Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du Dix-Neuvième Parallèle sont à moi.

Rating : T

Personnages : Harry Potter, Severus Snape, OC.

Correctrice : Fantomette34.


RàR : Guest, merci pour ta review.

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Un chapitre qui précède la bagarre proprement dite.

Bonne lecture !


Les Sorciers et le Livre de Thot - À l'attaque !

Première partie

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Harry continuait à user, sans grands résultats, du Sort Guérisseur sur la plaie du babouin quand un message télépathique l'effleura...

Fils ?

"Papa !fit-il à voix haute, immédiatement soulagé, je... le Vulnera Sanentur ne marche pas, le sang coule toujours !"

Tu es affaibli. Synchronise-toi avec mes mots et à nous deux, nous viendrons à bout de ces blessures.

"Ces blessures ?"

Ne cherche pas à comprendre, obéis ! Un... deux...

Confus, le Gryffondor se concentra, enfin, il essaya. A trois ! il incanta à nouveau et le contre-sort au terrible Sectumsempra fit son office : l'œuvre du poignard se referma et ne resta sur la peau qu'une fine ligne rosée qui finirait par disparaître.

La tension quittant son corps, Harry s'affaissa, le singe toujours dans ses bras. Il n'avait plus de forces. Un groupe d'hommes, attiré par ses cris, lui parlait mais il n'entendait rien. A peine avait-il remarqué leur état d'artisans que l'un d'entre eux s'éloignait à toutes jambes.

Bah ! se dit-il, le bonhomme peut bien aller où il veut...

L'épuisement le faisait presque délirer. Harry sentit qu'on glissait entre ses lèvres un liquide épais et sucré. De la bière. Il n'aimait pas, mais il n'allait pas faire le difficile. C'était la Solution de Force locale, après tout. Des bras amis le débarrassèrent du singe et le relevèrent, il put rester debout sans vaciller et ses pensées tournèrent à l'optimisme : la situation s'arrangeait.

Il aurait dû se souvenir que l'Employé du Destin chargé de sa famille détestait ce genre d'affirmation.

Alors...

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"Le voilà !"

Les malfrats qui avaient emprisonné Harry étaient de retour dans la ruelle. Bonne nouvelle : ils semblaient aussi épuisés que lui à cause de leur course après le babouin. Mauvaise nouvelle : ils avaient rameuté dans leur périple des collègues, une dizaine d'hommes, et pas des demi-portions. Le Gryffondor blêmit, avec un lot pareil ses chances de survie étaient proches de zéro. Il fit signe aux artisans de fuir, aucun n'y consentit, bien qu'étant deux fois moins nombreux que les malfaiteurs.

Parmi ces derniers, le géant blond Firfacthor, qui avait perdu une chaussure dans le parcours s'écria :

"Par Anubis, le garçon-singe s'est dédoublé !

- Mais non ! fit Riklès, faisant preuve de plus de jugeote, il ne s'est jamais transformé en babouin. Il nous a leurrés pour pouvoir s'enfuir."

Les traits de Firfacthor s'empourprèrent.

"Ah, tu t'es moqué de nous ? Eh bien, tu vas le sentir passer !"

La colère le portant, en trois bonds il fut sur Harry et le prit au collet. Son poing partit et lui cogna la mâchoire.

"Occupez-vous des autres !" cria Riklès, tirant une dague de sa ceinture.

La situation était passée de critique à désespérée, et l'on aurait mis un point final aux aventures de Harry Potter si le Destin n'avait, irrité par le zèle de son Employé, retoqué la plupart de ses initiatives, les déclarant non conformes à la Constitution de son service.

Ce qui fit que la bagarre, à peine entamée, tourna au désavantage des méchants : une corde faite de bandelettes empêcha Riklès d'abattre son arme sur un des artisans, une flèche blessa un autre bandit, l'ôtant de la bataille, un sifflement furieux précéda l'arrivée d'un projectile qui se révéla être Sssethos, crochets devants, et une fumée sombre sépara le grand blond avec une chaussure noire d'un Harry tuméfié.

Mais cela n'était rien, comparé au piétinement qui fit trembler le sol, annonçant l'arrivée d'un taureau au regard meurtrier.

La cavalerie était enfin là.

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Au Temple de Maât, quelques minutes auparavant.

Cela faisait trois-quarts d'heure que Harry était censé faire un travail d'archivage, au Temple, et Flûtiau, resté avec le Prince, commençait à s'agiter. L'animal bougeant de plus en plus, Ramsès congédia Prêtres et serviteurs, ne garda que deux Medjaïs, dont Ânty, leur chef et un plus jeune auprès de lui et partit aux nouvelles. Il avait beau se dire que le Temple était sûr, que personne ne pouvait y venir sans que cela se sache, le souvenir de l'attentat contre lui, au Palais, lui rappelait que nul endroit n'était à l'abri de ses ennemis, qui étaient maintenant aussi ceux des Envoyés des Dieux.

