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Chapitre 16 : Ce que cela veut dire
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« Donc, » insista Stiles, un large sourire aux lèvres, « Tu admets que c'est inutile de savoir ça.
- J'ai dis que ça ne m'était pas utile à moi, » le contredit Derek, souriant tout autant. « ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas quelqu'un sur Terre qui utilise cette formule.
- D'accord, mais c'est sadique d'apprendre un truc comme ça à tout le monde, alors qu'il y a juste un type, perdu quelque part, qui utilise sa petite formule tout seul dans son coin, t'es d'accord ?
- Ce sont des maths, Stiles, » lui rappela Derek, sa voix se perdant au milieu d'un rire. « C'est censé être sadique !
- Ravi de savoir que ceux en chargent de notre éducation sont des sadiques. Tout a bien plus de sens maintenant. C'est aussi pour ça que j'ai dû apprendre la carte des états et la liste des présidents par cœur ?
- Du pur sadisme.
- Les salauds, » marmonna Stiles. Son regard était plongé dans celui de Derek. Il était certain qu'il allait se noyer. Il sentait ses joues tirer d'avoir trop souris, les sentait chauffer alors qu'elles rougissaient. Derek passa sa langue sur ses lèvres et Stiles était certain qu'il l'avait fait exprès.
« Oh mon dieu, mais embrassez-vous qu'on en finisse, » grogna Lydia. Les deux hommes sursautèrent et se tournèrent vers elle, réalisant qu'ils avaient oublié sa présence. Elle tenait sa tête à deux mains, les coudes posés sur la table et le bout des doigts dans ses cheveux. Son regard passait de l'un à l'autre d'un air désespéré.
Elle était arrivée il y a une heure pour aider Stiles avec les leçons qu'il ne comprenait pas, mais elle avait passé la moitié du temps à les regarder flirter l'un avec l'autre. Ouvertement. Et probablement sans s'en rendre compte. Elle était sur le point d'exploser.
Lorsqu'elle vit leur regard se détourner subitement et leurs joues rougirent, elle regretta ses mots. Elle se redressa et s'éclaircit la gorge. Après quelques instants, Lydia recommença sa leçon. Stiles se concentra sur ses mots, même s'il ne pouvait s'empêcher des regards vers Derek.
Quand ce dernier lui proposa de rester manger, Lydia accepta et Stiles partit prendre une douche pendant qu'ils préparaient le repas. « Désolé, pour tout à l'heure, » dit-elle.
Derek ne comprit pas immédiatement, mais le regard déterminé de la banshee fit renaitre la boule de gêne qui avait envie sa gorge. Il haussa une épaule. Lydia l'observa, faisant savoir au loup qu'elle attendait qu'il lui donne des informations, mais celui-ci resta silencieux. Elle finit par soupirer. « Comment ça se passe entre vous ? » demanda-t-elle, incapable de rester sans savoir.
Derek haussa un sourcil dans sa direction pour l'informer de ce qu'il pensait de sa question. Elle leva les yeux au ciel pour lui répondre qu'elle s'en fichait. Il resta silencieux un moment sans savoir quoi dire. Il n'était pas sûr de ce qu'elle voulait. « Ça va.
- Mais encore ?
- Tout va bien. Je crois. Je sais pas. Il a l'air d'aller bien.
- Je ne te demande pas s'il va bien. Je vois qu'il va bien.
- Qu'est-ce que tu demandes ?
- Tu sais ce que je demande, » insista Lydia.
Derek serra les dents. « Tout va bien, » dit-il à nouveau. « C'est … ouais.
- Tu es très clair.
- Qu'est-ce que tu veux entendre ? » grogna-t-il.
Elle s'appuya contre le meuble et leva les yeux sur le plafond un instant alors qu'elle réfléchissait. C'est comme si elle savait qu'elle n'aurait droit qu'à une seule chance avant que Derek ne l'ignore. « Jusqu'où vous êtes allés ? »
Le loup s'étouffa avec l'air qu'il inspira. « Oh, bordel, Lydia ! Vraiment ?!
- C'est tout aussi bien qu'une autre question, » se défendit-elle. Elle scruta Derek jusqu'à ce qu'il finisse par répondre.
« On … s'est embrassé ? … Une – deux fois.
- Quand est-ce que tu l'as embrassé ? »
Derek resta silencieux un moment. Il laissa l'arrière de ses paupières se teindre d'une nuit étoilée et d'air chaud, d'hésitation et de douceur. Le décor changea pour devenir un couloir sombre où parvenaient des cris joyeux de manière étouffée. Il se sentait plus léger en y pensant. « Un soir, fin novembre. Et au nouvel an, » répondit-il finalement.
Lydia haussa les sourcils. « Et … ?
- Et quoi ?
