Hello !
J'espère que votre été se passe bien, même si c'est bientôt la fin ...
Pour ma part, je n'ai pas eu de vacances donc je suis dans la continuité, mais j'espère que vous profitez bien si vous avez des vacances ;)
En attendant, je vous retrouve pour un nouveau chapitre, et j'espère vraiment qu'il vous plaira :D
Chapitre 5
Le Weasley ne fut qu'à moitié surpris de voir que son invitée avait préparé le petit-déjeuner, et il s'installa à table avec faim. Ce qu'avait préparé l'ancienne Gryffondore n'était pas exceptionnel – des toast, des œufs et un peu de bacon – mais c'était toujours meilleur que les céréales qu'il prenait tous les matins. Alors qu'il lisait tranquillement le journal, Lavande prit enfin la parole :
- Comment vont se passer les choses maintenant ?
- C'est-à-dire ?
Comme il la fixait du regard, elle détourna machinalement sa tête pour cacher sa cicatrice si honteuse, avant de reprendre :
- Qu'est-ce que je fais ?
- Tu fais ce que tu veux Lavande. Tu es libre de passer tes journées ici, tu peux cuisiner, ranger, ou ne rien faire, ou bien sortir, travailler … d'ailleurs, mon offre d'emploi tient toujours. J'ai toujours besoin de quelqu'un pour m'aider.
La blonde sembla réfléchir quelques instants, et répondit sûre d'elle :
- J'accepte de travailler pour toi. Mais à mes conditions.
- Ok.
- Tu ne veux pas connaître mes conditions ?
S'étonna-t-elle, surprise par la rapidité avec laquelle il avait accepté. Soupirant, le rouquin hocha la tête pour lui signifier qu'il l'écoutait, même si ça n'avait pas d'importance car il accepterait n'importe quoi pour ne pas qu'elle fuit :
- J'accepte de travailler pour toi, mais je ne veux pas être payée plus d'un gallion de l'heure. Je choisis mes heures de travail, et je ne veux pas être en contact avec la clientèle, donc je travaillerai avant l'ouverture et après la fermeture de la boutique. Tout ce que je fais dans l'appartement – y compris dans la chambre de Fred – ne compte pas comme travail. C'est ma participation aux corvées de colocation. On est d'accord ?
Sachant qu'il n'avait pas vraiment le choix, le sorcier facétieux accepta sans réserve les termes du contrat. Et cela lui donna une idée :
- En tant que patron, c'est ok. Mais en tant que colocataire, j'ai aussi mes conditions. La chambre de Fred est entièrement à toi, tu es libre d'en faire ce que tu veux, et tout ce qui est dedans t'appartiens aussi désormais. J'insiste pour que nous dinions tous les soirs ensemble, sauf si nous avons d'autres obligations, et si tu ne dors pas à la maison, je veux que tu me préviennes. Pas parce que je veux te surveiller, mais parce que je ne veux pas m'inquiéter pour rien. Et surtout, si tu as le moindre problème, je veux que tu m'en parles.
Dubitative, la jeune femme mis un instant avant d'accepter :
- D'accord, mais je ne veux pas que tu reçoives de visites à l'improviste.
Le jeune homme savait parfaitement pourquoi elle ne voulait pas se retrouver nez à nez avec d'ancienne connaissance, et il n'eut rien à redire à cela. Tout était parfaitement clair entre eux, et il ne voulait rien de plus.
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Ainsi, une routine confortable et agréable s'installa entre eux. Le matin, Lavande préparait le petit-déjeuner et partait travailler dans l'arrière-boutique. Comme George n'ouvrait pas avant dix heures, elle avait le temps d'être tranquille. Le soir, après la fermeture de la boutique, la jeune femme retournait y travailler quelques heures. Ce serait mentir que de dire qu'il n'était pas pleinement satisfait du travail de sa camarade. Elle mettait tous les produits en rayon, s'occupait de l'inventaire et des stocks, et en même temps elle avait tout rangé et classé afin qu'il y voit plus clair dans ses idées et projets d'inventions. Durant la journée, elle s'occupait comme elle pouvait : elle passait beaucoup de temps à trier les affaires de Fred, mais elle faisait aussi un peu de ménage – George n'était pas vraiment une fée du logis -, tentait d'apprendre à cuisiner assez correctement pour les nourrir, et lisait tout ce qui trainait dans l'appartement pour faire passer le temps.