Et si jamais ils étaient entrés et avaient vu le jeune homme aux yeux verts, isolé...

Ses craintes se virent confirmées quand il trouva les appartements vides, et qu'un des Medjaïs lui montra le passage secret béant. L'homme partit en éclaireur et revint aussitôt, déclarant qu'il n'y avait âme qui vive dans la nouvelle pièce.

Ils y allèrent.

Suivre les pas de Harry fut facile, vu la couche de poussière, mais les traces s'arrêtaient devant la peau de bœuf, et il était visible que quelque chose avait été trainé vers le mur ouest. Le jeune tenta de pousser de l'épaule le coffre qui s'y trouvait, sans succès. Celui-ci semblait collé au sol.

"Un mécanisme relie le meuble à une trappe ! fit Ânty, qui s'était allongé pour mieux voir, je vais le forcer."

Une barre de métal fit office de pied-de-biche et, dans un craquement, ce qui reliait la trappe et le dessous du coffre fut brisé. Autre conséquence : le Medjaï avait utilisé tant de force qu'il envoya valser sans le vouloir le meuble cubique, le cassant un peu plus.

Meuble qui devint subitement très bruyant.

"Par Rê, quelle est cette bizarrerie ?" s'interrogea l'homme, tandis que lui et son collègue reculaient.

Ramsès leur ordonna de briser la serrure du coffre, de le saisir et, une fois en l'air, de le retourner brusquement. On allait bien voir ce qui en tomberait.

Ce qui en tomba ?

Une masse textile, semblable à un amas de chiffons, mais qui se révéla être...

"Imhotep ?!"

La momie grommela : elle était aussi emmêlée qu'un nœud gordien.

"Pardon, Prince, mais il faut que je remette tout cela en place. Et que je recompte mes os. Heureusement que j'ai la check-list."

Médusés, les trois vivants n'eurent pas le temps de reprendre leurs esprits, une autre forme chutait du coffre. Sssethos.

Le pauvre serpent était tout froissé et très en colère.

Sssi je retrouve Ssselui qui m'a enfermé, je vais lui faire avaler Ssson papyrus de naiSssance !" siffla-t-il.

Les bras crispés sur les bords du coffre, les Medjaïs le secouèrent pour en faire descendre quelque chose qui cliquetait.

Des os !

Un squelette entier qui s'abattit sur Imhotep.

"C'est complet !" cria-t-il, rageur, en se protégeant sous ses bandelettes.

Cette fois-ci, la boite cubique était vide. Mais les êtres présents, vivants, serpent ou momie restaient muets. Car l'ensemble osseux qui venait de tomber n'avait rien de normal.

C'était celui d'une Créature.

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"Nous avons été attrapés et tassés dans ce meuble, avoua Imhotep au Prince, nous ne pouvions ni bouger, ni faire du bruit pour donner l'alerte, une force nous en empêchait.

- Et le garçon aux yeux verts ?

- Nous ignorons ce qu'il est advenu de lui."

Ramsès soupira. La situation se présentait mal. Oh, bien sûr, il n'était pas responsable du jeune homme, mais pouvait-il s'en désintéresser alors que son père, le magicien aux yeux noirs, lui avait sauvé la vie ?

Non.

Un grondement le fit sortir de ses pensées. Flûtiau, resté à l'extérieur, pointait le bout de son museau. Ses naseaux reniflèrent toute la pièce, pour finir par marquer l'arrêt devant la trappe.

"Pourrait-il suivre la piste de votre ami ?

- Euh... je suppose que oui.

- Alors allez-y !

- Nous ?! coassa la momie.

- Bien sûr ! Vous pouvez, tous les trois, vous glisser dans ce boyau et partir à son secours.

- Mais je..."

Imhotep se tut. Franchement, il ne pouvait s'avouer claustrophobe, lui qui avait passé deux mille ans dans un tombeau.

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Juchés sur le dos de Flûtiau, Sssethos et l'ancien architecte descendirent dans le souterrain, disparaissant très vite dans les ténèbres.

Ramsès et les Medjaïs restèrent un moment dans la pièce mystérieuse, jusqu'à ce que...

"Prince, osa Ânty.

- Parle !

- Cet endroit... le passage secret... c'est l'œuvre d'un ennemi.

- Sûrement.

- Mais comment a-t-il fait ? Celui à qui appartient cette pièce est...

- Je sais !"

L'héritier de Pharaon passa la main sur son visage.

"Je sais," répéta-t-il plus doucement.

Il ne pouvait en vouloir au chef des Medjaïs. Cette situation...

c'était à n'y rien comprendre.

