Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du Dix-Neuvième Parallèle sont à moi.
Rating : T
Personnages : Harry Potter, Severus Snape, OC.
Correctrice : Fantomette34.
Tout d'abord, chers lecteurs/lectrices, toutes mes excuses pour n'avoir pas posté de chapitre, la semaine dernière. Une série de contretemps a fait que je n'ai pas eu le temps d'écrire.
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RàR : quetsche, merci pour ta review ! Je suis heureuse de savoir que mes écrits te plaisent toujours autant.
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Ce chapitre est en grande partie du point de vue de Harry.
Notez : les mots en italiques et précédés d'un tiret sont de la télépathie.
Bonne lecture !
Les Sorciers et le livre de Thot - Celle qui parlait aux serpents
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Harry hésitait : devait-il suivre les siens qui allaient enfin rencontrer le Pharaon Séthi, ou rester dans cette salle pleine de murmures ? Le Minotaure avait bluffé son monde, avec sa prestation, et les artistes, musiciens et danseuses, la commentaient à n'en plus finir. Il décida que ce lieu ne lui apprendrait rien de plus et sortit, juste pour s'apercevoir de deux choses : le groupe emmenant sa famille n'était plus en vue, et il n'avait aucune idée de la direction à prendre pour les rejoindre.
Bon, autant partir explorer le Palais.
Le Gryffondor, toujours invisible, se faufila dans les couloirs que serviteurs et gardes ne cessaient d'emprunter, danseurs d'un ballet réglé au millimètre.
- Harry...
"Papa ?!"
Le jeune homme plaqua ses mains sur sa bouche. Par Merlin, il avait encore répondu à voix haute à Sev... à son père ! Parviendrait-il un jour à utiliser la télépathie de manière naturelle ?
Il se souvint...
Quand, sur l'île du Roi Minos, Le Maître des Potions l'avait retrouvé grâce aux Liens du Cœur, ils avaient décidé à leur retour de tenter l'étape supérieure : la Transmission de Pensée.
Les premiers essais ne furent guère concluants. Harry se voyait échouer comme avec l'Occlumancie, mais, après six tentatives, ils avaient réussi à ouvrir un lien entre leurs esprits. Alistair, exclu et un peu jaloux, avait prétendu que la Magie avait fait tout le boulot, et qu'il fallait pas la ramener comme ça, mais Harry savait.
Il y avait un plus.
Car la transmission s'accompagnait parfois d'émotions, et cela, la Magie n'en était pas capable.
Il se rappela des exercices qu'ils faisaient, au Dix-Neuvième Parallèle. Severus, à l'étage, "dictait" et lui, dans la Salle du Bar, transcrivait. Tant que c'était des phrases simples, ça allait, mais le jour où le Potionniste passa à la recette de la Potion de Ratatinage, ce fut une catastrophe. Harry se trompa plusieurs fois. Les deux hommes avaient dû se rendre à l'évidence : le blocage du Gryffondor avec les Potions existait toujours, et le sujet fut écarté de leurs essais.
Bien sûr, cette nouvelle capacité avait eu son revers.
Terrible.
Cela s'était passé au Terrier. Ce jour-là, il n'y avait dans la maison que Harry, Molly et Ginny.
Ah, Ginny...
Ils n'avaient rien prémédité, mais tandis que la matriarche, dans la cuisine, concoctait son célèbre gâteau aux noisettes les deux jeunes gens, dans leur chambre, avaient fait l'amour pour la première fois.
Les émotions du jeune homme avaient débordé, et sa dernière phrase consciente : "Merlin, je crois que je vais mourir !" était partie dans l'éther.
Dix secondes plus tard, Sev et Alistair donnaient l'assaut, explosant la porte. Le Minotaure s'était précipité vers la cuisine, où Molly, saisie, lui avait envoyé le gâteau dans la figure. Severus avait grimpé les escaliers jusqu'à la chambre où le cœur de son fils battait à tout rompre.
Il n'aurait jamais cru se trouver face à deux amants tentant de se cacher sous les draps.
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Ce souvenir... même maintenant, il faisait monter le rouge aux joues du Gryffondor.
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- P'pa ? tenta Harry.
- Où es-tu ? lui fut répondu.
- Dans une salle où il y a des tas de papyrus. Et vous ?
- On nous a priés d'attendre dans une antichambre. Pharaon va nous recevoir, veux-tu te joindre à nous ?
Le plus jeune se permit un sourire. Il fut un temps il n'aurait pas eu ce choix, Severus l'aurait ramené avec eux par la peau du cou.
- Non, je vais poursuivre mes explorations.
- Soit...
- Hum
- Oui ?!
- Je m'attendais à ce que tu termines par un 'Et surtout, pas de bêtises !'
- C'était sous-entendu dans les points de suspension.
...
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Grognant intérieurement, Harry quitta l'endroit où il était, tandis que planait dans sa tête l'écho d'un rire moqueur.
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Plus loin dans le Palais.
Nos héros étaient assis, avec des rafraîchissements, sur des coussins confortables mais cela n'empêchait pas un certain Minotaure de râler.
"Je commence à en avoir marre, qu'est-ce qui peut bien retenir Pharaon ?
- Tu n'as pas écouté ce qu'a dit le Vizir ? fit Grimoire, on lui présente les comptes du Royaume.
