Chapitre 4 – Le calme avant la tempête


Les premiers rayons de lumière venaient caresser ses paupières, éclairant de leur lueur tamisée la silhouette dénudée qui était lovée tout contre lui. Son regard se posa avec affection sur la cascade de cheveux noirs dont les boucles ruisselaient auprès de ses épaules, qu'il repoussa d'un geste tendre derrière les oreilles de la jeune femme, pour dégager son visage. Il contempla les traits aristocratiques et délicats de la belle endormie, écoutant le rythme paisible de sa respiration comme la plus douce des mélodies.

Souriant avec affection quand les bras fins de sa compagne raffermirent leur étreinte possessive autour de sa taille, il laissa la tête de sa douce amie reposer contre l'un de ses bras, l'autre glissant avec douceur vers le haut de son dos. Détendu, il déposa un baiser sur le cou d'albâtre de sa partenaire, inspirant silencieusement son parfum naturel, épicé et réconfortant, irrésistible.

La sentant se mouvoir légèrement, il se recula juste assez pour voir son visage, plongeant son regard dans l'océan bleu-gris qui le contemplait avec affection, malice et désir. Des lèvres charmantes vinrent se poser avec gourmandise sur les siennes, dont l'appétit perceptible ne faisait qu'attiser le sien dans une douce langueur, avant que son souffle sensuel ne vienne lui murmurer à l'oreille :

- Mon beau Capitaine... Capitaine Nilson – répéta-t-elle avec ce ton séducteur si caractéristique.

- Capitaine... Nilson – répéta une voix qui lui semblait plus lointaine, comme un écho lointain.

- Capitaine Nilson !

Il ouvrit abruptement les yeux, grommelant contre la luminosité excessive de la pièce qui l'aveugla plusieurs secondes. Il lui fallut plusieurs minutes pour reconnaître les lieux, et un soupir las lui échappa à la pensée du rêve délicieux duquel on l'avait arraché.

- Et bien, ce n'est pas trop tôt !

Ce n'était clairement pas la voix de sa femme, pas plus que son odeur. La personne proche de son lit empestait le fumet des médicaments et des potions diverses et variées, cela ne pouvait donc n'être qu'un guérisseur ou médicomage. Son esprit était quelque peu embrumé par les potions qu'on avait du lui administrer, aussi son flux de pensées était-il difficile... mais étrangement calme.

- Vous m'entendez ou est-ce qu'il faut que je vous donne prescrive une potion énergisante ?

Ah non, pas plus de potions ! Bon grès mal grès, il tourna la tête en directement de la nouvelle-venue. Après quelques longues secondes de réflexion, il put la reconnaître : Lisbeth Gibson, médicomage-en-chef du département de Ste Mangouste lié aux accidents magiques... et une vieille connaissance. La vieille sorcière semblait encore au sommet de sa forme, malgré son âge avancé et son léger embonpoint. Lorsqu'il reprit la parole, sa propre voix lui semblait un peu pâteuse :

- Lis', quel plaisir d'entendre votre douce voix et de voir votre visage chaleureux au réveil. Non vraiment, cela me touche.

- Oh arrêtez de faire l'enfant, Nilson. Ce n'est pas votre premier rodéo, ni la première fois que je dois vous rafistoler.

Un léger rire échappa brièvement aux lèvres de l'Auror. Les prises de bec avec la médicomage étaient aussi anciennes que régulières. Celle-ci reprit bientôt la parole sur le ton de réprimande :

- Je ne vous félicite pas d'ailleurs. J'ai encore dû aller ranger votre baguette et votre dague à la consigne. Vous vous rappelez qu'il n'y a pas de passe-droit ici, Capitaine ?

Par réflexe, il porta son regard vers la table de chevet, où il se rappelait vaguement que les deux objets avaient été déposés. Un écho très faible, diffus, parasitait ses pensées.

- Désolé, madame. Les Prewett ont dû penser préférable de me les garder à portée de main, après l'incident du Chemin de Traverse. Je leur rappellerai le règlement, la prochaine fois.

La vieille guérisseuse prit en main le dossier médical au pied du lit de l'Auror et l'examina attentivement, la moue toujours réprobatrice.

- Vos réserves magiques sont presque revenues à la normale, vous devriez pouvoir sortir demain après une dernière nuit d'observation. L'anomalie dans votre activité cérébrale semble disparue, mon collègue pense qu'elle était simplement due au choc. J'espère ne pas vous revoir de sitôt.

- Tant mieux, il me tarde de sortir. Croyez-moi, je l'espère aussi de tout mon cœur.

Il passa près d'un quart d'heure au calme, seulement perturbé par le tic tac de l'horloge sorcière accrochée sur l'un des murs de la petite chambre individuelle. Il pensa aux deux énormes dossiers rangés dans sa besace sans fond, et au reste de ses affaires posées dans un coin stérile de la chambre. Sans qu'il ne comprenne pourquoi, il avait l'impression que tout était trop calme. Peut-être que toute cette histoire avec la dague n'était qu'un autre rêve ?

