Bonjour ! Voici le nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira.
Certain m'ont demandé d'où venaient les prénoms des jumeaux, les trouvant parfois étranges. Ce sont des prénoms écossais. Je voulais coller au monde d'HP en trouvant des prénoms assez originaux pour figurer aux côtés des autres de la saga. Vivement que vous lisiez ma fic « Snape Family » pour vous montrer l'étendue de ma folie en se qui concerne les prénoms x)
Tout de suite, la suite !
Chapitre 5
Severus Snape marchait dans les couloirs de Poudlard. Il considérait ce lieu comme sa maison après toutes ces années d'enseignement. Pourtant, lorsqu'il passait à cet endroit précis, il avait toujours une sensation de malaise. C'était rarement le cas néanmoins, car ce couloir était l'un des plus reculés des cachots, mais c'était quelques choses qui le gênait. Il n'aimait pas être dans l'ignorance et c'était le cas depuis plusieurs années pour cette situation particulière.
Pour autant, cela ne pouvait pas être grave, n'est-ce pas ?
Il avait maintenant rendez-vous avec le directeur pour parler d'un élève à problème, qui avait dit à ses parents que Severus le frappait en plein cours... Aberrant…
Après la guerre, il avait eu la possibilité de partir mais même si les élèves étaient insupportables, il continuait d'exercer pour les avantages que lui offrait cette situation. Il avait accès à plusieurs laboratoires personnels, un stock d'ingrédients non négligeable et il avait toujours aimé ses quartiers. Il n'avait pas envie de retourner à Spinner's end et n'avait pas le courage de trouver une nouvelle maison qui corresponderait à ses attentes.
Alors, il restait à Poudlard malgré ses problèmes avec les élèves. Il ne faisait jamais rien d'illégal. Il se montrait injuste et sévère, mais n'était jamais violent autre que verbalement avec ses élèves.
De plus, les Serpentards avaient besoin de lui pour tenir tête aux autres maisons...
Il était au troisième étages lorsqu'il entendit des éclats de voix, venant de l'appartement occupé par son collègue et ancien élève, Théodore Nott.
Cela avait été une agréable surprise lorsque le jeune homme avait postulé comme nouveau professeur à la place de Flitwick, qui partait à la retraite, et Severus avait évidemment appuyé sa candidature. Théo avait réussi brillamment des études par correspondance tout en gérant l'éducation de ses deux enfants, conçu étonnement avec le Sauveur du monde sorcier, Harry Potter.
Severus ne les avait jamais vus bien sûr mais comme tout le monde, il connaissait les ragots. Si la Gazette s'était calmée, ce n'était pas le cas d'Albus qui s'obstinait à parler de Potter à chaque repas dans la Grande Salle.
Peut-être pas à ce point... mais tout de même !
Il savait donc que Potter avait magnifiquement réussi sa carrière d'Auror, qu'il était maintenant le chef de sa propre unité de trois personnes. Il avait résolu des affaires importantes et parfois avec des gens importants. Le matin et l'après-midi, il s'occupait de ses jumeaux, laissant du temps à Théo. Le soir et une partie de la nuit, il travaillait, ce qui ne laissait pas beaucoup de place pour le sommeil et encore moins pour les loisirs. Lorsque Albus prenait des nouvelles pendant les repas, Théo était catégorique : Potter s'occupait presque seul des jumeaux.
Mais maintenant que Théo restait une bonne partie de son temps à Poudlard, les relations paraissaient plus compliquées. Et Severus, malgré tout curieux, s'approcha à pas de loup pour écouter la conversation privée.
« C'est mon travail Harry ! Celui dont je rêve depuis mes douze ans ! » s'exclama Théo.
