Avec quelques minutes de retard (j'étais persuadé qu'on était jeudi... Pourquoi ? Mistère...) voici le nouveau chapitre. Merci pour tous vos retours. Je suis désolée de ne pouvoir répondre aux reviews cette semaine, même si je réponds toujours aux questions ou aux commentaires qui attendent un signe de vie de ma part.

Je suis contente que cette histoire plaise, même si je comprends les sceptiques. Le fait que ce soit un Snarry, M-preg qui plus est, augmente les risques de ne pas plaire. C'est le jeux ! Et je comprends tout à fait ceux qui abandonneront la lecture, ne vous excusez pas ;)

Sur ce, bonne lecture !


Chapitre 3

Harry sortit de l'âtre du Square Grimmaurd et fut aussitôt enlacé par les bras de son parrain de substitution.

« Par Godric ! J'ai eu peur ! Où étais-tu Harry ?! »

« Pardon… » marmonna Harry dans les robes de l'homme. « J'avais besoin de parler et tu n'étais pas là. »

« C'est bien. Je suis content que tu aies enfin accepté d'en discuter avec quelqu'un, même si ce n'était pas moi. Es-tu prêt ? As-tu pris ta décision ? »

Harry repensa alors à sa discussion avec Théo :

« Quoiqu'il se passera, je serai là pour toi. Je comprends que tu ne puisses pas en parler à Snape mais tu as besoin de soutien et tu pourras toujours compter sur moi. Je serai ce que tu voudras que je sois… »

« Oui, » dit fermement Harry en s'extirpant de l'étreinte pour regarder Remus dans les yeux. « Je sais quoi faire. »

« Bien. C'est l'heure du rendez-vous, veux-tu que je t'accompagne ? »

« S'il te plaît… » murmura Harry, un peu gêné.

« Allons-y, » répondit simplement Remus avec douceur, poussant légèrement le jeune homme vers la cheminée.

Lorsqu'ils arrivèrent dans le bureau de Monsieur Campbell, Remus et Harry s'installèrent sur les sièges moelleux faisant face au médicomage.

« Alors Monsieur Potter, » commença celui-ci. « Nous nous sommes quittés la dernière fois sur une décision importante à prendre. Avez-vous déj- »

« Je le garde ! » le coupa hâtivement Harry. « Pardon… »

Le médicomage sourit doucement en regardant son patient.

« Ne vous excusez pas, » dit-il. « Je suis heureux de voir que cette décision vous tient à cœur. Donc, je suis dans l'obligation de vous demander si vous voulez continuer ce suivi avec moi ou si vous souhaitez trouver un autre médicomage peut-être plus spécialisé. »

Harry réfléchit à la question, fixant intensément ses genoux.

« Je pense que vous me convenez plutôt bien… Êtes-vous compétent ? » demanda-t-il plutôt naïvement en fronçant les sourcils.

Le médicomage rit doucement.

« On ne peut vous enlever le mérite d'aller droit au but, » dit-il avant de reprendre son sérieux. « Je dois avouer que je n'ai que rarement suivi de grossesse masculine. Sachez que je ne gagne rien, si ce n'est plus de connaissances, à suivre votre grossesse et qu'à tout moment vous pouvez vous tourner vers quelqu'un d'autre. Je suis tout à fait de taille à vous suivre mais si vous devenez un patient à risque, je ne verrai aucun inconvénient à me tourner vers des médicomages plus spécialisés que je côtoie régulièrement, pour leur parler de votre cas.. »

« Eh bien… » dit Harry en se frottant la nuque. « Je suppose que je vais continuer avec vous alors. D'accord Rem' ? » questionna-t-il en tournant la tête vers son parrain qui restait en retrait.

« C'est ta décision Harry, mais je suis plutôt d'accord avec toi, j'ai toute confiance en Monsieur Campbell. »

Harry sourit et se tourna vers le médicomage.

« Que faisons-nous maintenant ? »

« Maintenant, vous allez vous installer sur le lit derrière vous et je vais faire des examens complémentaires. »

« Des examens complémentaires ? »

« Oui, lors de votre dernier passage ici, nous avons seulement vérifié les causes de vos malaise et nous avons vu que vous étiez enceint, mais nous n'avons rien fait de plus car vous ne nous en avez pas donné la permission. De plus, nous ne voulions pas influencer votre jugement. »

« Donc ? Qu'allez-vous regarder maintenant ? » demanda Harry en se déplaçant lentement vers le lit.

