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Chapitre 15 : Trois, deux, un

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C'était Noël.

Stiles était assis dans le canapé, un chocolat chaud entre les mains, une couverture sur ses jambes en tailleur, les yeux rivés sur la neige qui s'était déposée sur le balcon et un bonnet de père noël oublié à côté de sa tête sur le dos du meuble. C'était Noël et cela se sentait dans l'air autour de lui. Les rires des différents membres de la meute résonnaient encore dans la pièce, échos du réveillon, lorsqu'ils étaient tous réunis autour de la table basse, assis par terre, sur les chaises, à deux dans le fauteuil et quatre sur le canapé fait pour trois personnes. Des assiettes posées sur les genoux et le plat sur la table basse, toujours quelqu'un pour raconter quelque chose qui ferait qu'un autre s'étouffe avec sa nourriture. Alison et Lydia qui insistent pour mettre des chants de noël et Isaac qui leur gâche le plaisir en hurlant les paroles comme s'il se trouvait à un concert de métal. Des gens qui sourient et célèbrent.

De la neige, de gens heureux, Noël. Stiles avait oublié Noël.

Il but une gorgée de son chocolat et regarda la porte de la salle de bain. L'eau avait arrêté de couler, donc Derek allait bientôt en sortir.

Ce fut le cas, et celui-ci se figea un instant en voyant que Stiles le regardait. Puis, il détourna le regard dans la pièce, semblant intrigué par les murs de son appartement. Un sourire s'étendit sur les lèvres du plus jeune. Puis, Derek passa une main à l'arrière de sa tête en se dirigeant jusqu'à la commode. Il ouvrit le tiroir du bas, celui dans lequel il rangeait les draps, et en sortit un paquet.

Il se dirigea jusqu'au canapé, sans relever les yeux de l'emballage approximatif. Puis, il regarda Stiles dans les yeux et arrêta momentanément le temps par la même occasion, avant de tendre le paquet. « Joyeux Noël. »

Stiles regarda le paquet sans comprendre au premier abord. Puis, cela frappa violemment son cerveau. Derek lui faisait un cadeau. Pour Noël. « Tu m'as déjà fait un cadeau de Noël, » lui rappela Stiles. Il avait tenu sa promesse. L'adolescent ne pouvait rien demander de plus.

Derek pencha légèrement la tête sur le côté pour acquiescer. « C'est celui-ci que j'avais prévus à la base. » Il tendit le paquet un peu plus en avant vers Stiles. Celui-ci regarda à nouveau le papier doré et la ficelle rouge qui l'entourait. Il hésita avant de bouger. Puis, ses mains posèrent sa tasse sur la table basse et prirent lentement le paquet. Il le posa sur ses jambes et l'observa.

« Je n'ai rien à t'offrir, » dit-il. Quand il releva les yeux sur Derek, celui-ci avait les sourcils haussés de surprise. Il haussa une épaule.

« Ça n'a pas d'importance. » Stiles fronça les sourcils et se mordit la lèvre inférieure. Après tout ce que le loup avait fait pour lui, il avait l'impression d'avoir une dette immense envers lui. Il était certain que Derek ne serait pas d'accord, mais Stiles commençait à étouffer sous la reconnaissance. Parce que si l'alpha considérait ça normal de ne pas l'avoir traité comme l'esclave qu'il avait été envoyé pour être, Stiles savait que Derek aurait pu agir de façon bien différente, et qu'il en aurait eu parfaitement le droit. « Stiles, vraiment, ça n'a aucune importance »

L'adolescent releva les yeux sur lui. Un sourire légèrement amer qu'il n'arriva pas à arrêter étira le coin droit de ses lèvres. « La seule chose que j'ai à te donner, tu la refuseras. »

Il n'avait pas eu besoin de dire de quoi il s'agissait, Derek avait compris, c'était évident dans son regard. « Je me fiche que tu m'offres ou non quelque chose.

- Pas moi, » confia Stiles. « J'ai envie de te remercier. »

Derek le dévisagea en réfléchissant, cherchant une solution au problème. « Bien. Demain, je peux t'amener au centre commercial, tu n'auras qu'à me dire ce que tu veux m'offrir. »

Stiles fronça les sourcils, mais il était légèrement amusé par la remarque du loup. « Ça n'est pas un cadeau si c'est toi qui le paie.

- D'accord, » soupira-t-il. « On laisse tomber. »

Stiles se mordit l'intérieur de la lèvre. Le loup semblait toujours réfléchir. « Der –

- Je sais. » Il y eut un éclair dans les yeux bleu-gris – du moins ils paraissaient bleu-gris aujourd'hui – et Derek se retourna. Il se dirigea jusqu'à la bibliothèque et y chercha quelque chose. Stiles l'observa, sourcils froncés, quand il revint en lui tendant un livre. « Lis-le moi, » dit alors Derek.

