Harry courait dans les couloirs de Poudlard.

Il portait Lenox dans ses bras, alors que Calum était accroché dans son dos comme un koala. Les enfants commençaient à être lourds, mais il s'en moquait. Ses joues étaient rouges et son front était parsemé de gouttes de sueur alors qu'il se dirigeait le plus vite possible vers l'infirmerie.

Il paniquait totalement.

Il avait été appelé d'urgence par Madame Pomfresh qui l'avait informé d'un problème avec Théo. Elle avait l'air vraiment choqué si Harry s'en tenait à la voix que le patronus avait émis. Elle lui avait demandé de venir le plus vite possible, que c'était très important et très grave. Elle n'avait rien dit d'autre.

Et c'était la raison pour laquelle Harry paniquait autant actuellement.

Il était presque arrivé lorsqu'il croisa le Professeur Snape, l'air aussi revêche et terrifiant que le Gryffondor s'en souvenait dans ce lieu si familier. S'il l'avait vu plus ouvert depuis ces derniers mois, Harry savait qu'il gardait son visage de marbre à son travail, certainement dans le but de terroriser ses élèves.

Le Professeur Snape eut l'air surpris en le voyant courir dans le couloir, les jumeaux accrochés à lui, mais Harry, trop inquiet pour son compagnon, n'y fit pas véritablement attention. Il continua sa course folle sans remarquer les bruits de pas hâtifs derrière lui.

Lorsqu'il ouvrit la porte de l'infirmerie, son regard se braqua directement sur la seule silhouette alitée : Théo.

Harry s'approcha et lorsqu'il arriva à quelques mètres du lit, il se figea. Théo était très pâle, bien plus que d'habitude. Ses joues étaient creusées et ses yeux vitreux. Il respirait faiblement et la seule indication de ce fait, fut le mouvement irrégulier de son torse.

À côté de lui, l'infirmière, Madame Pomfresh, sanglotait doucement dans un mouchoir pervenche.

Harry ne sut pas lequel de ses enfants haleta, mais ce petit bruit fit tourner la tête de Théo qui gémit d'horreur.

« Que fais-tu ici ? » souffla-t-il faiblement. « J'avais demandé à ce que personne ne soit mis au courant… » dit-il ensuite en tournant le regard vers l'infirmière.

« Eh bien oui ! C'est moi ! » dit-elle avec hargne. « Mon serment fait quand je suis devenue Médicomage m'a forcée à garder le secret durant toutes ces années, mais alors que votre état s'aggravait, sachez que j'ai donné ma démission ce matin au directeur. Je pars pour une retraite bien méritée je trouve et plus rien ne m'oblige à vous regarder mourir seul et triste. »

Le silence s'étira dans la pièce après cette réplique pleine de verve et de passion.

« Vous auriez pu être à Serpentard… » murmura finalement Théo avec un sourire triste.

« Vous savez parfaitement que le Choixpeau a hésité Monsieur Nott. Quoiqu'il en soit, je vous soigne pour cette horrible maladie depuis votre troisième année et que vous le vouliez ou non, je suis une poufsouffle. Je me suis attachée à vous et vous considère comme mon petit-fils. Portez plainte si vous le voulez, comme vous m'avez mainte fois menacé de le faire quand je voulais prévenir votre entourage, mais n'espérez pas me faire regretter ce que j'ai fait ! » finit-elle sèchement.

« Puis-je savoir ce qui se passe ? » demanda Harry en posant ses enfants au sol.

Ceux-ci n'osaient pas approcher, terrifiés par la vision de leur Dado si faible et si pâle dans ce lit d'hôpital.

« Comme tu le vois Harry, je ne suis pas au mieux de ma forme, » souffla Théo avec un faible ricanement avant de tousser très fort, tâchant son lit de petites gouttes de sang.

D'un coup de baguette, l'infirmière changea les draps et fit apparaître un plaid en tricot par dessus la couverture. Théo la remercia d'un hochement de tête et se tourna à nouveau vers Harry qui s'était rapproché.

« Je ne comprends pas… » souffla celui-ci.

« Je suis malade, amour, » répondit Théo, utilisant ce surnom romantique pour la première fois. « Comme Madame Pomfresh l'a dit, je suis soigné pour cela depuis ma troisième année, le moment où ma maladie a été détecté… C'est un sortilège de magie noire terrible qui a été lancé à ma mère à son insu alors qu'elle était enceinte. Cette malédiction ne fait pas de mal à la mère et imprègne simplement l'enfant, le laissant naître et grandir jusqu'à l'adolescence. »

Théo fit une pause pour reprendre sa respiration. Il avait l'air fatigué mais continua bravement son récit :

« Au moment où les hormones sexuelles se mettent à se développer, le sortilège se met en marche pour se diffuser dans chaque partie du corps et en imprégner chaque cellule. Très lentement, la magie noire se répand pour infecter les organes et les dérégler, les intoxiquer, les faire mourir… »

Harry avait mis la main devant sa bouche alors qu'il regardait le corps maigre de celui qui avait été son amant. Son teint était jaune, cireux. Ses cheveux étaient grisonnants et moins fournis, le bleu de ses yeux était terne, et le blanc injecté de sang. Théo n'avait plus rien à voir avec le beau jeune homme qu'il était encore quelques jours avant lorsqu'ils s'étaient revus.