- C'était il y a deux mois et à une soirée où tout le monde s'embrasse ! » Derek détourna le regard mais un rire léger s'échappa de ses lèvres. Il y avait quelque chose de doux sur son visage que Lydia ne comprit pas. « Tu as réessayé depuis ? »
Derek lui lança un regard peu impressionné. Il savait ce qu'elle pensait. Il connaissait Lydia et sa précipitation pour ce genre de choses.
Lydia sembla se retenir de lever les yeux au ciel. « Derek, si tu l'as déjà embrassé, je suis plutôt sûre que tu peux recommencer. » Derek la regarda fixement. Après un moment, Lydia sembla réaliser qu'elle était loin de comprendre. Elle resta silencieuse quelques minutes et réfléchit. Elle pensa à Derek et ce qu'elle savait de lui, pensa à Stiles et ce qu'elle avait déduit de lui. « Vous avez l'air à l'aise l'un avec l'autre et, tu sais, ça se voit que vous êtes autant attirés l'un que l'autre, » reprit-elle. « Ça te va … juste ça ? »
Derek ne put s'empêcher de sourire. Juste ça voulait dire tenir la main de Stiles dans la sienne quand ils regardaient un film, voulait dire le serrer contre lui lorsqu'il dormait, l'entendre parler pendant des heures, écouter sa voix lire ces livres qui remplissaient sa bibliothèque et n'avaient jamais eu aucun intérêt avant. Juste ça était son odeur et son rire et sa voix et la douceur de sa peau et le chatouillis de ses cheveux contre son visage et la chaleur de son corps et son regard brun trop brun et ses idées et ses questions et ses doigts qui tapaient sur la table ou qui allumaient la radio de la Camaro qui n'avait jamais servi avant et ses lèvres autour du bord d'une tasse et son amour du chocolat chaud et sa gentillesse quand un inconnu venait lui parler. Juste ça était presque trop pour Derek.
« Oui, » répondit-il simplement.
Lydia eut une exclamation amusée. « De toutes les différentes facettes de toi que j'ai vu, je ne m'attendais vraiment pas à te découvrir niais, » avoua-t-elle. Il ne réussit même pas à lui en vouloir.
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Le centre commercial était bondé. Des gens partout, qui se bousculent, coups d'épaules, regards noirs, soupirs agacés, yeux au ciel, corps qui passent trop près, des voix, des cris, des rires, des sacs qui s'entrechoquent, du bruit, du bruit, du bruit. Stiles étouffait et Derek ne semblait pas se porter mieux.
Après avoir manqué de grogner sur quelqu'un qui avait bousculé Stiles en lui donnant un coup de coude dans le ventre, Derek attrapa la main de celui-ci et l'attira dans un renfoncement entre deux entrées de magasins. « Tu te sens bien ? » demanda-t-il. Stiles acquiesça mollement en se frottant le côté droit. Peut-être que Derek allait repartir à la recherche de cet abruti. Il se passa une main sur le visage et soupira. « Bon, il nous reste deux trucs à acheter et les magasins sont à l'opposé l'un de l'autre. » Stiles grimaça et Derek acquiesça à sa réaction. « Ce qu'on peut faire, c'est se séparer et on se retrouve au parking, » proposa-t-il.
Stiles fut d'accord sans difficulté. Derek lui passa assez d'argent pour acheter au moins trois fois les courses que Lydia leur avait dit de faire et lui indiqua dans quelle direction il devait aller. Au moment où Stiles allait partir, le loup s'accrocha à sa main. L'adolescent releva des yeux surpris vers lui. « Ça va aller ? Seul dans cette foule, je veux dire. »
Stiles regarda autour de lui. S'il éteignait son esprit, il pouvait le faire. « Je pense, oui. » Il regarda à nouveau Derek. « Toi ? »
Derek ne s'était pas attendu à se voir retourner la question. Il acquiesça. Stiles lui sourit et partit. Derek mit un instant à partir dans l'autre direction.
Quand Stiles regarda derrière lui, il ne voyait déjà plus Derek. Il regarda la foule autour de lui et se demanda s'il y avait dans celle-ci quelqu'un qu'il avait connu. Il avança dans la direction que le loup lui avait indiquée, sans penser au choc de son corps contre les pantins de bois. Finalement, il trouva la boutique à la devanture violette et entra. Le magasin était étriqué, une forte odeur de lavande semblait venir de partout, l'éclairage au néon était puissant mais aspiré par les murs violet foncé. Stiles regarda autour de lui sans avoir aucune idée d'où commencer à chercher. « Je peux vous aider ? » Il se raidit avant de se retourner vers la vendeuse. Sa voix avait semblé trop proche, et elle était effectivement à moins d'un mètre de lui. Elle lui souriait poliment.
Il acquiesça. Après un moment, elle fronça les sourcils. « Qu'est-ce que je peux faire ? » demanda-t-elle, plus hésitante.
