Hello !

Je sais pas vous, mais moi, je suis submergée par le boulot !

Même si j'avance un peu moins dans l'écriture, je n'oublie pas l'histoire et je continue à écrire des morceaux, donc pas d'inquiétude ;)

J'ai remarqué que vous étiez moins nombreux à lire, l'histoire ne vous plait / intéresse plus ?

En tout cas, j'espère que ce chapitre vous plaira, Bonne Lecture !


Chapitre 6

Il attendit quelques jours, avant de tenter de faire un nouveau pas vers la guérison avec la jeune femme qui partageait à présent sa vie. Un soir, après avoir fait la vaisselle, il la rejoignit sur le canapé et lui proposa :

- Je sais que tu ne veux voir personne mais … j'aimerai beaucoup que tu m'accompagnes à un repas chez mes parents … je n'aime pas te laisser seule tous les dimanches, et je pense vraiment que ça te ferait du bien de voir des gens.

- Non.

La réponse était irrévocable, et pourtant, fidèle à lui-même, le rouquin ne se laissa pas démonter :

- Lavande, tu sais que tu ne vas pas pouvoir fuir le monde extérieur éternellement ? Tu ne dérangeras personne si tu viens avec moi, au contraire, ma famille sera très heureuse de te voir …

- Non.

Sentant que tous ses arguments pour la convaincre seraient vain, il opta pour une nouvelle stratégie pour la persuader :

- S'il te plait, ne le fait pas pour toi, mais fais-le au moins pour moi et ma famille … Depuis la mort de … de Fred, ils s'inquiètent pour moi. Me voir heureux avec toi, et savoir que je prends soin de toi les rassurera, s'il te plait …

Il sentit bien qu'elle hésitait, mais finalement, elle chuchota :

- Je suis désolée, mais je ne peux pas … s'il te plait, ne me force pas …

Bon, il aurait pu être fier puisqu'il avait gagné. S'il lui demandait, elle le ferait pour lui faire plaisir. Mais il avait bien compris aussi qu'elle le ferait à contrecœur, et cela ne lui serait absolument pas bénéfique. Alors il n'insista pas sur ce sujet. Il préféra tenter une autre approche :

- Est-ce que je pourrais au moins faire venir quelques personnes ? Je pense que ça te ferait du bien de voir Harry, Ron et Hermione, peut-être même Ginny, Luna et Neville …

La jeune femme renifla, et se serra un peu plus contre lui en répondant avec dédain :

- Luna et Neville me détestent parce que je me suis toujours moquée d'eux à Poudlard, ta sœur et Hermione me trouvent stupides et ne m'apprécient pas, Harry a certainement d'autres choses à faire surtout qu'on était pas amis, et je n'ai pas du tout envie de voir Ron.

Pour Ron, Luna et Neville, il comprenait. Son frère restait quand même son ex, et connaissant son mal être, il n'était pas étonné de savoir qu'elle n'avait pas envie de le voir, ce qui était logique. Il comprenait aussi que Luna et Neville n'étaient pas ses amis, et même s'il se doutait que les deux jeunes gens sauraient être gentils et amicaux avec Lavande, il n'avait pas envie de forcer les choses. Mais pour les autres, il n'était pas d'accord :

- Ginny et Hermione ne te trouvent pas stupides ! Et si tu veux tout savoir, Hermione m'a réclamé plusieurs fois de tes nouvelles, et elle insiste pour venir te rendre visite dès que tu t'en sentiras prête. Quant à Harry, il apprécie toujours de revoir d'anciens camarades, et crois-moi qu'il serait heureux de te savoir en bonne santé. Bien sûr, la décision t'appartient, je ne te force à rien.

La blonde réfléchit un moment, laissant s'installer un silence paisible entre eux, et finit par demander :

- Hermione veut vraiment me revoir ? Ce n'est pas pour se moquer de ce que je suis devenue ?

- Ce serait bien mal connaître notre Miss-je-sais-tout. A vrai dire, elle se souvient de ce qu'il s'est passé lors de la bataille finale, et elle est sincèrement inquiète pour toi. Je pense qu'elle serait rassurée de voir que tu es en voie de guérison et entre de bonnes mains. Elle ne se moquera jamais de toi, et je n'envie pas celui qui aurait la mauvaise idée de la faire, parce qu'il devra subir la colère de notre héroïne nationale …

Lavande resta tout de même un peu sceptique, mais n'en fit pas part au rouquin. Après tout, elle ne connaissait déjà pas très bien à l'époque ses camarades, alors elle ne pouvait pas vraiment s'avancer sur leur réaction. Tout ce qu'elle savait, c'est qu'elle n'avait absolument pas envie de voir des gens. Mais en même temps, elle commençait aussi à prendre conscience que George avait raison, et qu'il la poussait sur la bonne voie. Donc elle savait qu'il faudrait bien un jour qu'elle aille dans ce sens-là, même si ça ne lui plaisait pas. Parce qu'elle avait une nouvelle motivation dans sa vie : celle de rester le plus longtemps possible auprès du Weasley, et peut-être même d'arriver à lui faire surmonter son deuil. Et c'est pour cela qu'après une longue réflexion, elle se blottit un peu plus contre lui et lui chuchota :

- J'aimerai beaucoup que … tous les vendredis soir, on aille au cinéma, tous les deux …

Il ne répondit pas, mais elle devina son grand sourire quand il embrassa sa nuque en signe d'approbation. Ce n'était pas beaucoup, mais c'était tout ce qu'elle pouvait lui donner pour le moment. Avec le temps, elle espérait vraiment pouvoir lui offrir plus, mais elle n'était pas certaine d'y arriver.