L'adolescent le regardait confus, mais Derek semblait sûr de son idée. « Je n'aime pas spécialement lire, mais j'aime ta voix. » Les sourcils de Stiles se haussèrent, mais soit le loup ne le remarqua pas, soit il décida de ne pas relever, parce qu'il continua comme si de rien n'était. « Et j'aime cette histoire. Je crois que toi aussi. »

Alors, Stiles baissa les yeux sur la couverture du livre et la reconnut instantanément. Quelque chose d'à la fois lourd et léger bouscula ses poumons. Il releva les yeux sur Derek et celui-ci lui souriait sincèrement. Il tendit la main pour prendre le petit livre. Il glissa son pouce sur la couverture, peut-être qu'il tenait ce livre pour la première fois, mais c'était familier.

« Mais d'abord, ouvre ce paquet, » demanda Derek, une tension dans la voix. Stiles posa le livre à côté de lui sur le canapé, alors que le loup se laissait tomber dans le fauteuil. Il jeta un coup d'œil au loup qui semblait détester l'attente de sa réaction. Il eut envie de prendre son temps pour défaire le papier, juste pour le taquiner, mais décida du contraire. Il arracha le papier, le son rappa l'air lointain mais familier.

Sous le papier se trouvait du tissus, un épais manteau dans les tons bruns. Il posa une question muette à Derek en le regardant. « La veste que je t'ai passée est trop légère pour l'hiver. Tu avais froid l'autre jour. » Il haussa une épaule, comme si ce n'était rien. Stiles songea que, peut-être, pour Derek, s'inquiéter de la santé de quelqu'un d'autre n'était rien, pas grand-chose, naturel.

Il sourit. « Merci.

- ça te plait ?

- Oui, » répondit Stiles en passant ses doigts sur le manteau. « J'ai un peu l'impression d'être Dobby dans Harry Potter. » Derek rit sans retenu et Stiles sentit aussi un rire s'échapper de lui. Puis, il releva les yeux et les planta dans ceux du loup. Sérieusement. « Merci, Derek. »

Celui-ci inspira profondément et hocha une fois la tête. Stiles garda la veste sur lui en reprenant le livre. Il l'ouvrir après avoir une dernière fois passé les yeux sur la couverture. Il inspira profondément et commença à lire à voix haute. « Lorsque j'avais six ans j'ai vu, une fois, une magnifique image, dans un livre sur la forêt vierge qui s'appelait Histoire vécues. Ça représentait un serpent boa qui avalait un fauve. Voilà la copie du dessin. – Est-ce que je te montre les images ?

- Non, lis juste, » murmura Derek en réponse, comme s'il ne voulait pas que sa voix interfère avec celle de Stiles.

Celui-ci acquiesça avant de s'humidifier les lèvres pour reprendre sa lecture. « On disait dans le livre … »

La voix de Stiles se glissa dans chaque particule d'air du loft, remplit tout l'espace. Derek suffoquait, mais ça n'avait aucune importance. Il observait les yeux bruns qui glissaient sur la page. C'est à peine s'il remarquait les pauses et les hésitations de l'adolescent quand il buttait sur un mot, ou que ses paroles voulaient aller plus vite que son propre rythme de lecture. Après plusieurs chapitres, et probablement sans même s'en rendre compte, Stiles commença à utiliser différentes voix pour différents personnages. Derek savait que l'histoire n'aurait plus jamais la même saveur pour lui désormais.

C'était le meilleur Noël qu'ils avaient tous les deux eu depuis des années.

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« Je ne comprends pas. Si le père noël existe vraiment, comment ça se fait que tous les adultes ne croient pas en lui ? S'il existe, ça veut dire qu'il apporte vraiment des cadeaux chaque année, non ? Les adultes pensent qu'ils viennent d'où ?

- Je ne pense pas que tu sois censé y réfléchir autant.

- Mais ça n'a pas de sens ! » insista Stiles. Il regardait Derek avec insistance, voulant prouver qu'il avait raison.

« J'ai jamais dit le contraire, » répondit le loup. Stiles soupira et regarda l'écran d'un air mauvais. Derek se demanda s'il pensait qu'en regardant l'écran assez longtemps, le film changerait et ne serait plus illogique. La jolie petite famille américaine volait dans le traineau du père noël, les enfants lançaient des cadeaux par-dessus bord, gros plan sur des visages heureux. Stiles foudroya l'écran du regard. « Quand est-ce que tu as arrêté de croire au père noël ?

- Six ans. Le père de Scott lui a gâché la fête, alors Scott a répété le mot à toute l'école. » Derek haussa les sourcils, surpris. Stiles haussa une épaule. « Moment compliqué, » offrit-il. C'était étrange de voir Stiles lui cacher ouvertement quelque chose, quand cette chose concernait Scott qui plus est.

Derek essaya d'imaginer Stiles et Scott être amis. Meilleurs amis. Du genre à ne jamais se quitter, à faire les quatre cents coups ensemble et à rendre dingues leurs parents. Du style à se couvrir quand l'autre faisait une bêtise. De ceux qui ont grandis comme deux frères. Il savait que c'était comme ça que Scott regardait Stiles, comme s'il pouvait peut-être retrouver une partie de lui-même. Stiles, lui, semblait toujours distant.