« Je sais et je ne te le reproche pas... » répondit Potter. « C'est juste que... »
« Que quoi ? Le fait que je ne sois plus là le soir pour les coucher ne change rien. Dobby s'en occupe très bien. »
« Ils ont cinq ans Théo, comment peux-tu dire que ton absence quotidienne ne les touche pas ? »
« Tu as toujours tout fait pour eux ! Mise à part quelques câlins et quelques jeux, je ne m'en suis pas occupé plus que ça. »
« Tu as été à la maison depuis leur naissance ! » s'exclama Potter. « Même si tu étudiais dans ton bureau, tu étais là et s'ils avaient besoin de toi tu arrivais en quelques secondes. Le rituel du couché a changé et c'est normal qu'ils soient déstabilisés. »
« Je ne peux pas quitter mon poste, » déclara fermement Théo.
« Et ce n'est pas ce que je te demande, » répondit Potter. « J'aimerais juste que tu trouves un arrangement pour rentrer un peu plus souvent au début et passer du temps avec tes enfants- »
« Tu sais parfaitement que ce ne sont pas mes enfants, » répondit Théo avec hargne.
Severus dut faire un effort surhumain pour rester stoïque et ne pas sursauter. Les enfants Potter n'était pas ceux de Théo ?! Comment était-ce possible ? Ils étaient ensemble depuis la sixième année. Ce pourri de Potter n'avait tout de même pas trompé un Serpentard ?! Cela n'étonnerait pas Severus, mais c'était assez dérangeant. À moins que Potter ne soit tombé enceint pendant la brève pause qu'ils avaient fait en septième année...
Un violent mal de tête coupa le souffle de Severus. Il en avait parfois et ils venaient si subitement qu'il manquait de tomber à genoux à chaque fois.
Dans la pièce qu'il espionnait sans remord, le silence avait pris place. C'était un silence pesant, choqué, surpris.
« Harry... » commença Théo.
« Non je comprends... Je savais que ce jour arriverait... » murmura Potter, si bien que Severus eut du mal à l'entendre.
« Harry... »
« Tu as raison... J'ai toujours dit que si tu trouvais quelqu'un d'autre tu serais libre de partir et je le pense toujours. Mais je pensais que tu me préviendrais... Je comprends maintenant pourquoi tu partais pendant des jours sans rien me dire... »
« Harry ce n'est pas du tout ce que tu crois... »
« C'était notre accord, » dit durement Potter. « Tu trouves quelqu'un et je pars avec les petits. J'espère juste que tu accepteras de les voir encore. Tu leurs manques. »
« Ne parle pas de notre famille comme d'un accord ! J'aime ces enfants comme les miens et tu le sais. Je n'ai personne Harry, c'est juste le stress de ce nouveau travail et- »
« Tu pourrais au moins avoir la décence de me dire la vérité Théo ! » le coupa Potter, avant de continuer dans un murmure. « Comme nous l'avons toujours fait... »
Avec ceci, la porte s'ouvrit avec violence et Severus se dissimula dans l'ombre pour ne pas être repéré. Il regarda l'ancien Gryffondor partir et, quelques secondes après sa disparition dans les couloirs, Théo suivit en criant :
« Harry ?! »
Lorsqu'il fut hors du champ de vision de Severus, celui-ci sortit de sa cachette, reprenant sa route vers le bureau du directeur. Il réfléchissait intensément à ce qu'il venait d'entendre. Théo n'était pas le véritable père des enfants Potter. Ils restaient ensemble pour les enfants mais ne s'aimaient pas, ou plus…
Que s'était-il passé avec le véritable père des jumeaux Potter ? Qui était assez fou pour refuser une vie de famille avec des enfants qui deviendront probablement riches et puissants. Bien sûr, il y avait aussi Potter à supporter mais il était plutôt séduisant…
Lorsqu'il arriva à la porte du bureau d'Albus, Severus soupira profondément, il devait se concentrer à nouveau sur Alan Radcliffe, le jeune présomptueux qui pensait pouvoir le faire renvoyer aussi facilement.
.oOo.
Encore cette sensation de malaise…
C'était étrange.
Toujours au même endroit, dans une alcôve reculée du couloir le plus éloigné.
