Chapitre 5 – Journée infernale aux Urgences
Lisbeth Gibson était une médicomage épuisée. Elle ressentait la même fatigue professionnelle que ses collègues guérisseurs, à savoir des journées toujours trop longues, toujours trop chargées et encore trop peu d'effectif formé pour effectuer des rondes plus régulières. Pourtant, ce n'était pas l'amour du métier qui faisait défaut, mais bien un manque cruel de temps libre pour voir ses petits enfants.
Son visage oval et replet ne masquait pas son double-menton, acquis davantage par anxiété prolongée que par mauvaises habitudes de vie. Ses cheveux étaient gris comme les nuages de pluie, courts et légèrement frisés, épais. Ses traits étaient certes ridés, mais ses yeux mordorés vifs démontraient sa force de caractère légendaire. L'écossaise marchait d'un pas ample, ses robes sorcières émeraudes la distinguant de la marée habituelle de patients, l'une de ses mains tenant le dossier du malade auquel elle venait rendre visite.
- Ah ce Nilson... j'ai encore retrouvé sa baguette dans sa chambre ! Incorrigible.
- Oh moi je le trouve plutôt gentil, répondit timidement sa jeune collègue, dont les joues rosies témoignaient de son béguin pour l'Auror.
- Ne vous laissez pas prendre par sa gueule d'ange, Theresa. Non seulement il est marié à une tigresse, mais en plus c'est un aimant à danger. Un habitué, que dis-je, presque un demi-pensionnaire de notre noble institution.
- Vous dîtes ça mais à chaque fois vous insistez pour le remettre sur pied, Lisbeth... alors que nous serions tellement ravis de nous en occuper à votre place.
La vénérable médicomage poussa un soupir, tout en secouant la tête. Peut-être qu'elle s'y était attachée dans le fond, à cet imprudent. Dans sa manière d'être, il lui rappelait un peu son fils aîné, Edward, parti trop tôt. C'était le lot de beaucoup d'Aurors malheureusement, et elle espérait que celui-ci ne laisse ni enfants orphelins, ni une épouse éplorée derrière lui. Peut-être que l'autre raison pour laquelle elle y était si attachée malgré sa mauvaise foi, c'était parce qu'elle le savait orphelin.
- Ça vous ferait trop plaisir, et puis surtout vous passeriez trop de temps à contempler sa plastique plutôt qu'à le soigner, alors il faut bien quelqu'un de sérieux pour le faire.
Elle accompagna sa jeune collègue près du comptoir des admissions, grouillant de monde à ces heures achalandées de la journée. La chambre de sa patiente n'était pas très loin, et son cas guère complexe. Hélas, elle se plaignait à tout bout de champ, l'obligeant à venir en personne plusieurs fois par jour pour lui confirmer, pour la centième fois, qu'elle était bien en voie de guérison, et que cela prendrait toujours une bonne semaine avant qu'elle ne puisse sortir du lit. On lui confiait toujours les patients difficiles...
À peine eut-elle mis le pied dans la chambre de la patiente que des cris se firent entendre depuis le couloir. Se figeant immédiatement, elle fit volte face et passa la tête par la porte, ignorant les simagrées de la patiente infernale, Mme Adcock. Sept silhouettes drapées de noir, aux visages dissimulés sous des capuchons, avaient fait irruption dans l'accueil et braquaient leurs baguettes sur les patients et les personnels du triage.
- Tout le monde à terre ! Que personne ne bouge ! Vociféra l'un des individus en noir.
Lisbeth se dissimula dans l'angle de la porte, adossée au mur, et se laissa glisser en position assise. C'était terrible ! Qui pouvait donc oser attaquer un hôpital ? Même les suppôts de Vous-savez-qui n'avaient jamais osé commettre une telle ignominie ! Elle devait trouver un moyen de contacter l'extérieur. Pendant ce temps, un des hommes en noir s'était dirigé jusqu'à l'accueil, pointant sa baguette sur l'un des infirmiers.
- Dans quelle chambre se trouve Alan Nilson ?
Alan et Duncan n'avaient pas attendu que les mangemorts arrivent jusqu'à eux. Ayant patrouillé à de nombreuses reprises à Ste Mangouste, Nilson connaissait assez les lieux pour savoir comment s'y mouvoir de façon discrète, et notamment tous les petits « passages secrets » qui permettaient aux soignants de passer efficacement d'un service à l'autre, sans risque d'engorgement par les patients. Après tout, chaque seconde comptait pour sauver une vie.