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S'il y a bien un moment que Lavande aimait dans sa journée de travail, c'était lorsque George fermait la boutique. Elle attendait dans l'arrière-boutique, observant sans qu'on la voit le rouquin encaisser les derniers clients jusqu'à ce que d'un coup de baguette, il annonce officiellement la fermeture grâce à un sort de son invention. Généralement, il la fermait vers 19 heures, ce qui laissait champ libre à Lavande pour faire les stocks et ranger la boutique. Elle adorait passer dans les allées vides mais colorés du magasin, regarder les inventions farfelues du jumeau, et s'imprégner de l'ambiance festive que dégageait l'endroit. C'était son petit plaisir à elle, un peu comme si l'euphorie des clients restait après leur départ, et l'ancienne Gryffondore s'en nourrissait d'une certaine façon. Le matin, ce n'était pas la même ambiance, plutôt le calme avant la tempête, et puis, elle était trop occupée avec la mise en rayon pour avoir le temps d'en profiter.

Cependant, elle fut désagréablement surprise lorsqu'un soir, juste avant la fermeture, une jeune femme traîna longtemps dans la boutique. George semblait ne rien faire pour que la cliente parte, et ça agaça encore plus la blonde de voir que le rouquin s'amusait de voir la cliente trouver des prétextes pour rester et lui demander conseils. Durant quelques secondes, elle pensa qu'elle était jalouse parce que George la laissait faire sans la repousser, jouant même un peu trop le jeu. Mais finalement, Lavande comprit que ce n'était pas ça. George était libre, il ne lui appartenait pas, et elle préférait presque qu'il trouve mieux qu'elle ailleurs parce qu'elle n'était pas sûre de pouvoir le rendre heureux en lui donnant tout ce qu'il souhaitait. Non, ce qui provoquait tous ces sentiments en elle, c'était la fille en elle-même. Elle n'était pas plus que ça jolie, mais elle restait mignonne avec un certain charme. Elle tortillait une mèche de ses cheveux, se dandinait légèrement pour mettre ses formes en avant, et riait presque à chaque fois que George ouvrait la bouche. En fait, cette fille, c'était exactement elle si elle n'avait pas été attaquée. Et ça la mettait hors d'elle, pire, c'était insupportable de voir cette sorte de caricature d'elle-même. Ce qu'elle la trouvait stupide – et elle se trouvait elle-même stupide – sans parler du ridicule absolu de la situation.

D'ailleurs, lorsqu'enfin la cliente partie et que George ferma la boutique, le jeune homme remarqua immédiatement l'air contrarié de sa compagne. D'habitude de bonne humeur, il nota qu'elle rangeait rageusement la boutique, et dans un silence de plomb. Lorsqu'il essaya de lui faire quelques blagues, elle ne fut absolument pas réceptive, et il décida de la laisser tranquille jusqu'à ce qu'ils rentrent à la maison. Comme à son habitude, il passa dans l'arrière-boutique pour bosser un peu sur des projets d'inventions. Il tenta de briser la glace lorsqu'ils dînèrent, mais ce ne fut pas un franc succès. A vrai dire, il avait l'impression de se retrouver plusieurs semaines auparavant lorsqu'elle vivait encore dans son taudis et le fuyait à la moindre occasion. Après le repas, il expédia la vaisselle d'un coup de baguettes, et proposa à la jeune femme d'aller au cinéma :

- On pourrait aller voir un film, même si on n'est pas vendredi ?

- J'ai pas envie, je suis fatiguée, je vais aller me reposer.

Refusa-t-elle avant d'aller dans sa chambre en silence. George hésita un moment, retournant dans tous les sens la situation pour essayer de comprendre ce qui lui arrivait. Elle n'agissait pas normalement, et il ne savait pas quoi faire. Et même s'il savait que c'était une mauvaise idée d'aller lui demander directement ce qui n'allait pas, il finit par s'y résoudre. Il frappa à sa porte, et sans attendre de réponses, il entra :

- Lavande, est-ce que tu veux en parler ?

Elle était avachie sur son lit, sur le ventre, le regard perdu dans le vide. Il n'était pas sûr qu'elle l'avait entendu, et aussi se glissa-t-il à ses côtés sur le lit. Elle remarqua sa présence mais ne dit rien, alors il reposa sa question :

- Qu'est-ce qui te contrarie ?

Comme à son habitude, elle hésita à lui répondre. Mais finalement, elle abandonna les armes et avoua sans honte :

- C'est cette fille, celle qui est restée au magasin un peu trop longtemps …

- Tu es jalouse d'elle ?