Depuis qu'il était enseignant à Poudlard, c'était lui qui maintenait le calme et la sécurité dans les cachots. Il y patrouillait donc souvent pour déloger les couples impudiques, les briseurs de règles ou autres perturbateurs. Cependant, rares étaient ceux qui osaient s'aventurer plus loin que la salle de potion qui était déjà très reculée dans les cachots.
Cette fois-ci pourtant était l'exception qui confirmait la règle.
Severus entendait des gémissements et grognements venant de l'alcôve. Il était persuadé qu'un couple s'était aventuré par là pour faire des choses interdites par le règlement de l'école.
Avec un sourire sadique, il s'approcha lentement pour surprendre les délinquants, mais lorsqu'il les vit, il ne ressentit pas la joie malsaine attendue. Au lieu de cela, l'image de lui et d'un jeune homme essaya de se superposer à la vision des deux adolescents au cheveux noirs qui s'embrassaient avidement. Un uniforme de Gryffondor trainait au sol comme une réplique parfaite de… De quoi ?
À la place du mal de tête habituel, il sentit son esprit se déchirer avec une force inimaginable tandis qu'un flot de souvenirs inconnus s'écoulaient dans son esprit.
Il était ivre, à genoux par terre. C'était la fin de l'année scolaire et il avait eu un rendez-vous avec un homme séduisant. Il n'avait pas su quoi lui dire, quoi faire… Il n'avait pas eu de relation depuis si longtemps qu'il s'était retrouvé comme un idiot à donner des réponses par monosyllabe. Cela avait été un désastre et l'homme avait fuit.
Alors il était rentré, il avait bu et se retrouvait à présent au fond des cachots, sans savoir où était l'entrée de ses appartements, comme l'idiot qu'il était.
Il repensait à ces années d'école où tout était si facile. Il savait qui étaient ses ennemis, qui étaient ses amis, bien qu'il en ait peu… Il avait détesté si fort les Maraudeurs, ce crétin de Black, ce bon à rien de James Potter…
« Merde… » grogna-t-il en retombant à genoux lorsqu'il essaya de se relever.
Quelques secondes plus tard, James Potter était devant lui. Comme à l'école. Beau. Arrogant. Quoique… Pourquoi ne se donnait-il pas cet air supérieur comme il en avait l'habitude ?
Potter dit quelque chose, mais Severus ne savait pas quoi, car tout ce qu'il pouvait enregistrer, c'était que Potter se jetait sur lui. L'attaquer alors qu'il était encore à terre, quelle lâcheté ! Severus parvint à s'arracher de sa prise étonnement douce après s'être relevé.
« Je voulais juste vous aider... » dit Potter avec hargne.
À quoi jouait cet idiot ? Quel était le piège sournois ? S'était-il acheté une conscience ?
« Qui te dis que j'ai besoin de ton aide ? »
Potter eut l'air surpris mais ne dit rien.
« C'est ça… » ricana Snape. « Le grand Potter au service des autres, c'est ce qu'ils pensent tous, mais moi je sais qui tu es, je sais ce que tu vaux, » continua-t-il en s'approchant.
Potter ne bougeait plus. Il semblait vraiment différent de d'habitude. Tellement... moins fier, moins sûr de lui. C'était le moment d'utiliser cette faille pour l'humilier comme jamais il n'avait été humilié alors il continua :
« Je sais ce que tu cherches. Je sais ce que tu veux, » dit-il le contournant et en se plaquant contre son dos, posant une main ferme sur son ventre. « Je t'ai vu Potter. Dans la salle sur demande. C'était toi qui en demandait encore, pas vrai ? »
Severus savait que Black et Potter avaient expérimenté ensemble avant que ce dernier ne se mette en couple avec Lily. Il n'avait pas divulgué l'information, voulant trouver le bon moment. Il voulait le faire souffrir, comme lui l'avait fait souffrir à de mainte reprises. Pourquoi ce crétin ne bougeait-il pas ? Et par dessus tout, Severus se rendit compte qu'il était excité. Il le voulait vraiment…
« Et tu sais quoi ? » murmura-t-il. « Je vais te l'offrir. Pour la gloire de Serpentard, je vais baiser un Gryffondor. Mais d'abord… dis-moi que tu le veux. »
Severus s'attendait à être repoussé, jeté, insulté, il s'attendait à tout sauf à la réponse qui suivit :
« Je le veux, » répondit Potter.
