Bonjour,
me voici pour un nouveau chapitre de cette fiction. Merci infiniment pour toutes vos reviews qui me touchent énormément. Je ne pensais pas qu'un mpreg ferait autant de vues. Merci à tous !
Sans plus tarder, voici la suite :
Chapitre 4
« Tu penses que c'est une bonne idée ? » demanda anxieusement Harry.
« Bien sûr ! » répondit Remus. « Je pense de toute façon que toutes les idées seraient meilleures que celle que tu as eu d'habiter ici. »
« Tu n'es pas fâché ? »
« Pour quoi ? »
« Que je déménage. Nous ne serons plus ensemble et tu ne pourras plus veiller sur moi comme une mère dragonne couve ses oeufs… »
« Qu'on soit clair, mon petit loup, » commença Remus avec un sourire féroce. « Ce n'est pas parce que l'on n'habite plus ensemble que je vais arrêter de te surveiller. Je vais venir chez vous au moins une fois par semaine, hibouter Kingsley régulièrement et même les Weasley s'il le faut ! » dit-il sournoisement.
« Oh… Moi qui pensait me débarrasser de toi... » souffla Harry avec un sourire perfide.
« Sale môme ! » gronda gentiment Remus en ébouriffant les cheveux de son filleul. « N'oublie pas le rendez-vous chez le médicomage dans deux semaines. Tu me diras si tu veux que je t'accompagne ou si Théodore s'en charge, d'accord ? »
« D'accord… »
« Où est-il d'ailleurs ? » demanda Remus en regardant autour de lui.
Il portait seulement son bas de pyjama et était assis sur son lit après avoir fait un tour dans la salle de bain. Harry devant lui portait toujours ses habits de la veille, ses lunettes étaient de travers sur son nez et ses cheveux plus ébouriffés que jamais.
« Il a détalé quand il t'a vu te lever à moitié nu et la main dans ton pantalon pour te gratter. Il n'a pas encore compris comment était un Gryffondor au réveil, il pensait que ce n'était que moi. Je ne sais pas comment font les Serpentards mais ils se réveillent toujours en quelques secondes et bien coiffés en plus de ça ! »
Remus rit légèrement, bien que ses joues s'ornent de petites taches roses.
« Tu pars quand ? »
« Maintenant si tu es d'accord avec ça. »
« Bien sûr ! Je vais t'aider à emballer tes affaires et les déménager chez Théodore. »
« Habille toi d'abord, » ricana Harry.
Remus regarda à nouveau son état et haussa les épaules, avant de se lever pour trouver des vêtements dans sa propre valise.
« Va profiter de ton petit-déjeuner. Tu n'as pas mangé hier soir. Je vais prendre ma douche et après le repas, ça sera ton tour, » dit-il en se dirigeant vers la porte.
Alors qu'il allait franchir le seuil, il se retourna pour regarder Harry.
« Ce Théodore à l'air d'être un gentil garçon. Il prendra soin de toi, n'est-ce-pas ? »
Harry garda le silence pendant quelques instants avant de sourire à son parrain.
« Théo fait toujours passer le bonheur de ceux qu'il aime avant le sien. Il est un Serpentard stratège et ambitieux, mais lorsqu'il s'agit d'amour, alors il se donne corps et âme. »
Voyant la sincérité dans les yeux du jeune homme, bien qu'il y décèle une lueur de... tristesse ? Remus acquiesça et se dirigea vers la salle de bain.
Il y pensait encore lorsqu'il rejoignit Harry après que celui-ci ait pris sa douche. Il se faisait du souci pour la santé de son louveteau mais il était clair qu'il n'allait pas l'enfermer dans cette pièce jusqu'à la fin de ses jours. Il devait faire confiance au jugement de son protégé et l'observer de loin.
« Tu veux emmener quelque chose avec toi ? » demanda doucement Remus.
« Tout est dans ma malle, » répondit Harry en déposant une pile de livres de défense dans celle-ci.
« Je pensais surtout à des objets ayant appartenu à Siri… » murmura Remus.
« Oh… » souffla Harry, s'arrêtant brièvement avant de reprendre sa tâche. « Non… J'ai mes souvenirs. Je vais me contenter de ça. »
Le loup-garou se contenta d'un sourire et avança à l'endroit où il rangeait son lit de camp chaque matin. Il ouvrit la porte du buffet et en tira une boîte de taille moyenne qu'il posa sur la table basse sous les yeux curieux de son filleul.
