Hello !

Je sais que 'javais dit mercredi, mais j'avoue que j'ai pas vraiment eu le temps hier ... Enfin, j'espère que ce chapitre vous plaira quand même !

Et bonne nouvelle, j'avance vraiment bien l'écriture de cette histoire, et je pense même finir de l'écrire d'ici quelques semaines :D

Bon, je vous souhaite une très bonne lecture !


Chapitre 3

Durant tout le repas – les plats de Molly étaient délicieux – Georges peina à faire décrocher plus d'une syllabe à la jeune fille, ce qui l'agaçait de plus en plus. Il avait beaucoup de patience, jamais il n'était sorti de ses gongs, mais là, il commençait à être à bout. Il pouvait comprendre qu'elle n'ait pas envie de lui parler, c'était normal. Qu'elle soit réticente à l'idée de dîner avec lui, pourquoi pas, même s'il se savait d'agréable compagnie et qu'il n'était donc pas logique qu'elle ne passe pas un bon moment. Mais là, qu'elle se montre à ce point hostile, ça commençait à être insupportable. Merlin, il ne demandait pas grand-chose pourtant ! Juste un petit sourire, quelques mots d'explication, pas de quoi fouetter un dragon !

Il finit par craquer avant le dessert :

- Lavande, on arrête de jouer. Je veux que tu me racontes précisément tout ce qu'il s'est passé dans ta vie. Depuis la bataille finale. Maintenant.

Étrangement, pour la première fois depuis longtemps, la jeune femme blonde n'essaya pas de protester ou de s'enfuir. Résignée et les larmes aux yeux, elle chuchota :

- Je ne mérite pas de vivre … je me déteste, parce que je suis horrible. Et je ne veux pas qu'on voit à quel point je suis horrible.

- Lavande, ta cicatrice n'enlève rien à ta beauté …

- Non, tu ne peux pas comprendre. Je … j'ai toujours été une fille superficielle, et rien d'autre. Et on m'a enlevé ça. C'est tout ce que j'étais et on me l'a pris !

George la regarda se lever en tremblant, et il avait la gorge nouée au point qu'il n'arrivait plus à parler. Elle recula de quelques pas quand il se leva à son tour :

- Ce que je suis devenue ? Une pauvre fille qui travaille chez les moldus pour ne pas que ses anciens amis ne la reconnaissent parce qu'elle a honte, et qui dépense tout son argent dans un soin miracle pour faire disparaître ce truc immonde ! Voilà Weasley, est-ce que tu es content, tu as eu ce que tu voulais ?

Le rouquin avait du mal à dire si elle était furieuse ou si c'était juste un sos, mais il était certain qu'elle était aussi bouleversée que lui. Quand elle fit un pas vers la porte, il la retint par le bras et lui dit gravement :

- Dans cette guerre, j'ai perdu beaucoup plus que mon apparence ou mon oreille.

Il n'ajouta rien et la laissa partir en silence. Il n'était même pas en colère contre elle. Parce que pour la première fois, aussi insensé que cela puisse paraître, il comprenait enfin quelqu'un. Certes, leur situation était incomparable, mais pourtant, ils étaient pareils.

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Leur confrontation avait sonné George pendant deux ou trois jours, qui continua de s'occuper de son magasin comme un automate. Quand il finit enfin par émerger de son état de stupeur, sa première réaction fut d'aller voir Hermione. Elle saurait lui donner des conseils utiles, et il en avait bien besoin.

Sans soucis, il la trouva à son bureau au ministère, et quand elle le vit arriver, elle reposa son dossier :

- George, que me vaut ta visite ?

- Il faut que je te parle de Lavande.

Pour plus de discrétion, elle ferma la porte de son bureau et afficha un mot pour ne pas être dérangée. Elle écouta avec attention son beau-frère lui racontait tout ce qui s'était passé depuis leur dernière rencontre.