Severus haleta. Qu'avait-il dit ?
« Pardon ? » demanda Severus, essayant de paraître sournois sans être sûr d'y parvenir.
Il passa sa langue sur le pavillon de son oreille pour se donner contenance.
« Je le veux, » répéta Potter un peu plus fort.
Severus le sentit frissonner et se rendit compte qu'il le voulait aussi. Il allait baiser James Potter. L'idée même était absurde et il se demanda à un moment s'il n'était pas en train de divaguer à cause de l'alcool.
« Tu veux ça ? » demanda Snape en poussant ses hanches contre celles de Potter.
« Oui… » gémit celui-ci.
Severus n'en revenait pas. L'arrogant James Potter, mendiait pour sa queue. C'était définitivement un rêve, et il était bien décidé à en profiter.
« Courageux Gryffondor, » railla-t-il.
Il murmura un sort et aussitôt, ils furent nus dans les courants d'airs froids des cachots. Leur deux corps collés l'un contre l'autre, l'excitation était à son maximum.
Potter frissonna et Severus l'entoura immédiatement de ses bras. Il se mit à se mouvoir langoureusement, faisant passer son sexe entre les fesses fermes de Potter. À ce moment, il bénissait le Quidditch qui donnait un corps de rêve. Il l'avait imaginé plus musclé. Plus grand aussi, maintenant qu'il était derrière lui. Mais il était parfait comme ça.
« Je vais te réchauffer moi, » grogna-t-il de sa voix moqueuse en le sentant frissonner encore.
Quelques secondes plus tard, il repoussa Potter vers le fond de l'alcôve, le pencha sur un banc en pierre et sans préparation, avec un simple sort de lubrification, le pénétra rapidement.
Ce fut un déluge de sensation impressionnante. L'alcool, le froid, Potter… Ce fut tellement intense qu'il attendit quelques secondes avant de véritablement réaliser ce qu'il faisait et de commencer à s'enfoncer à un rythme effréné.
Ça ne durerait pas longtemps, il le savait. Severus était persuadé qu'il allait finir par se réveiller ou que la blague imaginée par Potter allait finalement s'enclencher et l'humilier lui. Bien qu'il soit allé un peu loin peut-être pour une simple blague… Mais Severus imaginait bien qu'il puisse apparaître soudainement sur la table des professeurs nu et en érection. Peu importe...
Alors il se donna à fond.
Ils ne parlèrent pas alors qu'ils poussaient en rythme, se contentant de gémir et grogner
« Tu vois Potter, rien de mieux qu'un Serpentard. Ce n'est pas la petite queue flasque de Black qui te ferait ressentir ça, » souffla-t-il avec exaltation, heureux du pouvoir qu'il avait maintenant.
Il mit un nouveau coup de rein et reprit :
« J'ai toujours rêvé de te baiser, James Potter. »
Sur ses dernière paroles, il se tendit, déversant sa semence dans le corps chaud qui l'avait accueilli. Alors qu'il allait empoigner le sexe de Potter pour l'aider à avoir son propre orgasme, celui-ci le repoussa violemment et s'éloigna.
« Pot… » haleta Severus en dévisageant son vis à vis.
L'instant fut comme suspendu alors que Severus regardait véritablement celui qu'il avait en face de lui.
Il était plus petit que James Potter. Moins fort aussi. Il n'avait toujours pas l'air hautain et ne passait pas systématiquement la main dans les cheveux. Mais ce qui choqua surtout Severus, c'étaient les larmes qui coulaient le long de ses joues.
