Bonjour bonjour !

Je passe en coup de vent pour poster ce chapitre. C'est l'anniversaire de mon homme aujourd'hui.

Je me rends compte en lisant vos reviews, que cette histoire ne sera peut-être pas un happy end pour tout le monde. J'espère néanmoins qu'elle vous plaira. Dans ce chapitre, il y aura des changements infimes chez Severus et une petite mise au point de Harry.

Bonne lecture !


Dans le chapitre pécédent :

" Alors, en se couchant ce soir-là, il était bien décidé à mettre les jumeaux Potter-Nott dans un coin de son esprit. Il y repenserait peut-être occasionnellement, le soir de Noël lorsqu'il serait seul devant une bouteille de Whisky et sa cheminée, au moment du bal de fin d'année où il trouverait, comme d'habitude, une bonne excuse pour ne pas surveiller et finir la soirée dans un pub… Ce serait peut-être amusant de se dire que c'était l'anniversaire de la conception des jumeaux les plus connus d'Angleterre socrier.

Oui, c'était ce qu'il y avait de mieux pour tout le monde… "

Pourtant, le destin en décida autrement quelques mois plus tard.

Severus n'avait eu que peu de contact avec Théo et les professeurs s'inquiétaient un peu du fait qu'il était encore plus renfermé que d'habitude. Ils ne savaient rien de ce qui s'était passé avec Harry ou avec Théo, ils le voyaient juste plus grognon et plus renfrogné qu'il ne l'avait jamais été.

Ce jour là, les professeurs étaient réunis pour le petit déjeuner, surveillant les élèves mal réveillés avant le début des classes.

Le Maître des potions avait remarqué que Théodore, à sa gauche, n'avait pas l'air dans son assiette. Il toussait souvent et paraissait plus pâle que d'habitude. Severus allait lui demander ce qu'il avait, lorsque les portes de la Grande Salle s'ouvrirent vivement, claquant contre le mur de pierres. Derrière elles, Harry Potter essoufflé, portant un enfant sur son dos, agrippé comme un koala et un autre dans ses bras.

Il courut à travers la salle sous les murmures inquiets ou émerveillés et s'arrêta devant la table des professeurs où Albus et Théo s'étaient relevés.

« Je suis désolé de vous interrompre en plein repas, » souffla Potter en jetant un sort de silence pour ne pas être entendu des élèves.

« Qu'est-ce qui se passe avec les jumeaux ? » pressa Théo qui avait à présent contourné la table pour examiner les enfants.

« Hein ? » demanda stupidement Potter avant de comprendre que le Serpentard les croyait malade. « Oh… rien ! Ils vont très bien ! Ce n'est pas eux le problème ! Il y a un incident au Chemin de Traverse, une sorte de nouveau groupuscule utilisant la marque des reliques de la mort et semant la terreur. La rue est sens dessus dessous et tous les Aurors sont rappelés. Je voulais confier les enfants à Molly mais elle est en Roumanie, tout comme Hermione et Ron. Neville est déjà débordé avec ses propres rejetons et Luna n'était pas là… Dobby est malade et je refuse qu'il sorte de son lit… Je ne sais pas quoi faire d'autre Théo… »

Le Serpentard avait l'air embêté alors qu'il caressait les cheveux noirs de l'un des jumeaux et ce fut le directeur qui prit la parole avec un sourire heureux.

« Ça ne pose aucun problème Harry. Tu peux laisser tes enfants ici et vaquer à tes occupations. Nous pourrons nous en occuper. »

Potter fit un sourire légèrement crispé et se retourna vers Théo qui acquiesça.

Severus observait Potter depuis son arrivée et le trouva changé. Pourtant, il avait toujours ses cheveux en bataille, quoiqu'un peu plus long, ses lunettes rondes quoiqu'un peu plus fines et ses magnifiques yeux verts quoique teintés par l'inquiétude. Oui, Potter avait changé. Il n'était plus le gringalet de onze ans terrorisé par lui. Il n'était plus le petit Gryffondor frondeur qu'il avait eu tant de mal à protéger. Potter était un homme. Un bel homme, ressemblant trait pour trait à son père, sans pour autant avoir la même attitude, la même brutalité dans ses gestes.

Le regard de Severus se posa ensuite sur les enfants qui étaient en train d'enlacer rapidement leur père. Ils étaient si petits… Severus n'avait pas l'habitude de cette taille là !

Ils n'avaient rien dit pendant que les adultes parlaient, si ce n'était quelques chuchotements entre eux. De ce que Severus pouvait voir, c'étaient des jumeaux parfaitement identiques. Ils avaient la même taille, les mêmes cheveux noirs, mi-longs et un peu fous, étaient vêtus de la même façon et avaient la même gestuelle.

Ils avaient l'air calmes et sages. Ils étaient bien habillés et paraissaient éduqués. Aucun des deux n'avait encore relevé la tête vers lui et Severus se surprit à le vouloir. Il était malgré tout curieux de voir s'ils lui ressemblaient.