Stiles resta muet encore une seconde avant de commencer à lui lister les encens et pierres qu'il avait été envoyé chercher. Elle le guidait à travers les rayons serrés et prenait les objets pour lui, puis elle releva un regard complice vers lui. « Vos demandes sont très spécifiques, » fit-elle remarquer. « Comment vous allez utiliser tout ça ? »
Stiles ne répondit pas immédiatement, son regard parcourut rapidement le magasin. « Ce n'est pas pour moi.
- Vous n'êtes pas familier avec la magie ? » demanda-t-elle en souriant d'un air complice, comme pour lui indiquer qu'elle savait que Stiles n'était pas un client comme les autres, pas un de ceux qui brulent les encens pour leur odeur, allument des bougies pour prendre un bain et utilisent les pierres pour décorer leur salon, ni un de ces adolescents qui veulent seulement s'amuser à se faire peur.
Stiles sentit quelque chose bouillir en lui, au plus profond de son estomac, et envahir ses veines. Ça faisait mal. Il ne détourna pas le regard en répondant. « Je le suis trop. » Elle l'observa avec surprise avant de laisser son regard s'aventurer sur le reste dans son corps. Elle le détailla un instant et Stiles arrêta de respirer. Lorsque les yeux de la jeune fille furent à nouveau dans les siens, elle se mit à rougir et se retourna pour prendre des pierres.
« Mauvaise expérience ? » demanda-t-elle. Stiles ne répondit pas.
Il ressortit de la boutique avec un sac en carton remplit d'encens, de pierres et d'une large bougie blanche. « Pour la guérison. C'est offert. » Stiles n'avait pas réussi à lui dire de la garder, même lorsqu'elle lui avait expliqué comment s'en servir.
Il reprit son chemin jusqu'au parking et passa devant l'aire de jeux des enfants. Il ralentit pour les regarder jouer avec de larges cubes en mousse. Un des enfants en lança un sur une autre petite fille qui tomba sous l'impact, avant de se faire reprendre par son père. « Si tu ne veux plus jouer, qu'est-ce que tu veux faire ? » Le petit garçon boudait, bras croisés sur la poitrine. « Qu'est-ce que tu veux faire, hein ? »
Puis, ça le frappa. Il marchait, seul, dans un endroit noir de monde. S'il partait maintenant, Derek n'aurait aucun moyen de le retrouver. Il pouvait arrêter quelqu'un et lui demander de l'emmener au poste de police le plus proche, demander à voir la sécurité. Il était à Beacon Hills, il n'avait qu'à donner son nom et on saurait qu'il était le fils de l'ancien sheriff. Sa main gauche se referma sur l'argent dans sa poche, celui que le loup lui avait donné. Avec cette somme, il pouvait partir à l'autre bout du pays.
Ses pas s'arrêtèrent et il regarda autour de lui. Il pouvait partir. C'était sa porte de sortie et il n'avait qu'à la prendre. L'alpha n'était pas caché dans un coin à l'observer, prêt à lui planter des griffes dans le bras au moindre signe de fuite de sa part. Bordel, s'il partait, il était certain que Derek n'essaierait même pas de le retrouver. Un rire nerveux quitta ses poumons et Stiles plaqua une main contre la bouche pour ne pas le laisser exploser dans l'air.
Il regarda autour de lui, les boutiques et les gens, les lumières artificielles et les fausses plantes, les décorations roses et les publicités ciblées. Il était seul et il était libre et il était incapable de mettre un nom sur ce qu'il sentait émerger du plus profond de ses tripes. Il prit une grande inspiration. L'air n'était plus pollué.
Stiles se remit à marcher. Il repartit tout en regardant autour de lui. Tous ces gens allaient où ils allaient pour une centaine de raisons différentes. Mais ils auraient tous pu aller dans une autre direction, choisir de faire autre chose. Et pour la première fois depuis des années, Stiles, comme eux, pouvait choisir une autre direction.
Il passa devant une devanture, Offrez-lui !, inscrit en cursive dans un large cœur collé sur la vitre. Stiles fronça les sourcils. Il s'arrêta en se demandant pour la première fois pourquoi toutes les devantures étaient décorés dans les mêmes tons, avec les mêmes cœurs et des flèches. Il fixa la date du 14 février marqué en bas de la vitrine, -20% jusqu'au 14 février ! Puis, il se souvient d'une carte en forme de cœur que sa mère l'avait aidé à découper et d'une petite fille rousse qui avait pleuré quand on s'était moqué d'elle pour l'avoir reçue. « La Saint Valentin, » murmura-t-il pour lui-même. Il inspira profondément. Il entra dans la boutique.
