Cet abruti de Castellanos s'était endormi alors qu'il n'avait pas encore eut le temps de le toucher pour faire ce qu'il devait faire...
Regardant Sebastian allongé comme un gros ours dans le lit de la chambre louée, Ruvik soupira en sortant de la poche de son jean délavé un sachet de poudre blanche.
Ses yeux ambrés regardèrent un instant la récompense qu'il avait eut du docteur Jimenez: cet enfoiré profitait des faiblesses des autres pour ses instincts primaires… cependant il faut bien admettre qu'il a toujours su le récompenser généreusement.
Bien que ce pseudo docteur soit méprisable sur bien des sujets, le blond lui est reconnaissant de le laisser toucher à quelques uns de ses cadavres afin d'en apprendre plus sur le corps humain, ce sujet étant une fascination maladive pour le jeune drogué.
Ses pulsions mortuaires lui avait valu beaucoup de problème par le passé mais il savait que ce plaisir morbide fait partie de lui, de son identité et qu'il ne la changerai pour rien au monde.
Un instant songeur, il glissa son regard sur l'hispanique en sale état et ne put réprimer un rictus moqueur : bien qu'il ne se droguait pas, Sebastian était en pire état mental que lui :
Ce fou avait tout perdu mais il fuyait aussi la réalité non seulement l'alcool mais aussi dans cette enquête absurde qui lui coûterait sûrement la vie à force de fouiner où il ne faut pas.
C'est tout simplement un suicide déguisé…moi au moins j'accepte la réalité dans toute sa laideur pour la transformer en force…
Les mains à présent tremblantes en raison d'un manque évident de drogue, Ruvik chassa cette pensée de sa tête et s'approcha du brun pour lui ouvrir sa chemise :
Quel drôle de type… C'est bien la première fois que je rencontre quelqu'un qui me paie cher par deux fois pour m'avoir mais pas pour que je le touche…
En se penchant vers lui, le jeune homme au regard sauvage étala sa came en une fine ligne sur tout le torse salement blessé de Sebastian. Il lui changea de nouveau ses bandages avec une certaine aisance qui caressa son égo. Satisfait de son travail, il vida ses poumons pour ensuite ingérer son trésor blanc en une seule respiration avant de s'allonger à son tour dans le lit : le monde des rêves allait enfin apparaître, sa soeur décédée en faisant partie.
[...]
Emporté par une vague de plaisir dans un magnifique champ de tournesol, le temps semblait s'être arrêté pour remonter aux souvenirs de leur enfance. Bien qu'à la même époque ses bourreaux de parents étaient encore en vie, seul les moments passés avec Laura importait. Celle-ci lui offrit l'un de ses sourires adorables dont elle avait le secret et qui faisait fondre le coeur froid du jeune homme.
En train de jouer dans la grange de leur père, Ruvik, qui se faisait appeler Ruben en ce temps-là, entendit croasser un corbeau. Ce bruit pourtant bénin l'inquiéta soudainement : ne dit-on pas que croiser un corbeau apporte malheur?
-Ruben? Qu'y a-t-il? Le voyant si pâle, Laura posa une main sur son front pour voir s'il avait de la fièvre, tu ne te sens pas bien?
Brutalement, le décor devint rouge et le blond vit sa soeur prendre soudainement feu sous ses yeux!
-LAURA! DE L'EAU! DE L'EAU!
Comme si ses désirs étaient des ordres, Ruben vit juste après une énorme vague déferler dans la grange! L'impact fut tellement violent qu'il emporta sa soeur au visage déformé de douleur avant de se faire emmener à son tour.
Se noyant dans ce qu'il pensait être ses propres larmes, le jeune garçon ouvrit les yeux dans cet océan dépourvu de couleur, sa soeur en sirène se trouvant face à lui. Les dernière bulles d'air s'échappèrent de sa bouche alors que la scène lui donnait envie de pleurer sans qu'il ne comprenne pourquoi.
