Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du Dix-Neuvième Parallèle sont à moi.
Rating : T
Personnages : Harry Potter, Severus Snape, OC.
Correctrice : Fantomette34.
RàR : Guest, merci pour ta review !
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Dans ce chapitre Severus rejoint Nedjemet, tandis qu'Alistair et les jeunes se retrouvent dans la mélasse.
Bonne lecture !
Les Sorciers et le Livre de Thot - La douce aux yeux de tigre 2
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La découverte d'un complot au cœur du Palais eut deux conséquences immédiates : Severus ajouta aux potions qu'il allait faire du contre-poison et ordonna aux plus jeunes de ne jamais rester seuls, où qu'ils aillent et quoi qu'ils fassent.
"Même aux W.C. ? s'horrifia Harry, les bras toujours chargés du serpent d'argent.
- Cela n'existe pas en tant que tel ici, l'informa Grimoire, il y a seulement des pots de chambre dans chaque appartement.
- Ah... et pour le papier toilette, il y en a ? Ou on fait comme en Crête, on prend des feuilles fraîches ?"
A ce souvenir, le Gryffondor faillit éclater de rire. Averti du fait qu'il ne pourrait qu'utiliser des végétaux pour s'essuyer, son ami Ron Weasley n'avait rien trouvé de mieux que des orties pour ce faire. Le hurlement qu'il avait poussé résonnait encore dans les parages du Mont Ida. *
"T'inquiète, souffla Lydie, on trouvera une solution, on usera d'une éponge... ou d'un morceau de tissu. Imhotep...
- Je vous interdis d'utiliser mes bandelettes ! gronda l'intéressé.
- Cela suffit !"
Oups !
"Vous avez l'air de trouver la situation amusante, siffla le Maître des Potions en leur jetant un regard glacial, mais je vous rappelle qu'une personne a failli mourir il y a quelques minutes, et qu'une autre est ciblée !
- Papa, ce n'est pas...
- Ce que Harry essaie de dire, fit doucement Elspeth, c'est que nous sommes conscients du danger...
- Dix points pour vous.
- ... mais que personne ne nous empêchera de vivre comme nous l'avons toujours fait.
- Sept points en moins par avance, pour ton frère !
- Papaaa..." râla un instant la jeune fille.
Ses lèvres s'étirèrent.
"Tu n'as pas à t'inquiéter. Nous veillerons les uns sur les autres, c'est cela une famille."
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Severus avait la gorge nouée, bien que son visage n'en laisse rien paraître.
Une famille. Le plus beau cadeau que lui ait fait le Destin.
Deux enfants si différents...
Harry, le Gryffondor pur jus de citrouille, Elspeth, la Poufsouffle réfléchie. Au fil des semaines chacun avait évolué au contact de l'autre : lui s'était calmé, acceptant souvent son aide, elle, s'était révélée, devenant l'âme de leur duo, tout en s'ouvrant au monde extérieur. La fillette qui voulait disparaître dans un trou de souris n'existait plus.
Il hocha la tête à l'intention de cette dernière, qui le récompensa d'un sourire éblouissant.
Je pourrais bien y prendre goût, pensa-t-il.
Hé hé, jugea Alistair, ces deux Serpentards en herbe vont bientôt égaler leur père ! Et je vais pouvoir aller m'en siffler une tout seul dans une Maison de Bière.
"D'accord, fit Severus, nous allons revoir le protocole. Les enfants ?!
- Oui ?!
- Je vous confie une mission très importante...
- Laquelle ?
- Veiller sur Alistair. Et vous serez responsable de toute bêt... de tout ce qui pourrait lui arriver."
Le sourire des jeunes se fana immédiatement - même celui de Lydie, elle savait de quoi il était capable - et trois paires d'yeux fusillèrent le susnommé.
Rectification, pensa le Minotaure, personne n'arrivera jamais au niveau de Sev, en ce qui concerne la ruse. Les mômes ne vont pas me lâcher, maintenant, je ne peux quand même pas les emmener s'en jeter un derrière la cravate qu'ils n'ont pas ?
A moins que...
L'Homme-Taureau jura sur son grand-oncle Zeus - autant que ça retombe sur lui ! - qu'il serait sage comme le veau qui vient de naître et que Sev pouvait aller brasser ses potions en toute quiétude. Pas dupe, le Potionniste partit avec Grimoire et Imhotep, guère rassuré sur son intégrité physique. Quand ce fut fait...
"Bon, les enfants, que diriez-vous d'une petite sortie dans Memphis ?"
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Une heure plus tard, dans les appartements de Diounout...
Severus avait brassé l'Élixir Fortifiant en un temps record. Son anti-venin étant entre deux phases, il l'avait laissé sous la surveillance de Grimoire et d'Imhotep, ce dernier à la fois heureux que ses bonbons au melon aient servi, et chagrin pour y avoir laissé les os du petit doigt...
A moins que ce ne soit l'inverse.
L'homme sombre avait alors traversé les couloirs annexes, à la suite d'un serviteur que le Prince Ramsès avait laissé à leur porte. Il le conduisit dans le quartier des femmes. Bien que celles-ci ne vivaient pas isolées dans un gynécée**, la venue d'un homme autre que Pharaon ou son fils était interdite, et n'admettait qu'une exception : un médecin.