« J'ai retrouvé ça en faisant du rangement en haut pendant l'une de tes siestes. J'ai pensé que tu aimerais le garder mais sache que je ne te jugerai pas, quelque soit ta réponse. »
Harry hocha distraitement la tête, avide de savoir ce que contenait la boîte.
Remus sourit et s'assit sur le canapé, proposant à son filleul d'en faire de même d'un geste de main. Lorsqu'il le fit, le loup-garou reprit la parole :
« Lorsque tu es né, nous étions très jeune et ne savions pas vraiment comment nous comporter. J'ai perdu ma famille très tôt, Sirius aussi et Lily n'a jamais été très proche de la sienne, sauf de ses parents. James était proche de la sienne mais il n'y avait jamais eu de nouveau-né dans son entourage. Sirius a été nommé parrain et il était vraiment très content, mais… Arrivé à la maternité, le jour de ta naissance, il s'est senti incroyablement idiot, » ricana Remus.
« Pourquoi ? » demanda Harry la gorge sèche comme à chaque fois que son parrain de substitution lui racontait une histoire avec ses parents.
« La chambre était pleine de fleurs et de ballons. Tous les amis de tes parents, tous les membres de leurs familles étaient passés et les avaient couvert de cadeaux pour fêter l'heureux événements. »
« Et ? »
« Et nous sommes arrivés les mains vides. À aucun moment nous avons pensé à offrir un cadeau à tes parents, ou même à toi et nous nous trouvions complètement crétin au milieu de cette pièce. Bien sûr, nous nous sommes rattrapés et le lendemain, nous sommes arrivés avec des présents, mais cet évènement a traumatisé Sirius et il s'est mis dans la tête que pour la prochaine naissance dans notre cercle d'amis, il serait parfait. Il était persuadé que James et Lily n'allaient pas tarder à te faire un petit frère ou une petite soeur… » dit Remus dans un murmure.
Il essuya une larme solitaire coulant le long de sa joue d'un revers de main et prit la boîte pour la poser sur ses genoux et les caresser lentement. Il reprit :
« Il voulait être prêt… Le jour où cela arriverait… »
Avec des gestes hésitants, Remus prit la boîte et la tendit à Harry qui l'accepta avec un hochement de tête ému, les mains légèrement tremblantes.
Lorsqu'il souleva le couvercle de bois ouvragé, il trouva une magnifique couverture en laine rouge brodée d'or. La qualité de l'ouvrage était indéniable et sa beauté laissait présager un prix exorbitant.
Harry prit la couverture entre ses doigts et la caressa lentement. Il avait l'impression de sentir l'odeur de Sirius et la douceur de la laine lui donnait envie de se pelotonner dedans.
« C'est magnifique, » souffla-t-il.
« Ça l'est, » répondit Remus avec un sourire. « Il t'en avait acheté une aussi, mais… Nous n'avons rien pu retirer des décombres de la maison après qu'elle se soit effondrée. Enfin… Je suppose que celle-ci te revient. C'est assez triste à dire mais, tu es le seul de nos proches à avoir l'opportunité de fonder une famille depuis ces vingt dernières années. »
« Je vais en prendre soin. Elle sera parfaite pour les jumeaux. »
« C'est vrai qu'il n'avait pas prévu que le futur évènement serait une naissance double. Ce n'est pas l'idéale qu'il n'y en ait qu'une. »
« C'est… C'est parfait Remus. Merci ! » dit Harry en posant la boîte pour enlacer son parrain, la couverture serrée entre eux.
Lorsqu'il se détacha, il regarda la pièce, la cheminée et finalement sa malle.
« Je dois y aller Remus. Théo m'attend, » dit-il en se relevant, emportant son précieux cadeau avec lui.
« N'hésite pas à m'appeler, quelque soit ton problème, quelque soit ta joie. Je serai toujours là, » déclara Remus en agitant sa baguette pour refermer sa propre valise sans un regard pour elle.
« Je sais… » répondit simplement Harry en fermant la sienne après avoir rangé ses derniers effets.
Il se redressa et regarda intensément la pièce qui avait accueilli son moment de peine, mais aussi le réconfort de la part de Remus, les histoires sur ses parents et l'espoir pour son futur. Il tourna sur lui même pour s'imprégner de cet endroit que Remus avait réussi à rendre chaleureux.
« C'est bizarre mais… Cet endroit va me manquer… »
« Je sais. C'est comme s'il ne faisait plus parti de cette maison lugubre, » acquiesça le loup-garou.