L'Auror avait choisi la blanchisserie comme refuge, parce qu'elle surplombait directement le hall d'entrée. Il avait ainsi, grâce au système d'aération, la possibilité d'écouter ce qu'il s'y passait. C'est ainsi qu'il eut la confirmation que c'était après lui qu'ils en avaient. Par la barbe de Merlin, ils devaient vraiment le vouloir mort pour aller jusqu'à attaquer Ste Mangouste !
Il n'était pas fou, même avec Duncan il serait difficile de reprendre le hall, et surtout rien ne leur indiquait qu'ils étaient seuls. Qui sait combien d'autres mangemorts étaient postés à l'extérieur du bâtiment, voire déjà infiltrés à l'intérieur ?
S'il avait continué au Bureau des Aurors, c'était tout à fait le genre de scénario catastrophe qu'il aurait utilisé pour entraîner ses cadets.
Fort heureusement, les cheminées n'étaient pas leur seul moyen de communication. Les jumeaux avaient eu la bonne idée d'oublier de lui rendre son miroir. Il n'y avait plus qu'à espérer qu'ils ne soient pas sous la douche, au risque soit de louper l'appel, soit de le traumatiser à vie avec une vision d'horreur.
Pendant que Gideon était bloqué en plein debriefing avec Malefoy, Fabian avait prétexté un horrible mal de ventre – flatulences à l'appui - pour s'en extirper. Bien sûr, loin de lui l'idée d'insinuer que le chef du Bureau des Aurors lui donnait envie de... mais il y a un moment où il atteint son seuil de saturation « Malefoyesque ». Dans ces cas là, soit il le gaze, soit il sort. Gideon préférait visiblement éviter d'être gazé lui aussi, et Fabian n'était pas assez cruel pour faire subir ça à son adorable frangin.
Il en avait profité pour rassembler les autres éléments dont leur capitaine alité, meurtri sur le champ de bataille, aurait besoin pour continuer l'enquête de son côté. Alan Nilson Jr, qu'ils avaient tellement embêté en l'appelant justement « Junior », était leur ami depuis Poudlard. Il avait pris la relève de Gideon comme Capitaine de l'équipe de Gryffondor, et le Poursuiveur d'illustrer remarquablement en binôme avec Duncan Morrison à ce poste.
Ni lui ni son frère ne comptaient l'abandonner, et s'ils pouvaient l'aider à découvrir la vérité sur la mort de ses parents, ils le feraient volontiers. Après tout, ils le devaient aussi à son père, le professeur Alan Nilson Sr, sans qui ils n'auraient pas été aussi performants en Défense contre les Forces du Mal. Même à l'académie des Aurors, personne n'avait su botter leur cul comme lui.
Perdu dans ses pensées, il faillit ne pas remarquer que sa poche vibrait. En plongeant sa main dedans il s'aperçut qu'il avait gardé le miroir à double-sens du petit capitaine. Répondant à l'appel, il vit les visages d'Alan et Duncan apparaître sur la surface polie, et fronça des sourcils en découvrant l'ancien Poursuiveur hors de son lit.
- C'est la vieille Gibson qui ne va pas être contente, Cap'taine. Qu'est-ce que tu fais hors du lit ?
- Fabian, code 66. Je répète, on a un code 66 à Ste Mangouste. Sept individus, masculins, dans le hall. Je suis leur cible.
Le visage de Prewett perdit son sourire, son expression devenant sérieuse et concentrée.
- Bien reçu. Comment tu veux qu'on intervienne ?
Aucun doute, aucune question, aucune hésitation. Il avait une confiance aveugle en Alan, et il était prêt à mobiliser l'ensemble de leur unité, voire aussi les gars de la Brigade pour qui Nilson était toujours l'un des leurs. C'était l'un des très rares cas de figure où la Police Magique et les Aurors s'accordaient parfaitement.
- Faites comme si vous aviez eu un signalement par un passant. Ste Mangouste est une cible sensible, vous n'aurez pas d'ennuis avec Malefoy si vous y allez en force.
- C'est noté. J'assemble l'équipe et on arrive. Tachez de vous faire tout petits.
- Non, on va aller leur dire bonjour bien évidemment ! S'exclama Duncan avec un sarcasme non dissimulé.