Oh, attends un peu avant de m'enterrer, toi.

Une fois de plus, un murmure si faible qu'il l'imaginait peut-être, résonna à ses oreilles. Il faudrait vraiment qu'il se repose une fois rentré. Un bruit de claquement comme un objet posé avec peu de délicatesse retentit juste à côté de lui, le faisant sursauter. Il reporta lentement ses yeux vers la table de chevet, constatant avec un nœud au ventre qu'une dague familière avait décidé d'y prendre logis.

Ah, c'est mieux n'est-ce pas ?

Intrigué, il déglutit légèrement avant de reprendre le manche de la dague en main puis de la poser au dessus des draps. Il l'observa longuement, avec méfiance, avant de rétorquer d'une voix calme :

- Je n'avais donc pas rêvé. Je peux savoir comment tu t'es retrouvé là ?

La voix éclata de rire, qui résonna clairement dans sa tête, avant de reprendre :

Je ne suis pas un rêve en effet, et je suis parti pour rester.

- Tu ne réponds pas à ma question.

Oh, vraiment ? Quelle question ? Tu ne m'as rien demandé.

Oh par Merlin, la même impertinence parfois insupportable de feu son père, quand celui-ci voulait le faire tourner en bourrique. Passant une main sur son visage, il reprit en redoublant de patience :

- Je t'ai demandé comment la dague était réapparue dans ma chambre, comme par enchantement.

Oh, je ne sais pas. Par magie, peut-être ?

L'ironie mordante de « la voix » était très perceptible dans son esprit. Il lui jeta un regard noir, essayant de faire ressentir intérieurement sa lassitude mêlée d'impatience.

Tu es un peu jeune pour comprendre, mais disons que depuis que tu y as ajouté une petite goutte de ton sang, cette dague est liée à toi et ne te quittera plus.

Merveilleux... Alan se demanda comment il allait bien pouvoir faire désormais pour passer la douane, au cours de ses éventuels déplacements. Il inspira et expira profondément, pour tâcher de se détendre et de préserver son calme. Il devait se résoudre à la situation : il n'avait pas la moindre idée de ce que son père avait en tête en lui transmettant cet objet, et ce n'est pas aujourd'hui qu'il en comprendrait la raison. Deux choses étaient sûres : l'artefact ne lui voulait pas de mal et lui avait déjà sauvé la vie.

- Comment je dois t'appeler alors ? Je ne vais pas continuer à dire « toi » ou « la voix », ça va vite nous lasser tous les deux.

Mm... tu peux m'appeler Maître, Dieu, Seigneur, Tout-puissant... ou Alan, sinon. Voire Al, si c'est trop redondant pour toi.

Alan se retint de lever les yeux au ciel. Pour une empreinte, elle était bien fidèle à son original. Toutefois, une esquisse de sourire amusé se tissa au coin de ses lèvres quand il reprit en se rallongeant :

- Bien, Al. On dirait qu'on a un peu de temps devant nous, alors pourquoi ne pas m'expliquer un peu plus en détail ce que je dois savoir ?

Il n'avait aucune idée de quand arriverait Duncan, ni d'où étaient passés les jumeaux, mais au moins il ne serait pas totalement seul, et il avait le sentiment qu'il n'aurait pas le temps de s'ennuyer.


Le trajet en taxi depuis l'aéroport jusqu'au centre de Londres n'avait pas été aussi court qu'il l'avait imaginé, mais au moins il s'était avéré beaucoup plus reposant, notamment pour ses nerfs. Quoiqu'il arrive, cela aura été une expérience enrichissante sur les modes de déplacement moldus. Il comprenait mieux aussi pourquoi autant de leurs films d'action se passaient dans des avions : il ne connaissait pas d'endroit aussi exigu et qui donnait autant l'impression d'un cercueil volant dont il était impossible de s'échapper. Bref, il y avait de quoi devenir claustrophobe. Lui vivant, on ne l'y reprendrait plus jamais.

Le voilà enfin arrivé à Ste Mangouste ! Il ne perdit pas de temps pour demander le numéro de chambre de son suicidaire de beau-frère, pardon, de son Auror de meilleur ami, devenu depuis son beau-frère mais qui ne perdait jamais une occasion de se mettre en situation périlleuse. Il élevait le courage des Gryffondor au rang de vice.