« Ça reste une pièce sombre, mais je m'y sens bien. Comme une tanière. »
Remus fit un sourire énigmatique et pointa sa baguette sur la cheminée, il fit un enchaînement de geste compliqué puis dit d'une voix forte :
« La tanière ! »
Après un crachotement de fumée verte, la cheminée reprit son apparence normale et il se tourna vers son filleul avec un sourir.
« À partir de maintenant, si tu as un problème, tu pourras venir ici directement en prononçant "La tanière" et comme nous sommes les deux seuls à le savoir, nous sommes les deux seuls à pouvoir entrer. Par la cheminée du moins. »
« C'est fantastique Remus ! Merci ! » déclara Harry en reprenant son parrain dans ses bras.
Après quelques secondes il se décolla et ramassa sa malle allégée et rapetissée par un sort.
« Je dois vraiment y aller maintenant. »
« Va louveteau, » sourit Remus. « Je m'occupe de tout remettre en ordre ici. Passe le bonjour à Théodore et présente-lui mes excuses pour ma misérable tenue de ce matin. »
« Je le ferai, » répondit Harry avant de s'engouffrer dans la cheminée, énonçant sa destination.
Lorsqu'il sentit ses pieds se poser dans l'âtre de Théo, il se sentit immédiatement basculer en avant. Il avait beau savoir qu'il n'était pas doué en atterissage, il se faisait toujours avoir et s'effondrait lamentablement au sol.
Cependant, cette fois, il fut rattrapé par une paire de bras forts qui le plaquèrent aussitôt contre un torse solide.
« Je t'attends dans une position ridicule depuis une demi-heure. Qu'est ce qui t'as prit autant de temps ? » bougonna Théo.
Harry se redressa et épousseta ses vêtements en faisant un sourire timide à son désormais colocataire.
« Je suis désolé… Je voulais dire au revoir à cet endroit et à Remus. Malgré le fait que je sois heureux d'être avec toi, ils vont me manquer. Et puis… Remus m'a donné quelque chose pour les bébés, » dit-il en posant une main sur son ventre, commençant à sentir une petite bosse se former.
Il se demandait si c'était un effet de son imagination, car il était certain qu'il ne la sentait pas la veille.
Théo le regardait avec curiosité mais eu la décence de ne pas demander. Il avait la sensation que c'était intime et qu'Harry en était encore chamboulé. Il était sûr qu'Harry le mettrait au courant lorsqu'il serait prêt.
Le Serpentard prit la malle de la main de son ex-amant et lui lança un regard noir lorsque celui-ci voulut s'indigner. Pour couper toute tentative de plainte, il parla en premier.
« Les chambres sont au premier. Il y a la mienne et deux chambres d'amis, tu pourras choisir celle que tu veux. Mon bureau est en bas et je te demande de ne pas y entrer seul. »
Harry fronça les sourcils et ouvrit la bouche mais, une fois de plus, Théo le devança :
« Ce n'est pas que je n'ai pas confiance en toi. Mais il peut y avoir des objets dangereux pour mes cours, ou je peux lancer des sorts au moment où tu ouvriras, c'est très dangereux… »
Le Gryffondor acquiesça et Théo put reprendre son discours en dirigeant Harry vers l'étage :
« Il y a une salle de bain en haut et une au rez-de-chaussée. Je peux prendre celle du bas si tu veux, pour que nous ayons chacun la nôtre. »
« Nous pouvons partager une salle de bain Théo… Nous ne sommes pas tout à fait des inconnus et nous nous sommes vu dans des positions bien plus inconfortables que sous une simple douche. »
« C'est vrai, » répondit Théo avec un sourire lubrique.
Harry se contenta de lever les yeux au ciel avec un sourire amusé. Le Serpentard le lui retourna et ouvrit la porte de la première chambre. Elle était sobre, dans différentes teintes de beige et munie d'une grande fenêtre. L'ameublement était minimaliste et une porte menait à un petit dressing.
L'autre chambre était plus lumineuse et peinte en bleu clair et blanc. Elle paraissait plus grande mais Harry s'y sentait moins bien que dans la précédente. Son choix fut vite fait.
« Il semble évident que tu peux changer ce que tu veux dans cette chambre. Couleurs, mobilier, décoration, tu as carte blanche, » dit Théo.
« Je n'ai pas besoin de grand chose pour vivre tu sais... »
« Je sais... » murmura le Serpentard.