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A la maison de bière, peu avant la bagarre...

Alistair surveillait les soldats, et leur Capitaine Entomologis, qui remontaient les murs de la Maison de Bière. La troupe ne protestait pas, elle était chanceuse, d'une certaine manière, car Pharaon aurait pu les expédier sur la frontière avec les Hyksos, pour les punir, et , cela aurait été bien plus pénible.

Écrasant une chaise qui avait survécu à la bagarre, le Minotaure savourait un pot de Seremet, cette bière de luxe aux dattes que Rachtok avait tiré de ses réserves, qui n'avaient pas souffert de l'effondrement des murs et du toit. Le Gobelin, prudent, l'avait fait payer avant et son "client" s'était séparé de nouvelles fioles de potions guérisseuses. Pour autant, l'Homme-Taureau n'oubliait pas pourquoi il était là : en savoir plus sur la transformation de l'ancien potier en Gobelin.

"J'étais un artisan comme les autres, répondit ce dernier, je fabriquais des vases destinés aux Temples, que je livrais chaque matin. Un de ceux-ci, je devais déposer mes œuvres au Temple de Maât, ce que j'ai fait...

C'est la dernière chose dont je me souvienne de ma... ma vie d'avant. On m'a retrouvé dans le désert, délirant et la peau brûlée. Mes anciens collègues m'ont recueilli et soigné, mais ce n'était pas des brûlures ordinaires. Tout mon corps a changé par la suite, pour devenir ce que tu vois maintenant.

- Cela s'est passé quand ?

- Il y a quatre mois. Depuis ce jour, je m'occupe de cet établissement qui me permet d'avoir du Pain et de la Bière* pour vivre. Ce qui...

- ALISTAIR ! RACHTOK !"

Le cri fit tressaillir le Minotaure qui éclaboussa son museau du liquide mousseux qu'il buvait juste à ce moment-là.

"Fournès ?! s'étonna le Gobelin, que t'arrive-t-il ?

- Près du... Grand Temple, fit l'homme, essoufflé... ton fils, Minotaure... il est en danger. Il est... Il est en compagnie des nôtres, mais... j'ai vu, quand je suis parti vous... prévenir que des bandits attaquaient.

- QUOI ?!"

Alistair s'était levé d'un bond et avait crocheté le pauvre Fournès par le col.

"Où-est-ce-Grand-Temple ?

- Au bout de l'avenue parallèle à cette ruelle, fit précipitamment Rachtok, alarmé par la couleur betterave cuite de son ami.

- Okay, j'y vais !"

Et en moins de temps qu'il n'en faut pour dire bière, le Minotaure avait pris sa forme animale et était parti à toute allure, criant à la cantonade :

"Y'en a qui vont avoir une 'tite séance de Cornopuncture. Et gratuite, en plus !"

Le Gobelin resta avec Fournès et les soldats, interloqués.

Il regarda les armes que ces derniers avaient déposées pour maçonner les murs.

"Reprenez-les et allez le rejoindre !

- Hein ?!

- On ne sait jamais ce qui peut se passer dans une bagarre. Ils auront peut-être besoin de vous."

Le Capitaine Entomologis ne se le fit pas dire deux fois : récupérant arc et flèches, il courut avec ses hommes derrière le Taureau vengeur. Les bandits allaient déguster, et pas forcément du canard au miel.

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Cuisine de Morora, dans la Maison de Vie.

"Harry a peur, quelque chose a dû se produire. Grimoire, sais-tu où il se trouve exactement ?

- Dans ma vision, il était près d'une immense statue de granit rouge.

- Le portail Nord du grand temple ! s'écrièrent ensemble Morora et son frère, la statue de Pharaon qui fait dix-huit mètres de haut. **

- Indiquez-moi l'orientation, j'y vais.

- Mais tu ne peux Transplaner à l'aveuglette ! fit Grimoire.

- Ne t'inquiète pas pour cela."

La cuisinière ayant obéi, Severus transplana sur le toit le plus proche dans cette direction. De là-haut, une statue de dix-huit mètres se verrait, n'est-ce pas ?

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Grimoire sursauta quand Morora le secoua d'importance.

"Hé, on ne va pas le laisser s'amuser tout seul, non ?

- Mais...

De toute façon, on arrivera trop tard !

- Pas sûr, mon beau, le Temple n'est qu'à deux-cents coudées, et je connais les passages !"

L'Enquêteur se laissa embarquer par l'enthousiasme de Morora qui, avant de partir, plongea un chaudron dans le reste de ses épinards.

S'il y avait des méchants sur place, ils allaient avoir du rab.

...


*Le pain et la bière étaient la base de l'alimentation égyptienne antique.

** Il ne reste qu'un bras de cette statue qui se trouve au British Museum.