« Je ne voulais pas que tu me vois comme ça… » reprit Théo. « La maladie a été ralentie mais c'est fini... Mon état physique se dégrade depuis un peu plus d'un an maintenant et je pouvais le cacher sous les glamour. Aujourd'hui c'est trop dur… »

« Je suis le chef des Aurors et je me suis laissé avoir par un stupide glamour ? » s'étrangla Harry.

« On ne voit parfois que ce que l'on a envie de voir Harry… » souffla Théo avec un sourire triste.

« Que peut-on faire ? » demanda finalement Harry sans s'attarder maintenant sur la culpabilité qui lui serrait le cœur.

« Rien… » murmura Théo en se rencognant dans son lit. « Absolument rien… »

« Tu plaisantes Théo ? » souffla Harry en relevant la tête pour fixer Madame Pomfresh et avoir enfin la confirmation que tout cela était une très mauvaise blague.

Malheureusement, il n'eut droit qu'à un hochement de tête lent qui confirma le diagnostic terrifiant.

« Pourquoi me l'avoir caché ? » dit-il finalement avec hargne. « Pourquoi l'avoir caché à tout le monde ?! Nous aurions pu t'aider ! Je suis doué pour contrer les malédictions ! Le professeur Snape est le meilleur potionniste du monde ! Dumbledore est le sorcier le plus puissant depuis des siècles ! »

Il y eut un silence, entrecoupé par les deux respirations haletantes de Théo et Harry. L'un souffrait des poumons, l'autre souffrait de son âme meurtrie.

« Ce sortilège a été créé pour faire souffrir. Pas pour faire souffrir un jeune qui comprend finalement que sa vie ne sera pas très longue, mais pour faire souffrir une mère qui voit son enfant dépérir sous ses yeux sans aucune possibilité de le guérir, ni même de prendre ses souffrances. Celui qui a lancé ce sort à ma mère voulait voir mes proches pleurer de douleur et je ne voulais pas lui donner cette joie, » expliqua Théo.

Il prit une profonde respiration et reprit :

« Je reste un Serpentard, j'ai ma fierté et je n'aime pas montrer mes faiblesses. Ça aurait été le laisser gagner… »

De grosses larmes coulaient librement sur les joues d'Harry et il s'approcha pour s'asseoir sur le lit.

« Alors tu allais nous abandonner ? Partir sans rien dire ? Pourquoi t'être donné autant de mal à entrer dans nos vies si c'était pour en sortir ainsi ? Nous quitter sans aucune explication comme si nous n'étions que de vulgaires colocataires. »

Theo leva une main pâle et tremblante jusqu'au visage d'Harry pour la passer doucement sur sa joue.

« Comme je te l'ai dit, je suis un Serpentard. Je ne voulais pas passer le peu de vie qui me restait, à subir des examens, boire des potions hideuses et inefficaces. Je voulais avoir une famille. Avant de mourir, je voulais savoir quelle sensation on pouvait ressentir à rentrer chez soi le soir pour trouver un homme magnifique préparant le repas et deux enfants exceptionnels sauter pour m'accueillir. Grâce à vous, plus d'une fois, j'ai pu connaître cette sensation. »

« Alors c'est ça ? Nous n'étions que des pions pour tes petites expérimentations ? » haleta Harry.

« Ne me fais pas dire ce que j'ai pas dit… » souffla Théo. « Je ne pouvais pas fonder ma famille pour les abandonner peu après et priver des enfants de leur père… D'un autre côté tu étais là avec une famille et une petite place pour moi… J'ai pensé que n'étant pas le père biologique des jumeaux, je ne ferais pas trop de dégâts en partant… Je n'avais pas pensé que vous prendriez autant de place dans ma vie… Ni que j'en prendrais autant dans la vôtre ... »

« Dado… » fit une petite voix à côté d'eux.

Tous avaient oublié la présence des enfants dont les yeux embués de larmes fixaient le visage marqué de l'homme qu'ils considéraient comme leur père depuis leur naissance. Calum s'était approché mais Lenox était resté en retrait. Ce fut en le regardant qu'Harry s'aperçut de la présence du Professeur Snape figé à côté de la porte.

« Approchez les Botrucs… » soupira Théo en tendant la main vers les jumeaux.

Harry se recula au pied du lit et encouragea ses enfants à s'approcher. Lorsqu'ils furent tous deux devant Théo, celui-ci saisit leurs mains jointes et les regarda avec tendresse.

« Vous savez que je ne suis pas votre vrai papa ? N'est-ce pas ? »

Les enfants hochèrent la tête de concert. Théo reprit :

« Pourtant je vous aime si fort… Vous avez été les deux soleils de ma vie et j'ai eu de la chance, certains n'en n'ont même pas un seul. Je… Je vais partir pour un long voyage, d'où on ne revient pas. Mais sachez que je vous aimerai toujours, que quoi que vous fassiez, je serai fier de vous. J'espère que vous serez toujours présents pour votre papa et que vous le soutiendrez s'il rencontre un autre homme… acceptez-le comme vous m'avez accepté… » dit Théo en levant le regard vers la porte pour regarder dans les yeux le Professeur de Potions, toujours aussi stoïque.