« Tu penses que tu vas redevenir ami avec Scott ? » Stiles le regarda surpris. Il fronça les sourcils en réfléchissant, et son regard s'assombrit. Il haussa une épaule. « Tu n'en as pas envie.

- C'est pas … je ne suis pas sûr de pouvoir. Tout est … à des années lumières d'avant. On ne pourra jamais remplir les blancs. Je n'avais pas pensé à lui depuis longtemps avant de le revoir à la clinique. » Il y eu un silence, pendant lequel Derek se contenta d'attendre que Stiles poursuive ou change de sujet. Ce dernier inspira profondément avant de reprendre. « Je ne pouvais pas m'accrocher à lui, ou à rien d'autre. Si je n'avais pas tourné la page, considéré tout comme fini, j'aurais … » Il soupira un rire amer. Il ouvrit la bouche pour terminer sa phrase mais secoua négativement la tête. Ses épaules tombèrent alors qu'il relâchait l'air que ses poumons maintenaient malgré lui. « J'aurais jamais tenu. Mentalement. » Il garda à nouveau le silence, ses yeux baissés sur ses doigts, les fermant contre ses paumes avant de les écarter. « Le mental, c'est tout ce que j'avais. »

Derek l'observa. Il ne s'était pas attendu à ce que Stiles s'ouvre autant, en dise autant. Derek savait qu'il n'aurait jamais une image complète, qu'il ne pourrait que deviner certaines choses et essayer de ne pas appuyer sans le savoir sur une corde sensible. C'était étrange de se voir donner une pièce d'un puzzle qu'il ne pourrait jamais former en entier. Mais, cette image ne l'intéressait pas, contrairement à celle qui se révélait plus volontairement à lui, celle de ce que Stiles pouvait être, si on lui laissait l'occasion d'exister.

« Tu es plus fort que ce que tu as l'air de penser, » lui dit Derek. Il n'avait pas besoin d'y réfléchir longtemps pour savoir qu'il n'aurait jamais tenu dans la même situation. Il aurait préféré la mort. Stiles lâcha un rire nerveux, mais acquiesça quand même. « Je le pense.

- Je sais, » murmura Stiles. Il joua avec ses doigts encore un moment, puis, ses yeux tombèrent sur ceux de Derek, assis à côté de lui sur le canapé. Il tendit la main, puis hésita et leva les yeux sur le loup. Celui-ci acquiesça et Stiles prit sa main dans les siennes.

Ses pouces caressèrent le dos de la main de Derek, puis, il plaqua la paume de sa main contre la sienne. « Pourquoi mes mains sont si petites ? » Derek rit avant d'abaisser la phalange supplémentaire qu'il possédait par-dessus le bout des doigts de Stiles. Celui-ci lui lança un regard noir.

Puis, Stiles entrecroisa leurs doigts et les referma sur sa main. Derek imita son geste. Les yeux bruns observèrent leurs mains jointes, tournant son poignet pour les voir sous différents angles. Un sourire doux apparut sur ses lèvres. Derek scrutait son visage, ses poumons étouffés par l'émotion. Stiles laissa tomber leurs mains entre eux, toujours liées, et plongea son regard dans celui du loup.

C'était doux. Bien plus doux que tout ce qu'ils avaient un jour pu connaitre. C'était toutes les choses les plus douces réunies en une seule pour vous achever. C'était chaud au fond de leurs estomacs et légers dans leurs poumons, comme si l'air avait changé de consistance et leur sang de température. Dix doigts entrelacés comme la plus belle prison du monde dont ils espéraient ne jamais être libérés.

Derek ferma les yeux et soupira. Stiles se tendit, mais le loup serra sa main plus fort. « Ma sœur arrive.

- Elle devait venir ? » Derek secoua la tête. Puis, ses sourcils se froncèrent. Il lâcha la main de Stiles, s'avança vers la porte et l'ouvrit juste avant que Cora ne débarque dans la pièce. Il y avait quelque chose de fou dans ses yeux, elle inspirait et expirait rapidement, comme si elle était sur le point de craquer.

Stiles ne bougea pas d'où il se trouvait, se recroquevillant légèrement sur le canapée pour que la louve ne le remarque pas.

Cora fit plusieurs pas dans la pièce avant de revenir sur ceux-ci, puis repartit dans l'autre sens. « Cora, qu'est-ce qu'il t'arrive ? » Elle n'écouta pas son frère, elle jeta un coup d'œil dans la chambre, puis se pencha par-dessus le comptoir de la cuisine, comme si elle s'attendait à ce que quelque chose se trouve derrière. « Cora ! »

Elle se tourna soudainement vers lui. Ses yeux étaient tellement plein de folie paniquée, qu'elle eut l'air de le voir pour la première fois et de ne pas le reconnaitre. Derek tendit doucement une main vers elle comme s'il cherchait à l'apaiser. Stiles essaya de respirer moins fort. « Cora … est-ce que ça –

- Où est Isaac ? » Sa voix manquait de souffle. Derek fronça les sourcils.