« Je vais lancer des sorts pour savoir si le foetus n'est pas en souffrance, s'il se développe correctement et même combien il y en a… » expliqua le médicomage en dirigeant son patient.

Le Gryffondor s'arrêta net dans sa progression et regarda l'homme, les yeux écarquillés.

« Il peut y en avoir plusieurs là-dedans ?! » demanda-t-il.

« Bien sûr, » répondit Monsieur Campbell. « Les grossesses masculines sont comme les grossesses féminines, les naissances multiples sont plus rares mais possibles. »

« Par Merlin… » souffla Harry avant de reprendre son chemin.

Il s'installa sur le lit et regarda son médicomage préparer sa baguette et quelques fioles.

Lorsqu'il fut prêt, l'homme commença l'examen sous l'oeil attentif de Remus qui s'était rapproché. Les minutes suivantes, le silence ne fut brisé que par les murmures calmes du médicomage. Harry s'était presque endormi lorsqu'il prit enfin la parole :

« Voilà qui est inattendu, » dit-il, les sourcils froncés mais un sourire discret sur le visage.

« Quoi ? » demanda Harry en se redressant vivement.

« Vous-allez avoir des jumeaux, félicitations. »

« Des jumeaux ? » murmura le jeune homme imaginant déjà deux enfants identiques se courir après dans tous les recoins du Square Grimmaurd dans une version miniature et effrayante de Fred et Georges.

« C'est exact. Comme je vous l'ai dit, c'est rare, mais ça arrive. C'est généralement révélateur de la puissance des sorciers qui les ont enfantés. »

« Et comment vont-ils ? » demanda Remus, voyant que son filleul avait besoin de temps pour digérer la nouvelle.

« En parfaite santé. La croissance est bonne, tout comme le rythme cardiaque. Monsieur Potter aussi va très bien, malgré un manque de vitamine. Rien qui ne puisse être arrangé avec des potions. »

« Et vous n'ê- » commença Remus.

« Et le sexe ? » le coupa Harry d'une voix tremblante.

« Le sexe ? » demanda le médicomage décontenancé. « Et bien vous pouvez toujours avoir des relations sexuelles, cela n'endoma- »

« Non, » le coupa Harry, rouge de honte. « Vous connaissez le sexe des bébés ? »

« Ah, veuillez m'excuser, » rit Monsieur Campbell. « Non je ne peux pas connaître le sexe des bébés. C'est illégal. »

« Illégal ? » demanda le Gryffondor, les sourcils froncés.

« Malheureusement, le sortilège qui informait les futurs parents du sexe de l'enfant qu'ils attendaient a été utilisé à mauvais escient. Notamment par les grandes familles, plus particulièrement les Sang-Pur, ayant du mal à concevoir et devant absolument avoir des fils, car seuls les hommes pouvaient hériter et mener les affaires. Donc, lorsqu'une femme était enceinte, le sort lui était immédiatement lancé et si l'enfant s'avérait être un fille, une potion d'avortement était donné à la mère pour tout de suite réessayer de donner un héritier mâle à la famille. »

« C'est horrible… » murmura Harry.

« C'était la norme de l'époque et pour des raisons professionnelles, je ne peux me permettre d'émettre un avis sur le sujet… En tous cas, après l'hécatombe de femmes de Sang-Pur, le Magenmagot a classé ce sort dans la catégorie magie noire et ainsi l'a interdit. Les médicomages ne sont donc plus en mesure de définir le sexe de l'enfant pendant la grossesse. »

« Oh… » souffla Harry. « Je comprends… »

Après quelques secondes de silence, le Gryffondor prit à nouveau la parole, posant inconsciemment la main sur son ventre :

« Donc ils vont bien ? »

« C'est exact ! » reprit vivement le médicomage. « Avalez cette potion de vitamines s'il-vous-plaît et vous pourrez aller vous rasseoir Monsieur Potter. »

Harry s'exécuta, s'installant au côté de Remus qui avait lui aussi repris sa place. Le médicomage reprit la parole :

« Donc physiquement nous pouvons voir que tout va très bien. Moralement je vois que vous êtes soutenu. J'aimerais juste parler avec vous des prochains mois, de la suite de cette grossesse. »

« Je vous écoute, » répondit courageusement Harry.