Le silence s'installa dans la pièce, brisé par les sanglots des deux enfants qui, bien que ne comprenant pas tout, savaient que quelque chose d'important arrivait et qu'ils ne reverraient plus leur Dado.

Harry était perdu dans ses pensées. Il essayait dans sa tête de trouver une solution, tout en analysant les indices qu'il avait eus depuis si longtemps. Il ne pouvait pas accepter les choses aussi simplement que le faisait Théo.

« Allez les enfants ! » dit Madame Pomfresh avec un air enjoué forcé en les rejoignant. « Il ne fait pas bon rester dans cette chambre. Allons dans les cuisines pour voir si les elfes n'ont pas de bonnes glaces en stock ! »

Elle regarda Harry, qui lui donna son accord d'un signe de tête, avant de tendre ses mains pour attraper celles des jumeaux. Ceux-ci regardèrent Harry pour savoir s'ils avaient le droit puis, lorsqu'ils eurent la réponse, prirent chacun une main de Madame Pomfresh pour se diriger vers le couloir. Ils continuèrent de regarder leur Dado jusqu'à ce qu'ils franchissent la porte et tournent en direction des escaliers.

Théo continua de regarder l'endroit où ils avaient disparu avant de se tourner vers Harry qui n'était pas sorti de ses pensées.

« Je me demande ce qui peut bien passer par ta tête de Gryffondor… » dit-il.

« Je cherche une solution… » grommela Harry. « Il y a l'un des druides les plus doués de sa génération dans la meute de Remus. Il ne soigne que les loups-garou mais peut-être fera-t-il une exception pour toi. Je suis le louveteau de Remus et tu es mon compagnon. Je sais aussi qu'Hermione et ses collègues ont pas mal de projets en cours, mais peut-être qu'un cas comme le tien peut les convaincre de nous aider, surtout si je fais jouer la carte du héros du monde sorcier et toutes ces conneries. Hermione saura faire pencher la balance de notre côté. Je suis sûr que Snape- »

« Harry, » appela fermement Théo. « Je vais mourir, » assena-t-il froidement, bien que sa voix chevrotante ne le lui permette normalement pas.

« Non… » répondit Harry. « Je ne peux pas l'accepter. »

« Tu le devras pourtant Harry. Il n'y a plus rien à faire. »

« Comment… Comment peux-tu être aussi calme ? »

« J'y suis préparé depuis des années… Depuis que j'ai quatorze ans je sais que je vais mourir jeune. Ça n'a pas été simple mais je me suis fait une raison. J'avais une liste de tout ce que je voulais réaliser avant de mourir et elle est complète. Grâce à toi… »

« Non ! Je ne peux pas juste te regarder mourir ! Il doit y avoir une solution. »

« Même si c'était le cas Harry, c'est trop tard. Mon corps commençait à se dégrader de façon irréversible et douloureuse. Ce matin, j'ai pris un poison pour abréger mes souffrances. Mon cœur va bientôt s'arrêter. Je l'ai dit à Poppy et c'est sûrement pour cette raison qu'elle t'a appelé… Elle ne voulait pas que je sois seul à ce moment-là. Vas-tu me laisser seul Harry ? » murmura Théo dont les larmes coulaient maintenant librement sur ses tempes pour se perdre dans ses cheveux.

« Non… » répondit Harry en s'asseyant sur le lit pour prendre la main de son compagnon et la serrer dans les siennes.

Il ne savait pas comment réagir face à tout cela. Il était comme dans un état second, un cauchemar trop long dont il n'arrivait pas à se réveiller. Ce fut dans cette brume qu'il décida de prendre la parole pour combler le silence angoissant qui régnait dans la pièce.

« Le jour où tu es venu me retrouver dans cette alcôve pour me consoler, j'ai cru que c'était un piège, » commença doucement Harry. « Après t'avoir raconté une bonne partie de ma vie, j'étais persuadé que les Serpentards allaient me tomber dessus pour m'humilier, se moquer de moi, me frapper. J'ai rasé les murs pendant des semaines… Et puis, tu es revenu. Une fois, puis deux, puis trois… Après que l'on se soit rencontrés plusieurs fois, je me suis rendu compte que je n'avais jamais entendu ta voix. Enfin… je l'avais entendue bien sûr, mais je n'y avais jamais prêté attention. C'est à ce moment-là que je me suis rendu compte qu'il y avait une certaine douceur dans ta voix. Elle m'a fait penser à celle de Remus et ça m'a rassuré. Je voulais tellement t'aimer comme tu le méritais… Pourtant, une petite voix dans ma tête continuait de me dire que ce n'était pas toi, que tu n'étais pas celui qui me complèterait parfaitement… Est-ce cruel de te dire ça ? Certainement. Mais je sais que tu ressens la même chose pour moi. Nous sommes amoureux après tout… pas d'une façon conventionnelle, pas d'une façon que qui que ce soit d'autre pourrait comprendre, mais nous le sommes… »

Ainsi, Harry continua à parler, parler et parler encore. Il ne savait même plus ce qu'il disait au fur et à mesure que les minutes défilaient. Il ne voyait pas l'infirmerie, il ne voyait pas Snape toujours présent. Tout ce qu'il voyait, c'était la respiration lente de Théo devenir de plus en plus faible. Il ne sentait pas l'odeur de potion ou le souffle de la fenêtre ouverte dans ses cheveux. Tout ce qu'il sentait, c'était le cœur de son compagnon ralentir sous sa paume, ralentir, ralentir… Jusqu'à ce qu'il ne résonne plus dans sa poitrine.