Alors qu'il y pensait, les enfants relevèrent instantanément la tête et le regardèrent fixement. Severus sentit son souffle se bloquer dans le fond de sa gorge lorsqu'il croisa une paire d'yeux verts comme l'Avada et une paire d'yeux noirs profond exactement comme les siens. Les enfants étaient parfaitement identique et seuls leurs yeux les différenciaient de façon assez flagrante.

Lorsque le cœur de Severus put reprendre un rythme régulier, il regarda à nouveau les adultes qui discutaient toujours de façon légèrement précipitée et croisa le regard de Potter. Celui-ci rougit et détourna les yeux sans laisser savoir à Severus si c'était de la gêne ou de la colère. Peut-être était-ce un peu des deux.

« Je dois vraiment y aller maintenant, » déclara Potter en regardant les jumeaux. « Je reviens le plus vite possible. »

Après un dernier câlin, il fit un geste de main, faisant apparaître ses robes d'Auror et avança à pas rapide dans la Grande Salle pour en sortir. Il avait l'air concentré et ne fit absolument pas attention aux regards enamourés qu'il suscitait sur son passage par des écoliers hormonaux.

Severus retrouva ses esprits lorsque Albus reprit la parole d'une voix forte, faisant éclater le sort de silence :

« Chers enfants, comme vous pouvez le voir, nous avons deux nouveaux arrivants pour un bref moment. Je vous demanderai de garder votre curiosité pour vous et de ne pas les embêter jusqu'à ce que leur père revienne les chercher. Il est bientôt l'heure de la première classe, je vous conseille de finir votre repas, » dit-il avant de se rasseoir et de continuer tranquillement de beurrer ses toasts.

« Vous avez mangé ? » demanda Théo aux jumeaux.

« Non Dado, » répondirent-il en cœur.

« Alors venez là mes petits Botrucs ! » dit Théo en ébouriffant gaiement leurs cheveux.

À ce moment-là, il avait un sourire dont Severus se sentit involontairement jaloux. C'était un sourire tendre et… tout simplement heureux, alors qu'il regardait ses enfants.

Ses enfants…

Avec un simple mouvement de main de la part d'Albus, toujours concentré sur ses tartines, la table s'agrandit, poussant les chaises à gauche de celle de Théo pour en faire apparaître deux nouvelles, plus haute. Severus fut un peu bousculé et ronchonna mais arrêta bien vite lorsqu'il remarqua que les jumeaux s'installaient entre Théodore et lui.

Il était incroyablement tendu lorsque l'enfant au yeux noirs s'assit à sa gauche. Severus ne comprenait pas son envie de le regarder… De juste savoir son prénom…

Oh, il l'avait déjà entendu très certainement, il les avait même vu sur la tapisserie Prince, mais cela ne l'avait jamais vraiment intéressé et il ne les avaient jamais retenu. Aujourd'hui, Severus avait l'impression que c'était vital.

« Présentez-vous au Professeur Snape les enfants, » dit soudainement Théo avec un sourire.

Ce n'était pas un sourire de jubilation. Ce n'était pas non plus une façon narquoise de lui montrer ce qu'il avait loupé. C'était comme si cette situation n'était pas étrange, comme une vraie présentation.

« Bonjour Professeur Snape, » commença le petit garçon aux yeux verts dans un murmure timide, tout en restant droit. « Je suis Calum Potter. »

« Et moi je suis Lenox Potter, » enchaîna le deuxième, un peu plus doucement, un peu plus prostré. « Bonjour professeur… »

Severus regardait les deux enfants, cachant ses craintes, ses doutes, ses espoirs. Il les cachait si bien que lui-même ne savait pas quoi ressentir.

« Messieurs Potter… » salua-t-il sobrement.

Il se sentait incroyablement idiot. Il n'avait encore jamais communiqué avec des enfants aussi petits et n'était même pas informé de ce qu'ils savaient faire à cet âge. Connaissaient-ils les couleurs ? Étaient-ils propres ? Savaient-ils construire des phrases correctes ? Apparemment oui…

Théo reprit :

« Le Professeur Snape est celui qui enseigne les potions à Poudlard. Il est le plus jeune à avoir obtenu sa Maîtrise depuis des centaines d'années. »

Les yeux des enfants se remplirent de paillettes alors qu'ils regardaient le ténébreux professeur.

« Len' adore les potions ! » s'exclama Calum. « Dado lui a montré comment il faisait un philtre apaisant une fois ! La prochaine fois se sera mon tour ! »

« Dado ? » demanda Severus avant de pouvoir se retenir.

« C'est moi, » intervint Théo, légèrement mal à l'aise. « C'est un petit raccourci pour daddy Théo, qu'ils avaient du mal à prononcer quand ils étaient petits. »

« Je vois.. » répondit simplement Severus, pas certain de savoir comment réagir face à cette annonce.

Il continua de manger le contenu de son assiette en essayant de ne pas penser au fait qu'il mangeait à côté de ses deux héritiers. Sa chaire et son sang étaient juste là, à porté de main.