L'intérieur du magasin était incroyablement sobre en comparaison à sa devanture. C'était un magasin de vêtements pour homme et Stiles regarda autour de lui sans aucune idée de comment agir. Il regarda les autres personnes dans le magasin et les imita, passant dans les rayons en regardant les articles exposés sur les portiques. Il ne savait pas vraiment ce qu'il cherchait, il n'était même pas certain de la raison pour laquelle il était entré. « Excusez-moi ? » Il tourna la tête vers une fille d'environ son âge. « Euh, je veux acheter un pull pour mon copain, mais je suis pas sûr que la taille aille. Il est de votre taille, vous voulez bien me dire laquelle c'est ? »
Stiles la regarda, sans bouger, sans rien dire. Il n'avait aucune idée de la réponse. « Hum, » fit-il de façon éloquente.
Elle fronça les sourcils en l'observant. Stiles posa le sac à ses pieds et retira son manteau rapidement. Elle fit un pas en arrière en surprise. Il regarda la taille sur l'étiquette de celui-ci et lui lit les différents chiffres qu'il y vit tout en tenant l'étiquette dans sa direction. Elle sourit, amusée, et la regarda rapidement avant d'hocher la tête. « Merci, » dit-elle en riant. Puis, elle tourna à l'angle d'un rayon.
Il remit sa veste et reprit le sac. Il tourna la tête autour de lui, perdu, mais quelque chose dans sa vision périphérique attira son regard. L'adolescent s'arrêta et s'approcha d'un bac où plusieurs articles étaient jetés au hasard. Il passa le bout des doigts sur le tissu d'une écharpe noire et rouge. Elle était extrêmement douce. Noire comme la veste en cuir de Derek, rouge comme ses yeux quand ils s'étaient illuminés pour dissuader l'autre alpha de poser ses mains sur Stiles.
Il se demanda si Derek s'énerverait s'il utilisait son argent pour autre chose que les courses qu'il l'avait envoyé faire. Peut-être qu'il ne le remarquerait pas. Peut-être qu'il le serait. Stiles ne voulait pas vraiment tester la patience de l'alpha. Mais le tissu était doux. Et il voulait lui offrir quelque chose. Il se mordit la langue avant de prendre l'écharpe et d'aller jusqu'à la caisse.
Il ressortit avec un second sac et marcha jusqu'au parking. Il aperçut Derek appuyé contre la Camaro de loin. Celui-ci se redressa quand il vit Stiles, son visage se défroissa et l'adolescent sourit. Quelque chose sautait en lui et le faisait avancer plus rapidement. Derek répondit à son sourire, même s'il semblait ne pas le comprendre. « Je me de – » Stiles attrapa le col de la veste de Derek de sa main libre et se porta jusqu'aux lèvres du loup.
Il n'avait pas pensé à le faire. Il n'en avait pas eu l'intention avant que ses lèvres soient contre les siennes, avant de sentir quelque chose de chaud au fond de son estomac s'étendre jusqu'à sa nuque et faire frissonner son corps. Les mains de Derek se posèrent sur lui, légères, comme si elles hésitaient à le maintenir. Puis, il s'écarta, deux points de pression disparurent de contre ses lèvres. Derek passa sa langue sur celles-ci dès que Stiles s'en sépara.
Le loup cligna plusieurs fois des yeux avant de focaliser son regard sur Stiles, dont les pointes de pieds étaient à quelques centimètres des siennes. Il le regarda et ne dit rien. Il ne voulait pas gâcher le moment. Derek pensa qu'il ne survivrait pas un autre baiser surprise de la part de l'homme qu'il avait devant lui. Lorsqu'il vit Stiles sourire, il réalisa qu'il était déjà en train de sourire.
Stiles fit un pas en arrière et Derek se souvient que parler était quelque chose qui existait. « Tu as tout trouvé ? » Stiles acquiesça avant de baisser les yeux sur ce qu'il tenait dans les mains. Il leva les deux sacs et Derek haussa les sourcils surpris.
Quelque chose se troubla dans les yeux bruns. « J'ai … hum. » Il fronça les sourcils. « C'est pour toi, » dit-il rapidement.
Derek ignora le sac violet, et ouvrit l'autre. Un épais morceau de tissu noir et rouge s'y trouvait. Il l'en sortit. « Désolé. C'était une idée stupide tu ne portes pas d'écharpe.
- Je l'adore.
- Tu dis ça uniquement parce que je te l'ai offert.
- C'est une raison suffisante. » Il posa les deux sacs sur le coffre de sa voiture et détendit l'écharpe avant de l'enrouler autour de son cou. Elle était douce. Elle sentait le neuf et légèrement Stiles, là où il avait posé la main dessus. Il fit abstraction des autres odeurs qu'elle portait. « Merci. »
Il remarqua que les joues de Stiles avaient rougi. Il l'interrogea du regard. « Ce … c'était … pour … le quatorze ? »
Derek cligna plusieurs fois des yeux en fixant Stiles. Son cerveau mit beaucoup de temps à comprendre l'information que celui-ci venait de lui donner. « C'est – je suis désolé, j'aurais pas dû. J'avais pas le droit de –
- Merci.