Alors qu'il attendait un prochain battement qui ne venait pas, Harry sortit de sa brume et comprit que le corps en dessous de lui ne vivait plus. Théo était parti.

Harry regarda le visage marqué de son compagnon et se redressa pour pousser un cri déchirant. Il hurla si fort, qu'il fut presque certain de voir des oiseaux s'envoler dans la forêt interdite. Bien loin de s'en soucier, Harry se releva du lit pour se pencher sur la silhouette de Théo.

« Reviens, » répétait-il en touchant frénétiquement le visage qu'il avait tant de fois caressé, embrassé. « Reviens Théo, » ordonna-t-il plus fort en commençant à secouer le corps en dessous de lui.

Aussitôt, il fut saisi par une poigne solide qui le tira du lit pour l'éloigner de son compagnon.

« Non ! » hurla-t-il de toutes ses forces, se débattant comme un beau diable pour essayer de se libérer.

Il cria, frappa, pleura, mais n'arriva pas à s'éloigner du torse solide derrière lui.

« Reviens ! » répéta-t-il. « Tu n'as pas le droit ! Pas le droit de m'abandonner ! Je ne suis rien sans toi ! Tu m'entends ?! Rien du tout ! »

Harry continua mais parvint finalement à entendre un bruit. Une sorte de bourdonnement qu'il n'avait pas encore repéré et lorsqu'il y prêta attention, il se rendit compte que c'était une voix grave et masculine qui parlait à côté de son oreille dans un flot constant.

« C'est fini Potter… c'est fini. Vous ne pouvez plus rien. Il est parti. Calmez-vous Potter, vous allez vous blesser. C'est fini… »

C'était Snape. Snape qui avait été derrière lui depuis le début et qui l'avait arraché au corps de Théo. Snape qui essayait de ne pas le blesser et même de le… rassurer ?

Épuisé et pleurant à chaudes larmes, Harry n'arrivait plus à lutter contre les bras forts du professeur de potions. Pourtant, il continua à frapper au hasard pour essayer de se dégager. Il n'arrivait plus à crier, sa gorge enflammée ne pouvait plus que sortir les sons plaintifs d'un animal blessé, agonisant.

Harry ne sut pas combien de minutes passèrent avant qu'il ne finisse par s'écrouler sans force dans les bras du professeur. Il lui sembla que sa lutte malheureuse dura des jours. Des jours pénibles à regarder le corps décharné et sans vie de son ami, son amant, son compagnon. L'homme qui l'avait aidé, porté, maintenu, tel un pilier dans sa vie. Son seul pilier. Et sans pilier, la maison s'effondre. Pas vrai ?

Non, Harry ne sut pas à quel moment il était tombé, pleurant sur le sol carrelé. Il ne sut pas quand Remus était arrivé et l'avait pris dans une étreinte douce et forte pour le consoler. Il ne vit pas quand les embaumeurs vinrent s'occuper du corps de Théo.

Tout ce qu'il vit, fut lorsqu'une main tachée de potions passa devant ses yeux pour présenter une fiole à ses lèvres et ce fut avec un sourire fou qu'il accepta le sommeil bienvenu qui l'emportera.

.oOo.

Harry regardait le cercueil avec tristesse.

Théo était beau.

L'équipe chargé de la toilette du défunt avait été efficace et lui avait rendu l'éclat qu'il avait avant que la maladie ne se propage. Harry ne les avait pas vus travailler, dormant sous les effets de la potion.

Lorsqu'il s'était réveillé, Théo était beau comme Harry l'avait toujours vu.

Il avait longuement pleuré dans les bras de Remus avant que celui-ci ne soit appelé d'urgence au clan. Le loup-garou avait laissé son louveteau à contre-coeur, emportant Calum et Lenox pour les déposer à Hermione. Harry était resté là, sa main dans celle froide de Théo, jusqu'à ce qu'Albus arrive, accompagné de Snape et de McGonagall.

Il y eut ensuite un employé du Ministère puis un gobelin. Ce dernier était venu pour annoncer le testament que Théo avait rédigé quelques temps avant son décès. Sans trop de surprise Harry avait hérité de la plupart de ses biens. Les jumeaux avaient eu un coffre chacun dans lequel se trouvait une lettre, une pile importante de gallions et quelques objets personnels. Poudlard avait hérité de ses livres, comme les professeurs le faisaient habituellement.

Le plus surprenant avait été le fait que Snape avait été sur le testament. L'homme avait légèrement écarquillé les yeux, seul signe de son étonnement. Il avait acquiescé lorsque le gobelin lui avait donné la petite clé dorée, signalant ainsi qu'il avait accès à un nouveau coffre.