« Je ne l'ai pas vu depuis le réveillon. » Les yeux de Cora flashèrent jaunes. Stiles sentit son corps se retrancher encore plus derrière les coussins, par réflexe. Derek se mit entre sa sœur et l'humain, une main toujours tendue en avant. « Calme-toi et dis-moi ce qu'il se passe. »

Les yeux de Cora bougeaient tout autour de la pièce. Elle secoua lentement la tête. « C'est toi qu'il vient toujours voir.

- Peut-être pas cette fois, » répondit Derek. « Il est parti quand ?

- Il y a deux jours, » grogna la louve. Son frère se redressa légèrement. Stiles pouvait voir la raideur de ses épaules.

« Je vais t'aider à le retrouver, d'accord ?

- Il ne répond pas au téléphone.

- Tu veux que j'essaie ?

- C'est direct le répondeur. » Elle avait les poings serrés et tremblait. Derek s'approcha doucement et posa ses mains sur ses bras. « J'ai foiré.

- ça va aller. On va le retrouver. » Cora baissa la tête vers le sol et la secoua lentement. « Je te dis qu'on va le retrouver. » Il posa la tête sur le haut de celle de sa sœur et l'attira contre lui. Cora ne leva pas les bras pour répondre à son étreinte. « Allez, viens, on part retrouver ton abruti de copain. » Derek s'écarta et la poussa doucement en direction de la porte. Il lança un regard en arrière à Stiles qui acquiesça simplement.

Les deux Hale montèrent dans la Camaro. Cora regardait par la fenêtre, son regard vide fixait sans le voir le paysage. Derek soupira. « Bon, okay. Qu'est-ce qu'il se passe entre vous ? » Sa sœur le regarda avec surprise. « Je sais que j'ai dit que je ne m'en mêlais pas. Mais j'en ai assez de vous retrouver dans des états pareils. Vous êtes de pire en pire.

- Derek, » dit Cora. Le ton de sa voix impliquait que la réponse était si évidente qu'elle n'avait pas besoin d'être formulée. Il haussa exagérément les sourcils. Cora fit un geste vague de la main pour se désigner. « Je ne suis pas particulièrement une bonne petite-amie.

- Alors, essais de l'être, » répondit son frère. Elle eut un rire ironique. « C'est quoi le problème ? Tu l'aimes et lui aussi. Faites-en sorte que ça fonctionne.

- Oh, alors monsieur est amoureux depuis une semaine et ça fait de toi un expert ?

- De quoi tu parles ? »

Elle eut une exclamation moqueuse. « Oh, arrête, tout le monde sait. Même Malia a compris depuis Noël. » Elle détourna le regard par la fenêtre à nouveau. Derek serrait les mâchoires. Il allait reprendre, lui dire qu'il ne s'agissait pas de lui, lui demander ce qu'il se passait vraiment avec Isaac, mais sa sœur le coupa. « Tu crois que c'est simple ? Tu crois qu'il suffit de ressentir quelque chose pour que ça arrange tout ?

- Arrête de me parler comme si j'avais quinze ans, » rétorqua-t-il d'une voix tranchante.

Elle le foudroya du regard. « Bien. Si t'es capable de voir combien tes relations ont foiré avant, pourquoi tu penses que, cette fois, ce sera différent ?

- On ne parle pas de moi, là. C'est toi et Isaac le –

- Je t'ai dit que tu ne devais pas tomber amoureux de lui. Pourquoi tu ne m'as pas écoutée ?

- Pourquoi tu parles de –

- T'es vraiment assez con pour croire qu'il t'aime ?! » Cora avait presque hurlé et Derek mit trop longtemps à se remettre de ses mots. Son cœur manqua plusieurs battements, il s'arrêta de respirer. Sa sœur leva les yeux au ciel. « Putain, t'es assez con pour ça, » marmonna-t-elle en prenant son front dans une main et basculant sa tête en arrière sur le siège.

Derek serra les dents. « Ce n'est pas le sujet.

- Tu sais qu'il t'aime uniquement parce qu'il a besoin de toi, n'est-ce pas ? » La voix de Cora était calme. Il y avait de l'inquiétude dans son regard.

Derek s'était garé sur le côté de la route sans même s'en rendre compte. Il se passa une main sur le visage et se tourna vers sa sœur. « Pourquoi tu penses ça ? Tu penses qu'il est incapable de ressentir quoique ce soit à cause de ce qu'il a vécu ?

- Je pense que c'est facile de tomber amoureux de la première personne qui ne vous traite pas comme de la merde, qui ne vous utilise pas pour son propre plaisir avant de vous rejeter et qui ne vous prend pas seulement quand vous êtes utile.