Fabian coupa la discussion. La dernière chose dont il avait envie, c'était d'écouter les jérémiades de Morrison. Le gars était un bon Poursuiveur, et un bon ami, mais par les sorbets citrons pervers de Dumbledore, il parlait beaucoup trop !
Edmund Selwyn avançait d'un pas rapide dans le couloir censé le mener jusqu'à la chambre de l'Auror. Fils d'une branche cadette de la famille Selwyn, il savait qu'il n'hériterait de pas grand chose, de par ses parents. Le prestige d'appartenir à une vieille famille de sang-pur ne suffisait pas à Edmund, il voulait plus. Il voulait être riche et puissant. Voilà pourquoi il s'était engagé dans les rangs du Seigneur des Ténèbres. Jusqu'ici, on ne lui avait confié que des tâches mineures, mais avec cet assaut, il allait enfin pouvoir faire ses preuves auprès de Robert Nilson. Lord Nilson était son ticket d'entrée vers le cercle restreint des mangemorts les plus proches de leur Seigneur.
Le mangemort avait une autre raison pour accepter cette mission. La cible « Alan Nilson » s'appelait autrefois Alan Desoya. Que n'avait été sa surprise en apprenant que le supposé sang-de-bourbe était en réalité le fils d'un cracmol de leur famille, adopté par les Nilson. Il avait craché figurativement au visage du patriarche Selwyn en refusant de devenir son héritier. Edmund aurait tué pour avoir cet honneur, que cet imbécile avait jeté par la fenêtre.
Selwyn se ferait donc un plaisir d'achever cet ingrat fils de cracmol, et de ramener sa tête à Lord Nilson.
Malheureusement pour lui, lorsqu'il arriva dans la chambre indiquée, celle-ci était vide, arrachant un cri de rage au mangemort.
Ils savaient tous les trois qu'ils s'engouffraient dans un piège, mais Phineas ne s'était pas attendu à tomber sur plusieurs mangemorts dans le hall d'entrée de l'hôpital. Par chance, ils étaient trop occupés à menacer les gens déjà présents, tournant le dos à la porte d'entrée. Cela leur laissait une chance de tirer les premiers, et en bon fan de western, Potter ne laisserait jamais filer ce genre d'opportunité.
Faisant signe discrètement aux filles de se répartir de part et d'autre par rapport à lui, Edith partit sur la gauche et Elena sur la droite. Lui-même se mit à couvert derrière une chaise et il montra les doigts de sa main aux filles, dans un compte à rebours muet. Cinq, quatre, trois, deux, un...
Les « Stupefix » fusèrent des trois directions différentes sur les mangemorts, faisant tomber trois d'entre eux sur le sol. Les trois autres firent volte face, tout en se mettant à couvert eux-aussi. Au moins, le pronostic était plus équilibré désormais.
Ils n'y avait plus qu'à espérer que la cavalerie arriverait avant les copains des mangemorts postés dehors.
Alan ne pouvait pas attendre plus longtemps. Sa sœur, sa femme et l'un de ses meilleurs amis étaient en danger mortel à l'étage du dessous. Il devait les aider, coûte que coûte.
Duncan était tout aussi impatient, mais il ne pouvait pas agir imprudemment sous peine de les mettre encore plus davantage en danger. Ce qui le dérangeait le plus, c'était qu'il manquait un mangemort dans le lot. En s'exposant, ils prenaient le risque d'être pris à revers. D'un autre côté, s'ils attendaient trop longtemps, ils courraient le risque que le mangemort en question ne vienne prêter main forte à ses petits copains. Ou pire encore, que d'autres mangemorts ne surprennent leurs amis par derrière.
Ils avaient donc décidé de prendre un risque. Duncan avancerait à découvert, et Alan – leur cible principale – le couvrirait en étant partiellement dissimulé sous un sortilège de Désillusion. Il leur faudrait quelques minutes pour rejoindre leurs amis, de précieuses minutes mais ils espéraient qu'il ne serait pas trop tard.
Ayant transmis discrètement un message à son frère, Fabian savait que Gideon ferait tout ce qui est en son pouvoir pour retenir Malefoy à leur séance de debriefing. Pendant ce temps là, son jumeau avait rassemblé une douzaine d'Aurors et une quinzaine d'officiers de Police Magique. Cela aurait à suffire, ce n'était qu'il manquait de volontaires, mais il faudrait trop de temps pour rassembler d'autres personnes.