- Et maintenant, je ne sais pas quoi faire … J'aimerai l'aider, mais elle ne voudra jamais …

La jeune femme brune prit un moment pour réfléchir, avant de lui conseiller :

- Peut-être que la meilleure chose à faire, c'est juste d'être là pour elle ? Je ne suis pas sûre qu'elle ait conscience de sa propre détresse. Peut-être que tu pourrais continuer d'aller la voir, et lui proposer de manger chez toi régulièrement ? Ça pourrait l'aider, en attendant qu'elle sorte de cette situation et reprenne sa vie en main.

- Oui, c'est sûrement ce que je vais faire …

Il la remercia chaleureusement, et elle le retint avant qu'il ne parte :

- George, quand Lavande se sentira mieux, j'aimerai beaucoup la revoir. Tu pourras lui dire quand elle se sentira prête ?

Le jumeau malicieux sourit et s'éclipsa sans dire un mot. Mais l'ancienne gryffondore avait remarqué à quel point il semblait investi dans sa nouvelle mission. Et à dire vrai, c'était agréable et rassurant de la voir ainsi. Depuis la mort de son frère, il ne s'intéressait à plus rien en dehors de son magasin, et le voir sortir de sa coquille faisait vraiment du bien. Elle en parlerait à Harry et Ron, ça leur ferait plaisir. Et elle savait aussi qu'elle venait de glisser une idée inconsciente dans l'esprit du sorcier : Lavande avait besoin d'un endroit décent où vivre, et il se trouvait que George avait justement une chambre de libre chez lui.

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L'idée fit son chemin dans l'esprit de George, et dès le lendemain, il était devant la chambre de Lavande, attendant qu'elle rentre chez elle. Il était déjà tard, elle ne devrait plus tarder à rentrer. Et en effet, il n'eut pas à attendre bien longtemps. Lorsqu'elle le vit, elle se figea, avant de passer devant lui en l'ignorant. Il était évident qu'elle n'avait toujours pas envie de sa présence. Mais fidèle à lui-même, le rouquin la retint :

- Lavande, attend. Je souhaiterai que tu dînes avec moi, tous les soirs.

- Pardon ? Dégage Weasley.

- Non, je suis sérieux. J'ai envie de passer plus de temps avec toi …

Elle le regarda comme s'il était un alien, mais il n'en démordit pas :

- Écoute, quand F … Fred est mort, personne ne pouvait me comprendre. Mais je sais que toi oui. Alors j'aimerai juste que nous dînions ensemble. A l'heure que tu veux, où tu veux, et ce que tu veux. S'il te plait …

Face à son regard implorant, elle fut contrainte de céder – elle n'avouerait jamais que ses mots l'avaient touchée :

- D'accord. Seulement le mardi et le jeudi soir. 22h30, chez toi, personne d'autre. Et tu me laisses partir sans me retenir si je le dois.

- Ok, marché conclu ! A demain ?

Pour la première fois, elle lui adressa un sourire timide et acquiesça, avant de le laisser sur le palier de sa porte. C'était plus qu'une réussite qu'il avait rencontrée ce soir, c'était carrément une victoire ! C'était un premier pas, et il espérait vraiment que les choses se passeraient bien.

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George passa sa journée à douter. Maintenant que Lavande avait accepté de venir, il n'était plus très sûr qu'elle le fasse vraiment. Elle avait cédé beaucoup trop facilement et endormi sa confiance, il n'était pas du tout confiant. Il prit cependant son mal en patience – il en profita pour inventer un nouveau maléfice malicieux – et attendit que ce soit l'heure. Après un quart d'heure, il finir par perdre patience et récupérer sa veste pour aller chez l'ancienne gryffondore, quand on frappa timidement à sa porte. Avec stupéfaction, il ouvrit à Lavande qui s'excusa :

- J'ai fini de travailler un peu plus tard, désolée du retard …

Il ne dit rien et hocha la tête, compréhensif. Ils passèrent donc à table, et après cinq minutes de silence interminable, il finit par se décider à parler :

- Bon, j'ai bien compris que tu n'avais pas l'intention de décrocher le moindre mot. Donc je vais parler.