Il attrapa les hanches de Harry qui était dos à lui, en train de regarder la chambre et le retourna pour lui faire face.
« Harry, je ne sais pas où tout cela va nous mener. Je ne sais pas comment tout ça va finir, mais je veux que tu saches que je serais toujours là pour toi. Toujours. »
Comme pour sceller sa promesse, il se pencha lentement pour poser un doux baiser sur les lèvres de son ancien amant. Cela n'avait rien d'érotique, ni même de romantique, mais il signifiait par ce geste ce qu'il ne savait pas comment prouver : le fait qu'Harry pouvait lui faire confiance.
.oOo.
Un mois plus tard, Harry prit une intense respiration avant de frapper à la porte du bureau où Théo travaillait, tout en caressant son ventre rebondi dans un geste qui l'apaisait à chaque fois.
Il avait tourné et retourné la question qu'il voulait lui poser et devenait de plus en plus anxieux à chaque minute qui passait. Ce n'était pourtant pas si dur et ses rapports avec Théo étaient très paisibles comme d'habitude.
Tout se passait si bien depuis qu'il avait emménagé ici.
Harry avait annoncé son déménagement et sa grossesse à ses deux meilleurs amis qui avaient été sous le choc au début. Théo était resté avec lui tout le temps, s'assurant que tout se passe bien. Hermione avait fini par les enlacer tous les deux, les larmes au bord des yeux et Ron s'était contenté de grommeler que si le Serpentard faisait du mal à Harry ou aux bébés, il se ferait un plaisir de lui casser la figure façon Moldu.
Ça avait ensuite été au tour de Théo d'annoncer la grossesse d'Harry à ses proches qui avaient moins bien réagi. À aucun moment, ni pour les Gryffondors, ni pour les Serpentards, ils avaient affirmé que Théo était le père, mais ça paraissait tellement évident que chacun avait tiré ses propres conclusions et maintenant ils étaient tous persuadé qu'ils étaient en couple.
Ils ne le démentaient pas. À quoi bon ? Les autres pouvaient penser ce qu'ils voulaient, ce n'était pas un problème. L'essentiel pour eux était d'être heureux.
Harry avait repris le travail et avait été félicité par tous ses collègues pour la nouvelle de sa grossesse. Il n'y avait pas eu de crainte, de pitié ou de ragot, juste des sourires sincères et des poignées de mains enjouées.
Quelques minutes plus tard aurait lieu le rendez-vous avec le médicomage pour le quatrième mois de grossesse et Harry devrait partir d'une minute à l'autre, mais il avait vraiment envie de poser une question à son ancien amant et il allait le faire immédiatement.
Après une dernière respiration contrôlée, il frappa à la porte.
« Entre, » répondit la voix douce de Théo.
Il poussa le battant et resta sur le seuil, passant simplement sa tête à travers l'interstice.
« Je vais partir, je voulais juste te demander quelque chose. »
« Oui ? » demanda Théo en se relevant de son bureau, inquiet malgré lui.
« J'aimerais savoir si tu avais envie de venir avec moi chez le médicomage ? »
Le Serpentard arrêta tout mouvement et regarda Harry dans les yeux, la bouche légèrement entrouverte.
« Pardon ? » demanda-t-il lentement.
« C'était une mauvaise idée, » souffla Harry. « Je n'aurais jamais dû te demander ça… Pardon de t'avoir dérangé. »
Il allait refermer la porte lorsque celle-ci s'ouvrit violemment, le déséquilibrant. Il fut rattrapé in extremis par Théo, qui le stabilisa.
« Tu es sérieux ? » demanda celui-ci. « Tu voudrais vraiment que je t'accompagne ? »
« Eh bien oui… » répondit Harry légèrement sonné. « Je me suis dis que… peut-être... ça t'intéresserait. »
« J'en serais ravi, » répondit Théo avec un sourire doux.
Celui qui lui faisait tellement penser à Remus. Celui qui le réconfortait toujours.
Harry sourit et prit la main de son ami pour le conduire devant la cheminée, il lui demanda de passer devant pour le réceptionner et avança dans les flammes à son tour.
Ils n'eurent pas à attendre pour être reçu par le médicomage Campbell qui accueillit le nouvel arrivant avec le sourire, supposant comme tous les autres qu'il était le père des jumeaux Potter.
Le rendez-vous se passa bien et le moment le plus intense fut quand le médicomage leur fit écouter les battements de coeur. Ceux-ci résonnèrent dans la pièce en écho parfait et Harry, couché sur le lit, attrapa la main de Théo, lui-même véritablement ému.