James Potter ne pleurait pas. Jamais. James Potter était trop fier, il avait tout ce qu'il voulait. Non… James Potter ne pleurait pas…
Mais alors, à qui appartenaient les larmes sur son visage ? Elles venaient pourtant bien de ces yeux… Ces yeux verts… Ces yeux qui n'auraient pas dû être verts.
Les yeux de Lily.
Tout à coup, Severus se souvint que Lily avait eu un fils avec Potter après l'école, que ce fils avait été à Poudlard, que ce fils était même en train de fêter la fin de l'année avec ses amis dans la grande salle.
Car il n'était pas en 1977.
Il était en 1997, et il venait de baiser Harry Potter.
Avant qu'il ne puisse faire le moindre mouvement, dire la moindre chose, il vit Potter se jeter sur le tas de vêtements, prendre sa baguette et lui lancer le sort qui expliquerait tout ses maux de tête et ses oublis :
« Obliviate ! »
.oOo.
« Qu'est ce qu'on fait ? » résonna la voix d'un étudiant.
« Je sais pas… » entendit Severus.
« On a qu'à se tirer… »
« T'es malade ? » répondit l'autre un peu plus fort. « C'est mon chef de maison ! »
« Et alors ? Chef de maison ou pas, ça reste un con… »
« Tu comprends tout de travers ! Con ou pas il reste un chef de maison. »
« T'es bien un Serpi… Tout pour la gloire, tout pour avoir de bonnes notes en potion. »
« Et toi t'es bien un Griffon ! Rien dans le crâne et tout dans les jambes ! Casse-toi, j'ai pas besoin de toi pour prévenir Pomfresh ! » dit celui qui semblait donc être un Serpentard.
Il y eut un bruit de tissus qui suggérait que l'un avait poussé l'autre et Severus parla à voix basse sans prendre la peine d'ouvrir les yeux :
« Si l'un ou l'autre est encore là dans moins de dix secondes, j'enlève cent-cinquante points à chacune de vos maisons, sans compter que j'attrape le plus proche pour m'en servir de cobaye pour ma nouvelle potion de rétrécissement de pénis. »
Aussitôt, des bruits de pas prononcés s'éloignèrent et Severus put souffler.
Il venait d'avoir un malaise en se remémorant un souvenir oublié. Oublié de force à cause d'un sort mal lancé d'une baguette non adapté. La chute avait été rude. Aussi bien physique que psychique.
Alors qu'il restait là, sur le sol glacial des cachots, il réfléchissait à ce qu'il venait d'apprendre.
Il avait couché avec Harry Potter, le sauveur du monde sorcier. Il avait aimé. Et il l'avait jeté sans même s'en rendre compte en l'appelant par le prénom de son père.
Pas étonnant que le morveux lui ait éffacé la mémoire. Pour autant, il n'était pas question de laisser passer ça. Ils allaient avoir une petite conversation… À moins que…
Severus écarquilla les yeux.
Ça avait été le jour de la fête de fin d'année. Potter avait accouché fin avril, il le savait car tous les journaux du pays en avait parlé pendant des semaines. Et lorsqu'il avait surpris la conversation entre Théo et Potter, ils avaient dit que les jumeaux n'étaient pas les enfants biologiques de Théo. Serait-il possible... ?
D'un mouvement brusque, Severus se redressa. Il chancela vivement mais continua son geste et parvint finalement à se mettre debout. À toute vitesse, il alla jusqu'à ses appartements et fouilla vivement dans le tiroir de sa commode.
Là, dans une petite boîte en bois, une clé qu'il n'avait pas utilisé depuis des années.
Après un coup d'oeil rapide à l'horloge qui annonçait vingt-deux heures cinquante, Severus sortit sans prendre le temps de revêtir une autre robe que celle qu'il utilisait pour le travail. Elle était pleine de taches invisibles de diverses potions mais ça lui était égal, il devait savoir.