Alors il lui raconta sa journée en détail, les clients qu'il avait eus, ce qu'il avait mangé à midi, les différentes idées qu'il avait pour de nouvelles inventions, sans oublier de détailler la lettre de sa mère pour savoir ce qu'il aimerait qu'elle lui prépare comme plats. Lavande ne disait rien, elle se contentait de l'écouter, mais il avait remarqué que quelques fois, il arrivait à lui arracher un discret sourire. Et quand elle partit, toujours sans décrocher un mot, il considéra leur dîner comme une nouvelle victoire. C'était le début, et il partait conquérant.

La semaine suivante, la routine s'installa entre eux. Lavande arrivait plus ou moins à l'heure, elle mangeait en silence et l'écoutait parler sans l'interrompre. George appréciait de lui parler, il lui racontait ses journées, son week-end, ses projets, et même si elle ne souhaitait pas prendre la parole, il savait qu'elle l'écoutait attentivement. C'était agréable, parce qu'il pouvait lui parler de tout sans filtre, et il savait qu'elle ne le jugerait pas. Et puis, Lavande était aussi agréable, à sa façon. Elle avait l'air d'apprécier chaque repas – même quand il avait fait cramer son gratin – et il avait remarqué qu'elle ne semblait plus hostile. Enfin, ce serait quand même mieux qu'elle lui parle, mais il n'allait pas lui en demander autant. Pas encore du moins. Il avait le temps, alors autant ne pas la brusquer.

Cela aurait pu durer encore un moment comme ça, les dîners tournant au monologue.

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Un mardi soir, lorsque Lavande arriva, elle constata que George était d'humeur maussade. Contrairement à d'habitude, il ne souriait pas, ne tentait pas de faire des pitreries pour l'amuser, et surtout, il ne décrocha pas un mot. Ce fut le repas le plus silencieux qu'ils partagèrent, et cela mit la jeune femme profondément mal à l'aise. Voir George aussi sombre, c'était comme éteindre une lumière, et elle avait besoin de cette lumière.
Comme à son habitude, elle se leva pour partir à la fin du repas, sans un mot. Mais cette fois-ci, George la retint par le bras :

- Reste là.

Elle esquissa un geste vers la porte en bredouillant une excuse, mais le rouquin la tira fermement jusqu'au canapé. Mal à l'aise, elle détourna la tête pour ne pas qu'il voit sa balafre. Et pour la première fois de sa vie, il vida son sac :

- Je suis en colère Lavande. Je suis en colère parce Fred n'est plus là. Et pourtant, il me hante tous les jours. Je le vois partout, à la boutique, dans notre appartement, chez mes parents … Je suis triste, triste à en mourir. Parce que moi, je n'ai pas perdu qu'une oreille, j'ai perdu la moitié de mon âme, la moitié de ma vie ! Tous les matins, quand je vois ma tête dans le miroir, je me dis qu'il manque quelque chose dans ma vie. Avant, quand je me réveillais, il m'arrivait de me demander si j'étais George ou Fred, et ça n'avait aucune importance de qui j'étais pour la journée ! Maintenant, je n'ai plus le choix. Je suis George. Et toi Lavande, le matin, qui vois-tu dans le miroir ?

Complètement tétanisée, la jeune femme ouvrit la bouche en tremblant, mais aucun son ne sortit. Au pied du mur, face à la dure réalité de la situation, l'ancienne gryffondore n'arrivait plus à parler. Cela faisait déjà bien longtemps qu'elle n'arrivait plus à dire ce qu'elle ressentait. Et pourtant, elle avait une envie furieuse de lui crier la vérité, de lui crier tout ce qu'elle ressentait. Mais elle en était incapable. Et pour la première fois, elle s'effondra.


Et voilà pour ce chapitre ! Qu'en avez-vous pensé ? A quoi vous attendez-vous pour la suite ?

Je vous dis à la semaine prochaine ;)