- Cora … » Derek détourna le regard sur la route pendant quelques instants.

« C'est facile de tomber amoureux d'un héros. » Des larmes lui montèrent aux yeux. « Et tu sais que je t'aime plus que tout, Derek. Mais … t'es pas un héros. Et un jour, il va le réaliser et il va juste se barrer et toi … toi tu vas rester avec un cœur brisé à nouveau. » Elle soupira, comme pour faire passer silencieusement un sanglot qui lui étranglait la gorge. « Il ne pourra jamais t'aimer en retour. »

Derek observa sa sœur. Il laissa les mots qu'elle venait de lui dire pénétrer sa peau, se glisser entre les atomes qui formaient son être et plonger au fond de son esprit pour l'envahir d'une fumée noire. Puis, il réalisa qu'ils ne faisaient pas aussi mal qu'il l'aurait pensé. Il ne put s'empêcher de sourire, peut-être pas vraiment joyeusement, peut-être amèrement, peut-être avec résignation.

« Cora, même s'il ne m'aime jamais. Je m'en fiche. » Elle fut surprise. « Je pourrais vivre en sachant seulement qu'il va mieux grâce à moi. Je pourrais vivre sans qu'il m'aime en retour. » Il se rassit dans son siège, face au pare-brise.

Il sentit l'odeur des larmes et se tourna vers sa sœur. Une larme coulait sur sa joue droite. Elle lui sourit, un arc de tristesse. « J'aimerai être comme toi. » Il tendit la main vers elle et Cora se pencha pour s'enfouir dans ses bras.

« Isaac est amoureux de toi, » la rassura Derek.

Cora secoua la tête. « On est juste deux personnes cassées qui ont finis ensemble car elles n'ont aucune idée de comment tenir seules.

- Mais … ça peut marcher. Vous pouvez vous entraider. Vous pouvez aller mieux. » Cora s'écarta de lui et le regarda dans les yeux.

Elle lui sourit, tristement, mais avec une sorte de confiance dans le regard. « Nous en tout cas, on n'y arrive pas. » Son regard se voila. « Il mérite mieux, tu le sais. Arrête, » dit-elle quand Derek ouvrait la bouche pour la contredire. « Tu sais que c'est vrai. » Il y eut un blanc où l'ainé se mordit l'intérieur de la lèvre pour rester silencieux. « Mais, je veux juste être égoïste un peu plus longtemps, » murmura-t-elle.

Derek rentra à l'appartement, seul, une heure et demi plus tard. Stiles l'interrogea du regard dès qu'il passa la porte, le livre ouvert sur ses genoux complètement oublié. « Il se cachait chez Lydia. Elle était soulagée qu'on vienne enfin le chercher, elle commençait à s'inquiéter. » Il se laissa tomber sur le canapé en soupirant. Puis, il se tourna vers Stiles. « Qu'est-ce que tu lis ? »

Celui-ci leva le livre pour que Derek puisse lire le titre. Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban. « Tu ne veux toujours pas les lire dans l'ordre ? » Stiles secoua la tête, un sourire aux lèvres. « Tu veux bien me le lire ?

- J'en suis à la moitié, ça ne te gêne pas ?

- Non. Je veux juste t'entendre. » Les joues de Stiles se teintèrent de rouge. Celui-ci releva le livre, baissa les yeux et s'éclaircit la gorge. Il passa sa langue sur ses lèvres distraitement et commença à lire. Derek le dévisagea un moment avant de simplement fermer les yeux et se laisser bercer.

Oui. Il pourrait vivre le reste de sa vie comme ça.

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Ils étaient proches d'une nouvelle année. Comme Noël avait eu lieu au loft, Mélissa avait décidé que le Nouvel An aurait lieu chez elle. La meute avait alors envahi la maison des McCall.

Ça avait été étrange pour Stiles d'entrer dans cette maison. Rien ne semblait avoir changé. Les meubles étaient à la même place, la décoration était exactement la même, à l'exception de quelques photos nouvelles et d'anciennes qui avaient disparu. C'était péniblement familier, et donnait l'impression à Stiles qu'il n'avait rien à faire là.

La soirée fut tout aussi, si ce n'est plus, bruyante que le réveillon de Noël. Il y avait plus d'adultes que la dernière fois, et Stiles comprit que les parents d'Alison et de Lydia étaient aussi présents ce soir.

Il se leva pour aller aux toilettes, y allant sans même prétendre ne pas connaitre le chemin. Il ferma la porte et s'appuya contre elle, basculant la tête en arrière contre le bois. La mère de Lydia ne cessait de le fixer, comme s'il était un mot au bout de sa langue dont elle n'arrivait pas à se rappeler. Le père d'Alison l'observait plus discrètement, mais semblait alerte, et son attitude hurlait à Stiles chasseur, car il correspondait à tout ce qu'il avait entendu d'eux. Mélissa lui lançait des regards inquiets depuis qu'ils avaient fini l'entrée, voyant qu'il jouait avec sa nourriture et attendait que Derek ou Isaac subtilise aussi discrètement que possible le contenu de son assiette pour qu'il n'ait pas à manger. Mais il ne pouvait pas éviter d'en ingérer une partie. Il prit une profonde inspiration pour ne pas rendre le contenu de son estomac. Il ne vomissait plus en temps normal, mais la trop grande quantité de nourriture lui avait donné la nausée. Il prit une autre profonde inspiration, les mains à plat contre la porte pour conserver son équilibre.