Harry avait été très curieux de savoir ce que Théo avait bien pu léguer à Snape, mais il avait été bien trop occupé pour y penser vraiment. Le professeur de potions n'avait rien laissé paraître de toute façon et Harry n'était pas près de lui demander.

Un petit reniflement sur sa droite lui fit tourner la tête. C'était Calum qui pleurait, tenant fermement la main de son petit frère. Albus Dumbledore, présent en qualité de directeur, avait posé sa main sur l'épaule du petit garçon, mais gardait ses yeux tristes fixés sur le cercueil.

De l'autre côté, Draco Malfoy était là, en tant que meilleur ami du défunt, tout comme Blaise Zabini. La tristesse rendait l'héritier Malfoy plus irritable que jamais et il n'avait de cesse que de proférer des choses méchantes à Harry qui restait de marbre. Le métisse essayait de le calmer en lui mettant des coups de coudes dans les côtes, mais rien n'y faisait.

Malfoy ne cessait de dire que si Théo ne l'avait jamais épousé, c'était qu'il attendait de trouver mieux, que s'il s'était laissé mourir, c'était parce qu'il n'était pas heureux. Il avait même insinué que la maladie dont il souffrait n'avait jamais existé, qu'il s'était même simplement suicidé.

Harry avait serré les poings tout au long de la cérémonie, essayant de ne pas faire de scandale, de ne pas se jeter sur cet homme qu'il haïssait de plus en plus à chaque minute.

Derrière cette rangée de personnes, il y avait les autres professeurs, certains élèves qui avaient voulu participer, mais aussi les amis du couple. Remus était derrière Harry et posait parfois sa main sur son épaule pour la serrer doucement. Hermione et Ron étaient eux aussi présents, derrière les jumeaux et leur caressaient le dos, posaient parfois un baiser sur leur tête. Ils essayaient tout ce qu'il pouvait pour réconforter les enfants.

Harry avait vu que Snape était au fond, dans l'ombre, comme à son habitude. Peu de personne devaient avoir remarqué sa présence.

La cérémonie se passa dans une sorte de brouillard pour Harry. Il n'était pas conscient du temps qui passait, ni des mots qui étaient prononcés par le mage. Lorsque le cercueil fut fermé, Harry dût lutter pour ne pas se jeter dessus et pleurer encore et encore. Il se contenta de serrer les poings plus fort et d'attendre d'être seul pour exprimer sa peine.

Après que le mage de cérémonie eut prononcé les derniers mots et que le cercueil fut mis en terre, la foule rassemblée au cimetière se dirigea vers la sortie. Harry ne remarqua pas tout de suite que Snape s'était approché, ni que Remus qui s'occupait des jumeaux et devant qui le professeur de potions était passé, avait froncé le nez. Il vit seulement Malfoy se pencher vers lui et murmurer :

« Tu vois Potter, je savais que Théo ne t'aimait pas. S'il l'avait fait, il t'aurait prévenu pour sa maladie et vous auriez trouvé un moyen de le guérir. Non ? Tu savais qu'il m'avait offert une bague de famille il y a quelques mois ? Il savait peut-être qu'il allait mourir et a décidé de se débarrasser de son bien le plus précieux pour que tu n'en n'hérites surtout pas. »

Harry ne résista pas plus longtemps. D'un geste féroce et plein de rage, il jeta son bras pour saisir le col de son ancien ennemi d'école et les fit immédiatement transplaner. Il n'avait pas pensé que Snape - ou qui que ce soit d'ailleurs - aurait pu poser sa main sur son épaule et ce fut pourtant ce qui arriva, si bien qu'il eût du mal à contrôler son transplanage.

Lorsqu'il atterrit dans l'endroit qu'il avait inconsciemment choisi, Harry ne prit pas le temps de calmer son déséquilibre et avec toute sa hargne, lança son poing qui vint se fracasser dans la mâchoire de Draco. Il y eut un craquement sinistre suivit d'une plainte douloureuse et Harry eut envie de rire cruellement de la situation : il en rêvait depuis si longtemps.

Alors qu'il allait frapper à nouveau, aveuglé par sa rage, il fut retenu par des bras qu'il ne connaissait que trop bien.

« Lâchez-moi ! » cria-t-il en regardant Malfoy assit par terre, massant sa mâchoire endolorie. « Je vais le faire souffrir comme il l'a fait souffrir ! »

« Calmez-vous Potter, » gronda Snape en déployant ses forces pour retenir l'homme malheureux dans une réplique presque exact des évènements survenus quelques jours auparavant.

« Non ! Il n'a pas le droit de distiller son venin pendant toute la cérémonie et de repartir tranquillement chez lui alors que tout est sa faute ! »

« Ma faute ? » grogna Draco en se redressant. « Tu débloques Potter. »

« Vous savez qu'il n'y est pour rien, » déclara Snape, retenant toujours Harry qui essayait en vain de se jeter sur le blond. « Bien que je conçoive le fait qu'il aurait pu exprimer son chagrin d'une autre façon. Accabler les autres n'est pas une bonne façon de gérer ta peine Draco. »

Cette réprimande eut le mérite de faire stopper brusquement Harry qui leva le regard vers Snape.