Tous en uniforme, et avec leurs protections, ils se dirigèrent vers la cheminée la plus proche pour rejoindre Ste Mangouste. La moitié d'entre eux se dirigeraient vers la cheminée pour attaquer par l'intérieur, tandis que les autres s'assureraient que des mangemorts ne les attendaient pas à l'extérieur.
- Les garçons, je vous rappelle que notre priorité est de protéger les civils.
- Et Alan ! Ajouta l'un des brigadiers.
- Et Alan, confirma Fabian avec un sourire. Même si, comme à son habitude, il ne nous facilitera pas la tâche.
Tous acquiescèrent en marmonnant, et Prewett attendit que le silence se fasse à nouveau pour reprendre :
- Par conséquent, la survie des mangemorts n'est pas notre priorité. Désarmez si vous pouvez, ou éliminez le cas échéant. Nous n'avons pas le droit à l'erreur.
Cela faisait longtemps qu'Edith n'avait pas ressenti une telle montée d'adrénaline ! Les sortilèges lui revenaient très vite, et elle se surprenait à exécuter sans difficulté des maléfices qu'elle n'avait plus utilisé depuis des années. La jeune mère de famille – et cheffe d'entreprise – se sentait plus vivante que jamais ! Elle comprenait maintenant pourquoi son mari avait poursuivi cette carrière pourtant si dangereuse, c'était presque comme une drogue !
Elle savait que c'était dangereux et qu'à chaque instant, elle courrait le risque de rendre ses petites orphelines, mais la jeune Black n'avait pas peur. Elle rendait coup sur coup et comptait sortir vivante de ce guet-apens.
Stupefix, Bombarda, Expelliarmus, Depulso, Incendio... la liste s'étendait à chaque instant et l'un d'entre eux finit par trouver sa cible, blessant un mangemort à l'épaule, qu'Elena stupefixa ensuite immédiatement. Il ne resta bientôt plus qu'un seul mangemort debout, mais malheureusement pour eux, il choisit cet instant précis pour prendre un otage. C'était une jeune femme, prénommée Theresa d'après son badge, elle avait l'air terrifiée à voir comment elle tremblait.
- Rendez-vous, ou je la tue !
Il n'y avait rien qu'ils puissent faire pour elle, mais s'ils se rendaient, c'était eux qu'ils pourraient utiliser comme otages contre Alan. Edith n'était pas mauvaise mais elle ne comptait pas laisser son mari mourir pour sauver une inconnue, elle n'était « bonne » à ce point-là. Elle était sur le point de tenter un Expelliarmus quand le mangemort s'effondra telle une statue sur le sol. Elle manqua d'éclater de rire en reconnaissant le sortilège préféré de son époux, le Petrificus Totalus.
Duncan apparut le premier dans son champ de vision, se dirigeant vers Elena qu'il serra fort dans ses bras. Un instant plus tard, c'était son Alan qui apparaissait comme venu de nulle part, juste sous ses yeux. Evidemment, elle aurait du s'en douter, il avait toujours été très doué à cache-cache avec les filles.
Elle le serra fort contre elle, et plus rien d'autre n'existait en cet instant que son mari, bien vivant, qu'elle tenait dans ses bras. Et elle sentait son cœur battre fort dans sa poitrine, et cela la calma, la rassura. Elle allait prendre la parole quand il la plaqua soudainement au sol avec lui. Elle ne comprit pas immédiatement pourquoi, puis elle aperçut le mangemort qui braquait une baguette sur eux. Elena était retranchée avec un Duncan dont l'épaule semblait ensanglantée. Alan n'avait plus sa baguette en main, et sa main portait des marques de brûlures.
Le mangemort avançait vers eux, baguette au poing, et il éclata de rire avant de s'adresser à eux d'un ton triomphal :
- Il est grand temps d'en finir, Desoya. J'attends cet instant depuis si longtemps ! Laisse-moi voir la lumière s'éteindre dans ton regard, et l'espoir disparaître des yeux de ta femme, Avada... argh !
Le mangemort s'écroula par terre, révélant derrière lui la silhouette de Pineas, qui le contemplait avec un mépris non dissimulé.
- Franchement, quand est-ce que ces boulets vont finir par apprendre à quel point leurs monologues sont une perte de temps ? C'est à croire qu'ils le font exprès !
Edith ne put s'empêcher de rire devant cette situation ubuesque. Les sept mangemorts étaient hors d'état de nuire, ils étaient sauvés.