C'était donc en cette qualité que le Potionniste s'était présenté à l'huis, où il fut déclaré bienvenu. Nedjemet et sa grand-mère n'étaient pas seules, le jeune Ramsès ne quittait pas ses parentes des yeux. Il avait quand même pris le temps de revêtir ses attributs princiers et l'or brillait sur sa peau.
Le Potionniste ne s'était pas démonté. Les Rois, les importants ne l'impressionnaient plus, si tant est qu'ils l'aient fait un jour, et le Prince n'était pas du genre à écraser les gens de sa soi-disant supériorité.
"Sois remercié, Fils du Pays de Keftiou***, de nous accorder la grâce de ton savoir, fit celui-ci solennellement, grâce à toi, je peux espérer voir ma tendre cousine s'éveiller à nouveau."
Déclaration pompeuse, sans aucun doute destinée aux domestiques qui gravitaient autour d'eux. C'était bien pensé : tous avaient vu les voyageurs du temps, ou entendu le récit de leur arrivée et mille hypothèses se frayaient un chemin dans leurs têtes. Que le Prince reconnaisse avoir fait appel à eux, à lui, spécifiquement, ne chagrinerait que les Médecins royaux. Cela, la masse des serviteurs pouvait s'en arranger. Et ne chercherait pas plus loin.
Severus s'approcha du lit sur lequel gisait la jeune femme. Elle semblait s'étioler à chaque instant un peu plus et ses cheveux indociles collaient à ses paupières. Il les écarta de la main.
"Réveillez-vous, jeune Dame."
Elle ne frémit même pas.
"Ma Douce..."
Il ne sut comment ces mots lui étaient venus, mais ils furent efficaces : Nedjemet eut une convulsion, gémit.
Ses yeux de tigre épuisés s'arrimèrent dans les obsidiennes,
et le temps s'arrêta.
...
"C'est lui, je te dis, c'est lui ! sanglotait Diounout dans les bras de son neveu.
- De qui parles-tu ?
- De Pakhémetnou, l'époux défunt de Nedjemet. Il est revenu d'entre les morts.
- C'est impossible ! souffla le Prince.
- Je ne me trompe pas ! C'est sa voix, ses mots ! Il... il avait l'habitude de l'appeler Ma Douce, et... et..."
Vaincue par l'émotion, la vieille Dame perdit connaissance, s'affalant contre un Ramsès qui ne savait que penser.
Il avait connu le mari de sa cousine, et celui-ci n'avait aucune ressemblance physique avec le nouveau venu. Sauf sur un point.
Ses prunelles, aussi noires et profondes que la nuit.
Se pourrait-il que sa tante ait raison ?
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Au dehors, une demi-heure plus tôt...
"Mais enfin, s'indigna Lydie devant Alistair, tu ne vas pas nous emmener dans ce bouge, tout de même ?!
- C'est quoi un bouge ? demanda Harry.
- Une infâme gargote, un coupe-gorge, un lieu à ne pas recommander aux âmes sensibles.
- Ah, comme la Tête de Sanglier.
- Connais pas. En tous cas, pas question que nous allions dans ce lieu de perdition !
- La seule chose que nous pourrions perdre, ici, ce serait nos illusions, et perso, c'est fait depuis longtemps, poursuivit le Minotaure.
- Oh, toi !"
La fille aux cheveux d'or abandonna la lutte. Alistair était déterminé à entrer avec eux dans cette Maison de Bière, et rien ne le ferait changer d'avis. Lydie soupira. Les choses avaient pourtant bien commencé : les danseuses et les musiciens leur avaient fourni des habits plus en accord avec l'époque, et quelques Glamours avaient complété le tableau. Seul le Minotaure n'avait rien changé à son apparence, il avait seulement troqué son survêt' Twickenham For Ever pour un vêtement plus léger, mais tout aussi couvrant.
"Tu vas provoquer la panique, au dehors, l'avait-elle alerté.
- Pas forcément ! Les Égyptiens de ce siècle acceptent le surnaturel. Tu as vu ? Même la présence d'Imhotep ne les effraie pas. Et ils me prennent pour le Dieu Apis, alors...
- Tu veux en jouer ?
- En effet. Ça peut être utile."
Et leur troupe s'était enfoncée dans les ruelles de Memphis, escortés d'enfants piailleurs qui s'étaient vite lassés de les suivre. Leur brève compagnie fut utile, cependant : ils leur donnèrent une adresse.
Et c'est pour cela que le groupe se retrouvait devant Les Cornes d'Oryx, Maison de Bière réputée pour la qualité de sa production, celle des renseignements qu'on y obtenait et les mauvaises rencontres qu'on pouvait y faire.
Surtout pour les mauvaises rencontres.
Faisant bloc derrière la masse imposante du Minotaure, les jeunes entrèrent, pas rassurés du tout.
Un pas, et tous les clients les dévisagèrent
Deux, et personne ne réagit à l'apparence du Minotaure.
Rien que cela aurait dû les alerter, mais la porte claqua dans leur dos avant qu'ils n'aient pu s'enfuir.
"Rachtok !" cria un des habitués.
Ce devait être le nom du Patron, car une silhouette jaillit d'une pièce hors de vue. Un corps menu, des ongles longs et inégaux, des dents aussi pointues que des aiguilles, une peau sombre...
"Par la Barbe de Merlin !..." commença Alistair.
Un Gobelin.
...
* Dans Le Collier de Minos.
** le gynécée est l'appartement des femmes, chez les Grecs anciens.
*** La Crête, pour les Égyptiens.