« Vous venez de prendre ma défense ? »

« Rêve pas Potter, » ricana Malfoy, maintenant debout sur ses pieds. « Tu viens de perdre l'homme que tu aimais et même si lui ne t'aimait pas, Severus ne peut pas se montrer trop dur un jour comme celui-ci. »

« Draco- » commença Snape.

Il fut coupé par Harry qui recommença à se débattre dans ses bras.

« Laissez-moi ! Je vais le tuer ! »

Draco ricana en regardant ses ongles manucuré d'un air snobe, absolument pas inquiété.

« Severus ne te laissera pas faire, » dit-il avec dédain.

« Si tu continues, » gronda Snape, « Je t'assure que je le lâche et crois-moi, tu ne fais pas le poid contre le chef des Aurors. La seule raison pour laquelle je suis encore entier est qu'il ne souhaite pas me faire de mal. »

« Tout est ta faute ! » hurla Harry sans remarquer le compliment voilé. « Toutes ces années, Théo t'a aimé, toi ! »

« Qu'est-ce que- » commença Draco.

« La ferme ! » hurla Harry. « Ce n'était pas assez de lui raconter chacune de tes aventures ? Pas assez de le prendre pour témoin à ton mariage ? Pas assez de lui expliquer les détails de ta nuit de noces ? Non ! Tu as vécu ta vie sans voir les regards enamourés qu'il te lançait, sans voir qu'il répondait toujours présent quand tu en avais besoin, sans voir que chacun des instants que vous passiez tous les deux était béni pour lui ! »

Harry hurlait, des perles salés coulant le long de ses joues alors qu'il se remémorait les confidences faites par Théo. Il reprit :

« Non, tu ne sais rien de ce qu'il a vécu ! Car tant qu'on ne vit pas la même chose, on ne peut pas savoir. Dans notre malheur nous avons eu la chance d'être ensemble… »

Il ne se débattait plus dans les bras de Snape. Le professeur de potions ne le serrait plus tellement non plus, écoutant simplement ce qu'il avait à dire, mais il avait toujours les bras enroulés autour de lui. Draco arborait une mine mi-stupéfaite, mi-sceptique. Harry continua alors, d'un ton plus calme.

« J'ai cru qu'il avait passé un cap lorsqu'il a refusé d'être le parrain de ta fille. J'ai pensé qu'il avait compris que cette situation grotesque le ferait souffrir, mais maintenant j'ai compris. J'ai compris qu'il savait simplement qu'il allait mourir et qu'il ne voulait pas laisser un enfant sans parrain. J'ai compris qu'il était toujours aussi épris par toi. Quel idiot j'ai pu être… J'ai cru un instant qu'il pourrait s'en sortir, que lui au moins avait trouvé la force de s'en remettre et de trouver quelqu'un d'autre… Quel crétin… »

« Tu débloques Potter, » grogna Draco, quoique légèrement incertain. « Comment ne l'aurais-je pas remarqué ? »

« On ne voit parfois que ce que l'on a envie de voir… » récita Harry.

C'était l'une des dernières phrases de Théo et il s'en souviendrait jusqu'à sa mort.

« C'est stupide ! » répondit Draco avec hargne. « Un Serpentard ne pourrait pas être si… romantique ! » cracha-t-il ensuite.

Snape émit un son étrange mais, encore une fois, Harry n'y fit pas attention. Il fit un sourire infiniment triste qui eut l'air de faire plus de mal à Draco que le coup de poing qu'il avait reçu en plein visage. Harry se dégagea plus doucement qu'il ne le pensait de l'étreinte - car c'était bel et bien devenu une étreinte - de son ancien professeur de potions et redressa ses vêtements.

« Tu vois cette fleur ? » demanda-t-il négligemment en désignant la marguerite à sa boutonnière.

Sans attendre de réponse, car il savait que le jeune homme avait remarqué, l'ayant raillé toute la cérémonie sur l'affront fait aux morts pour son accoutrement, il reprit :

« Comme tu l'as si bien souligné, je n'ai pas mis le conventionnel mouchoir blanc aujourd'hui… J'ai préféré mettre cette fleur. Cette fleur est une variété commune, très connu et trouvable un peu partout… Vous, les grands nobles, les snobs, les Sang-Pur, avez l'habitude de mettre des roses sur les tombes, des lys, des camélias, des fleurs nobles. Je me contente de marguerites… » murmura Harry.

Il releva la tête vers Draco qui le regardait avec curiosité mais aussi beaucoup de dédain, comme d'habitude. Il semblait vouloir dire quelque chose de méchant mais refusait de la faire pour connaître la suite du discours du Gryffondor. Celui-ci reprit alors qu'une nouvelle larme glissait le long de sa joue.

« C'était sa fleur préférée. Tu le savais toi ? Certainement pas… Lorsque tu venais dîner, tu apportais un bouquet magique à cent gallions et pourtant… tu lui aurais fait tellement plus plaisir avec un bouquet de marguerites. »

« Je n'en crois pas un mot, » gronda Draco. « Ces fleurs sont petites, communes et disgracieuses. »

Harry soupira et baissa la tête pour regarder la marguerite.