Ce n'était pas bien de penser de tels choses, ces enfants avaient deux pères qui les aimaient sans aucun doute possible. Il ne pouvait pas continuer à se dire… Et si…

Il en était là dans ses réflexions lorsqu'il sentit un petit coup de coude dans l'avant-bras. Tournant la tête et baissant le regard, il vit Lenox qui, les sourcils froncés et la langue pointant, essayait de couper une tranche de bacon grillé dans son assiette.

« Pardon professeur… » marmonna-t-il, continuant de faire de son repas une véritable charpie.

À côté de lui, Théo avait passé ses bras autour de Calum pour l'aider à couper son propre morceau de bacon. Il regarda son deuxième fils qui essayait en vain de faire de même puis jeta un œil vers Severus, une lueur rusée brillant dans ses prunelles bleus.

« Severus, pourriez-vous aider Len' avec son repas ? La cloche va bientôt sonner et il n'aura rien mangé le temps que j'aide Cal. »

Severus resta un instant sous le choc avant de voir deux petites mains lui tendre des couverts.

« Merci, » murmura Lenox, les joues rouges.

Avec des mouvements secs, incapable de savoir comment se comporter, Severus attrapa les couverts, tira l'assiette à lui et, l'air plus renfrogné que jamais, découpa les morceaux de bacon comme il l'aurait fait avec des tentacules violettes pour une potion de digestion.

Lorsqu'il eut fini, le petit Lenox lui fit un sourire si resplendissant qu'il sentit son coeur faire une embardée. Il se contenta de se reconcentrer sur son assiette, engloutissant les derniers morceaux d'œufs maintenant froids.

Alors qu'il se levait pour se rendre dans sa salle de cours, Albus reprit la parole :

« Je n'ai pu m'empêcher de constater que vous n'étiez pas au meilleur de votre forme Monsieur Nott, » dit-il, une lueur d'inquiétude au fond des yeux.

« Tout va bien, » répondit Théo avec un sourire rassurant. « Je suis déjà allé voir Madame Pomfresh ce matin. »

« Peut-être sera-t-il difficile de vous occuper de deux enfants tout en assurant vos cours. J'ai cru comprendre que le jeune Lenox était passionné par les potions et lors d'une de ses visites, Harry m'a avoué que Calum était en admiration devant les animagus. Ça ne dérangera pas le Professeur Snape et le Professeur McGonagall de s'occuper de ces deux adorables enfants au moins pour la matinée. »

« J'en serais ravie ! » pialla Minerva avant même que Severus ne puisse ouvrir la bouche.

« Alors c'est réglé, » dit Albus en tapant dans ses mains une fois avant de se relever. « Calum va découvrir avant l'heure la classe de Métamorphose et Lenox passera sa matinée à regarder les élèves créer des potions. »

Les professeurs prirent cela pour un renvoi et se levèrent tous au moment où la cloche sonnait. En moins de temps qu'il en fallait pour dire Quidditch, Severus se retrouva seul, comme un idiot, avec un enfant de cinq ans le regardant comme s'il était Merlin en personne.

Il allait devoir s'occuper d'un enfant en plein cours de potion. Il allait devoir faire attention à ce qu'il ne se blesse pas, ne mette pas en danger les autres élèves… il devrait même certainement revoir les leçons pour que rien de nocif ne soit disponible. Il allait s'occuper d'un Potter. Encore.

Une petite voix dans sa tête s'insinua doucement. Il allait s'occuper de son enfant, ou du moins de l'un d'eux. Peut-être pourrait-il voir s'il avait le même don que lui, quel était son caractère, ses aptitudes.

Non… C'était mal.

« Venez Potter, » dit-il alors d'une voix froide, se retournant vivement vers la petite porte.

Ce passage dissimulait un couloir un peu sombre qui menait au hall desservant tous les endroits du château. Severus ne s'était pas rendu compte qu'il marchait trop vite avant d'entendre les petits pas précipités derrière lui. Il ne s'était pas rendu compte que ce couloir faisait si peur, avant qu'il ne sente cette petite main dans la sienne. Il ne s'était pas rendu compte qu'il était père, avant de ressentir toute la confiance venant de cet enfant.

.oOo.

Severus regardait Lenox qui essayait de lire un livre basique de potion. Sa langue pointait sur sa lèvre inférieure alors qu'il suivait du doigt les mots qu'il lisait. Le professeur se souvenait que son père faisait ça aussi lorsqu'il était jeune et se concentrait sur une recette de potion. Ce souvenir était aussi nostalgique qu'étrange. Dans son autre main, la plume d'aigle prêtée par Severus, dégoulinait d'encre sur la table.

Après qu'il l'ait interrompu deux fois pour savoir ce que signifiaient les mots qu'il ne comprenait pas, le Maître des potions lui avait demandé de souligner les mots trop compliqués pour lui en demander le sens une fois la classe terminée. L'enfant se donnait du mal pour respecter les consignes à la lettre. Il n'était pas très soigneux mais tellement concentré sur sa tâche que Severus ne pouvait le réprimander.