« Plus les fœtus vont grandir, plus ils vont pomper votre énergie. Pour se nourrir et former leur propre noyau magique, ils vont aussi se servir dans votre magie. Cela n'a rien de dangereux, mais pendant les six prochains mois, la puissance de vos sorts risque d'être perturbée. Il est recommandé pour une personne enceinte de ne pas être seule au quotidien, » déclara Monsieur Campbell en regardant Remus.

« J'ai un lit de camp dans sa chambre. Vous pouvez être certain que je ne le quitte pas des yeux, » répondit le loup-garou avec un sourire taquin.

« Très bien, » rit le médicomage. « Je vous recommande donc de ne pas trop utiliser la magie. N'oubliez pas qu'une bonne alimentation est la base de la bonne santé et c'est valable pour ceux qui grandissent en vous. »

Harry acquiesça distraitement. Il n'arrivait pas à croire ce qui lui arrivait en ce moment mais après cet examen et toutes ces recommandations, il devait bien admettre que tout était réel. Il n'était pas dans un rêve qui allait prendre fin dans quelques minutes. Il n'allait pas se réveiller dans les bras de l'homme qui avait volé son cœur, ni même dans les bras de Théo.

Non.

Il était enceint de deux enfants. Deux petits bébés qui étaient le fruit de quelques minutes volées avec un homme qui l'avait détesté au premier regard. Ces enfants ne naîtraient pas de l'amour entre deux personnes, mais d'un excès d'alcool et d'un moment de déroute. Seraient-ils malheureux pour ça ? Non… Harry ferait tout pour protéger ses enfants, qu'ils soient de Snape, de Théo, de Voldemort ! Ils restaient des petits êtres sans défense, venus au monde sans avoir leur mot à dire…

« -nsieur Potter ? » fit une voix, le sortant de sa rêverie.

« Hmm ? »

« Vous m'écoutez ? » demanda le médicomage.

« Oui pardon… »

« Je pense que les révélations et acceptations sont dures aujourd'hui, » dit Remus en regardant la main de son filleul caresser son ventre plat. « Nous ferions mieux de rentrer. »

« Bien sûr, » répondit Monsieur Campbell. « Le peu de choses qui me reste à dire peut attendre le prochain examen, » continua-t-il en se levant.

Remus le fit également et tendit la main pour que son filleul puisse se lever. Harry pourtant, ne suivit pas le mouvement, les sourcils froncés.

« Comment vont-ils sortir ? » demanda-t-il finalement.

Il entendit distinctement son parrain déglutir et tourna la tête vers lui, regardant avec interrogation son air inconfortable.

« Quoi ? » demanda Harry qui commençait à pâlir légèrement.

« Louveteau… » commença Remus. « Ils vont sortir pas l'endroit où ils sont entrés… »

« Hein ? Non… »

Le médicomage prit alors la parole :

« En réalité, la magie a fait de vous un porteur. Elle a donc créé des sortes d'ovules, une poche et du liquide amniotique. Cette poche, là où les embryons se sont réfugiés, doit évidemment être reliée à quelque chose pour que les enfants puissent sortir. La magie a alors formé une sorte de dérivation après le côlon pour qu'au moment venu, le bébé puisse sortir par l'an- »

« Ca ira ! » le coupa précipitamment Harry, l'air légèrement malade. « Je… Je préférerais en parler plus tard... »

Remus, un sourire narquois sur les lèvres, aida finalement son filleul à se relever.

« Quand devrons-nous revenir ? » demanda-t-il en passant la porte, ouverte par le médicomage.

« Nous dirons toutes les deux semaines pour le moment, » répondit celui-ci. « Tenez, voici une ordonnance pour des potions anti-nausée en cas de besoin, les potions pour les vitamines à prendre tous les deux jours et celles nutritionnelles, une par semaine. À bientôt, » dit-il en leur serrant la main avec un sourire avant de s'engouffrer dans son bureau.

Remus conduisit son filleul jusqu'aux cheminées où ils s'engouffrèrent pour rentrer au Square Grimmaurd.

Une fois sur place, Harry s'effondra sur le canapé.