- T'es pas obligé, tu sais. Je le pense, je –
- Stiles. Merci. » Derek ne savait pas comment formuler ce qu'il voulait dire, mais la façon dont il regardait Stiles sembla être suffisante pour que celui-ci comprenne. Un sourire timide s'étendit sur ses lèvres et le loup ne put que lui répondre. Derek retira l'écharpe et la remit dans le sac. Il rangea les courses dans le coffre avec le reste. Il pouvait attendre deux semaines.
Ils montèrent en voiture et quittèrent le parking. Derek laissa trainer sa main entre leurs sièges et Stiles fit de même. Leurs doigts étaient lâchement entrelacés. Derek commença à penser que ce pouvait être quelque chose, que ça pouvait fonctionner.
A la moitié du trajet, Stiles se redressa. Il fouilla dans sa poche et en sortit le reste de l'argent que Derek lui avait donné. « J'ai failli oublier, » dit-il avant de lui tendre les billets.
Derek haussa une épaule. « Garde le, » lui dit-il. « La prochaine fois, achète quelque chose pour toi. »
Stiles fronça les sourcils en l'observant. Il garda la main tendue. « Je n'ai besoin de rien, » répondit-il. Dans le ton de sa voix, ça sonnait comme l'évidence même.
« C'est pas une question de besoin. »
Stiles continua de le fixer. Derek ne tourna pas la tête vers lui pour savoir ce qu'il se passait dans son regard. Finalement, il rangea l'argent dans sa poche en se rasseyant dans son siège. Le loup osa alors lui jeter un coup d'œil et remarqua que ses sourcils étaient froncés alors qu'il regardait par la fenêtre.
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Derek après avoir déposé le contenu du sac violet sur la table de la cuisine. Stiles releva la tête pour voir qu'il parlait de la bougie blanche que la vendeuse avait cru bon de lui offrir.
« Les blanches sont pour la guérison, » expliqua-t-il simplement.
Stiles ne pouvait détourner son regard du mensonge en forme de cire. Derek observa le regard brun. Neutralité, chez Stiles, n'était pas un bon signe. Son neutre était négatif, et le négatif ne se montrait pas. Derek se souvint de ce que la magie était pour Stiles, et comme sa vie aurait tourné différemment s'il avait su s'en servir.
« Est-ce que ça marche, parfois ? » demanda néanmoins Derek, au moins pour que Stiles cesse de fixer la bougie.
Celui-ci haussa une épaule. « C'est censé.
- Tu l'as déjà vu ?
- Elle n'en utilisait pas. Il fallait rester concentré trop longtemps et elle n'arrivait pas à s'empêcher de penser. » Derek pensa que cela devait aussi s'appliquer à Stiles, mais il ne dit rien.
« Alors, il faut l'allumer et quoi ? Fixer la flamme en pensant très fort à quelque chose de précis ?
- En théorie.
- Et le blanc sert à gué –
- C'est juste des conneries, » l'interrompit Stiles en attrapant la bougie. Il avança jusqu'à la poubelle avant d'y laisser tomber l'objet. Quand il se retourna, Derek le regardait, les yeux légèrement écarquillés de surprise. Stiles semblait trembler, mais il était parfaitement immobile. Quelque chose dans ses yeux, dans son attitude. Quelque chose qui disparut aussi rapidement que Derek l'aperçut.
Ils se regardèrent en silence. Le manque de bruit pesait contre les tympans du loup. Il serra les dents pour ne pas s'excuser. Il sentait que ça ne pouvait qu'empirer la situation. Il rangea les encens et les pierres dans le sac, pensant qu'il devrait les amener à Deaton. Plus tard.
Quand il eut fini de ranger, Stiles se tenait toujours debout dans la cuisine, sans bouger. « Tu as envie de lire ? » lui demanda Derek. Stiles haussa une épaule. « Un film ?
- Je … » Il secoua légèrement la tête et fronça les sourcils. « Je suis fatigué, » dit-il finalement. Il jaugea Derek du regard et ce dernier acquiesça.
« D'accord, vas te coucher, je ne ferai pas de bruit. » Stiles l'observa encore un instant avant d'aller jusqu'à la chambre. Il retira ses chaussures et s'allongea par-dessus la couverture, de côté, face au reste de la pièce. Derek prit la couverture pliée au bord du canapé et alla l'étendre sur lui.
« Merci, » murmura Stiles. Derek glissa son regard sur son visage, ses yeux fermés et ses traits qu'il se forçait à détendre. Le loup posa sa main sur son épaule et serra doucement. Il eut envie de se pencher pour embrasser sa tempe. Il retourna dans le salon, ses oreilles attentives aux battements de son cœur et à sa respiration.