Lorsque la cloche sonna la pause de dix heures, les élèves sortirent en courant presque, comme d'habitude. Severus s'installa à son bureau, ayant oublié son petit élève qui travaillait tranquillement dans un coin reculé. Il faillit même sursauter lorsque l'enfant arriva à côté de lui pour lui montrer le livre.

Lorsque Severus baissa les yeux, il remarqua qu'une quantité impressionnante de mots était soulignée. Soupirant, il regarda l'enfant imaginant déjà diverses stratagèmes pour ne pas avoir à expliquer tous ces mots.

« Potter, » dit-il sobrement. « Je n'ai pas de classe pendant une heure. Voulez-vous me regarder préparer une potion ? Si vous êtes sage, vous pourrez même mettre quelques ingrédients quand je le dirai. »

Il regarda intensément le petit garçon qui baissait la tête en gigotait d'un pied sur l'autre.

« Que se passe-t-il Potter ? » demanda-t-il, tendu.

« Vous pouvez m'appeler Lenox ? » demanda l'enfant. « Je sais jamais si on me parle à moi ou à mon frère sinon. Ou mon père… »

« Bien… » répondit Severus pris au dépourvu. « Je vous appellerai par votre prénom mais seulement en privé, » ajouta-t-il précipitamment.

Lenox fit un sourire éblouissant avant d'aller chercher son tabouret pour le mettre devant le bureau et monter difficilement dessus.

« J'aimerais beaucoup vous regarder faire une potion. »

Severus fit un micro sourire et bannit ses papiers avant d'aller chercher son chaudron et les ingrédients.

« Qu'aimez-vous dans la préparation des potions ? » demanda-t-il en allumant le feu pour commencer la préparation.

« J'aime quand ça change de couleur, » répondit l'enfant en fronçant les sourcils.

Ce n'était pas une réponse très pertinente mais le Maître des Potions pensa que c'était déjà une bonne chose pour son âge. Il y pensait justement lorsque Lenox reprit.

« Papa il aime pas les potions, » dit-il d'une voix fluette, concentré sur les gestes du professeur. « Il dit qu'il a de mauvais souvenirs et qu'il n'est pas très bon pour ça… »

« Que vous a-t-il dit d'autre ? »

« Que son professeur à Poudlard l'aimait pas à cause de beaucoup de bêtises que grand-père avait fait. Mais il m'a pas dit quoi parce qu'il est toujours triste quand il parle de grand-père et grand-mère. Ils sont morts tu sais ? » déclara Lenox de sa petite voix sans se rendre compte que ces mots étaient durs et surtout quels effets ils avaient sur le professeur.

Severus serra un peu la mâchoire. L'enfant ne s'était pas aperçu qu'il l'avait tutoyé mais surtout il ne savait pas que cette histoire touchait le professeur de près.

« Et… Dado… Il fait des potions avec vous ? »

« Pas trop… Il n'aime pas trop ça non plus. Et il me dit toujours qu'il y aura quelqu'un pour me l'apprendre plus tard. »

Lorsque la cloche sonna, Severus fut véritablement surpris. Il n'avait pas vu le temps passer en parlant avec cet enfant et lorsqu'il reprit les leçons avec les quatrième année, il confia le soin à Lenox de moudre les cornes de bicorne. Bien que ce fut un travail dur et fastidieux, le garçon lui présenta le mortier plein de poudre légèrement inégale après une heure de travail acharné et Severus le félicita même pour cela.

Sans vraiment savoir pourquoi, après l'avoir mise en bocal, le potionniste ne la plaça pas dans son armoire à ingrédients comme il aurait dû le faire. Avec un geste qu'il n'expliqua pas, il mit le pot de poudre dans le tiroir de son bureau, pour ne plus jamais y retoucher.

Le repas et l'après-midi se passèrent sans encombres et lorsque Severus remonta les escaliers accompagné de l'enfant pour se rendre aux appartements du professeur de sortilège, il se rendit compte à quel point la présence du gamin n'avait pas été insupportable.

Il toqua à la porte et elle fut aussitôt ouverte par un enfant qui était la copie conforme de celui à ses côtés, avec des yeux verts brillants. Dès que la porte fut suffisamment ouverte pour passer, Lenox se précipita sur son frère pour une etreinte impressionnante. Le battant s'ouvrit un peu plus pour laisser apparaître Théo qui, une écharpe autour du cou et une tasse fumante à la main, fit un sourire à Severus.

« Je vous remercie de vous être occupé de Len, » dit-il en regardant les enfants qui, bras dessus, bras dessous, se dirigeaient vers le canapé certainement dans le but de se raconter leur journée.

Severus se contenta d'un signe de tête et allait partir, lorsqu'il fut retenu par son ancien élève.

« Je vous offre un thé ? Vous pourrez me dire si Len s'est bien comporté aujourd'hui. »

Le Maître des Potions devait refuser, il le savait. Il n'y avait rien de bon à rester aux côtés de ces enfants et de leur père adoptif, mais une part de lui trouvait une sorte de fascination morbide à s'intéresser à leur vie. Il pensa une seconde être masochiste lorsqu'il accepta l'invitation d'un mouvement sec de la tête.