Une fois que le médicomage eût confirmé que les bébés étaient en pleine forme, Harry et Théo purent rentrer chez eux. Ils le firent sans se lâcher la main, faisant fit des journalistes qui prenaient des photos sur leur passage.
Le lendemain, toute l'Angleterre apprendrait la grossesse de l'Elu et pour une fois, Harry se moquait de ce qu'en pensait la population sorcière.
Lorsqu'ils arrivèrent dans leur maison, Théo fit asseoir son ancien amant sur le canapé et prit ses mains dans les siennes.
« Harry, » commença-t-il d'une voix tremblante. « Tu m'as offert le plus beau cadeau que quelqu'un puisse espérer recevoir. Entendre les prémices de la vie de ces enfants a été un véritable second souffle pour moi. Je ne sais pas ce que l'avenir nous réserve et je sais que nous ne sommes pas véritablement un couple, mais j'aimerais avoir une place dans la vie de ces enfants. J'aimerais t'aider à les élever, les éduquer, subvenir à leur besoin, les aimer. À plus faible mesure que leur véritable père aurait dû le faire, mais un peu tout de même. »
« Théo… Tu ne sais pas ce que tu dis… » souffla Harry.
« Je sais ce que je veux. Et j'aimerais connaître cette vie de famille au moins une fois, car je sais que c'est ma seule chance. »
« Ce n'est pa- »
« S'il te plait Harry, » le coupa Théo. « Laisse-moi être un beau père pour eux. Laisse-moi t'épauler. Laisse-moi être présent. »
Harry réfléchit à la proposition.
Il avait confiance en Théo, plus qu'en quiconque, excepté Remus peut-être. Il savait qu'il pourrait compter sur lui en toutes circonstances. Et il aurait besoin d'aide. Merlin qu'il en aurait besoin !
Au cours de ce mois, il avait commencé à réaliser l'étendue du travail qui l'attendait. Avoir un enfant ne se résumait pas à des câlins, des peluches et des histoires. Non… C'était des larmes, des pleurs, des réveils au milieu de la nuit, des couches sales, des bêtises, du ménage, de l'autorité, des repas équilibrés et des bonnes décisions.
Peu à peu, il avait l'impression qu'il n'y arriverait jamais seul. Alors…
« Oui, » répondit Harry.
.oOo.
« Allez Harry ! Pousse ! » encouragea Théo en essayant de ne pas grimacer à la sensation de la main qui essayait de broyer la sienne.
« Je peux pas. J'y arrive pas. Fais-le toi… » gémit Harry.
« Je ne peux pas le faire à ta place Prezioso. Encore un effort, » répondit Théo en embrassant la tempe de son ancien amant.
Harry lui fit un sourire pâteux et se remit en place pour les prochaines contractions. Il poussa si fort durant celles-ci qu'il crut que sa tête allait exploser.
« C'est bien Monsieur Potter. La tête est sortie, une dernière poussée pour les épaules et votre bébé sera dehors en un rien de temps. »
« Putain… » pleura Harry. « J'ai jamais eu aussi mal de toute ma vie… »
« Et c'est l'homme qui a pris un sortilège de doloris du Seigneur des Ténèbres qui dit ça ? » ricana Théo sous l'air livide des membres du personnel soignant.
« Je te jure que même lui était plus clément que ces deux bébés, » souffla Harry avec amusement, essayant de se détendre.
« C'est reparti Monsieur Potter, une dernière fois pour cet enfant, » prévint le médicomage.
Une nouvelle fois, Harry s'agrippa à ce qu'il pouvait et commença à pousser. Il eut l'impression d'être comme libéré lorsqu'il sentit le poids le quitter enfin. Aussitôt, il y eut un cri déchirant dans la petite pièce et le médicomage laissa échapper un rire heureux.
« En voici un qui a de la voix, » dit-il en levant sa baguette pour couper le cordon d'un sort spécial. « Voici un beau petit garçon, » ajouta-t-il en le donnant à l'infirmière qui l'emmena immédiatement sur la table à côté pour les premiers soins.
Harry fit un signe de tête à Théo pour que celui-ci aille voir l'enfant et s'assure que tout allait bien, avant d'être de nouveau pris de violents maux de ventre.