Après un moment, Stiles s'allongea sur le dos. Une dizaine de minutes plus tard, il retourna sur son côté. Puis, il soupira et remua. Quand Stiles se recroquevilla sur lui-même, enfouit son visage dans ses genoux et serra ses bras autour de lui-même, Derek intervint, « Tu n'arrives pas à dormir ? »
Après un moment, le visage de Stiles réapparut. Son regard, terne et fatigué, se posa sur le loup et il secoua la tête. Derek avait un jour croisé son propre regard dans la glace avant de craquer, et en regardant Stiles à cet instant, il ne pouvait qu'avoir une impression de déjà-vu.
Il se leva, prit son ordinateur et vint s'allonger à côté de Stiles. « Qu'est-ce que tu veux voir ? » demanda-t-il alors qu'il ouvrait le dossier de films qu'Isaac avait copiés sur son ordinateur.
« N'importe quoi, » répondit Stiles. Il se rapprocha du loup jusqu'à ce que celui-ci passe un bras à l'arrière de sa nuque pour qu'il puisse poser sa tête contre lui et être confortablement installé. Derek lança Forest Gump.
Quand Forest vit son fils pour la première fois, Stiles se détourna de l'écran et enfonça son visage dans l'épaule de Derek. Ce dernier arrêta le film. « Arrête pas, » dit Stiles à voix basse. Derek hésita, puis relança le film. Il caressa doucement les cheveux courts à la base de sa nuque. Ses yeux avaient quitté l'écran et observaient le garçon recroquevillé contre lui. Il songea à la bougie dans la poubelle, à sa promesse de guérison et à la façon dont Stiles l'avait rejetée.
Derek ne croyait pas que bruler une bougie puisse aider Stiles. Ses plaies ne disparaitraient pas comme fond la cire. Peu importe la dose de concentration.
Stiles ne releva pas la tête avant que le film ne se termine. Il se redressa et Derek suivit son mouvement avant de demander, « Tu as faim ? » Il n'attendit pas la réponse avant de partir préparer le repas dans la cuisine. Stiles le rejoint et s'adossa au comptoir.
Derek lui lançait régulièrement des coups d'œil pour trouver à chaque fois la même expression sur son visage, à la fois songeuse et hésitante. « Dis-moi. » Stiles releva les yeux et croisa son regard avant que Derek ne le détourne sur les légumes qu'il coupait.
Le silence dura quelques instants encore avant que Stiles ne parle. « Tout à l'heure, au centre commercial, tu m'as laissé partir seul. » Derek arrêta de couper et releva les yeux sur lui.
« Désolé, j'ai cru que ça ne te dérangeait pas de –
- C'est pas ça, » l'arrêta Stiles. Après une autre hésitation, il reprit. « Est-ce que tu as pensé au fait que j'aurais pu partir ? »
Derek mit une seconde à comprendre. Lorsque ce fut le cas, il eut l'impression que la lumière de la pièce avait brutalement diminué, que l'air était devenu compact et il dut poser le couteau à plat sur le meuble avant de pleinement se concentrer sur Stiles. « Non, je n'y avais pas pensé, » avoua-t-il. Il avait seulement pensé à partir le plus rapidement possible de cet endroit rempli de monde, bruyant et étouffant, pour retourner dans leur appartement, au calme et seuls.
« Qu'est-ce que tu aurais fait si j'étais parti ? » Stiles se faisait violence pour laisser les mots quitter sa gorge, pour que sa voix ne se brise pas. Il était terrifié de poser cette question. Il y avait un millier de réponses possibles et les deux extrêmes lui faisaient tout autant peur l'un que l'autre.
Derek serra les mâchoires, son regard se détourna de Stiles pendant une seconde, une minuscule seconde, mais lorsqu'il le regarda à nouveau, il sut que celui-ci était alerte au moindre détail. Il ferma les yeux un moment, détendit ses épaules et desserra les mâchoires. Il passa sa langue sur ses lèvres en réfléchissant.
« Eh bien … je suppose que je t'aurais cherché, » répondit-il. « Je me serais demandé où tu étais passé. Je pense que je me serais inquiété. » Il planta ses yeux dans ceux bruns de Stiles. « Mais si tu partais – si là, tout de suite, tu traversais la pièce et claquais porte … » Il avala difficilement sa salive. « Je te laisserais partir. »
D'abord, aucune émotion ne s'imprima sur le visage de Stiles, et Derek n'eut aucune idée de comment réagir. Puis, l'adolescent laissa apparaitre sa confusion. « Vraiment ? »
Derek ouvrit la bouche, mais ne savait pas quoi dire. Alors, il secoua la tête et haussa une épaule. « Je ne sais pas. Qu'est-ce que je suis censé faire ? » Il se tourna vers Stiles. « Si tu ne veux pas être ici, si tu veux partir, alors … tu peux partir. Je ne te forcerai pas à rester.