Depuis le petit coin salle à manger, Severus regardait les enfants parler à toute vitesse dans une sorte de langage secret connu d'eux seuls, mêlé à un anglais brouillon. Lenox venait de finir le récit de la journée, omettant l'épisode de la poudre de bicorne et celui des discussions sur leur vie de famille.

« La journée a été plaisante alors, » déclara Théo en sirotant son thé. « Je suis sûr qu'ils vont être heureux de raconter ça à Harry quand il va rentrer. »

« En parlant de Potter, » dit sombrement Severus. « J'aimerais revenir à ce que vous avez dit la dernière fois… Pourquoi Potter a-t-il accepté les avances répugnantes que je lui ai faites ce soir là ? »

Théo ne dit d'abord rien, regardant les enfants avec un air songeur puis lança un sort de silence et parla enfin sur un ton net, ne laissant aucune place à la contradiction :

« Parce qu'il est amoureux de vous. »

Severus, surpris, faillit recracher la gorgée de thé qu'il venait de prendre.

« Quelle sorte d'inepties racontez-vous ? » cracha-t-il en essuyant sa bouche d'une serviette.

« Cela n'a rien de surprenant… Maintenant que vos souvenirs sont revenus, vous pouvez vous rendre compte à quel point il s'est empressé d'accepter d'avoir une relation dans un couloir sordide et à quel point il a été bouleversé lorsque vous l'avez nommé de cette façon. »

« Ce Gryffondor stupide vous a-t-il tout raconté ? » grogna Severus pour cacher son malaise.

« Bien sûr ! » s'enjoua Théo. « Il me raconte tout depuis la sixième année. »

« Quelle sorte de relation étrange avez-vous tous les deux ? » demanda Severus clairement sceptique.

« Nous nous aimons, » répondit Théo, catégorique avant de reprendre plus doucement. « Ce n'est pas un amour conventionnel, mais pourquoi serions nous restés si longtemps ensemble sinon ? »

« C'est bien ce que je me demande… Vous avez dit qu'il était… amoureux de moi, » cracha Severus comme une insulte. « Mais vous étiez déjà ensemble à cet époque et vous avez utilisé le présent et non le passé. »

« Et alors ? Harry est amoureux de vous mais il est en couple avec moi. »

« C'est absurde. Vous pensez vraiment que je vais vous croire ? »

« Ne le faites pas… » répondit sombrement Théo. « Tout ce que j'ai à dire c'est qu'Harry est tombé amoureux de vous lorsque vous êtes apparus durant la bataille du Ministère. Vous l'avez défendu comme jamais et je pense que c'était la première fois qu'il vous voyait comme vous étiez vraiment : le combattant acharné, l'homme courageux, le défenseur... »

Il fit une pause remuant doucement son thé, l'air songeur.

« Je pense que ça a été un coup de foudre à ce moment-là, mais qu'il n'a pas su le reconnaître. Il vous a observé pendant de longs mois avant de s'en rendre compte. Personne n'était au courant, sauf moi… Il ne m'avait rien dit, mais j'avais remarqué. Je vivais la même chose de mon côté… »

« Vous- » commença Severus avant d'être coupé.

« Oh non, ne vous inquiétez pas. Je ne parle pas de vous, » gloussa Théo. « Mais je vivais moi aussi un amour impossible. Un jour, vous avez été très virulent dans vos propos à son encontre et il a quitté la classe. J'ai prétexté un mal de tête et suis sorti de votre cours. Je l'ai retrouvé et nous avons beaucoup parlé, nous livrant chacun notre tour. Nous avons ensuite pensé que c'était une bonne idée de sortir ensemble. C'était une terrible erreur et je m'en rend compte à présent. »

« Pourquoi ? » demanda Severus, malgré lui pris dans l'histoire.

« Je suis amoureux de Draco Malfoy depuis ma quatrième année, » annonça Théo.

« Draco ? » souffla Severus.

« Oui, le même Draco qui est aujourd'hui marié à une femme et père d'un enfant. En sortant ensemble, Harry et moi, nous nous sommes engagés dans une relation où nous savions que nous n'avions pas à éprouver des sentiments amoureux l'un pour l'autre. Nous comprenions tellement les déboirs de l'autre que nous l'avons jamais poussé vers quelque chose de nouveau. Nous avons donc cultivé ces deux relations irréelles, ne nous donnant pas la possibilité de nous en détacher… »

« Voulez-vous dire que vous avez, l'un comme l'autre, entretenu une relation durant presque une dizaine d'année tout en rêvant d'un autre ? » demanda Severus prouvant son incompréhension.

« C'est exact. Nous avions arrêté avant la fin de notre dernière année, mais lorsque Harry est arrivé chez moi, plus mal que jamais, en m'annonçant qu'il était enceint de vous, j'ai voulu l'aider. Et puis je l'ai accompagné à un rendez-vous médical où j'ai entendu les battements de coeur des jumeaux, j'ai compris que je voulais faire partie de leur vie… »

Severus ressentit une pointe de jalousie incongrue à l'annonce de Théo. Il regardait profondément sa tasse, essayant de savoir quels sentiments il serait bon d'éprouver à ce moment précis.