Il se passa de l'eau sur le visage et s'essuya avant de ressortir. Stiles sursauta lorsqu'il faillit rentrer dans la mère de Lydia. Il se heurta le dos au cadre de la porte et elle sembla tout aussi surprise que lui. Sauf qu'elle l'était de sa réaction et non de sa présence. « Tu es Stiles, c'est ça ? Le fils du Sheriff et de Claudia ? »

Un poids glacial tomba dans l'estomac de Stiles et il acquiesça difficilement. « Ma Lydia m'a posé des questions sur toi il n'y a pas longtemps … comment t'es-tu retrouvé chez Derek Hale ? » Elle avait les bras croisés sur sa poitrine et le scrutait du regard. Stiles savait qu'elle était au courant pour le surnaturel, mais d'après Lydia elle ne gérait qu'à moitié les choses.

Stiles se rendit compte que ses mâchoires se serrèrent. Il ne voulait pas répondre. Il ne voulait pas qu'elle sache pour lui offrir ce regard de dégoût et de pitié. Il s'éclaircit la gorge. « Il m'a aidé, » répondit-il.

La mère de Lydia soupira. « Est-ce que tu as au moins prévenu ta mère ? Elle doit être morte d'inquiétude. »

Un instant passa pendant lequel le cerveau de Stiles prit en compte les mots qu'elle venait de prononcer. On est en sécurité ici. Puis, un rire nerveux à la limite de la folie s'échappa de lui. Elle le regarda surprise et inquiète. Stiles. « Non, » répondit-il. Tout va bien se passer maintenant. « Elle n'est pas morte d'inquiétude. »

La femme en face de lui prit un air réprobateur. Stiles ! « Eh bien, je suis mère. Et je connaissais ta maman, Stiles. Je suis certaine qu'elle s'inquiète pour toi, surtout si tu ne lui as pas dit où tu te trouves. Et, sincèrement, » ajouta-t-elle à mi-voix, faisant un pas vers lui pour pouvoir parler aussi bas. Hahahaha. Stiles se pressa contre l'encadrement de la porte. « Tu penses vraiment que c'est une bonne idée de trainer avec ce genre de … personnes ? Enfin, certains sont dangereux. Pervers.

- C'est peut-être quelque chose que vous auriez dû dire à ma mère. » La mère de Lydia se redressa avec surprise. Stiles avait l'impression que quelque chose de froid avait pris la place de son sang dans ses veines. Il n'avait pas haussé le ton, il n'avait rien changé à son masque neutre mais son ton était glacial.

« Stiles, qu'est-ce que tu –

- Je ne peux pas dire à ma mère où je me trouve. Je ne sais pas parler aux morts. »

Elle plaqua ses deux mains contre sa bouche d'un air horrifié. « Oh mon Dieu, Stiles … je – je suis tellement désolée. » Elle tendit une main vers lui et Stiles se raidit, recula légèrement son bras, mais elle l'agrippa. Oh, Stiles … Elle continua de secouer la tête d'un air peiné. « Oh, Stiles, » souffla-t-elle. Hahahaha. « Viens-là. » Elle tendit son autre main, elle allait l'entourer autour de son autre bras et l'attirer dans une étreinte. Stiles, viens-ici. Stiles ne voulait pas ça. Stiles ! Il ne voulait pas qu'elle s'approche de lui ou qu'elle le touche. Ne bouge pas. Il essaya de reculer, mais le mur était derrière lui, alors il se raidit simplement et la laissa faire. Juste comme ça. Elle le serra contre elle, posa sa tête sur son épaule et caressa son dos du plat de sa main.

Stiles resta immobile alors que la main passait répétitivement dans son dos. Il était incapable de faire un mouvement, mais sentait chacun de ses organes se serrer. Il allait vomir. Ce n'était même plus une question de volonté. Il ne respirait pas, il ne voulait pas sentir son odeur, ne voulait pas. Il ne voulait pas.

Lorsqu'elle s'écarta de lui, elle fit glisser ses mains le long de ses bras, répétitivement, comme si elle voulait le réchauffer. Chacun de ses mouvements le frigorifiait. Il voulait s'écarter, il voulait retirer ces mains de lui, il voulait retourner dans la salle de bain et s'y enfermer, il voulait se cacher, il voulait disparaitre, il voulait qu'on arrête de le toucher. Mais il ne pouvait rien faire de tout cela. Alors il se laissa faire.