- Pourquoi ? » Il y avait tellement d'incrédulité dans la voix de Stiles que c'en était douloureux.
Derek serra les dents pour s'empêcher de soupirer. « Stiles, écoute, je – je sais qu'on en n'a pas réellement parlé, mais je pensais que c'était clair. » Il marqua une pause, pour s'assurer que Stiles écoutait bien ses mots. « Tu n'es pas ma propriété. » Il attendit à nouveau avant de reprendre. « Je n'ai pas à te dire ce que tu dois faire. C'est à toi de choisir. »
Stiles fronça les sourcils. « Mais, je le suis, » contredit-il. Lorsque le loup n'eut pas l'air de comprendre, il reprit. « Je suis à toi.
- Non.
- Bien sûr que si et tu le sais. »
Derek se prit la tête dans les mains, puis les reposa à plat sur le comptoir. Il planta son regard dans celui de Stiles à nouveau, fermement. « Tu ne m'appartiens pas. Je sais, » pressa-t-il alors que Stiles s'apprêtait à le contredire. « Je sais que c'est censé être le cas. Je sais que tu …
- Que je t'ai été offert, » compléta Stiles quand sa phrase resta en suspens.
« Oui. Je sais ça. Mais je m'en fous. C'est pas comme ça que ça fonctionne et tu le sais. » Il s'arrêta. « Tu le sais, non ? »
Stiles ne répondit pas et le visage de Derek se décomposa. « Stiles –
- Je sais, » dit-il précipitamment. « Je … » Il soupira. « Je ne suis pas sûr de – je veux dire – je sais que tu ne vas rien me faire, que tu ne veux pas de ça, que tu ne me vois pas comme ça. Mais, Derek, ça ne change rien au fait que c'est le cas. Je suis ta propriété. C'est juste comme ça que sont les choses.
- D'accord, » fit Derek avec agacement. « Comment je fais en sorte que les choses ne soient plus comme ça ? Comment je te fais comprendre que tu ne m'appartiens pas ? »
Ses mots étaient sortis précipitamment, brusquement, violemment. Stiles se redressa, presque comme s'il avait reçu un choc physique. Derek n'était pas sûr de ce qu'il avait dit de mal et refusait de reprendre un seul de ses mots.
« Si je partais, tu pourrais m'en empêcher, tu pourrais me ramener ici et m'enfermer ici et personne ne pourrait rien faire contre ça, » dit Stiles de façon monocorde.
« Je t'ai dit que je ne le ferai pas.
- Mais tu pourrais. Tu en as le droit.
- Non, c'est de la séquestration, c'est interdit.
- Par qui ?
- Par la loi.
- Elle ne s'applique pas avec moi. »
Derek cligna plusieurs fois des yeux. « Bien sûr qu'elle s'applique à toi, » répondit-il comme si les mots de Stiles était la chose la plus absurde au monde.
« Non, » dit-il comme s'il s'agissait de l'évidence.
Derek ravala sa répartie. Il devait comprendre Stiles. « Pourquoi pas ?
- Parce que même si c'est le cas, personne ne viendra vérifier que tu la respectes.
- ça s'appelle la police.
- Que tu peux m'empêcher de contacter. Et personne ne sait que je suis ici. Donc, je n'ai aucun recours.
- Je ne –
- Peut-être que tu ne le ferais pas, mais ça n'empêche pas que tu as la possibilité de le faire.
- Si je n'applique pas cette possibilité, alors comment elle peut compter ? » Derek serrait les poings contre le comptoir pour rester calme. Stiles était si stoïque, semblait si certain de ce qu'il avançait que cela rendait Derek malade. À quel point avait-on retourné son cerveau pour qu'il puisse réellement penser de telles choses. « Okay, d'accord, » reprit Derek avant que Stiles n'enchaine. « Si on considère que tu m'appartiens, alors j'ai tous les droits sur toi. Donc, j'ai la possibilité de te rendre libre, non ?
- Pourquoi tu ferais ça ?
- Parce que je ne suis pas un sombre fils de pute ? » Ses mots avaient claqué plus rapidement que prévus, mais, une fois de plus, il ne les reprendrait pas. « C'est quoi mon intérêt à t'avoir comme esclave, exactement ? Et n'ose même pas tenter quelque chose, » le prévint-il en levant une main dans sa direction pour arrêter tout possible mouvement. « Je ne veux pas de ça, Stiles. Tu le sais. Tu es libre. Tu peux faire ce que tu veux. Pourquoi tu refuses de le comprendre ? Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ? »
Le masque de Stiles se fissura, mais Derek serait incapable de décrire l'expression qui s'inscrit sur son visage. « Ce matin, quand j'ai compris que je pouvais faire ce que je voulais, je t'ai acheté une écharpe. Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ? »
L'esprit de Derek resta complètement silencieux.