« Alors que nous étions dans un parc Moldu avec les enfants, nous avons vu le sol jonché de marguerites. Nous nous sommes installés dans l'herbe et je leur ai raconté à tous les trois la tradition Moldu qui consistait à arracher les pétales de la fleur en pensant à l'être aimé. Tout d'abord il faut dire "il m'aime" puis enlever la première en disant "un peu" viennent ensuite : beaucoup, à la folie, pas du tout. Et on recommence le processus jusqu'au dernier pétale qui donne une indication sur les sentiments de la personne à qui l'on pensait pour cette fleur. »

« C'est idiot… » marmonna Draco.

« Lorsque Théo l'a fait, il est tombé sur "à la folie" et donc, même s'il savait que rien de tout cela n'était logique, il a eu un peu d'espoir. Après ce jour, il effeuillait souvent les marguerites et cela le rendait parfois joyeux, d'autres fois un peu plus triste… Mais la raison pour laquelle j'ai accroché cette fleur à ma boutonnière, c'est qu'il y a sept pétales. Le chiffre exact pour désigner le plus d'amour possible. Elle vient de notre jardin que Théo a enchanté pour qu'il y ait toujours sept pétales aux marguerites. Il voulait absolument que nos enfants, à chaque fois qu'ils feraient le test pour savoir si l'un de nous les aimait, soit certain que nous les aimions au maximum. »

Lorsqu'il termina son histoire, la pièce était plongée dans un silence pesant. Il ne leva pas la tête, ne voulant pas voir l'air certainement dégoûté de Draco. Il ne savait pas non plus comment pouvait se comporter Snape dans son dos. De toute façon, il était certainement froid et fermé…

« Très bien, » finit par dire Draco. « Théo était un grand romantique, mais il n'était pas amoureux de moi ! »

« C'est pourtant vrai, » intervint finalement Snape.

Harry releva vivement la tête, choqué par la déclaration de l'homme. Il se tenait droit et fier, mais ses yeux exprimaient une certaine douceur alors qu'il regardait son filleul. Harry éprouva un douloureux sentiment de jalousie à ce constat. Il n'avait plus repensé à Snape de façon romantique ces derniers jours. Bien qu'il soit évidemment toujours amoureux de lui, cette notion était plus loin dans son esprit qui était occupé par le décès de son ami et amant. Pourtant en ce moment, il avait besoin de bras pour pleurer et se sentait plus seul que jamais. Voir Snape comme ça avec Malfoy était douloureux.

« Il me l'a lui-même avoué, » continua le Maître des potions.

« C'est faux… » murmura Draco qui, comme si cette information avait une véritable valeur maintenant qu'elle était énoncée par son précieux parrain, commençait à trembler.

« Si tu ne nous crois pas, » commença Snape, « tu n'as qu'à jeter un œil autour de toi, » dit-il avec un geste de main englobant la pièce.

Ce fut à ce moment que Harry remarqua l'endroit où il les avait amené : la chambre de Théo.

Il y était déjà entré plusieurs fois évidemment, et la connaissait par cœur.

Les murs étaient bleus et le sol était en parquet gris claire. Les meubles étaient blancs ou gris et se composaient d'une armoire, d'une commode, d'un grand lit et de deux tables de chevet. La pièce était rangée et décorée avec soin, de diverses cadres, tableaux, photos, miroirs et ce fut ce qui intrigua certainement Draco qui finit par s'approcher de l'un des murs.

Les yeux écarquillés, il regarda les images mouvantes et eut l'air choqué de voir le nombre de photos de lui.

Harry le savait bien, il avait souvent regardé ce même mur et fait des réflexions à Théo sur la quantité indécente de représentation de Draco.

Draco bronzant.

Draco souriant pour de vrai en tenant un nourrisson dans ses bras.

Draco dormant paisiblement.

Draco en train de danser.

Évidemment, parmi ces photos, il y avait aussi des photos d'Harry et lui-même, des photos des enfants, de leur famille.

Souvent, Harry avait eut envie d'entrer dans cette chambre et d'enlever toutes les photos de Draco. Il n'était pas jaloux. Il voulait simplement aider Théo à aller mieux et il était persuadé que l'empêcher de se torturer à longueur de journée était une bonne solution. Bien sûr, il ne l'avait pas fait… Il n'aurait jamais pu le faire, pensant à la petite boîte sous son lit. La boîte de la honte comme il l'appelait. Théo savait qu'elle était là et il comprenait.

Car ils se comprenaient toujours.

Cette boîte était pleine d'articles de journaux parlant de Snape, de photos, de notes écrites de sa main, objets qu'il avait possédés…

Harry avait honte.

Il avait honte d'avoir gardé tous les mots que Snape lui avait adressé, souvent des horaires de retenue, parfois des commentaires découpés sur les parchemins des devoirs qu'il lui avait rendus. Il avait honte d'avoir cherché chez les Maraudeurs des photos de leur enfance, non pas pour voir James et Lily mais pour y voir Snape. Il avait honte d'avoir fouillé dans les archives du Ministère et de la Gazette pour la moindre information qu'il pouvait y avoir. Il avait honte d'avoir écrit des dizaines de lettres d'amour, de colère, d'excuse sans jamais avoir eu le courage de lui en donner une seule.