« Comment vas-tu ? » demanda le loup-garou, s'asseyant à côté de lui, une main sur sa cuisse.

« Je vais être papa… » souffla le jeune homme.

« Ça paraît évident, » ricana Remus sans aucune trace de méchanceté.

« Je veux dire… Je savais que j'étais enceint, je savais ce que cela impliquait, mais je n'avais pas réalisé que j'allais avoir des enfants… à moi… »

« C'est pourtant le cas… Tu sais que tu pourras toujours compter sur moi n'est-ce pas ? »

Harry se contenta de hocher la tête avant de la poser sur l'épaule de Remus. Celui-ci reprit d'un ton joyeux :

« Je me souviens du jour où tes parents nous ont annoncé que Lily était enceinte. Nous étions installé à Godric's Hollow pour le dîner et ton père sautait partout. Littéralement, je veux dire ! Il ressemblait à Padfoot, courant et sautant pour aller chercher la saucière, du pain, du vin… Ta mère était désespéré et lui a même mis un coup de poêle à frire sur la tête. »

« C'est vrai ? » demanda Harry en gloussant.

« Je te jure ! Ça l'a calmé… pendant dix secondes tout au plus, » ricana Remus. « Lorsque nous sommes arrivés au dessert, Lily a sorti le champagne et a demandé à James de l'ouvrir… quelle erreur ! James était allé à un mariage entre un sorcier et une moldue quelques semaines plus tôt et il avait été fasciné par la façon dont les Moldus sabraient le champagne. Evidemment, il a voulu essayer… »

Harry plaqua ses mains sur sa bouche, retenant son rire pour entendre la suite.

« Il a pris sa baguette pour jeter un sort de découpe au bouchon… Mauvaise idée… Il y en avait partout ! Du champagne, du verre, du gâteau, et même du bois car le sort avait brisé le meuble derrière la bouteille. »

« Et après ? »

« James a pris un deuxième coup de poêle… et puis il a dû tout nettoyer, sans magie. Lily savait le tenir. Après cela, nous nous sommes rassis pour boire un café, vu que le gâteau et le champagne étaient foutus et c'est Lily qui nous a annoncé qu'elle était enceinte. »

Après cette histoire, Remus en raconta une autre, puis une autre, jusqu'à ce qu'Harry s'endorme paisiblement. Le loup-garou quant à lui, réfléchissait. C'était la première fois qu'il parlait de tous ses souvenirs sans colère, remord, regret et il décida que cela faisait du bien…

.oOo.

Harry avançait d'un pas assuré dans les grands couloirs du Ministère.

En réalité, il était terrifié.

Depuis trois mois il était si habitué à fouler ces dalles de pierre, tous les matins, il était si heureux de venir au travail… Savoir que c'était sans doute la dernière fois était très difficile à vivre.

Après sa visite chez le médicomage la veille, il devait maintenant annoncer à son patron la raison de son arrêt maladie et lui présenter sa démission. Il avait tant voulu ce travail, tant espéré y arriver que c'était aujourd'hui un véritable déchirement. Il voulait rester entre ces murs et apprendre ce travail qui lui plaisait tant. Pas parce que c'était celui de son père, pas parce que c'était ce que Sirius aurait voulu, pas parce que c'était ce que le monde sorcier attendait de lui, mais parce qu'il ressentait au plus profond de lui que c'était ce pourquoi il était fait. Être Auror était véritablement un rêve à ses yeux.

Peut-être pourrait-il convaincre Kingsley de l'accepter après sa grossesse. Avec un peu de chance, il pourrait revenir et reprendre là où il s'était arrêté…

Pourtant il n'y croyait pas trop. Peut-être était-ce sa nature défaitiste… Il avait l'habitude d'être déçu dans sa vie. Quand il semblait sur le point de goûter au bonheur, il en était privé.

Ce fut dans cet état d'esprit qu'il entra dans le bureau de Kingsley Shacklebolt, chef des Aurors.

« Harry ! » l'accueillit celui-ci en se levant de son bureau. « Prêt à reprendre le travail ? »

« En réalité non… Monsieur. »

Kingsley fronça les sourcils, releva sa baguette pour fermer la porte et invita son élève à s'asseoir sur le canapé qui lui servait souvent de couchage de fortune.

