas s'approcher, surtout avec toute cette neige qui lévitait autour du professeur.

« Où est Harry ? » Demanda le professeur Dumbledore une heure plus tard dans la Grande Salle.

Si le professeur de soins aux créatures magiques n'avait pas sifflé la marche funèbre, le Directeur de Poudlard n'aurait jamais pensé que ce dernier avait (encore) fait un mauvais coup à Potter, surtout quand on le retrouva dans le parc en état d'hypothermie sous plusieurs mètres de neige.

Bien sûr, Harry décida de se venger, mais pour cela, il lui faudrait de l'aide. Et pour le moment, il devait rester au chaud à l'infirmerie à se remettre de cette escapade sous plusieurs mètres de masse neigeuse.

Ce soir-là, Rogue et Angelis se trouvaient tous les deux dans les appartements du jeune professeur. Apparemment, Samael avait trouvé un serpent dans un pays chaud dont les écailles seraient très utiles pour les potions et l'avait ramené ici.

Le maître des potions avait pris peur en voyant face à lui un cobra noir de jais de deux mètres de long face à lui mais s'était vite ressaisit : le reptile était dans un vivarium, aucun risque. Il s'approcha et marmonna un sortilège pour faire tomber quelques écailles et les fit venir à lui : pas question qu'il s'approche d'un cobra ! Surtout que cette bête ne semblait pas très sympathique. Samael ouvrit le vivarium pour l'attraper et voir s'il pourrait le prendre pour son prochain cours où aller directement le relâcher dans son milieu naturel et l'animal se redressa en sifflant dangereusement.

« Angelis. Prévint Severus, un peu inquiet. Si ce serpent vous mord, il ne vous restera que 5 minutes à vivre et ce ne sera pas assez pour faire l'aller-retour jusqu'aux cachots pour trouver un bézoar et vous le ramener.

-Il ne me fera rien qui me tuera. »

Il avança la main et le cobra fondit sur lui, les crochets sortis et suintant de venin mortel. Les dents du serpent s'enfoncèrent dans le cuir du gantelet gauche et ne purent aller plus loin, comme s'ils étaient bloqués.

« Cuir de dragon. Expliqua Samael. Ajoutez cela à du métal forgé par les gobelins, et vous obtenez une excellente protection.

-Et tous ces pansements sur vous ? Je suis persuadé que ce ne sont pas les centaures comme vous avez dit à Potter. Ces blessures auraient dû guérir depuis longtemps.

-Une potion. Je ne sais pas laquelle malheureusement. Juste qu'elle était verte kaki. J'en ai reçu il y a un peu plus de deux mois.

-Et alors ?

-Ma peau est très abîmée et çà gratte en plus de faire très mal. C'est très gênant, vous savez. Je suis obligé de protéger les plaies pour ne pas y toucher et ces saletés ne cicatrisent pas. »

Le maître des potions ne dit rien, en pleine réflexion. Cela lui faisait penser à une potion que les braconniers utilisaient autrefois pour affaiblir les dragons afin de les tuer. Cette mixture pouvait dissoudre les écailles, rendant ces fiers reptiles volant vulnérables aux sortilèges. Qui avait osé lancer çà sur un humain ? Excellent moyen de torture, mais dont les dégâts étaient facilement réparables avec un baume spécial fait à partir de plantes. Est-ce que son collègue accepterait son aide ? Après tout, il lui avait déjà donné un coup de main à plusieurs reprises, alors il pourrait au moins lui faire ça.

Et puis, un peu d'occupation ne lui ferait pas de mal en ces vacances de Noël, ou au pire, il en ferait faire aux 7ème années, comme ça il aurait moins d'efforts à fournir.

Il prit congés et retourna dans ses appartements tranquillement, sans se douter de la présence de Ron Weasley dans le château qui complotait avec Harry Potter pour une prochaine vengeance qui serait plutôt du genre… définitive.

« T'es sûr que ça va marcher ?

-Bien sûr, il n'est pas fichu de faire du balai correctement : je l'ai vu essayer avec madame Bibine et c'était désastreux. Et en plus, il reste tout le temps avec ce mangemort de Rogue ! Dumbledore saura content d'être débarrassé d'un mangemort et de cet idiot.

-Okay mec ! Et puis, ce n'est pas lui le type qui t'as ridiculisé devant Ginny ?

-Si.