Lorsqu'il fut sorti de Poudlard, il transplana aussitôt sur le Chemin de Traverse, juste devant la grande banque pour sorcier, Gringotts.
Il ne restait que quelques minutes avant la fermeture tardive du bâtiment. Heureusement que les gobelins étaient des créatures travailleuses…
Dès qu'il franchit les portes, il se dirigea vers le seul guichet encore ouvert et ne prit pas le temps de saluer le banquier.
« Je veux l'accès à mon coffre. Tout de suite, » dit-il sur un ton intraitable.
Le gobelin se contenta de hocher la tête et fit un signe vers un autre qui attendait près des portes pour le mener au petit wagon de l'angoisse. Severus s'avança vivement et attendit impatiemment que l'accès soit ouvert.
« Le coffre Snape ? » fit la petite voix grinçante de la créature.
« Non… Le coffre Prince, » répondit Severus en sortant la petite clé dorée.
Le gobelin écarquilla légèrement les yeux puis fit un sourire féroce alors qu'il grimpait dans le chariot. Severus le suivit, appréhendant déjà la longue descente jusqu'à l'un des niveaux les plus bas de Gringott.
Le voyage fut aussi mauvais qu'il l'avait imaginé et lorsqu'il arriva en bas, il était à deux baguettes de vomir sur ses chaussures. Pourtant, il restait aussi droit et stoïque. La seule chose qui aurait pu le trahir était sa respiration un peu plus rapide et forte que d'habitude.
« Clé, s'il vous plaît ? » grinça le gobelin.
Severus lui tendit sèchement la clé et la créature l'inséra dans la serrure, effectuant un mouvement compliqué.
Dès que la porte s'ouvrit, Severus ne prit pas le temps de regarder les richesses éparpillées dans la pièce, il se précipita sur un petit coffre posé en évidence et l'ouvrit. Fouillant avidement entre les divers bijoux, perles et pierres précieuses, il sortit le parchemin qu'il cherchait. La tapisserie pliée qui avait été arrachée du mur du manoir Prince avant sa revente.
Il le déplia au maximum et regarda tout en bas de l'immense arbre généalogique. Haletant sous le choc, il fixa ce qu'il s'attendait pourtant à voir.
À côté de son nom et de son portrait, trônait celui d'Harry Potter. Ils étaient reliés par une ligne d'argent qui descendait par le milieu pour indiquer deux prénoms : Calum et Lenox Potter.
Ce fut un choc.
Un choc prévisible, mais un choc tout de même.
Potter avait accouché de ses enfants. Il avait des héritiers. Des enfants de cinq ans qui avaient ses gènes… Et il ne les avait jamais vus.
Refermant le coffre avec un geste brutal, Severus se releva et sortit de la pièce, montant précipitamment dans les wagons pour signifier au gobelin qu'il ne voulait pas attendre. Celui-ci prit tout de même son temps pour refermer la porte et rendre la clé à Severus qui grogna un remerciement méprisant.
Dès qu'il fut à nouveau dehors, Severus ne s'attarda pas et transplana pour apparaître quelques mètres plus loin, devant la maison qu'il savait être celle de Théodore Nott. Il connaissait l'emplacement exact pour être passé devant en sa compagnie.
Il était vingt trois heures et les rues étaient vides, mais il ne le vit pas. Tout ce qui l'intéressait, c'était la fenêtre éclairée au rez-de-chaussée de la maison. Il espérait sincèrement que Potter serait là. Il ne savait pas encore ce qu'il lui dirait, mais il avait besoin de le voir.
Severus grimpa quatre à quatre les quelques marches du péron et frappa énergiquement à la porte. Il attendit une dizaine de secondes avant de recommencer, espérant que Potter ne serait pas au travail. Il n'avait pas envie de courir après lui au Ministère où dans les rues mal famés.