Pour avoir discuté avec eux via le miroir à double-sens, il savait que les Prewett étaient partis peu de temps avant au Ministère pour leur debriefing. C'est pourquoi il fut surpris d'entendre la voix de son ami depuis le couloir, en train de demander des précisions sur quelque chose. Est-ce qu'il était en train de rêver ? Ce ne serait pas sa première crise de somnambulisme – il l'avait trouvé une fois au pied de l'escalier du dortoir des garçons en train de faire une démonstration à la Sherlock Holmes, plume au bec à l'appui en guise de pipe – mais à ce stade, il fallait peut-être craindre des dommages cérébraux.

Est-ce que sa tête avait pris le coup de trop ? Il entra malgré tout dans la chambre et Alan tourna soudainement son regard vers lui, ce pourquoi Duncan décida d'ouvrir la discussion avec humour.

- Et bien Alan, je suis ravi de voir que les rumeurs de ta mort étaient exagérées ! Tu es seulement pâle comme la mort, mais pas tout à fait mort.

- Rigole Duncan, mais figure toi que je ne m'en suis pas si mal sorti au vu de ce que j'avais en face de moi.

Duncan poussa un soupir exagéré tout en secouant la tête, comme un parent faisant la leçon à son enfant.

- Al, je te rappelle que tu étais juste censé « faire un saut » à Gringotts et au Ministère avant de nous rejoindre... et voilà que j'apprends du Capitaine rouquin que tu t'es fait attaqué en plein milieu du chemin de traverse ! Est-ce que les cheminées de Gringotts étaient en panne ou tu as juste décidé de prendre l'air ?

- Il y avait trop de monde aux cheminées, la file d'attente était interminable, c'était plus rapide de marcher.

- Ça sert à quoi d'être Auror si tu n'as pas un accès prioritaire ?

- Ce serait de l'abus de pouvoir, je te signale. Je ne mange pas de ce pain-là.

Il s'agissait sans doute d'un débat sans fin, mais cela le rassurait de voir Alan égal à lui-même. C'était un indicateur de sa santé mentale relativement intacte. Il n'aurait pas à ramener à Edith un mari cassé, ni à Elena un frangin lobotomisé. Bon, il resterait toujours têtu, téméraire, et incorruptible jusqu'à la limite de la bêtise, mais au moins ils n'avaient pas réussi ni à le tuer, ni à le briser.

- Pourquoi tu me regardes comme ça ?

Duncan sortit de sa contemplation et s'éclaircit la voix :

- Ce n'est rien, je suis content de voir que ça va à peu près. À en croire les jumeaux, tu étais à l'article de la mort.

- Oh voyons, ils exagèrent toujours ! Tu devrais le savoir, depuis le temps.

- Ce n'est pas totalement faux. D'un autre côté, ils t'ont montré dans un lit d'hôpital avec de la bave aux lèvres. Il y avait de quoi s'inquiéter.

- Soit, mais tu n'es pas juste venu pour t'assurer que je ne suis pas mort, non ?

Duncan ne savait pas par où commencer. Peut-être qu'il avait tout intérêt à lui parler en premier des filles.

- J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle, c'est que je suis venu seul.

- Et la mauvaise ?

- Les filles m'ont suivi sur un vol régulier et doivent être déjà arrivées.

- Quoi ? Mais quelle idée de venir ici, après ce qu'il s'est passé !

- Hé, ne t'en prends pas à moi ! Si on était capables de maîtriser nos femmes, cela ferait longtemps qu'on le saurait. Ce sont, je cite « des femmes libres de faire ce qu'elles veulent, quand elles veulent, où elles veulent, dès lors qu'elles respectent leurs vœux, alors prière de ne pas les faire chier », fin de citation. J'ai besoin de te dire laquelle des deux a dit ça ?

Alan se prit la tête entre ses mains et pesta contre le fait d'avoir une femme et une sœur aussi têtues que lui. Malheureusement, comme le disait Duncan, il ne pouvait rien y faire.

- D'accord. On fait quoi du coup ? Moi je suis bloqué ici jusqu'à demain. Est-ce que vous comptez m'attendre pour repartir ? Demanda-t-il en montrant clairement qu'il préférait le contraire.

- Bien sûr, et ne compte pas sur moi pour proposer le contraire aux filles. Contrairement à toi, je ne suis pas suicidaire, ni masochiste.

- Merci pour ton soutien vieux frère.

- Je t'en prie, c'est toujours un plaisir.

L'Auror était sur le point de reprendre la parole pour tenter de le convaincre quand il remarqua quelque chose d'étrange. Ce silence n'était pas normal dans un hôpital, et encore moins à Ste Mangouste, dont le brouhaha routinier ne l'avait pas quitté depuis son réveil.

Sa main chercha naturellement sa baguette sur sa table de chevet, pour ne se refermer que sur du vide. L'infirmière la lui avait confisquée, par Merlin ce n'était pas le moment d'être stricte avec les règles !

- Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda Duncan avec plus de sérieux.

- Quelque chose ne va pas. C'est beaucoup trop calme.

- C'est vrai que c'est calme. Tu crois qu'ils t'attaqueraient ici ?