-Je suis ton homme. »

La veille de la rentrée fut calme, chacun profitant du calme avant l'arrivée des autres élèves à sa façon. Minerva McGonagall profitait de la chaleur de sa cheminée en lisant un livre dans la salle des professeurs avec Flitwick, Chourave et Mme Pomphresh. Rogue brassait des potions dans son laboratoire. Samael dormait niché dans ses couvertures près de la cheminée. Dumbledore préparait un énième plan de bataille pour asseoir sa domination de l'Angleterre. Trelawney, qui faisait fuir le jeune professeur rien qu'à l'odeur de xérès ou des encens, tentait une fois de plus de voir l'avenir dans ses boules de cristal. Bref, tout semblait normal.

Tard dans la soirée, le maître des potions fronça les sourcils : il avait un mauvais pressentiment. Et quand il en avait, c'était du sérieux. Sans hésiter, il se précipita vers les appartements de son collègue pour vérifier si tout allait bien. Il scanda le mot de passe au portrait qui s'ouvrit sans hésiter et entra.

« Professeur Rogue ? »

Samael était assis dans un fauteuil, un thé dans les mains, et était vraiment surpris de le voir débarquer comme cela chez lui. D'habitude, c'était lui qui arrivait en trombe avec une bestiole plus ou moins dangereuse dans les mains pour lui montrer. Qu'avait le professeur pour arriver avec cet air inquiet sur le visage et autant d'empressement ?

« Stupefix ! » Clamèrent deux voix, semblant venir de nulle part.

Severus s'écroula, faisant bondir le sorcier à ses côté, le thé ayant fini renversé sur le sol. Un autre sortilège le toucha là où se trouvait une épaisse compresse sur la joue et il s'écroula à son tour dans un grondement de douleur.

Il y eut un rire et Harry et Ron sortirent de sous leur cape d'invisibilité et entrèrent dans les appartements du professeur de Soins aux Créatures Magiques.

« C'était pas si difficile, ricana Potter. Tu te charges de qui ?

-Occupe-toi de l'autre idiot. Moi, je prends le bâtard graisseux.

-Sans problème. »

Sybille sursauta en fixant la boule cristal devant elle : elle voyait des silhouettes encapuchonnées avec des uniformes inhabituels courir et foncer sur des masses noires. Elle baissa la tête et griffonna quelque chose sur un parchemin. Encore une vision d'une future bataille sanglante...

« Alors Rogue, qu'est-ce que ça fait ? »

L'interpellé ouvrit difficilement les yeux et retint un cri : il était suspendu à plusieurs dizaines de mètres du sol, retenu par des liens qui le maintenait à un balai piloté par Ron Weasley. A côté, Potter, fier sur son balai, et Samael ligoté et frigorifié dans la même situation que lui.

« C'est beau non ? Toute cette neige, ce blanc, ce froid, ce brouillard. Toutes les conditions pour un accident de vol ! »

A voir le sourire de l'Élu, cet accident ne serait pas pour lui, mais pour eux. Samael se mit à ricaner et tourna la tête vers celui qui venait de parler :

« A défaut d'un meurtre, tu préfères l'accident, Potter. Je te pensais moins lâche, pour un Gryffondor. »

Severus, s'il avait pu, se serait frappé le front du plat de la main : avait-il conscience de la situation ?

« Et toi, mage noir, crois-tu que tes belles paroles vont permettre de t'en sortir ? Je sais que tu as ensorcelé les autres professeurs, sinon personne n'aimerait quelqu'un comme toi !

-Oh ? Hypothèse intéressante. As-tu des preuves ? Donne-les, nous avons tout notre temps.

-La ferme ! Cria Ron. Un monstre comme toi ne devrait pas exister !

-Tout dépend du point de vue : qui est le monstre ici ? Celui qui est près à tuer pour une simple vengeance, ou celui qui va être tué ? »

Ils continuèrent à voler quelques temps puis Harry s'arrêta :

« On est suffisamment loin de Poudlard. On peut le faire ici.

-Mais, il y a de l'eau en dessous.

-Justement. »

Ils se mirent à rire et sortirent leur baguette magique. Le professeur se prépara intérieurement à transplaner, mais Samael savait-il le faire ? Il n'en savait rien du tout.

« Prêt ? Demanda Harry.

-Prêt. Répondit Ron.

-Lashlabask ! »