Elle posa une main sur sa joue avec inquiétude. « Je suis désolée. Est-ce que ça va aller ? »

Stiles mit une seconde à réagir, ayant du mal à comprendre qu'elle lui posait une question. Il hocha la tête. Toujours hocher la tête. Toujours avoir l'air d'aller bien. Elle tapota doucement le bout de ses doigts contre le bord de son visage avant de finalement reculer. Elle lui offrit un sourire triste. « Tu viens ? » demanda-t-elle. Il hocha la tête et elle resta à le fixer un moment, avant de finalement partir, troublée.

Une fois qu'elle disparut dans les escaliers, Stiles retourna dans la salle de bain et verrouilla la porte derrière lui. Il fit un pas et s'écroula par terre. Il eut à peine le temps de ramper jusqu'aux toilettes avant de vomir. Puis, il retomba sur le sol. Son corps entier tremblait et il serra les dents pour ne pas laisser ses émotions tout envahir. Il essaya d'inspirer profondément, mais son souffle fut court et l'étrangla.

Il se força à reprendre son souffle quand quelqu'un frappa contre la porte. « Stiles ? Stiles tu es là ? » La voix semblait paniquée. Stiles serra les dents pour ne pas qu'un sanglot s'échappe. « Stiles ? » Il reconnut la voix de Derek, ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais aucun son ne vint. « Stiles ? » Il se demanda pourquoi le loup s'embêtait à lui poser une question alors qu'il pouvait entendre les battements de son cœur. Il donna néanmoins un petit coup de pied contre la porte.

Il y eut un silence. « Est-ce que je peux entrer ? » Stiles sentit son cœur s'affoler. Un sursaut paniqué, comme si celui-ci voulait s'enfuir pour ne pas avoir à assister à ça. « Okay, c'est rien. » Stiles ferma les yeux et se recroquevilla sur lui-même, s'allongeant en boule contre le sol carrelé.

« Elle a dit qu'elle t'avait parlé de ta mère ? » essaya Derek. Stiles vit le bucher, la fumée dans l'air et les flammes. Il ouvrit les yeux sur le carrelage blanc. Sa respiration s'accéléra. Il se hissa comme il le put sur la cuvette avant de vomir à nouveau. Mais il n'avait plus rien à vomir et l'acide lui brula la gorge. Il se laissa tomber assis contre le mur et entendit la voix de Derek s'excuser encore et encore dans un murmure constant de l'autre côté de la porte. « Je … je vais juste te parler d'autre chose, essayer … je vais – je vais te changer les idées, je vais –

- Elle m'a pris dans ses bras, » dit Stiles, aussi fort qu'un souffle, mais Derek pouvait certainement entendre.

Il entendit quelque chose taper contre la porte et le loup marmonner, « Merde. »

Stiles rampa pour appuyer son dos contre la porte. Il se laissa glisser jusqu'à être à nouveau allongé sur le sol, recroquevillé sur lui-même. Il sentit la porte trembler alors que Derek s'appuyait contre elle. Il se concentra sur cette image : son loup adossé à la porte de bois et lui de l'autre côté. Il essaya d'imaginer la couleur que prendrait les yeux de Derek dans la pénombre du couloir. Il imagina ses longs doigts jouer ensemble alors qu'il cherchait quelque chose à faire ou à dire. Lentement, Stiles chassa les fantômes aux coins de ses yeux et retrouva son souffle.

Mais même lorsqu'il sut qu'il n'allait pas craquer, il ne se releva pas. « C'est quoi ta résolution pour cette année ? » demanda alors la voix de Derek.

« Ma quoi ?

- Ta résolution. Tu sais, ces trucs qu'on dit qu'on va faire cette année pour être quelqu'un de mieux et qu'on arrête de faire dès le lendemain soir. »

Stiles resta silencieux, puis il ferma les yeux et dit la première chose qui lui passa par la tête. « Aller mieux ?

- Ne fais pas de moi l'optimiste de nous deux. » Stiles pouffa de rire. « Je suis sérieux ! Demande à n'importe qui en bas. Rien que dix minutes plus tôt, Malia m'a comparé à Grincheux.

- De Blanche Neige ?

- Celui-là même. » Le corps de Stiles fut secoué par son rire. « Je veux une vraie résolution.

- Quelle est la tienne ? »

Il y eut un silence de l'autre côté de la porte. Puis, Derek dit, « Je vais devenir végétarien. »

Stiles explosa de rire. « Tu es un loup !

- C'est pas important, je la tiendrai pas. » Stiles continua à rire pendant quelques instants.

Puis, il inspira profondément. Il chercha une promesse qu'il pouvait briser, mais seules des choses tristes lui venaient à l'esprit. « Derek, tu veux m'aider à être la première personne au monde à tenir une de ses bonnes résolutions ?

- Je vais essayer.

- Je veux aller mieux.

- Alors, je vais faire plus qu'essayer. » Stiles se demanda s'il y avait aussi un sourire sur les lèvres de Derek. Il expulsa tout l'air hors de ses poumons avant de reprendre une grande inspiration. Il se redressa et se leva, chancelant. Il tira la chasse et se rinça la bouche à l'évier.