Et bien évidemment, c'est là que les choses devaient déraper. Trois silhouettes en noir émergèrent depuis l'entrée, et la jeune Black se plaça naturellement comme bouclier entre les mangemorts et son tendre époux. Elle ne le laisserait pas mourir, quoiqu'il puisse en penser.
Bizarrement, les mangemorts ne bougeaient pas, ils étaient fixes comme des statues et ce n'est qu'à l'arrivée des personnes suivantes qu'elle comprit ce qu'il s'était passé, en entendant une voix familière s'exclamer :
- Turner ! Combien de fois je t'ai répété de ne pas pétrifier des gens quand ils traversent un portail ? Ils auraient pu nous bloquer complètement l'accès, bordel !
C'est ainsi que Fabian Prewett fit une entrée remarquée, avec une poignée d'Aurors et d'officiers de Police Magique, bientôt rejoint par d'autres représentants de la loi qui arrivèrent par le réseau de Cheminette.
Alan commençait sérieusement à se lasser de ses réveils dans un lit d'hôpital. Il avait une main bandée et visiblement quelques autres blessures légères que la vieille Gibson était en train de soigner, en prenant un soin tout particulier à ce que ce soit douloureux et inconfortable. Par la barbe de Merlin, était-ce trop demander que d'avoir un peu de calme dans un lieu censé être fait pour se reposer !
- Hé, regardez qui est de retour parmi les vivants ! S'exclama l'un des jumeaux infernaux.
En balayant la chambre du regard, il aperçut d'abord les deux Prewett penchés un peu trop près de lui à son goût, mais à qui il n'aurait guère pu en vouloir après qu'ils lui aient sauvé deux fois la vie, coup sur coup. Il allait finir par ne plus pouvoir rembourser sa dette auprès d'eux, à ce rythme !
À côté d'eux se trouvait Edith, qui le fixait avec un mélange d'amusement, d'affection et d'un petit quelque chose qui laissait prévoir un petit sermon par la suite. Dans le lit d'à côté se trouvait Duncan, qui geignait alors qu'un médicomage s'évertuait tant bien que mal à soigner son bras. Elena soupirait bruyamment, tout en essayant de lui dire de ne pas faire l'enfant. Leur ancien rédacteur-en-chef du Hibou Express était en train de parler avec des Aurors, probablement pour donner leur version de ce qu'il s'était passé.
Tout allait bien dans le meilleur des mondes possibles, à l'exception du fait que la médicomage s'acharnait toujours sur lui.
- Madame, vous pourriez faire plus doucement s'il vous plaît ?
- Oui bien sûr, mais si je le faisais, vous pourriez être tenté de revenir. Alors comme ça, je me dis que peut-être, vous vous abstiendrez !
- Je vous assure que je ne fais pas exprès ! C'est pour vous aider que j'ai pris des risques !
- Mais bien sûr, dites plutôt que c'est votre complexe du héros qui a encore frappé.
- Mais pas du tout ! J'ai vu que vous étiez en danger, et il menaçait Edith ! Je ne pouvais rester sans rien faire.
- Mon chéri, si tu pouvais ne pas m'impliquer dans tes prises de bec avec la médicomage, ça m'arrangerait.
Même sa femme était contre lui ! Dommage que ses petits anges ne soient pas là, elles au moins elles le comprendraient. Et pour ne rien arranger, Al se gaussait ouvertement dans son esprit. Tu te casses la tête à risquer ta peau pour sauver les gens, et voilà toute la gratitude que tu reçois, c'est le comble !
- Si c'est comme ça, je m'abstiendrai la prochaine fois.
- Mais oui mon chéri, bien sûr. Si tu le dis.
L'homme était assis devant un feu de cheminée lorsque le hibou lui parvint. Dix hommes envoyés à Ste Mangouste pour supprimer un Auror, mais visiblement cela n'avait pas suffit. Non seulement Malefoy avait été incapable d'empêcher les Aurors de se rendre sur les lieux, mais en plus il allait devoir rendre des comptes auprès des Selwyn, dont un de leurs rares héritiers mâles allait passer de nombreuses années à Azkaban.
D'un autre côté, il savait désormais qui serait ses prochaines cibles au Bureau des Aurors. Ces infernaux Prewett ne pouvaient rester impunis. Sang-purs ou pas, ces traîtres à leur sang paieraient chèrement d'avoir choisi le mauvais camp.