Après la quatrième séries de coup, la porte s'ouvrit sur un Harry Potter trempé et vêtu d'une simple serviette.
« Qu'est ce que- » commença-t-il en secouant ses cheveux mouillés.
Lorsqu'il le vit, Severus ressenti une rage sourde. Il revit ce souvenir qu'il avait oublié, il revit James Potter, il revit Théodore Nott et les deux petits prénoms inscrits tout en bas d'un arbre généalogique. Il revit tout cela en quelques secondes et, ne laissant pas le jeune homme finir sa phrase, asséna un violent coup de poing dans la mâchoire du Gryffondor.
Celui-ci tomba au sol et Severus le regarda s'échouer.
Il n'avait rien à dire.
Certe il n'avait pas été l'amant idéal, certe il n'avait pas été professionnel en couchant avec un élève, ni même en étant ivre dans l'enceinte de l'école, mais Potter lui avait caché ses héritiers et pour lui, c'était la pire des choses.
Après tout, ils avaient été consentants tous les deux, même s'ils étaient influencés par l'alcool. Ils avaient aimé… Lui faire oublier ce souvenir était déjà condamnable mais lui cacher ces naissances était abject.
Après un dernier regard dédaigneux sur la silhouette tremblante et ensanglanté du jeune homme au sol, Severus partit dans la nuit pour transplaner à Poudlard.
Il avait besoin d'être seul et de réfléchir. Il voulait s'enfermer dans ses cachots et ne plus en sortir avant de savoir ce qu'il allait faire de ses nouvelles informations.
.oOo.
Le lendemain pourtant, Severus dut se présenter au petit déjeuner de la Grande Salle, comme chaque matin depuis une vingtaine d'année.
Il n'avait pas dormi de la nuit, pensant encore et encore à son souvenir, à Potter, à ses enfants… Sans trouver de réponses à ses questions, il s'était tourné à de maintes reprises dans son lit. Au fil des heures, il avait réussi à calmer ses nerfs, sentant son poing toujours maculé de sang le picoter de plus en plus. Il ne l'avait pas soigné, comme d'habitude, voulant garder une trace des évènements et ne pas les oublier.
C'était idiot, il le savait, car une telle chose ne pouvait pas s'oublier.
Quoique…
Potter pouvait toujours passer par là avec un sortilège d'oubliette.
Il n'avait aucune envie de manger lorsqu'il se présenta au petit déjeuner. Plus renfrogné que jamais, il n'avait adressé la parole à personne, bien qu'il fut sujet à de nombreuses questions.
Lorsque les hiboux arrivèrent ce matin-là. Severus s'attendait presque à recevoir une beuglante de Potter, voire même une convocation au tribunal magique pour coups et blessures. Mais il n'en fut rien… Pas un hibou ne se présenta à sa table.
Par contre, il reconnut parfaitement la chouette blanche qui se posa devant Théodore.
Il regarda le jeune homme saisir le parchemin avant de donner un morceau de bacon à la jolie messagère et l'observer s'en aller.
Severus regarda le professeur de sortilège déplier la lettre et la lire lentement, pâlissant de plus en plus au fil de son contenu. Il le vit relever la tête, une légère peur au fond des yeux. Il n'en fallait pas plus pour Severus pour comprendre que, d'une part Théo était parfaitement au courant de sa paternité mais en plus, que Potter l'avait informé de ce qu'il s'est passé la veille.
Ça n'avait pas dû être très difficile pour le Gryffondor de comprendre ce qui avait entraîné une si vive réaction de sa part. Potter savait parfaitement que son sort était bancale, que Théo aurait pu le lui avouer lui-même ou qu'un objet magique telle que la tapisserie aurait pu lui révéler la paternité des jumeaux.
Vraiment… Potter devait savoir que ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne l'apprenne.
Severus se leva, ayant fini son repas. Il défroissa sa robe et enleva les quelques miettes qui aurait pu tomber, avant de se diriger vers la porte arrière pour rejoindre sa salle de classe.