Si lui gardait toutes les preuves de son amour dans une petite boîte honteusement cachée sous son lit pour la ressortir quelques fois par an, Théo aimait avoir tous ses souvenirs sous les yeux. Harry n'avait jamais compris comment Théo pouvait passer devant ce temple de désespoir chaque matin et sortir de sa chambre heureux et souriant.

Harry regarda Draco apparemment bouche-bée devant la preuve assourdissante de sa bêtise et de son aveuglement. Il fit un sourire triste et tourna les talons, passant devant Snape pour sortir de la chambre et rejoindre la sienne.

Même s'il leur arrivait de se retrouver dans l'un de leur lit pour un peu de tendresse, Harry et Théo n'avaient jamais partagé une chambre, chacun gardant son univers, ses souvenirs, ses démons. Harry en fut heureux lorsqu'il put s'échapper de l'ambiance pesante qui lui faisait prendre conscience qu'en l'espace de quelques minutes à peine, il avait révélé le secret le mieux gardé de Théo au principal intéressé.

Il se détestait pour ça.

Entrant dans sa chambre, Harry sortit une valise et commença à la remplir de vêtements. Juste le strict nécessaire. Il ferait ensuite la même chose pour les enfants et ils partiraient tous les trois. Ils iraient visiter les pays de l'est, l'Amérique, le Canada, le Japon, la Chine… Peu importe où les jumeaux voudraient aller, Harry les y emmènerait.

Alors qu'il bouclait sa valise, il entendit la porte d'entrée claquer et soupira lorsqu'il supposa que les deux intrus étaient partis. Avec une émotion palpable, il s'agenouilla devant son lit et tira la petite boîte en bois. Il la posa sur l'édredon et resta un petit moment à la regarder simplement avant de faire un geste pour l'ouvrir.

Comme à chaque fois, l'émotion l'envahit soudainement lorsqu'il vit, au dessus de la pile de souvenirs, la photo de Snape qu'il préférait. Il avait réussi à avoir l'originale grâce à une ruse efficace. C'était la remise de diplôme de la Maîtrise de potions. Snape était sur son podium droit et fier, il semblait presque… heureux ? Il était plus jeune et son sourire, quoique discret, émerveillait Harry.

Il n'eut pas le temps de fouiller dans les souvenirs qu'un coup retentit à la porte. Il ne prit pas la peine de cacher la boîte et souffla un faible :

« Entrez… »

Aussitôt, la porte pivota révélant nul autre que le Professeur Snape qui fixa aussitôt son attention sur les valises.

« Vous partez ? » demanda-t-il simplement.

« Oui… » dit Harry en se relevant lentement. « Les jumeaux étaient censés aller chez Ron et Hermione après l'enterrement. J'irai les chercher là-bas pour partir le plus tôt possible. Je ne peux pas rester ici. »

« Et où irez-vous ? » questionna Snape.

« Nous allons visiter le monde. Je n'ai jamais pu le faire et n'ai même jamais traversé les frontières du pays. Je ne veux pas que mes enfants subissent la même chose. »

« Et quand reviendrez-vous ? »

« Je ne sais pas… Je vais prendre un congé sans solde au travail et nous pouvons vivre des années de cette façon. »

« Des années… » murmura Snape.

Harry hocha la tête et prit sa valise. Il n'avait mis que le minimum dedans et n'avait pris aucun souvenir. Comment s'en faire de nouveaux si l'on ne se débarrasse pas des anciens ?

Il s'approcha de son ancien professeur et resta quelques secondes devant lui. Il regarda les quelques rides froncés entre ses yeux, seul signe de son mécontentement. Il regarda son nez proéminent qui n'était pour lui que le symbole de son caractère. Il regarda ses yeux noirs si profonds qui le fascinaient depuis tant d'années. Il regarda ses pommettes hautes, caractéristique de noblesse.

Il avait tellement envie de caresser les arrêtes franches de ce visage sévère et dur, mais Harry savait qu'il serait mal reçu. Au lieu de cela, il se redressa légèrement et posa ses lèvres sur la joue de l'homme. Harry devait tourner la page. Le pourrait-il vraiment ?

Pour répondre à cette question, il devait essayer et ce fut avec regret et à contrecoeur qu'il s'éloigna de la peau fraîche qui l'avait accueilli une brève se seconde. Il recula de l'homme et le contourna pour sortir de cette pièce et enfin, envisager autre chose, autrement...


Bonjour bonjour !

Qui parmi vous me déteste ? Allez, ne soyez pas timide ! XD

Ouais, ce chapitre n'est pas joyeux, mais le prochain le sera bien plus ! Promis ! J'avais prévenu que c'était un Snarry, et donc que l'histoire entre Harry et Théo se terminerai. Elle se termine mal certes, mais j'ose espérer avoir pu insuffler un peu de douceur dans ce chapitre.

A la semaine prochaine !

Epsi.