Ses yeux tombèrent sur son reflet. Un petit humain pâle et maigre. La seule chose qui ne semblait pas fragile chez lui, c'était la lueur au fond de ses yeux. Stiles se redressa bien droit et se défia du regard.

Puis, il éteint la lumière, déverrouilla la porte et l'ouvrit. Il trouva Derek assis par terre, qui manqua de tomber en arrière lorsque son dossier disparut. Il lança un regard à Stiles depuis le sol avant de se relever. « Prêt ? » Stiles hocha la tête.

« Si … si la mère de Lydia s'approche de moi –

- Je m'en occupe personnellement, » répondit Derek sans une once d'hésitation. Les lèvres de Stiles s'arquèrent d'amusement. « Je serai poli, » le rassura-t-il avec un sourire dangereux en coin.

Stiles prit sa main dans la sienne et la serra. Un merci passa dans son regard. Ils allaient descendre quand ils entendirent les cris venant d'en bas. « Douze ! Onze ! » Quelque chose passa dans leurs regards et ils les détournèrent juste un instant. Puis, ils pouffèrent de rire en se sentant ridicule.

Ils relevèrent les yeux dans ceux de l'autre. Stiles se mordait la lèvre inférieure et Derek n'arrivait pas à le regarder sans cligner des yeux. « Est-ce que tu me laisserais … ? » Il n'osait même pas le dire en entier. Il faisait sombre dans le couloir, mais le peu de lumière présente illuminait les yeux de Stiles et sublimait les traits de son visage. Il était la plus belle chose sur laquelle Derek avait posée les yeux. Les doigts de Stiles se resserrèrent autour des siens. « Sept ! Six ! »

Il y avait quelque chose de surnaturel dans le passage d'une année à une autre qui donnait l'impression à Stiles d'entrer dans une nouvelle dimension. Dans quelques secondes, il ferait un pas dans une année où personne ne lui avait encore fait de mal. C'était une page blanche et un nouvel univers possible. Ce pouvait être un nouveau départ. Ce pouvait être ce qu'il avait passé des années à ne pas imaginer avoir un jour. C'était une promesse. Derek était une promesse. « Cinq ! Quatre ! »

Stiles sourit au loup. Il n'avait pas besoin d'entendre son cœur pour savoir que celui-ci s'agitait, il le voyait dans son regard, le sentait dans la nervosité de ses doigts qui tentaient de ne pas serrer les siens trop fort. « Oui, Derek. Embrasse-moi. » C'était juste un murmure et les pupilles de Derek se dilatèrent. « Trois ! Deux ! »

Derek se demanda s'il avait le droit d'être assez fou pour croire que Stiles l'aimait. Parce qu'il ne pouvait pas en être autrement, si ? Alors qu'il le regardait ainsi, lui souriait ainsi, murmurait ainsi. « Un ! » Les cris au rez-de-chaussée devenaient épouvantablement forts, mais c'est à peine si Derek les remarquait. Il n'y avait plus qu'une seule chose dans l'univers désormais.

« Bonne année ! » Derek se pencha vers Stiles et Stiles se pencha vers Derek. Leurs lèvres se rencontrèrent, entrèrent en collision. Ils avaient l'impression que tout explosait en eux, leur cœur, en particulier, donnaient l'impression de ne pas survivre à l'impact. Stiles avait lu que les impacts cosmiques étaient fréquents lors de la création de systèmes solaires, que, sans eux, il n'y aurait ni Terre, ni Lune, ni rien. Il n'avait pas compris comme quelque chose d'aussi violent menait à la création et non à la destruction. Mais, à cet instant, c'était logique. Peut-être qu'on devait détruire pour créer.

Lorsqu'il s'écarta des lèvres de Derek, Stiles laissa son front retomber sur son épaule. Il avait besoin d'un moment pour retrouver son équilibre. Le loup avait besoin de se souvenir du concept de respiration.

« Bonne année, Stiles.

- Bonne année, Derek. »

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J'ai fait deux entorses au canon de la série dans ces deux derniers chapitres. 1/ Derek et Stiles ont une plus grande différence de taille que dans la série. On peut expliquer ça par la mauvaise nutrition de Stiles, qui lui a donné une plus mauvaise croissance. 2/ Il y a trop de neige pour une ville de Californie, à moins qu'elle soit perchée dans les montagnes de la Sierra Nevada, ou que ce soit une année extraordinaire (il neige, mais très peu en Californie). On peut expliquer ça par le fait que je voulais de la neige pour les chapitres de noël (batailles de boules de neige, c'est joli) et que je me fiche de la logique de Dame Nature. Désolée (je n'ai pas d'excuse).

J'espère que ce chapitre vous aura plu. Je vous remercie encore une fois énormément de lire cette histoire, ça me fait très plaisir !

A bientôt !

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