Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du Dix-Neuvième Parallèle sont à moi.

Rating : T

Personnages : Harry Potter, Severus Snape, OC.

Correctrice : Fantomette34


RàR : Guest, merci pour ta review !

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Un chapitre centré sur Harry, et les choses se gâtent encore.

Bonne lecture !


Les Sorciers et le Livre de Thot - Blessures

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Une odeur le réveilla.

Oh, ce n'était en rien un doux parfum... cela sentait la chèvre.

La chèvre ?! Mais qu'est-ce que je fais à la Tête de Sanglier ?

Harry força ses yeux à s'ouvrir, ce qu'ils firent, suffisamment du moins pour qu'il pût voir son environnement : il était adossé à une paroi. Au lieu du sol de marbre du temple de Maât il contemplait la terre, à la place des riches tentures s'élevait un mur de briques crues. Ajouté à cela la pénombre qui régnait, malgré le soleil à son zénith et la chaîne qui s'enroulait autour de son poignet...

La conclusion en était vite tirée. Il était prisonnier, loin du Temple et sans moyen de s'enfuir.

Peut-être pourrait-il prévenir Severus par télépathie ?

Cet espoir se fana dans la seconde. Se concentrer était essentiel pour cela, et le Gryffondor n'y arrivait pas : un vertige le saisissait dès qu'il faisait une tentative. Même respirer était devenu difficile.

Il ne s'obstina pas et se laissa glisser au sol, préférant recouvrer ses forces plutôt que de s'acharner, comme il l'aurait fait s'il avait laissé son côté Gryffondor aux commandes.

Le sommeil l'emporta aussitôt.

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Cette fois, ce fut un son qui lui fit reprendre conscience. Un grattement. Mais il n'y avait pas que cela, des voix... des voix se percevaient derrière la porte :

"... Surveillez-le... s'il s'enfuit, nous sommes... au cas... retrouvez-le et..."

Harry n'entendit pas la fin mais il pouvait compléter sans problème. Cela tenait en un mot : Couic !

Décidément, les méchants, quels qu'ils soient, veulent tous me faire la peau, pensa le jeune homme, quel manque d'imagination !

Sa réflexion lui arracha un sourire : c'était le genre de raillerie qu'aurait pu faire Severus. L'homme l'imprégnait plus qu'il ne voulait l'admettre. Non qu'il en fût fâché, l'influence du Serpentard lui avait donné un certain équilibre.

Gratt gratt...

Dans une obscurité plus dense qu'avant, le Gryffondor chercha du regard ce qui pouvait faire un tel bruit. Rien au ras du sol, et plus haut,

une lucarne, obstruée par quelque chose de mouvant.

Pof !

La Créature avait quitté l'étroit encadrement pour sauter juste devant Harry, qui put la voir grâce au retour de la lumière.

C'était un babouin.

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"Euh... salut !" fit Harry, n'osant bouger un cil.

Il savait par Grimoire que ces singes sociaux pouvaient devenir très violents s'ils se sentaient menacés, et il n'avait pas envie d'en faire les frais, vu la taille des crocs et des griffes de celui qui lui faisait face, mais, les secondes passant, et l'animal ne faisant pas montre d'agressivité il se détendit et put l'observer tout à loisir.

C'était un singe adulte, sans doute dominant. Son regard fixé dans celui du Gryffondor donna à ce dernier l'impression étrange d'être disséqué, mis à nu, mais cela ne dura pas. Les prunelles s'adoucirent, le museau resta fermé, finissant de rassurer le jeune humain.

"Hé !"

D'un bond le singe avait sauté sur Harry et fouillait le creux de sa ceinture.

"Non, arrête, tu m'chatouilles ! Qu'est-ce que tu cherches ?"

Apparemment, il avait trouvé. L'animal s'éloigna hors de portée et avala à la hâte sa découverte.

"Mon dernier bonbon au melon !"

La douceur semblait avoir rendu le babouin d'humeur joueuse, car il fit plusieurs sauts dans l'étroite pièce jusqu'à ce qu'il décèle un nouveau centre d'intérêt, jusque là, caché sous des brins de paille. Un bout de bois...

Ma baguette.

"Donne-la moi !"

L'ordre ne fit ni chaud ni froid au singe qui manipula l'Artefact dans tous les sens et finit - pouah ! - par en fourrer l'extrémité dans une de ses narines.

"Hé, y'a déjà eu de la morve de Troll dessus, n'en rajoute pas !"

Comme s'il avait compris, le museau du babouin se plissa en une moue de dégoût et la baguette se retrouva à l'air libre... pour servir ensuite de gratte-dos.

Merlin, il ne s'approchera jamais assez pour que je la lui prenne, gémit le Gryffondor, grattant par mimétisme sa propre omoplate.

L'animal le considéra, et...

Tap tap ! Harry releva la tête qu'il avait posée sur ses genoux, le singe était tout proche et lui offrait le bout de bois.

"Merci," fit-il, soulagé.

Mais de rien, semblait dire le regard d'ambre.

Le Gryffondor était trop affaibli pour user de plus d'un Sortilège et avoir la chance de se défendre, une fois dehors. Il renonça au Patronus. Il écarta de même le jet d'étincelles géantes dans le ciel, il n'était pas sûr que les siens puissent le voir. Vu la situation, un seul Sort s'imposait.

Il pointa sa baguette sur l'espèce de verrou qui maintenait sa chaîne au mur.

Alohomora !

Cette incantation, pour simple qu'elle fut, lui fit tourner la tête mais il n'en eut cure : cela avait marché.