Puis, une idée lui vint, mais il n'aurait pas pu la prononcer. Il voyait dans le regard de Stiles qu'il pensait à la même chose que lui. Il y avait de l'appréhension dans son regard, comme s'il attendait une sentence, une condamnation. Derek était incapable de la lui donner, et il ne dit rien. Absolument rien.
Derek baissa les yeux, car s'il ne le faisait pas, aucun d'eux ne le ferait. « Tu as faim ?
- Derek –
- Je ne sais pas, Stiles. C'est pas à moi de te répondre. » Il n'osa pas relever les yeux sur lui. Ses oreilles bourdonnaient et cela lui donnait le vertige.
Stiles savait qu'il ne méritait pas Derek. Il le voyait dans les yeux de Cora, lorsqu'elle le regardait. Il le ressentait au plus profond de lui quand le loup lui souriait, lui tenait la main ou posait les yeux sur lui. Il savait que Derek méritait quelqu'un qui n'était pas brisé, quelqu'un dont le corps ne tremblait pas soudainement d'une douleur que d'autres avaient causée, dont le visage ne se voilait pas de vide lorsque quelque chose n'allait pas, quelqu'un qu'il pouvait toucher sans avoir peur, aimer sans risque.
Stiles savait ça. Mais il savait aussi que le mérite n'avait rien à voir là-dedans. S'il voulait être avec Derek, et si Derek voulait être avec lui, qui en avait quelque chose à faire de ce qu'ils méritaient réellement ?
Peut-être que Derek méritait quelque chose de simple, de doux, de facile, mais quel intérêt à mériter une chose, s'il en voulait une autre ?
On avait répété à Stiles, encore et encore, qu'il n'aurait rien. On l'avait traité, chaque jour, comme s'il n'était rien. Et Stiles n'avait rien espéré. Alors pourquoi, juste cette fois-ci, ne pouvait-il pas être égoïste ?
Stiles regardait Derek en essayant de deviner la couleur de ses yeux avant que ceux-ci ne se posent sur lui. Il imaginait comment la respiration et les battements du cœur de Derek se troublaient quand celui-ci se retournait et se figeait une seconde en remarquant qu'il était observé. Stiles essayait de poser des mots sur le sourire qui venait lentement étirer ses lèvres. Il ne pouvait plus respirer quand il se souvenait du goût qu'elles avaient, de leur douceur, de la sensation d'explosion au fond de lui, de ce qui tremblait à l'intérieur de ses os lorsqu'il les sentait contre sa peau.
Peut-être que Stiles ne méritait pas quelque chose d'aussi bien. Peut-être qu'il était trop pourri à l'intérieur pour mériter ça. Mais parfois, il attrapait le regard de Derek avant que celui-ci n'ait le temps de le détourner, et il voyait dans ses yeux la même chose. Du doute. Peut-être de la peur. Cette même réflexion qui hantait Stiles et la même envie d'être égoïste.
Stiles ne savait pas grand-chose de l'amour. Il savait que c'était cette lueur dans le regard de ses parents quand ils se regardaient. Il savait que c'était ce qui avait lentement consumé sa mère. Il savait que c'était le flot de paroles incessant de Scott à propos d'Alison et la façon dont Isaac pardonnait toujours Cora. Il ne savait pas comment ça fonctionnait, pas exactement. Il n'avait jamais demandé à ses parents quand il en avait eu l'occasion. Cela semblait si naturel pour eux que Stiles avait pensé que ça le serait pour lui aussi. Mais, ce qu'il avait n'était pas ce que ses parents avaient. Alors, maintenant, il pensait que c'était peut-être uniquement deux personnes assez égoïstes pour refuser d'être autrement qu'ensemble, même si ça ne faisait aucun sens qu'elles le soient.
Et quand il se perdait dans le regard de Derek, il pensait que ça pouvait marcher comme ça.
« Derek ?
- Quoi ?
- Prends-moi dans tes bras. » Le loup releva les yeux sur Stiles avec étonnement, mais il écarta les bras presque instantanément. Les yeux bruns étaient perdus et paniqués et hésitants et le regardaient avec tellement de besoin, que Derek savait qu'il ne pouvait pas faire autrement. Il ne voulait pas faire autrement. Il ne voulait pas voir Stiles s'écarter de lui après ça, il avait besoin de le sentir contre lui, sentir son cœur battre contre lui et son souffle contre sa peau. Stiles s'accrocha à lui si fort qu'il sut que l'autre avait exactement le même sentiment, le même besoin. Derek enfouit sa tête dans son cou, juste pour être encore plus proche de lui.
« Est-ce que ça va aller ? » demanda Stiles.
« Je te le promets. »
Stiles redressa légèrement la tête, juste pour pouvoir embrasser le bord de sa mâchoire. Puis, il la reposa contre son épaule. Ça allait marcher. Ils avaient seulement besoin de temps pour comprendre comment.
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