Dans les couloirs, il entendit des bruits de pas précipités mais ne se retourna pas pour voir qui lui courrait après. Il avait déjà sa petite idée sur la question lorsqu'il entendit le souffle légèrement trop haletant pour quelqu'un ayant couru sur une si faible distance.
« Severus ? » appela Théo à quelques pas derrière lui. « Je pense que je vous dois une explication. »
« Vous n'avez aucune explication à fournir Théodore, » répondit Severus d'une voix glaciale, s'arrêtant sans pour autant se retourner. « Je ne veux rien savoir sur Potter ou ses rejetons. À vrai dire, je me suis même rendu compte que j'avais réussi à vivre une demie décennie sans penser à eux et que ma vie ne s'en portait pas plus mal. J'ai bien l'intention de continuer. »
« Vous lui avez fait du mal, » assena Théo.
Severus se retourna vivement, ne laissant pas paraître sa surprise de voir son ancien élève lui parler sur ce ton.
« Je doute qu'un seul coup de poing, aussi violent soit-il, puisse mettre à mal votre précieux Survivant. Après tout, il a connu le doloris. »
« Je ne parle ni de douleur physique, ni d'hier soir. Il y a des souffrance bien pire que celles-ci… »
« De quoi donc parlez-vous ? »
« Ne vous êtes-vous pas demandé pourquoi Harry avait accepté vos avances ce soir-là ? » demanda Théo avec hargne.
Sans attendre la réponse, il repartit dans la direction opposée, à pas lents.
Severus reprit sa marche, réfléchissant à ce que Théo avait voulu dire. Bien sûr qu'il s'était demandé pourquoi Potter avait accepté… pendant une seconde. Ensuite, il avait été si obsédé par le fait que le jeune homme lui avait lancé un sort, que ça lui était sorti de la tête. Évidemment, il avait bien remarqué que l'alcool avait du précipiter la décision mais… y'avait-il une autre raison ?
Repoussant ses questionnements au second plan, Severus entra dans sa salle de classe pour préparer la leçon qui commençerait dans quelques minutes.
Après quelques heures de cours et une soirée complète à tester de nouveaux ingrédients pour sa potion innovante, Severus s'était rendu compte que si sa vie n'était pas parfaite, il l'aimait de cette façon et ne voulait pas que cela change.
Si Potter lui avait caché ses enfants c'était qu'ils n'avaient pas besoin de lui. Ils étaient en bonne santé, avaient de l'argent et étaient choyés par leur deux pères. Severus était bien conscient qu'il n'avait rien à amener dans l'équation et il savait ne pas vouloir le faire.
Il n'avait pu se retenir l'espace d'un instant, d'imaginer à quoi ils ressemblaient… De se demander s'ils avaient son nez, ses yeux. Mais bien vite, il s'était repris, chassant ces pensées parasites. Il avait un jour songé avoir des enfants, mais ce rêve était mort en même temps que celui de devenir un homme bien : le jour où il avait réalisé que la Marque sur son bras ne lui apporterait ni pouvoir, ni grandeur, mais seulement tristesse et solitude.
Alors, en se couchant ce soir-là, il était bien décidé à mettre les jumeaux Potter-Nott dans un coin de son esprit. Il y repenserait peut-être occasionnellement, le soir de Noël lorsqu'il serait seul devant une bouteille de Whisky et sa cheminée, au moment du bal de fin d'année où il trouverait, comme d'habitude, une bonne excuse pour ne pas surveiller et finir la soirée dans un pub… Ce serait peut-être amusant de se dire que c'était l'anniversaire de la conception des jumeaux les plus connus d'Angleterre socrier.
Oui, c'était ce qu'il y avait de mieux pour tout le monde…
J'espère que ce chapitre vous a plus. Je rappelle qu'il y a neuf chapitres à cette histoire, et que c'était le cinquième.
A la semaine prochaine.
Epsi.