Il était libre !

Enfin, il lui restait à sortir de la pièce et cela, c'était pas gagné. Il ne pouvait passer par la lucarne et la porte était sans doute gardée. Tenter de démolir le mur ferait trop de bruit, et... mais si, c'était la solution !

Dans l'instant qui suivit un vacarme se déclencha à l'intérieur, attirant l'attention des geôliers. Les hommes, craignant l'arrivée d'une patrouille, se hâtèrent d'ouvrir pour le faire cesser, mais

ils en restèrent comme deux ronds de flans. Il n'y avait plus de jeune homme céans, juste un babouin furieux qui leur criait après.

"Par Hermès, quel est ce prodige ?! dit Riklès, un mercenaire grec.

- Peu importe, c'est toujours le gamin, répondit Firfacthor, un grand blond habillé en noir de haut en bas, même pour ses chaussures.

- Attention, il s'échappe !"

Effectivement, le singe avait mis à profit le petit flottement des hommes de main pour foncer droit sur eux et les déborder.

"Tous derrière lui ! S'il nous échappe, le patron nous fera la peau.

- Eh... et la porte, on ne la ferme pas ?

- Pour garder quoi, maintenant, la poussière ?"

Le malfrat ferma son clapet et suivit ses acolytes, pourchassant le singe qui les narguait au loin,

et dans la pièce à nouveau calme s'éleva un chuchotement :

"Yes, ça a marché !"

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Harry s'était aplati sur le mur, à l'endroit où devait taper la porte une fois ouverte. Pour cela, il avait été servi : les bandits avaient envoyé violemment le vantail de bois à sa rencontre et il ne comptait plus ses bosses. Peu importait. Son plan avait marché et c'était l'essentiel.

Il sortit. Prudent, il scruta les environs pour les trouver vides de présence humaine. La ruelle s'étirait sur la gauche où il entendait les échos de la chasse au babouin, sur la droite un coude en cachait l'extrémité.

Pas le choix, à droite toute !

Le Gryffondor s'éloigna aussi vite que sa fatigue le lui permettait. Pour la première fois de sa vie, il souhaita tomber sur des soldats où des Medjaïs. Même la vue de Ramas Takouet l'aurait rempli de joie, cela aurait signifié la fin de ses ennuis.

Focalisé sur cet espoir, le jeune Sorcier ne surveilla pas ses arrières.

Il aurait dû.

Une silhouette jaillit de nulle part et révéla un homme, remisant l'anneau de Gygès qui l'avait rendu invisible.

Décidément, il faut tout faire soi-même.

La lame de son poignard brilla d'un éclat sinistre. Encore trois mètres... deux... un...

"Prépare-toi à rencontrer Osiris !" lança-t-il en levant le bras.

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Le cri de Harry fit s'envoler tous les oiseaux alentours.

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o-O-o

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Maison de Vie.

"Grimoire, prends sur toi ! le tança Severus, nous ne sommes que de passage dans la cuisine de Morora, bientôt nous serons hors d'ici.

- Ce ne sont pas ses préparations qui me rendent malade, enfin, pas seulement. Il y autre chose.

- Que t'arrive-t-il ?

- J'ai... j'ai des visions et dans celles-ci, je fais des choses qui me sont impossibles. Je saute par-dessus des barrières, ma foulée est digne de celle d'un sprinter. C'est un rêve éveillé, n'est-ce pas ?

- Possible, sauf si tu es le frère caché de Carl Lewis.

- Il y a Harry dans ce rêve.

- Hein ?

- Je le vois... Je suis sur un haut mur et je le vois au loin. Il clopine, il est épuisé. Et... et il y a quelqu'un qui émerge du néant, derrière lui. Cet homme va le poignarder, alors je cours..."

Severus, Morora et son frère blêmirent. Les yeux de Grimoire s'étaient révulsés.

"Il est possédé par Seth, comme le fut le scribe Pakhémetnou !

- Fichaise !" s'écria Severus.

Pas si sûr. Cela ressemblait beaucoup trop au lien qui avait existé entre Harry et Voldemort.

Soudain Grimoire s'élança dans la cuisine, mimant la course folle de son double. Il butta contre un chaudron, se releva, et finit par heurter la réserve de légumes qui s'écroula sur lui, le projetant à terre.

"J'ai mal, gémit ce dernier en se tenant le ventre.

- Je ne vois rien d'autres que des contusions sans gravité.

- Non, c'est... bien plus important."

Et il ramena au jour sa main pleine de sang.

Une entaille profonde barrait son corps. Merlin, il y a une seconde cette blessure n'existait pas !

Severus arracha la tunique rougie, sortit sa baguette et commença à incanter.

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"NOON !" cria Harry.

Le Gryffondor avait sursauté quand le singe s'était matérialisé devant lui, venant de nulle part. Il n'avait pas compris pourquoi celui-ci l'avait ensuite dépassé, jusqu'à ce choc.

Le babouin l'avait sauvé, en recevant le coup de poignard à sa place.

Fou de rage, l'animal avait eu le temps de lacérer le visage de l'homme avant de s'écrouler et ce dernier s'était enfui.

"Oh non !

Ne t'inquiète pas, je vais te soigner ! fit-il à l'animal, tirant sa baguette. Vulnera Sanentur... Vulnera Sanentur... pourquoi ça ne marche pas ? Vulnera Sanentur..."

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A ce moment précis, son père commençait sa propre incantation sur Grimoire.

...