« Que se passe-t-il Harry ? Es-tu malade ? »

« Et bien… Ce n'est pas tout à fait ça… » répondit Harry, frottant l'arrière de sa nuque avec gêne.

« Et si tu m'expliquais ? » demanda calmement Kingsley en voyant l'angoisse dans les yeux du jeune homme, et ses traits tirés par la fatigue.

« Voilà… Je suis enceint, » assena Harry.

« Pardon ? »

« Vous avez bien entendu… Je suis vraiment désolé, ce n'était pas prévu et je m'en veux beaucoup de mettre ma formation en péril, mais- »

« C'est merveilleux, » le coupa le chef des Aurors en le prenant dans ses bras

« T'es pas fâché ? » demanda Harry les sourcils froncés, oubliant complètement les règles de vouvoiement instaurées avec son mentor trois mois auparavant.

« Pourquoi t'en voudrais-je ? Une naissance est toujours un magnifique évènement. »

« Mais… Et ma formation ? »

« Nous devrons faire quelques ajustements bien sûr, mais ce n'est pas comme si c'était la première fois. La vie ne s'arrête pas Harry, » répondit Kingsley avec le sourire. « Tu sais que tu as deux modules pour l'entraînement d'Auror : le combat et la stratégie. Tu as déjà fait trois mois de combat et à partir de lundi tu vas prendre la stratégie pendant les six prochains mois pour compléter ce module. À ton retour, tu reprendras le combat pour trois mois et tu seras apprenti Auror sur le terrain pendant un an, avant d'être titulaire. »

« C'est… Si simple que ça ? »

« Evidemment ! De plus, cet enfant à naître est un atout pour ta future embauche au sein de l'équipe de nuit. »

« Comment ça ? »

« Tu sais que cette équipe est plus susceptible d'être en danger que les autres ? » questionna Kingsley sans pour autant attendre une réponse. « C'est pour cette raison que cette section attire plein de jeunes, souvent en quête d'adrénaline. Malheureusement, la plupart d'entre eux se plaisent à jouer les héros et mettent parfois en danger la vie de leurs collègues. L'équipe prendra plus facilement en son sein un père de famille qu'une personne seule. Un père de famille à quelque chose à perdre, il ne fonce pas dans les ennuis tête baissée, il ne cherche pas la gloire, il sait ce qu'est un danger et sait en protéger les autres. »

Une lumière de compréhension s'alluma dans les yeux d'Harry alors qu'il posait une main sur son ventre. Son geste n'échappa pas à Kingsley qui sourit avant de reprendre durement :

« En tous cas, fini pour toi les journées de seize heures, les repas bâclés au milieu des dossiers et les entraînements jusqu'à ce que tu t'écroules de fatigue. »

« Ne vous inquiétez pas Monsieur, » dit Harry avec un sourire doux, reprenant le vouvoiement. « J'ai un loup-garou plutôt mère poule qui veille sur mon bien être. »

« C'est bien si Remus est présent, » répondit Kingsley en se levant, invitant Harry à en faire de même. « Bien, je te revois demain. »

Alors qu'Harry allait passer la porte, la voix du chef des Aurors s'éleva encore :

« Et l'autre père ? »

Le visage d'Harry s'assombrit légèrement alors qu'il répondait.

« C'est… compliqué… Merci pour votre soutien Monsieur. Je ne vous décevrai pas. »

Avant de fermer la porte, il s'adressa à nouveau à son mentor :

« Au fait, ce sont des jumeaux. »

.oOo.

Lorsqu'Harry rentra chez lui, il était plus serein qu'il ne l'avait été depuis l'annonce de sa grossesse. Il fut accueilli par un Remus confiant, assis sur le canapé devant un gros grimoire.

« Alors ? » demanda celui-ci en fermant son livre pour le poser à côté de lui.

« Je vais travailler jusqu'au terme sur le module deux qui ne comporte pas de danger physique et après la naissance, je pourrai travailler le module un, ce qui veut dire que je n'aurai que peu de retard dans le programme. »

« C'est génial ! Tu pourras gérer ta grossesse et ton travail de front ? »

« Je pense, » déclara Harry avec un sourire confiant.