Leur fonctionnement faisait du bien à la blonde, et George le savait parce que tous les soirs, lorsqu'ils dinaient ensemble, elle parlait. Elle lui racontait ce qu'elle avait trouvé en rangeant, lui parlait de l'état de ses stocks ou encore, l'encourageait quand elle tombait sur un prototype d'invention intéressant. C'était motivant d'avoir une personne pour le soutenir, et c'était agréable de voir Lavande faire autre chose que de s'enfermer dans son mutisme et broyer du noir.
Après seulement quelques jours, alors qu'ils venaient de finir de dîner, George décida d'un peu tenter le diable – c'était sa spécialité après tout – et proposa à sa colocataire :
- Lavande, est-ce que tu me fais confiance ?
- Weasley …
Le menaça la blonde qui n'aimait pas ce genre de question. Un sourire malicieux accroché aux lèvres, le rouquin se leva et lui proposa sa main :
- Allez, t'as rien à perdre, au pire tu peux transplaner dans la chambre de … dans ta chambre, et promis je te laisserai tranquille !
Sachant qu'il ne la laisserait pas tranquille tant qu'elle n'aurait pas accepté, elle soupira et accepta sa main. Ils transplanèrent devant un lieu moldu qu'elle connaissait bien – elle était passée plusieurs fois devant sans pour autant oser y entrer – et il lui proposa :
- On peut voir un film. C'est dans une salle noire, personne ne te verra, et il n'y a pas beaucoup de monde à cette heure-là. Est-ce que tu es d'accord ?
La jeune femme hocha positivement la tête, et le suivi à l'intérieur du bâtiment. Ils achetèrent leur billet, et s'installèrent dans la salle – ils se mirent près du mur gauche et George prit bien soin de s'installer à la droite de sa colocataire pour qu'elle se sente bien. Ils discutèrent très rapidement des inventions moldus avant que le film ne commence, et fixèrent l'écran dès le début de la séance. A vrai dire, ils furent tous les deux captivés par le film, bien que régulièrement, la Gryffondor jetait des coups d'œil discret à son vis-à-vis. Elle était tellement reconnaissante de tout ce qu'il avait fait pour elle, et en même temps, elle ne comprenait pas pourquoi il était toujours avec elle. Elle se dégoutait et elle était honteuse qu'il lui porte autant d'attention alors qu'elle ne le méritait pas. George était quelqu'un de bien, et il méritait vraiment d'être heureux et de retrouver le bonheur, mais ce n'était pas son cas à elle. Elle avait mérité son malheur, alors elle ne comprenait pas très bien pourquoi la vie lui offrait cette nouvelle chance avec le Weasley. Ce n'était pas faute d'avoir déjà essayé avec un Weasley, mais ça n'avait pas marché, alors pourquoi cette fois-ci ça marcherait ?
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A la fin de la séance, ils décidèrent de marcher un peu, profitant du calme de la ville endormie. Il était suffisamment tard pour qu'ils se promènent sans croiser de monde, et c'était l'occasion pour Lavande de profiter d'être à l'extérieur à l'air libre, sans avoir à se soucier d'être exposée à la vue de tous. C'était aussi pour ça qu'elle travaillait de nuit chez les moldus : ça lui donnait l'occasion de sortir tard le soir et de profiter de l'extérieur sans être vue. Ils marchèrent un petit moment, mais comme à son habitude, le rouquin se devait de gâcher le moment parfait qu'ils partageaient :
- Tu faisais quoi comme travail chez les moldus ?
- Je faisais le ménage dans une salle de sport. A l'occasion j'étais plongeuse aussi dans des petits restaurants …
L'échange aurait pu se clore ainsi, mais George s'arrêta et osa lui demander en la regardant droit dans les yeux :
- Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi tu es partie de chez toi ?