- Mince, je savais qu'on aurait dû venir avec nos B.D sur l'Égypte, ça nous aurait fait passer le temps ! Et puis on les auraient fourguées au Fils de Rê,* ensuite. J'suis sûr qu'il préfèrerait lire Astérix et Cléopâtre, ou Le Mystère de la Grande Pyramide, plutôt que de s'envoyer des colonnes de chiffres.
- Je te rappelle que nous sommes ici pour résoudre une énigme, pas pour initier Séthi 1er au Neuvième Art.
- Ah mais pardon, c'est pas un art gratuit ! Dans ces deux albums, y'a un condensé de vie : de l'action, de la traitrise, de l'espionnage, de l'aventure, des personnages qui ne sont pas ce qu'ils semblent être, des...
- C'est bon, on a compris."
Severus soupira. Son compagnon était parti pour pérorer encore longtemps,
sauf s'il parvenait à brancher sa passion sur la réalité,
et là, c'était presque trop beau, mais il avait une occasion en or.
Dans l'antichambre où ils étaient, une demi-douzaine de serviteurs s'affairait autour d'eux, attentifs à leurs moindres désirs. Et parmi eux...
"Alistair ?!
- Moui ? grommela l'intéressé.
- Regarde bien l'adolescent qui arrose les plantes, au fond de la pièce. C'est un espion."
L'Homme-Taureau en avala sa bière de travers.
"Koff koff ! Tu... tu crois qu'il est... koff !... dangereux, qu'il travaille pour un pays étranger ?
- Non, et non. Il espionne pour son propre compte."
Le rapide échange entre les compagnons d'âme avait réduit le reste du groupe au silence. En fait, plus un bruit ne se faisait entendre : les serviteurs, hors le jeune homme, avaient fui les lieux.
"Il est guère impressionnant, t'es sûr de toi ?
- Certain.
- Bôf, de tout' façon, c'est pas comme s'il allait reconnaître que...
- Vous avez raison !"
La mâchoire d'Alistair se fracassa par terre.
La voix de l'adolescent était franche et dénuée de peur. Son regard, curieux, semblait contenir toutes les questions du monde.
"Vous savez qui je suis ?
- Oui, répondit Severus.
- Comment... "
Le Potionniste lui fit signe d'avancer.
"Votre comportement n'est pas celui d'un simple serviteur. Vous êtes aussi trop musclé, par rapport à eux, sans doute est-ce dû à un entraînement de type militaire. Vos vêtements... correspondent, mais vous n'êtes pas à l'aise avec un simple pagne. Votre peau elle-même "parle".
- ...?!
- Elle est plus pâle aux endroits où se trouvaient des bijoux d'un certain volume : autour des poignets, du cou. On voit aussi l'emplacement d'un pectoral sur votre poitrine. Sur vos pieds il y a la trace de lanières de sandales. Or, tous les serviteurs vont pieds-nus."
L'adolescent tressaillit. Il n'avait pas pensé à tout cela.
"Vous faites partie de la très haute société égyptienne, poursuivit Severus,
n'est-ce pas,
Prince Ramsès ?"
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Dans les couloirs...
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Ce Palais est un Labyrinthe pire que celui du Roi Minos !
Le Gryffondor passait pour la troisième fois devant la même porte, où des voix étouffées se firent soudain entendre.
Harry blanchit.
Du Fourchelang...
Une des voix, féminine, suppliait, l'autre, mâle, protestait.
Calme-toi, Harry, cela ne peut pas être Voldemort, il... il n'est pas encore né !
Les Parleurs se turent, comme s'ils l'avaient entendu.
Il faut que je rejoigne les autres, cela a sans doute un rapport avec notre présence ici.
Le jeune homme courut, mais pas bien loin.
Boum !
Quelqu'un l'avait attrapé par le col et poussé contre le mur.
Harry s'attendait à voir un garde, dans le rôle de l'assaillant, mais quand il put se redresser,
il se retrouva nez à nez avec une vieille femme aux yeux éteints.
"Ce quartier est interdit à quiconque n'est pas Prêtre ou Prêtresse, gronda-t-elle, qu'y faisais-tu ?
- Rien, Madame, je... j'étais perdu."
La vieille Dame dut sentir qu'il était sincère, car son courroux s'apaisa.
"Et où courais-tu si vite ? Fuyais-tu un gardien ?
- Non, répondit-il sans réfléchir, juste ceux qui parlaient Fourchelang.
- Qui parlaient quoi ?!"
Le Gryffondor regarda le visage marqué par l'âge de la vieille femme. Pouvait-il lui faire confiance ? Oh, après tout, s'il sentait qu'elle cherchait à le tromper, il pourrait facilement s'enfuir et la distancer !
"La porte derrière ce couloir... Il y a deux personnes qui parlent la langue des Serpents."
Toute couleur quitta les joues ridées de la Vieille Dame.
"Qui ?!
- Une femme, qui suppliait, et un...
- Oh non non non non non !"
Avec une rapidité incroyable pour son handicap, elle courut à la porte. Le mécanisme d'ouverture fut débloqué.
Dans la pièce un corps était allongé, suffocant.
Harry comprit. Ce n'était qu'une question de secondes avant que la mort vienne.
- Papa, à l'aide !
...
* Le Pharaon régnant est appelé Fils de Rê.