« Il va falloir pousser encore un peu Monsieur Potter. Ensuite nous vous laisserons tranquille avec vos bébés mais d'abord, on pousse. »
Quelques minutes plus tard, naissait le deuxième enfant d'Harry Potter qui fut lui aussi emporté par un autre infirmière sous l'oeil vigilant de Théo.
« Félicitations Messieurs, » dit le médicomage. « Vous êtes les heureux parents de deux petits garçons. »
« Des garçons… » souffla Harry. « J'ai eu des garçons… »
« Et ils sont en parfaite santé, » sourit l'infirmière en revenant avec l'un des bébés emmailloté dans une petite couverture jaune.
Le médicomage travaillait toujours entre les jambes ouvertes du jeune homme, réparant au maximum les dégâts occasionnés par la venue des bébés, mais Harry n'en avait rien à faire, ils restaient focalisé sur ses fils. Ce fut le plus beau moment de sa vie lorsqu'ils furent tous les deux blottis dans le creux de ses bras et il sentit très nettement lorsque Théo essuya ses larmes.
« Comment vont s'appeler ces deux petites merveilles ? » demanda l'infirmière avec un sourire doux.
« Le premier s'appellera Calum, » murmura Harry en regardant l'enfant qui, de ses petits yeux essaya d'attraper les mouvements flous autour de lui.
« Et le deuxième ? » demanda la jeune femme après avoir brodé le prénom sur le bonnet du bébé avec de belles lettres scripts.
« Ce sera Lenox, » répondit Harry avec fierté en regardant son deuxième fils qui semblait déjà dormir.
Il releva la tête et regarda Théo qui avait l'air aussi ému qu'il l'était.
« Viens, » dit-il avec douceur. « Prends Call, il va bientôt falloir leur donner le biberon et je n'ai pas quatre bras, » plaisanta-t-il.
Théo, tremblant, s'avança prudemment et tendit les bras. Il avait une trouille bleue de faire une bêtise, de faire tomber ce petit être si fragile, mais il avait promis à Harry qu'il serait là pour lui et un Serpentard n'avait qu'une promesse.
Lorsqu'il attrapa enfin le petit paquet, il fut surpris par sa taille et son poids. Là, dans ses bras, il paraissait bien plus petit que tout à l'heure, sur la table. Théo s'assit confortablement dans le fauteuil à côté du lit et avança sa main pour caresser la petite joue ronde du nouveau-né.
Plus rien n'existait autour d'eux.
Le médicomage, toujours en train de travailler sur Harry, lançant des sorts pour le guérir, les infirmières et infirmiers qui naviguaient autours d'eux pour nettoyer, débarrasser les ustensils encombrant, préparer les deux petits couffins… plus rien n'existait à présent, si ce n'était eux. Leur famille. Une famille un peu bancale, un peu étrange, mais une famille remplie d'amour.
Harry, dans un comportement étrangement similaire à celui de son ami, regardait le petit visage rond de Lenox qui dormait paisiblement. Lui non plus ne voyait pas le monde qui l'entourait. Il pensait à son ancien professeur. À Snape. Snape qui venait d'avoir deux beaux enfants et qui ne le saurait probablement jamais.
Il les détesterait probablement de toute façon, d'une part parce que c'étaient des enfants, et d'une autre parce qu'ils étaient des Potter.
Plusieurs mois auparavant, Harry s'était promis qu'il ne l'avouerait jamais à Snape. Il avait la possibilité d'avoir une famille avec Théo et ses deux enfants et il n'allait pas tout gâcher. Il ne voulait pas se retrouver seul un jour. Se réveiller un matin en constatant que Théo était parti, se sentant trahi par sa révélation à Snape. Ses enfants aussi pourraient très bien lui être enlevés par Snape pour le punir. Ils seraient élevés pour haïr Harry Potter…
Il ne s'en remettrait jamais.
De toute manière, il avait prévu d'oublier son amour irrationnel pour Snape. Ce n'était qu'une question de temps. Tout irait bien… Pas vrai ?
Harry tourna la tête et vit le sourire rayonnant sur le visage de Théo.
Oui, tout irait bien.
« Voilà Monsieur Potter, » déclara le médicomage faisant sursauter Harry et par extension, Lenox. « Tout est refermé, il n'y a plus qu'à attendre les cicatrisations complètes, la descente de vos organes internes, le replacement de la peau... Pour cela nous avons tout un panel de potion à vous faire prendre. Vous devriez être totalement rétabli d'ici deux semaines. »
« Merci James, » dit sincèrement Harry, utilisant le prénom du médicomage pour la première fois.