- Je ne veux pas en parler …
- Dis-moi. Pourquoi étais-tu partie de chez tes parents ? Et comment tu as atterri dans le squat la dernière fois ?
Comme à son habitude, elle tenta de prendre la fuite en le contournant pour s'éloigner à grands pas mais il s'y attendait. Il la retint par le bras, et la força à le regarder dans les yeux. Elle tenta de détourner son visage – toujours par réflexe pour cacher sa marque blanche – mais il attrapa son menton et la força à le regarder. Elle n'aurait jamais pensé voir autant de détermination et de colère dans les yeux du jumeau Weasley, et pourtant, c'était exactement ce qu'elle trouvait dans son regard. Et ça l'effraya, autant que ça la fascina.
Sans réfléchir, la jeune femme s'accrocha à son col et se mit sur la pointe des pieds pour atteindre ses lèvres. Si George ne s'y attendait pas, cela ne l'empêcha pas pour autant de garder les idées claires et d'esquiver au dernier moment le geste maladroit de sa colocataire :
- Lavande, je peux savoir à quoi tu joues ?
Comme si elle venait de prendre conscience de la situation, la blonde se recula violement et fondit en larmes. Merlin, comment avait-elle pu penser qu'elle pourrait … ?
Mais elle n'eut pas le temps de s'en vouloir plus longtemps que déjà, George la serrait dans ses bras pour la réconforter :
- Lavande, tu ne peux pas continuer de fuir si tu veux qu'on avance … Je ne peux pas construire quelque chose avec toi si … si tu ne nous donnes pas une chance. Et je ne veux pas qu'on aille trop vite. Toi et moi, on a besoin de temps, alors c'est ce qu'on va faire, prendre notre temps.
L'ancienne gryffondore ne dit rien et se contenta se rester serrée contre lui. Ce qu'il venait de lui dire, personne ne lui avait dit, et elle aurait parié que personne ne lui ferait un jour ce genre de promesse. La seule chose qu'elle savait, c'est qu'elle ne voulait plus quitter ces bras. C'était l'endroit où elle se sentait le mieux au monde, le seul où elle pouvait oublier quelques instants à quel point le côté gauche de son visage était monstrueux.
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George sentait à quel point elle commençait à être apaisée d'être à ses côtés. Et non seulement ça le rassurait, mais ça lui faisait du bien aussi. A vrai dire, il avait un moment pensé que la jeune femme serait un exutoire – peut-être même passager – pour oublier sa peine et la perte de sa moitié. Mais il devait se rendre à l'évidence : elle était bien plus que ça. Il appréciait chaque seconde passée à ses côtés, la voir dans son appartement ou à la boutique, le matin au réveil, ou le soir fatiguée, qu'elle soit dans un bon ou un mauvais jour. Il n'aurait jamais pensé pouvoir tomber amoureux de quelqu'un d'autre, mais c'était bien ce qui se passait. Lavande illuminait sa vie et il n'avait pas l'intention de la laisser partir.
Il finit par transplaner chez lui pour les ramener, mais il ne lâcha pas son amie pour autant. Elle ne protesta pas lorsqu'il la souleva et l'emmena dans son lit. Comme par réflexe, elle lui tourna le dos, cachant la moitié meurtrie de son visage dans les draps. Le rouquin n'en tint pas compte et se contenta de la serrer dans ses bras. C'était tout ce qu'ils pouvaient s'offrir pour le moment, mais ça leur suffisait amplement. Ils s'endormirent tous deux dans cette position, et ne se quittèrent pas de la nuit.