« Pourquoi me dites-vous ça maintenant ? » demanda-t-il finalement reposant ses yeux sur les enfants qui discutaient toujours à grand renfort de gestes exubérant.

« J'ai l'impression de vous avoir volé quelque chose… J'ai profité de ce que j'avais toujours voulu, un compagnon exceptionnel, des enfants merveilleux, une famille aimante. Je pense que le temps est venu pour moi de m'écarter… »

« Je ne suis pas amoureux de Potter. »

« Je sais, » ricana Théo. « Mais si vous acceptez de le côtoyer plus souvent, vous verrez que c'est quelque chose de facile à faire. »

Severus haleta, fixant ses yeux dans ceux de son vis à vis.

« Voulez-vous dire que… »

« Non… » répondit Théo avec un sourire distrait. « Non je ne suis pas amoureux d'Harry. Je me suis toujours refusé de le devenir car je savais que son coeur ne m'appartiendrait jamais. Et puis, j'ai déjà assez de problème avec mon amour interdit, je n'allais pas en avoir un deuxième. Néanmoins, je sais que Harry est une personne attachante et je sais qu'il ne serait pas compliqué pour quelqu'un de tomber sous son charme. »

« Ridicule… » grogna Severus.

« Peut-être… » souffla Théo. « Le fait est que je vais m'éloigner et lorsque le monde magique le saura, Harry ne tardera pas à recevoir des demandes et à se faire draguer à tous les coins de rue. Rien qu'à son travail je sais qu'il se fait courtiser par deux personnes déjà. »

« Pourquoi me dites vous tout ça ? »

« Parce que je ne veux pas que les jumeaux souffrent. Je ne veux pas non plus qu'Harry soit malheureux et pour ça, je pense que vous êtes la solution. »

« Et bien vous pensez mal, » dit Severus en se relevant vivement avant de se calmer et de ranger sa chaise proprement. « Je n'ai aucun sentiment pour Potter et je ne me préoccupe pas de ces enfants. Vous feriez mieux de rester avec lui si vous voulez tant épargner son coeur. »

Il se dirigea vers l'entrée des appartements et ouvrit la porte donnant sur le couloir pour franchir le seuil.

« De toute façon je ne vous crois pas Théodore. Vous êtes un Serpentard et si vous êtes aussi heureux que vous le dites, je ne vois aucune raison pour vous d'y mettre fin. »

Severus referma la porte mais juste avant, il entendit la faible réponse de son interlocuteur :

« Peut-être que je n'ai pas le choix... »

.oOo.

Quelques mois plus tard, Severus se demandait toujours comment diable il pouvait bien agir. Chaque matin au petit déjeuner, il voyait Théo et plus le temps passait, plus il brûlait de lui poser des questions.

Qu'avait-il voulu dire par là ? Comment allaient les enfants ? Potter avait-il vraiment autant de courtisans ? Était-il vraiment resté amoureux pendant près de dix ans ? Comment s'était passé l'anniversaire des jumeaux qui avaient eu six ans ?

Ils n'avaient abordé aucun de ces sujets et à présent, après des mois de réflexion, Severus n'était plus aussi catégorique qu'avant en ce qui concernait le rapprochement avec les jumeaux. Depuis qu'il les avait vus pour la dernière fois, il pensait à eux chaque jour. Parfois, il sortait le petit bocal de poudre de bicorne et le regardait intensément, comme si la solution à ses problèmes allait en sortir.

Mais rien ne se produisait jamais. Il se retrouvait indubitablement comme un idiot à fixer un flacon d'ingrédients mal préparé en se demandant depuis quand son rêve d'avoir une famille avait repris une place dans sa tête.

Ce matin là, il était aux côtés de Théo dans la Grande Salle lorsqu'un patronus qu'il reconnut immédiatement traversa la porte pour se planter devant le professeur de sortilège. La voix qu'il connaissait que trop bien résonna dans la pièce, parlant à toute vitesse.

« Cal est à Sainte-Mangouste. Accident de magie. Viens vite ! »

Severus sentit tout son sang quitter son visage. C'était idiot, vraiment. Il ne connaissait presque pas cet enfant, ce message ne lui était même pas adressé, il aurait dû s'en moquer éperdument. Mais voilà… Depuis la découverte de sa paternité, il avait eu le temps d'y réfléchir et… d'accepter ? Même s'il ne le souhaitait pas, au plus profond de son être, il avait commencé à ressentir des choses et avec toute la bonne volonté du monde, il n'arrivait pas à s'en empêcher.

Son cœur rata un battement lorsqu'il vit Théo se lever précipitamment, une fois le cerf parti en fumée. Il aurait dû courir avec lui pour pouvoir être présent lui aussi, mais ne le fit pas. Il n'en avait pas le droit...

Au lieu de cela, il regarda Théo contourner la table et partit en direction de la sortie, avant de se retourner vers le directeur.

« Puis-je demander au professeur Snape de m'accompagner ? » demanda-t-il avec urgence.