Laura…
Tendant la main vers elle pour l'attraper, Ruben sentit comme du sable dans sa main :
A la place de l'eau, il venait de capturer quelque chose qui ressemblait à du sable : une poudre blanche comme neige!
La sentant glisser entre ses doigts, il put voir Laura s'effriter à son tour en des milliers de particules qui coulèrent au fond du néant!
Se sentant à son tour emporté par les abysses, Ruvik au corps d'adulte essaya d'hurler mais aucun son ne sortit de ses lèvres, la sensation d'impuissance le terrorisant jusqu'à sentir une vive douleur à sa joue puis une voix récemment familière rugit :
-PUTAIN RÉVEILLES-TOI DUCON! Tu fais un bad trip!
Jurant entre ses dents, Sebastian accorda une seconde gifle au blond qui ouvrit enfin les yeux!
-AH! …..QUE!...Encore épouvanté de ce qu'il venait de voir, Ruvik réalisa que tout cela n'était qu'un rêve et qu'il était actuellement dans la salle de bain, en compagnie de son client qui l'avait foutu dans la baignoire!...Qu'est ce que...commença-t-il en reprenant son souffle, mais à quoi tu joues? Tu veux me tuer ou quoi?!
-C'est comme ca que tu me remercie alors que t'étais en train de me faire une attaque connard?
-Je t'ai rien demandé!
Le brun fronça les sourcils en voyant cet ingrat essayer de sortir de la baignoire : ce dernier ressemblant à un chat mouillé en colère.
La scène fut tellement comique dans la tête de Sebastian qu'il ne put retenir un ricanement qu'il essaya maladroitement de cacher avec une fausse toux. Ses nerfs était forcément en train de lâcher après toutes les emmerdes qu'il avait accumulés en quelques jours :
-PFfff putain! Si tu te voyais sérieux!
-Ca te fait rire connard?!
Enervé, Ruvik le tua du regard alors que ses yeux injectés de sang dévoilaient des cernes plus creusées que la veille, le cauchemar ayant dû être violent selon le brun qui le vit glisser de nouveau dans l'eau!
Pris d'un remord, Sebastian l'aida à se redresser et le fit asseoir sur le rebord:
-Attends ici
-...
Méfiant, le jeune scientifique le regarda faire alors qu'il revint avec une serviette dans les mains, son partenaire lui essuyant alors les cheveux avec.
-...A quoi tu joues? ….Tu crois que j'ai besoin d'aide?
-Evidemment!
Touché dans sa fierté, le toxico le repoussa d'une main qui fut rapidement ignorée alors que Sebastian reprit comme si de rien était :
-T'es même plus capable de te tenir debout, laisse-moi faire et fermes-là, t'as déjà bien assez beuglé comme ca!
A ces mots, Ruvik marmonna dans sa barbe en le laissant agir, il n'avait plus assez de force pour lutter de toute manière… Seuls ses yeux ambrés parcoururent le corps de son majordome improvisé qui était étonnement doux dans ses gestes malgré son imposant gabarit.
Peut-être traitait-il de la même manière sa femme et sa fille?
Surpris d'une telle réflexion, le blond fut d'un coup mit debout et attrapé contre Sebastian : ce dernier l'entraînant à sa chambre en servant de soutien physique pour ensuite le déposer dans le lit.
-Bouffe et dors, tu peux rien faire d'autre.
-Tu t'es pris pour mon infirmière ou quoi?
-Fais ce que je te dis pour une fois! ...Je suis client ou pas putain?
Récupérant une bouteille de whisky qui appartenait sans doute à un ancien client, Sebastian s'asseya à côté d'un Ruvik perplexe qui le regarda faire un instant.
-Tu comptes aller où maintenant ? ...Tu n'as plus de piste n'est-ce pas?