« Ça fait du bien de te revoir comme ça, » dit Remus en répondant à son sourire. « Ces derniers jours ont été compliqués pour toi, j'avais l'impression que je ne te verrais plus jamais être heureux. »

Harry soupira et s'assit à côté de son parrain.

« Je sais… Je pense que c'est la première fois depuis des jours, que je me dis que ce n'est pas une catastrophe, que je vais y arriver. »

« Bien sûr que tu y arriveras, » dit Remus en enroulant son bras autour des épaules de son filleul. « Je ne dis pas ça parce que tu es le fils de James et Lily, ni parce que c'est ce que Sirius aurait dit. Je dis ça parce que je sais ce que tu vaux, et je sais que tu en es capable, » continua le loup-garou, sachant que ces mots étaient ceux qu'Harry voulait entendre.

Il avait trop souvent été comparé à d'autre pour ne pas en souffrir.

« Merci Remus » murmura Harry.

« Tout le plaisir est pour moi. Alors, quand vas-tu réaliser que cet environnement n'est pas sain pour toi ? » demanda le loup-garou avec un geste de main englobant la pièce.

« C'est pas l'idéal hein ? » grimaça Harry.

« Habiter dans le manoir bourré de magie noire de ton regretté parrain ? Vivant dans une seule pièce que j'ai dû aménager parce que tu n'as même pas pris le temps de le faire ? »

« Dis comme ça… » soupira Harry. « Mais j- »

Il fut couper par les flammes vertes qui s'embrasèrent dans la cheminée. Après quelques secondes, Théo sortit de l'âtre, l'air nerveux.

« Harry enfin ! » dit-il en s'époustant sommairement. « J'attends toujours l'appel que tu devais me passer après ta visite chez le médicomage. »

« Oh… bonjour Théo… » répondit Harry, rougissant légèrement en s'apercevant qu'il avait complètement oublié son ami.

« Je vais vous laisser, » dit Remus en se relevant du canapé. « Je vais rendre une visite à la meute et voir comment vont les louveteaux. »

« Oh, bonjour Professeur Lupin. »

« Bonjour Monsieur Nott. Je ne suis plus votre professeur maintenant, appelez-moi Remus, ou monsieur si c'est trop familier. »

« Appelez-moi Théo, » répondit le Serpentard avec un sourire en serrant la main du loup-garou. « Ou Théodore si c'est trop familier. »

« Je vous reconnais bien là Théodore, » dit Remus en ricanant. « Bien, je vais vous laisser. N'hésitez pas à me contacter en cas de problème. Je serai de retour après le dîner, » continua-t-il en lançant un regard interrogateur à Harry.

Celui-ci lui fit un sourire rassurant et invita son ami à prendre place à ses côtés.

Dès que Remus fut parti, Harry se tourna vers Théo, heureux de le revoir.

« Alors ? » commença le Serpentard. « Pourquoi ne m'as-tu pas appelé ? J'ai fait quelque chose de mal ? »

« Oh, non, » répondit vivement le Gryffondor. « Bien sûr que non. En réalité, cette semaine a été chargée… Eh bien… Chargée émotionnellement surtout. J'avais beaucoup de choses en tête... »

« Ne t'inquiète pas pour ça. Je m'en suis un peu douté... » dit Théo, se détendant légèrement dans le canapé. « Alors, c'est là que tu habites ? » reprit-il avec une grimace de dégoût semblable à celle de Draco Malfoy devant le grand livre des monstres.

« Oui... » répondit Harry, embarrassé que son ami voit son lieu de vie. « Je ne rentrais jamais longtemps chez moi, je ne me suis pas aperçu que c'était dans un tel état. Et encore... Remus a rangé et aménagé. »

« C'était pire avant ? »

« J'ai bien peur que oui, » répondit sincèrement Harry en fronçant les sourcils. « Heureusement que Remus métamorphose le canapé en lit chaque nuit. Tellement tourné vers le travail, je n'ai pas remarqué qu'il était si inconfortable pour y dormir. »

Théo soupira en regardant autour de lui.

« Tu sais que sur le long thème ce n'est pas possible ? »

« Je sais, je sais... Remus m'a déjà fait la leçon. Mais je n'ai rien d'autre pour le moment et je reprends le travail demain. Avec la fatigue que je ne vais pas tarder à développer, les révisions et les nausées, j'aurai peu de temps pour visiter des appartements. »

« Viens chez moi, » dit Théo, paraissant surpris par ses propres mots.