- Ils n'ont eu aucun scrupule à le faire en pleine rue et en plein jour, alors dans un hôpital ça ne m'étonnerait pas, oui.

- Qu'est-ce qu'on fait ?

- On doit s'armer, se barricader et tenir assez longtemps pour que les renforts arrivent, en espérant qu'ils soient prévenus.

- D'accord, j'ai ma baguette mais toi ?

- Malheureusement, l'infirmière zélée me l'a prise. C'était vraiment pas le moment.

Alan...

Nilson ignora l'empreinte de son père, essayant de se concentrer sur les meilleurs plans d'action pour récupérer sa baguette et contacter l'extérieur.

Alan, écoute-moi...

- Écoute Duncan. Si on s'y prend bien, on peut atteindre le guichet des admissions où se trouvent les baguettes des patients.

Alan, maintenant tu vas m'écouter ou je te fous le pire mal de crâne que tu puisses imaginer !

L'Auror s'arrêta net, préférant éviter d'avoir un marteau-piqueur dans la tête. Ah ça non plus, il n'en aurait pas besoin !

Rappelle-toi, gamin. Dans ton sac, il y a un étui et dans cet étui, il y a ce dont tu as besoin. Voilà, maintenant tu peux reprendre tes pensées idiotes. Pardon, gryffondoriennes.

Son expression s'éclaira et il esquissa un sourire carnassier quand il réalisa ce à quoi Al faisait référence.

- Duncan, passe-moi mon sac s'il te plait.

Duncan s'exécuta, l'air visiblement perplexe, et Alan farfouilla jusqu'à ce qu'il en sorte un étui de velours. À l'intérieur se trouvait une baguette, dont il se saisit avec délicatesse. À son contact il ressentit une douce chaleur mais aussi l'excitation de la baguette à l'idée d'avoir un nouveau porteur.

- Ah bah finalement tu en as une !

- C'est celle de Gilbert Nilson, mon grand-père. Alan m'en a fait don dans son testament, je ne l'ai encore jamais utilisée.

- Oh, euh, il y a un début à tout hein, n'est-ce pas ? Et puis, elle avait l'air de bien réagir. Elle ne t'a pas explosé à la figure, c'est bon signe !

C'était effectivement bon signe mais cela ne garantissait pas qu'elle serait réactive dans une situation de combat réel. Malgré tout, il n'avait pas de meilleure option.

- Tu te rappelles à Poudlard, quand on avait bloqué un couloir pendant tout un après-midi ?

- Oh oui, McGonagall avait été tellement furieuse ! Je crois bien que j'ai perdu une bonne partie de mon audition dans l'oreille droite quand elle s'est mise à jurer en écossais. De mémoire, elle n'avait je cite « jamais rencontré des élèves aussi inconscients, téméraires, dangereux de toute ma carrière ».

- Je ne te demandais pas autant de détails... bref, et si on faisait un coup comme ça aux envahisseurs ?

- Oh... c'est pas une mauvaise idée. J'ai même quelques suggestions pour rendre ça plus... spectaculaire !

Alan n'était pas sûr qu'ils puissent survivre à cette nouvelle attaque, mais au moins s'ils devaient y laisser leur peau, ils la vendraient chèrement et ils rendraient leur fin la plus spectaculaire de l'histoire des rouges et or.


Le jeune homme dont les cheveux noirs étaient aussi indomptables que son fichu caractère – des propres mots d'Edith – s'avança vers la vitrine qui servait de portail d'entrée à Ste Mangouste. Elena et Edith discutaient derrière lui, venant tout juste de descendre du taxi.

Phineas remarqua quelque chose d'étrange dans le reflet de la vitrine. Plusieurs hommes regardaient fixement la vitrine depuis l'autre côté de la rue. Or, les moldus ne pouvaient pas regarder fixement la vitrine sans avoir envie d'aller ailleurs, ce qui signifiait que ce n'était pas des moldus ou alors que le sortilège de Ste Mangouste ne faisait plus effet. Les deux options étaient inquiétantes, car elles voulaient potentiellement dire que des mangemorts étaient là.

Il signala discrètement aux filles de regarder la vitrine avant de prendre la parole d'une voix faussement frustrée :

- J'oublie toujours l'endroit exact où il faut entrer.

Elena fut la première à réaliser ce à quoi il faisait référence, à en juger par la façon dont ses yeux s'étrécirent et ses sourcils se froncèrent. Edith mit un peu plus de temps à deviner ce qu'il se passait, à moins qu'elle ne jouait simplement la comédie. Il ne pouvait pas utiliser la magie en pleine rue mais il pouvait entrer dans Ste Mangouste et aviser ensuite.

D'un regard entendu, les trois pénétrèrent à l'intérieur du portail, sans savoir ce qui les attendrait de l'autre côté.