S'étonna-t-il, et la jeune femme ne répondit pas. Elle posa sa tête contre son épaule et resta calme un moment – malgré l'agitation en elle. Finalement, elle soupira :

- Je déteste les filles superficielles. Parce qu'à cause de ça, je me trouve monstrueuse maintenant. A tel point, que je ne peux pas avoir de mari ni d'enfants. Je me trouve trop horrible pour ça, je … je ne veux pas imposer ça à ma famille, je ne pourrai pas le supporter. C'est quelque chose … auquel je n'aurai jamais droit.

- Tu sais que c'est faux. Tu, enfin, je pense que ta cicatrice est en fait un prétexte. Tu ne veux pas être heureuse, et tu te sers de ça. Tu ne devrais pas.

- Peu importe, ma décision est prise. Tu sais à quoi t'en tenir, et ce que je ne peux pas t'offrir. Je suis désolée George.

Le rouquin soupira, contrarié par cela, mais n'ajouta rien. Il savait pertinemment que rien de ce qu'il pourrait dire ne saurait la faire changer d'avis. Et pourtant, dans son esprit germait déjà une idée. Quelque chose de simple – qui serait difficile à faire comme toujours avec elle – mais qui pourrait lui permettre d'avoir un peu de recul sur la situation et de mieux l'accepter. Il lui restait encore des cartes en main, et elles étaient importantes. Il resta un moment auprès de la jeune femme, réfléchissant aux stratégies qu'il pourrait mettre en place, et finit par se retirer pour la laisser se reposer.

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Afin de ne pas éveiller ses soupçons, le jumeau la laissa tranquille quelques jours et ne revint pas vers elle sur sa contrarié et ses paroles. Il continua sa routine, et elle apprécia de reprendre leurs habitudes. Le magasin, les repas en tête-à-tête, le cinéma, tout se déroulait bien dans leur petite vie. Elle envisagea même de s'acheter de nouveaux vêtements grâce aux petites économies que son salaire lui permettait, mais elle changea bien vite d'avis quand elle se rendit compte qu'elle devrait sortir en plein jour pour aller les acquérir. A la place, George se contenta de lui glisser des catalogues que sa mère lui avait donné pour commander par hibou des vêtements. Il était heureux à l'idée qu'elle recommence à vivre normalement et à prendre soin d'elle. D'ailleurs, bien qu'il se sentait perdu, à chaque fois qu'il allait faire les courses, il tentait de lui ramener quelque chose : un shampoing qui sentait bon, un masque conseillé par une vendeuse … Lavande ne disait rien, mais il savait que ça lui faisait plaisir. Et puis, il voyait ça comme une occasion de monter en compétence dans le domaine des cosmétiques féminins – qui sait, il y avait peut-être quelque chose à développer pour sa boutique dans cette branche.

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Doucement, un soir en rentrant du cinéma, le jeune homme lui prit la main et demanda :

- Je vais aller voir mon frère Bill demain … je sais que tu ne veux pas venir avec moi au Terrier le dimanche, mais demain, il n'y aura que mon frère et sa femme.

Elle le regarda, surprise et incertaine de ce qu'il voulait dire, et il serra un peu plus sa main contre la sienne :

- Je veux que tu rencontres Bill. Mon frère est … je pense, non, je suis sûr que le rencontrer te fera du bien.

- George …

- Non, ce n'est pas une demande. Même si tu ne veux voir d'autres personnes que moi, demain tu viendras. Est-ce que tu me fais confiance ?

La question était stupide, parce que malgré leur début tumultueux, le jeune homme avait doucement mais sûrement acquis sa confiance. C'était malhonnête de jouer sur cette corde-là, et elle lui lança son traditionnel regard noir :

- Tu n'as pas le droit …

- Je sais. Mais tu ne crois pas que si j'insiste autant, c'est que je dois avoir mes raisons ? Si ça peut te rassurer, on partira quand tu le voudras. D'accord ?

Sa question n'en n'était pas vraiment une, Lavande le savait bien. C'était rare qu'il lui impose des choses de la sorte – surtout qu'il savait bien à quel point elle détestait cela – mais elle ne pouvait rien faire. Après tout ce qu'il avait déjà fait pour elle, ce serait se montrer plus qu'ingrate de lui refuser cette petite visite. Déjà, il y a bien longtemps qu'il aurait pu faire venir des visiteurs ou lui imposer d'aller voir toute sa famille, et pourtant, il ne l'avait jamais fait. Alors c'est contrariée et résignée qu'elle termina sa soirée avec lui.


Voilà pour ce chapitre ...

Qu'en avez-vous pensé ?

Et surtout, pourquoi pensez-vous que George veut aller voir Bill et Fleur ? Que pensez-vous qu'il va se passer ? :D

Dans le prochain chapitre (qui est un des premiers que j'ai écris, et un de mes préféré aussi), il y aura la rencontre entre Lavande, Bill et Fleur, et j'espère vraiment que ce chapitre vous plaira ! :D

A mercredi prochain ;)