« Quoi ? »

« Tu as très bien entendu Potter, » s'agaça le Serpentard. « J'ai une maison immense et j'y vis seul. Tu y serais bien plus à l'aise, surtout avec l'arrivée du bébé. »

Harry se releva, les sourcils légèrement froncés et se mit à faire le tour de la pièce à vive allure.

« Tu ne peux pas vouloir ça Théo. Nous sommes anciens amants toi et moi. Ça serait étrange, toi et moi vivant ensemble, avec deux enfants. »

« Deux ? » questionna le Serpentard, ses yeux dérivant vers le ventre de son ami.

« Oh... Oui... Ce sont des jumeaux, » dit Harry en le regardant.

« Et bien... Tu sais comment créer la surprise, » souffla Théo. « Quoi qu'il en soit je ne retire pas mon offre. Tu ne vas pas élever et t'occuper de deux enfants dans cette pièce minuscule qui se trouve dans une maison morbide, d'après ce que tu m'en as dit. Tu ne peux pas habiter chez Lupin qui vit dans une hutte entourée de loup-garou qui seront, je pense, ravis d'avoir de la viande fraîche à la pleine lune. Alors où comptes-tu aller ? Chez les Weasley ? Cette famille qui ressemble plus à une colonie de vacances dans une maison prête à s'effondrer. Granger ? Qui habite chez ses parents dans un quartier Moldu qui serait heureux de voir un homme enceint. Londubat ? Qui est parti en Irlande pour étudier les plantes rares ? Lovegood ? Qui vit dans une maison bourrée d'objets étranges et passera son temps à parler de bêtes imaginaires. »

Théo regarda son ami dans une réplique parfaite de Snape prenant des Gryffondors au piège.

« Comment as-tu déjà pensé à tout ça ?! » s'indigna Harry. « J'étais à peine en train d'imaginer ce que cela pouvait donner si j'habitais chez Remus... »

« Je suis Serpentard... »

« De toute façon, » dit Harry en ignorant la réponse de Théo. « Je ne suis pas obligé de vivre avec quelqu'un. Je peux très bien élever mes enfants seuls, » continua-t-il, le nez relevé, une attitude de défi.

« Oh non, » ricana Théo. « On m'a assez bien enseigné tout ce qui touche à la famille, pour savoir qu'une femme ou un porteur ne peuvent vivre seul. Ton médicomage a dû te le dire, c'est fortement déconseillé. Ta magie est si chamboulé qu'un simple sort de lévitation peut te coincer sous un meuble, dans l'incapacité de prévenir quelqu'un et de bouger. »

« Il l'a peut-être évoqué... » grogna Harry.

« Arrête de faire ton griffon borné, on dirait Weasley, » s'amusa Théo avant de reprendre son sérieux. « Réfléchis un peu Harry. Je fais des études par correspondance pour une Maîtrise de Sortilège. Je suis seul à longueur de journée. Votre arrivée à tous les trois me fera du bien, me distraira. »

Harry allait ouvrir la bouche pour protester mais Théo leva la main pour l'arrêter.

« Et je te vois venir ! Vous n'allez pas me déconcentrer. Ma maison est suffisamment grande pour que chacun ait son espace et lorsque j'aurai besoin de me concentrer, j'irai simplement dans mon bureau avec un sort de silence. »

Harry soupira et vint se rasseoir au côté de Théo.

« Ce n'est pas si simple... Imagine un peu pour l'intimité... Si tu rencontres un homme et que celui-ci se rend compte que tu habites avec ton ex... »

« Alors on en parlera tranquillement tous les trois et on trouvera une solution, » dit doucement le Serpentard. « Ce que je te propose n'est pas forcément pour la vie, ni même pour un an. J'aimerais que tu vois cela comme une situation provisoire qui peut durer si elle nous convient à tous les deux. Une chose est sûre, et j'espère que tu me crois quand je te dis cela, c'est que si je rencontre quelqu'un de spécial, ce dont je doute fort, je ne te mettrai pas dehors du jour au lendemain. Si cet homme ne peut pas attendre que tu trouves un logement, c'est qu'il n'est pas si spécial que ça. »

« Je ne sais pas... »

« Ne me force pas à te supplier, » dit Théo en faisant la moue, faisant ricaner Harry.