« C'était un plaisir, » répondit le médicomage avec un sourire. « Nous avons terminé et nous allons vous laisser seul. Les deux biberons sont sur la table. L'infirmier Johnson est de garde cette nuit, c'est lui qui se chargera de vous apporter de nouveaux biberons toutes les trois heures. N'oubliez pas ce que vous avez appris durant les cours de parents et si vous avez un problème ou une question, un coup de baguette et Monsieur Johnson viendra avec plaisir. Pas de visite autre que celle du père avant demain, quatorze heure. »
« Merci encore… » répéta Harry sans quitter son fils des yeux.
Il ne fit pas vraiment attention au reste alors qu'il entendait la porte se fermer.
« Je sais que je n'ai pas beaucoup de point de comparaison, mais ils sont magnifiques pas vrai ? » demanda Théo en regardant finalement Harry.
« Ils le sont… » murmura celui-ci.
« Tu penses qu'ils ressembleront à Sn- »
« Prends les biberons s'il te plait Théo. Len' commence à s'agiter. Je pense qu'il est l'heure de la première tétée, » le coupa Harry, ne voulant pas aborder le sujet qui le hantait depuis si longtemps.
« Bien, » répondit Théo en fronçant les sourcils.
Il se leva difficilement, prenant bien soin de maintenir le petit corps du bébé contre lui et s'avança précautionneusement vers la table pour saisir les deux biberons maintenu au chaud par un sort. Il en donna un à Harry qui le remercia avec un sourire et retourna s'asseoir pour nourrir, pour la première fois, celui qu'il considérait déjà comme son fils.
Lorsqu'il eut fini, voyant que Calum s'était endormi sur la tétine, il le manipula avec délicatesse pour le redresser comme il l'avait appris et lui faire faire un petit rot. Lorsque ce fut fait, il se releva et le posa dans l'un des couffins préparés pour les bébés. Il se retourna et regarda Lenox qui, les yeux ouverts, finissait son lait. Lorsqu'il l'eut fini, Harry lui fit faire son rot et le recoucha dans ses bras pour le bercer lentement.
Après quelques minutes, Harry commençait à somnoler. Théo sourit et prit le bébé de ses bras pour le mettre dans son propre berceau.
Le Gryffondor releva la tête et marmonna :
« Non… Mets-le dans le même… »
« Pardon ? »
« Laisse-les ensemble, dans le même berceau… Je ne veux pas qu'ils se sentent seuls… » souffla-t-il avant de sombrer dans un sommeil profond.
Théo sourit et plaça Lenox au côté de Calum. Le berceau était bien assez grand pour les deux et ainsi, côte à côte, il put les regarder tous les deux. Ils se ressemblaient comme deux gouttes d'eau. Leurs petits poings relevés au dessus de leur tête, ils avaient la tête tournée l'un vers l'autre dans une parfaite symétrie. Si ce n'était grâce à leur bonnet, Théo était sûr de ne pouvoir les reconnaître.
Mais il avait un peu de temps. Ils allaient apprendre à se connaître et formeraient une belle famille
.oOo.
Théo passa une nuit plutôt difficile, dans le fauteuil inconfortable. Il fut réveillé toutes les trois heures par des pleurs stridents et dû donner trois biberons, alternant avec Harry entre les deux enfants pour qu'ils ne soient pas toujours avec le même.
À quatorze heures le lendemain, ils eurent la visite de Remus qui avait été prévenu la veille par Théo.
« Bonjour vous deux. Ou devrais-je dire vous quatre, » dit-il en ouvrant la porte après en avoir eu la permission.
« Bonjour Remus, » répondit Harry.
« Tu as l'air fatigué, » s'inquiéta le loup-garou en s'avançant dans la pièce.
« Essaie d'expulser deux bébés de trois kilos d'un endroit qui n'est absolument pas prévu pour ça et tu verras ce que ça donne, » grogna Harry.
Remus ricana en passant une main douce dans les cheveux de son filleul.
« Et puis-je voir les deux merveilles ? » demanda-t-il enfin.
« Bien sûr, » répondit Harry en faisant un geste de main vers le berceau.
Remus s'approcha et sentit son souffle se couper quand il aperçu les jumeaux. Il avait l'impression de revoir Harry dans son berceau, vingt ans auparavant. En l'espace d'une seconde, il avait vécu une sorte de flash back qui l'avait plongé dans la confusion.