« Pourquoi donc ? » demanda Albus avec un sourire malicieux.

« Je n'ai aucune confiance en Sainte-Mangouste, en particulier leurs potionnistes incompétents. »

« Bien sûr, » répondit gentiment le directeur. « Si Severus est d'accord et qu'il revient pour les cours de l'après-midi, je pourrai assurer moi-même ceux du matin. »

« Severus ? » demanda ensuite Théo en se tournant vers lui, l'air impatient.

Le Maître des Potions prit un air renfrogné, savamment calculé puis se releva en lançant sa serviette dans son assiette. D'un pas rapide il rejoignit Théo qui reprenait déjà sa course, adressant un remerciement rapide au directeur.

Il ne leur fallut pas longtemps pour se rendre à la sortie du parc et transplaner dans la salle de Sainte-Mangouste prévue à cet effet. Théo, toujours en tête, ne perdit pas de temps pour demander la chambre de Cal, qui lui fut indiquée par un infirmier.

Lorsqu'ils entrèrent, Severus repéra immédiatement la petite silhouette immobile de Calum allongé dans les draps blancs. Recroquevillé autour de son frère, Lenox ouvrit les yeux lorsqu'il entendit la porte.

Calum paraissait très pâle et avait un bandage autour du crâne, cachant une partie de ses cheveux noirs et de son front. Il paraissait dormir et encore une fois, Severus sentit son cœur se serrer dans sa poitrine.

« Comment va-t-il ? » demanda précipitamment Théo.

Severus remarqua alors le jeune homme debout dans la pièce, regardant par la fenêtre.

« Il va bien, » répondit Potter sans se retourner. « Le médicomage vient de sortir et a dit qu'il se réveillerait demain au plus tard. C'est idiot… il voulait faire du balai et j'ai refusé… Sa magie a décidé de l'aider en le faisant léviter mais je n'ai pas eu le temps de sortir ma baguette… il a paniqué et il est tombé… »

Potter se retourna enfin et écarquilla les yeux lorsqu'il vit Severus.

« Que faites-vous ici ? » demanda-t-il avec hargne.

Théo répondit avant que Severus ne puisse le faire.

« C'est moi qui lui ai demandé de venir. Et si vous voulez vous expliquer je vous en prie, allez faire cela ailleurs et avec un sort de silence. Les enfants n'ont pas besoin d'entendre ça… »

Potter regarda un instant ses fils puis acquiesça, faisant signe à Severus de le suivre.

Celui-ci, n'aimant pas trop être commandé grogna mais accepta et suivit le jeune homme dans ce qui semblait être une cage d'escalier déserte.

« Qu'êtes-vous venu faire ici ? » attaqua Potter dès que les sorts de silence furent mis en place.

« Comme Théodore vous l'a dit, il me l'a demandé et j'ai accepté, » répondit calmement Severus, croisant les bras sur sa poitrine pour s'entourer de ses capes.

« Et pourquoi l'avoir fait ? Rien ne vous concerne ici ! »

« Ah oui ? » dit Severus d'une voix doucereuse. « Je pensais pourtant qu'il s'agissait de mes enfants, » ajouta-t-il sournoisement.

Il ne vit rien arriver lorsqu'il se retrouva coincé contre le mur froid par un bras fort, une baguette sous le cou.

« Vous n'êtes rien pour eux, rien du tout ! » grogna le jeune homme avec hargne. « Ils ont aujourd'hui deux pères qui les aiment de façon inconditionnelle et qui seraient prêts à mourir pour eux. Ils ont tout ce dont ils ont besoin. Je ne sais pas ce que Théo vous a dit et je m'en moque. Je n'ai pas besoin de vous, » dit-il en détachant bien les syllabes de cette dernière phrase.

Le ton était bas, agressif, et Severus ne pouvait que regarder ces grands yeux verts brillants de rage, comme hypnotisé.

« Vous n'êtes rien. Vous vous êtes contenté de me sauter en utilisant le pouvoir que vous aviez sur moi, mais c'est fini tout ça. Je pourrais vous faire emprisonner pour avoir eu des relations sexuelles avec un élève, pour avoir été ivre dans l'enceinte de l'école, pour l'agression sur ma personne il y a quelques mois. Ces enfants viennent peut-être un peu de vous mais c'est moi qui les ai élevés, moi qui les ai nourris, habillés, baignés… Je suis leur père, leur mère et même le père noël. Quand avez vous appris leur existence ? Je suppose que c'est le jour où vous m'avez frappé. Cela fait donc plus de quatre mois, et bien félicitations Professeur Snape, vous avez dépassé le temps imparti pour vous déclarer officiellement en tant que père. Maintenant si une demande est adressée pour reconnaître mes enfants elle devra automatiquement être approuvée par moi et soyez sûr que je ne le ferai jamais pour vous. Et que Merlin m'en soit témoin, si vous tentez quelque chose contre mes enfants, je vous tue. »

Avec ceci, le jeune homme se retira et laissa Severus légèrement haletant, affalé contre le mur. Il remit ses robes correctement et avança vers la porte pour sortir. Avant de franchir le seuil, il regarda à nouveau son ancien professeur, les yeux moins froids, moins durs, mais contenant une légère tristesse.