Il reprit son sérieux et soupira faiblement avant de parler à nouveau :

« Ce que je te propose n'est pas purement altruiste, j'en ai peur... » souffla-t-il.

« Pourquoi ? » demanda Harry en fronçant les sourcils.

« Juste après ton départ hier, Draco est venu m'annoncer qu'il avait demandé Pansy Parkinson en mariage... Et qu'elle avait accepté... »

Harry haleta, une main devant sa bouche, les yeux écarquillés. Après quelques secondes de flottement, il se ressaisit et enlaça Théodore par les épaules.

« Par Merlin, et tu me laisses geindre depuis tout à l'heure... »

« Tes soucis sont plus importants que les miens, » répondit Théo, sa voix étouffée par le tissu de la robe d'Harry. « Si j'avais les enfants de Draco dans le ventre après m'être fait jeter, je serais dans un bien pire état. »

« Tu as le sens du réconfort... » soupira dramatiquement Harry. « Et qu'est-ce que je viens faire dans tout cela ? » demanda-t-il ensuite.

Théo se redressa.

« Il m'a demandé d'être son témoin. »

« Par Merlin ! Tu n'as pas dit oui ?! » s'exclama Harry.

« Bien sûr que si, » répondit froidement Théo. « Je veux être un bon ami pour lui, à défaut d'être autre chose. Et puis je ne serai pas seul, Blaise sera là aussi. »

« C'est de la folie... »

« Et c'est là que tu interviens, » dit Théo sans prendre en compte la réaction d'Harry. « Je sais que j'ai dit oui mais... Je sais aussi que ces instants vont être pénibles... » continua-t-il à voix basse. « Je vais sûrement avoir besoin de toi à mon retour du mariage, pour leur retour de nuit de noces quand j'aurais droit à tous les détails croustillants... Je vais avoir besoin de toi lorsqu'il m'annoncera qu'elle est enceinte... À la naissance de leur premier enfant... »

« Par Godric... Théo... » souffla Harry en enlaçant à nouveau son ami, ému.

« C'est pour cette raison que tu devrais venir habiter chez moi, » continua tant bien que mal le Serpentard, la gorge serrée. « Je serai là pour toi quand tu mettras au monde les enfants de Snape. Tu seras là quand je signerai le contrat de mariage de Draco. On va être ensemble, se serrer les coudes et guérir nos cœurs meurtris. »

Harry ne répondit pas, il se contenta de serrer plus fort le corps de l'homme qui était à ce jour le plus proche de lui. Il ne savait pas ce qu'il aurait fait sans lui, mais il était certain que jamais il ne le laisserait tomber.

.oOo.

Lorsque Remus entra dans la pièce qu'il partageait avec son filleul depuis quelques jours, il remarqua immédiatement les deux respirations paisibles venant du canapé.

Il fit le tour sans un bruit et découvrit Harry Potter et Théodore Nott tendrement enlacés et paisiblement endormis dans un amas de membres invraisemblable mais heureusement habillé.

Remus sourit faiblement et d'un geste de baguette, transforma le canapé en un lit un peu plus confortable et assez grand pour deux personnes. Il savait qu'Harry n'avait pas mangé, car les deux assiettes étaient posées sur la table, là où Dobby les avait laissées, mais il décida de ne pas le réveiller. Il semblait enfin paisible dans les bras de son… amant ?

C'était surement le père des bébés pour qu'ils soient si intimes…

Avec un sourire, Remus déplia son lit de camp et s'installa avec son grimoire à la main, espérant que la vie serait plus belle maintenant que son louveteau avait retrouvé son compagnon.


Encore une fois, merci à tous. J'espère que ce chapitre vous a plu ! Pour ceux qui trouve que ça manque de Severus, il ne réaparaitera pas avant le chapitre 5.

Merci de me laisser vos avis. Je suis un peu en manque d'inspiration en ce moment et ma nouvelle histoire 'Snape family' (titre provisoire) n'avance pas beaucoup pour le plus grand malheur de ma bêta Pauu-aya, grandement frustrée.

Merci à JustPaulInHere qui est passé sur ce chapitre dans un temps record, enchaînant même avec le suivant qui est déjà prêt pour la semaine prochaine !

Epsi.