Le réveil fut d'une douceur sans pareil. Si la jeune femme fut la première éveillée, elle ne bougea pas pour autant. La chaleur que lui offrait le jeune homme était un luxe auquel elle n'avait pas goûté depuis bien longtemps. Elle n'avait aucune raison valable de bouger, alors elle resta là à en profiter. George se réveilla bien plus tard en bon dormeur qu'il était, mais il fut heureux de sentir son invitée toujours contre lui. Bien qu'elle lui fasse toujours dos, il savait grâce à son souffle qu'elle ne dormait plus. Et pour lui faire savoir que lui non plus, il caressa du bout de ses doigts son cou et sa joue droite, appréciant le grain de sa peau sous ses phalanges. Elle ferma les yeux, et soupira, avant d'avouer sans se retourner :
- Je ne suis jamais retournée chez mes parents. Quand je me suis réveillée à St Mangouste, quelques heures après la bataille finale, je me souvenais de ce qui m'était arrivé. J'ai littéralement perdu la tête quand je me suis vue dans un miroir. Ma vie a été détruite ce jour-là. Les médicomages n'ont pas eu d'autre choix que de m'interner dans l'aile psychiatrique. J'ai passé quelques mois là-bas. Personne ne savait que j'y étais, et je n'ai reçu aucune visite d'anciens camarades. Seuls mes parents sont venus me voir, plusieurs fois, mais j'ai refusé de les voir. Le jour de ma sortie, ils étaient là. J'ai … je n'ai jamais vu mes parents aussi déçus. Ils s'attendaient à … je sais pas, peut-être retrouver leur petite fille adorée. A la place, ils ont eu droit à un monstre défiguré et dépressif. Je leur ai dit que je ne voulais pas rentrer avec eux, et ils n'ont pas insisté, ils m'ont laissé partir. Je crois qu'ils savaient que c'était trop tard, ils avaient perdu leur enfant pendant la guerre. C'était impossible pour moi de retourner dans notre monde. J'étais devenue horrible, et je ne veux pas qu'on me voit comme ça. Alors j'ai cherché un logement et un travail chez les moldus. Sauf que je n'y connaissais rien, et je n'avais aucun diplôme de leur monde. Alors j'ai enchaîné les boulots minables et toujours moins bien payés, et j'ai atterri dans la chambre que tu connais.
Elle marque une pause, hésitant à poursuivre, mais une légère pression de George pour lui faire savoir qu'il était toujours là et qu'il ne la lâcherait pas, la poussa à continuer :
- Très vite, j'ai tenté tout ce que j'ai pu pour faire disparaître ma cicatrice. J'ai investi tout mon salaire dans des crèmes, des potions, et autres soins miracles, pour essayer de retrouver ma vie d'avant. Mais ça n'a pas marché. Les traces faites par les loup-garou ne peuvent pas disparaître, on reste marqué à jamais. C'est comme ça qu'on s'est revu, toi et moi. Je tentais un dernier soin miracle, mais ça n'a pas marché. Quand … tu m'as proposé de travailler à la boutique, j'ai paniqué parce que je ne veux pas qu'on me voit. Alors je suis partie. Et quand je suis arrivée chez moi, j'allais encore plus mal. Je venais de gâcher la seule chose bien qui m'était arrivée depuis la guerre, et en plus de ça, j'avais perdu mon boulot. Et j'ai aussi pris conscience que … je ne peux pas t'apporter quelque chose de bien. Je … je tiens à toi. Sincèrement et de tout mon cœur. Et c'est pour ça que je ne voulais pas que tu me retrouves. Je ne suis pas assez bien pour toi. Tu mérites d'avoir quelqu'un de mieux, qui assume ce qu'elle est, et qui pourra te rendre heureux. Moi, je n'en suis pas capable. Alors j'ai cherché un endroit où tu ne pourrais pas me trouver. J'avais plus de boulot, ni argent ni endroit où aller, donc j'ai erré. Je suis tombée sur le squat par hasard, et personne ne m'a rien demandé. J'ai posé des sorts de protection et de repousse-moldu sur la pièce où j'étais, mais très vite, je me suis laissée prendre au piège. J'avais peur de ces moldus, mais ils me donnaient des trucs qui me faisaient oublier tout … Je regrette George, tout ce j'ai fait.
Le Weasley ne dit rien, et se contenta de caresser ses cheveux tout en embrassant son crâne. Il était là maintenant, et il ne la laisserait plus jamais seule. Qu'elle le veuille ou non, il allait prendre soin d'elle, et tout irait pour le mieux.
Voilà donc pour ce chapitre ...
Satisfaits de ce qu'il s'y passe ? Est-ce que vous vous attendiez à cela ?
J'espère que le prochain chapitre vous plaira, à la semaine prochaine !