Les bébés étaient paisiblement endormis et enveloppés ensemble dans la même belle couverture. Ils avaient une petite touffe de cheveux noirs au sommet du crâne et les joues un peu rouge. Des petites bulles sortaient de la bouche de l'un d'eux dans un gargouilli adorable.
« Qu'ils sont mignons ! » s'extasia Remus en relevant la tête vers Théo qui n'avait pas encore parlé. « Comment s'appellent-ils ? » demanda-t-il, n'ayant pas vu les inscriptions sur les bonnets.
« Lenox est à droite et Calum à gauche, » répondit Théo en s'approchant pour les regarder à son tour.
Remus fronça les sourcils. Non pas à cause des prénoms, mais pour quelque chose d'autre qui le frappa lorsque Théo s'approcha. Il avait besoin de parler à son filleul.
« Théodore, j'aimerais parler à Harry un moment, » dit-il avec un sourire d'excuse. « Voudrais-tu aller nous chercher des cafés dans la salle de repos ? »
« Bien sûr, » répondit le jeune homme compréhensif avant de partir, fermant soigneusement la porte derrière lui.
Le loup-garou vint s'asseoir sur le lit et prit la main de son filleul qui le regardait l'air complètement perdu.
« Harry… Je sais qu'ils ne sont pas les enfants de Théodore. »
« Comment ? » haleta le Gryffondor.
« L'odeur, » répondit succinctement Remus. « Les loup-garous ont l'odorat plus développé que les êtres humains et quand ton petit-ami et les bébés ont été suffisamment proches, j'ai senti qu'ils n'étaient pas du même sang. »
« Donc tu ne sais pas qui est le véritable père ? »
« Ce n'est pas parce que j'ai de bonnes capacités olfactives que j'ai une mémoire pouvant contenir des centaines d'odeurs aux différences subtiles. »
Harry soupira de soulagement. Remus ne saurait qui était le père des jumeaux que si Snape se retrouvait suffisamment proche d'eux, ce qui ne devrait jamais arriver en théorie.
« Que se passe-t-il Harry ? » demanda le loup-garou avec une voix proche du désespoir.
« Rien Rem… Théo sait parfaitement qu'il n'est pas le père et il a décidé de m'aider malgré tout, d'être là pour nous. Je ne vais pas risquer ça alors que je sais pertinemment que je n'ai aucun avenir avec le véritable père des jumeaux, » murmura Harry.
Il soupira et d'un geste de main, fit venir le berceau où dormaient les enfants pour pouvoir les admirer durant leur sommeil.
« Je l'aime. D'accord ? Depuis longtemps maintenant mais ce qui s'est passé était une erreur et elle ne se reproduira plus. Aujourd'hui j'avance et j'ai toute confiance en Théo. »
Remus ne dit rien, se contentant de regarder la lueur de tristesse dans les yeux de son filleul. Il devait lui faire confiance… N'est-ce pas ?
Il allait parler lorsque la porte s'ouvrit et que Théodore passa la tête dans l'entrebâillement pour vérifier l'état de la conversation.
« Tu peux venir Théo, » dit Remus avec un sourire doux.
Le Serpentard s'exécuta et passa la porte, portant trois mugs sur un plateau.
« Vous m'avez dit d'aller chercher des cafés Monsieur Lupin, mais je me suis permis de réinterpréter votre demande. Je sais qu'Harry préfère le thé vert avec un sucre, que vous préférez le chocolat chaud, et j'ai pris effectivement un café au cas où vous en voudriez tout de même. »
Remus sourit en prenant le chocolat chaud et regarda les deux jeunes parents.
« Je te remercie Théodore, tu as parfaitement bien fait. En tous cas, je suis certain que vous serez heureux ensemble et que vous ferez de merveilleux parents, » dit-il comme pour donner sa bénédiction à la conversation précédente qu'il avait eu avec Harry.
Celui-ci lui sourit brillamment avant de reposer son regard sur les jumeaux qui commençaient à ouvrir les yeux, en poussant des petits couinements adorables.
« Et Remus, » dit-il avec une nonchalance exagérée. « J'espère que tu ne reproduis pas la même erreur que pour ma naissance… Où sont mes cadeaux ? »
Voilà, un petit chapitre enroulé de guimauve ! Ne vous habituez pas, ce n'est pas mon genre. Mouhahaha !
J'espère que ce chapitre vous a plu et que l'histoire vous plaît toujours.
A bientôt pour la suite.
Epsi.