« Je suis désolé que vous n'ayez finalement pas réalisé votre plus grand rêve : baiser James Potter. »

Sur ces derniers mots, bourrés d'amertume et de ressentiment, il partit.

Severus resta là un moment à se demander ce qui avait bien pu se passer. Quand Harry Potter était devenu cet homme sûr de lui et froid ? Quand avait-il appris à manier les mots ? À être aussi sournois ? À être aussi menaçant ?

Lorsqu'il sortit de la cage d'escalier, Severus passa lentement devant la chambre qu'il avait quittée quelques minutes plus tôt. La fenêtre qui donnait sur le couloir, montrait deux hommes enlacés, l'un secoué de sanglot, l'autre frottant son dos. Il y vit aussi un petit garçon de maintenant six ans, se lever du lit occupé par son frère pour enlacer les jambes de ses pères.

Après toutes ces années, Severus ne pensait pas qu'il pourrait sentir son cœur se briser encore une fois et pourtant, sa main se leva à sa poitrine pour calmer la douleur alors qu'il transplanait vers Poudlard, le lieu qui l'avait vu grandir et qui l'avait vu devenir l'homme qu'il était aujourd'hui, vide, hanté, brisé.

.oOo.

Quelques jour plus tard, Severus reçut une lettre à laquelle il ne s'attendait pas le moins du monde, de par son contenu et sa signature.

Professeur Snape,

Théo m'a fait prendre conscience de la gravité de mes agissements auprès de vous lorsque nous nous sommes vu à Sainte-Mangouste.

Je souhaite m'excuser pour mes gestes et mon agressivité.

Je ne sais pas ce que vous étiez venu chercher en arrivant à l'hôpital et ma réaction a été trop vive. Ce n'est pas digne d'un représentant de la loi tel que moi. Le stress de l'accident, la panique, la surprise de vous voir auprès des jumeaux ont déclenché des émotions que je n'ai pu canaliser. Ce ne sont pas des excuses valables, mais elles contribuent à expliquer mes actions.

Je ne suis plus le jeune homme naïf que j'étais auparavant et malgré mes propos, je comprends que ce qui s'est passé cette nuit là n'était pas calculé, n'était pas uniquement dans le but de me faire souffrir. Vous étiez ivre et j'en avais pleinement conscience lorsque je vous ai approché et lorsque j'ai accepté vos avances.

Le fait est que j'étais pleinement consentant et je dois assumer cette part de responsabilité. Je ne me voile pas la face et ne me cache pas derrière des excuses.

Vous aviez aussi une bonne raison pour le coup que vous m'avez porté en ayant appris votre paternité. Tout comme je suppose que vous en aviez une pour boire autant et je sais que la haine envers les Maraudeurs, au point de vouloir faire souffrir l'un d'eux, est justifié.

Cette lettre est pour vous dire que je comprends.

Je comprends mais je ne pardonne pas.

Vous ne vous êtes pas conduit comme l'homme responsable que vous auriez dû être à ce moment-là et vous m'avez plongé dans une situation que personne ne devrait avoir à affronter. Vous m'avez brisé et enlevé les seules choses pour lesquelles j'avais encore un temps soit peu de contrôle : choisir un compagnon, me marier et fonder une famille.

Mes excuses pour ma colère de la dernière fois ne changent rien au fait que vous n'avez aucun droit sur mes enfants.

Je ne veux pas vous voir auprès d'eux et c'est dans mon bon droit.

J'ai subi vos insultes, votre haine, votre mépris, vos débordements de violence physique ou verbale et j'en ai bien trop souffert pour que mes enfants n'en connaisse ne serait-ce qu'un avant-goût. C'est pour cette raison qu'ils seront inscrits dans une autre école que Poudlard lorsqu'ils seront en âge d'apprendre la sorcellerie et c'est pour cette raison que je vous demande de ne plus les approcher.

Je ne vous demanderai rien d'autre que de les laisser vivre heureux. Pas de pension alimentaire, pas de droit de succession, rien… juste de les laisser être aimé comme ils le méritent. Ils ressentent parfaitement l'éloignement de Théo et j'ose espérer que ce n'est pas de votre fait, mais si c'est le cas je le saurai, croyez-moi.

Cordialement,

Harry Potter.

Lorsque Severus s'installa pour répondre à cette lettre ce soir là, il ne sut pas par où commencer. Ce fut bien des minutes plus tard qu'il trouva enfin les mots :

Potter,

J'aimerais vous voir seul à seul pour vous parler de vive voix d'une chose importante. Je vous promets que ce ne sera ni un piège, ni une stupide blague.

J'ai passé plusieurs années de ma vie à essayer de vous protéger malgré les plans dangereux dans lesquels vous vous êtes engagé, j'ose espérer que vous m'accorderez votre confiance lorsque je vous promets de ne pas vous blesser.

Cordialement,

Severus Snape.


J'espère que ce chapitre vous a plu.

A samedi prochain pour la suite.

Epsi.