-J'en sais rien, avoua-t-il, Stefano n'est peut-être pas coupable mais il cache forcément des choses qui sont peut-être liés au meurtre...De toute façon ce n'est qu'un sous-fifre de Théodore..c'est sans doute par lui que j'aurai des infos…
-Me dis pas que t'es assez fou pour aller voir le chef des mafieux de Krimson City? Railla le blond qui reprenait des couleurs. Si tu veux crever il y a des méthodes bien plus douces, ajouta-t-il en regardant le cou du brun qu'il pouvait par exemple étrangler...
-...Comme se mettre dans le pif ta merde en utilisant mon torse?
L'entendant rire, Sebastian regarda le mur en face de lui, le blond qui venait d'allumer la radio n'ayant pas tout à fait tord : Il ne pourrait jamais approcher Théodore à moins d'être un cadavres, ce type étant le plus protégé de la ville…
Et puis pourquoi s'échinait-il à résoudre cette enquête ?
Par esprit de justice? Quelle blague, comme si j'en avais déjà eut dans ma vie! J'ai même pas pu trouver le coupable qui a incendié ma barraque !
En pleine introspection avec lui-même, le brun sentit au bout d'un moment des mains glisser sur son torse : Ruvik le faisant basculer dans le lit alors qu'il le toisa avec des yeux triomphants de bourgeois supérieur :
-Putain à quoi tu joues encore? Demanda sa proie blasée, j'ai pas envie de...
-...Tu ne crois pas que tu ferais mieux de laisser tomber? Cette histoire ne te concerne pas et tu le sais…
Trouvant le discours suspect, Sebastian plissa les yeux :
-...Je te trouve bien concerné à me faire abandonner, qu'est-ce que tu me cach...PUTAIN! LACHE MA BRAGUETTE BORDEL!/
Soudainement tendu, Sebastian se redressa en repoussant Ruvik dans les coussins qui le toisa à nouveau d'un sourire hautain :
-Et qu'est-ce que tu feras une fois ta mission terminée?
Un peu déboussolé par la question, Ruvik attrapa la chemise ouverte de son partenaire qu'il tira vers lui :
Tu penses que tes problèmes seront réglés avec? Ou bien cherches-tu encore une raison de vivre car tu n'as plus rien à protéger?
-FERMES TA GU...HMPF!
Embrassé de force, Sebastian essaya de se détacher de ce pot de colle qui était déjà en train de glisser sa main sous son pantalon. Agacé de toutes ces tentatives qui lui faisait un effet qu'il préférait ignorer, Sebastian se mit à grogner:
-Argh! Merde Ruvik! Je t'ai pas payé pour me faire ca h/ j'en ai même pas envie pigé?!
-On en a toujours envie Sebastian, et puis je veux qu'on soit clair sur une chose : peu importe le client, si je me fais sauter c'est parce que je le veux bien, rien de plus! La drogue c'est ma compensation pour mes efforts mais je pourrais très bien en trouver sans me salir le cul…
Surpris de cette révélation, Sebastian sentit son membre devenir actif malgré lui alors que le blond le masturba au niveau des zones les plus érogènes pour le pousser à bout dans l'excitation, un sourire et des yeux brillants apparurent sur le visage de son agresseur.
-Espèce de sale...malade!
-Je préfère être malade que suicidaire inspecteur, répliqua-t-il en sortant du pantalon le membre durci du brun.
Ruvik le guida ensuite jusqu'à lui en contrôlant parfaitement la situation qu'il avait lui-même instaurée.
Sur le point de se résigner face à des arguments qu'il ne parvenait pas à contredire, Sebastian s'arrêta juste avant l'acte en se détournant du blond à présent frustré pour sortir son portable en train de vibrer. En l'allumant, il put lire un prénom aussi familier qu'inattendu apparaître : "Myra".
En décodant à l'envers l'identité de la personne, Ruvik fronça les sourcils puis entendit un flash spécial depuis la radio qu'il avait laissé allumé : un septième corps avait été retrouvé dans le quartier Est de la ville.
