Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du Dix-Neuvième Parallèle sont à moi.

Rating : T

Personnages : Harry Potter, Severus Snape, OC.

Correctrice : Fantomette34.


Un chapitre de transition où le duo Sev-Alistair, accompagné de Massacre, se retrouve à la fin face à une Créature très peu amicale.

Bonne lecture !


Les Sorciers et le Livre de Thot - La Nécropole du Fayoum

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Au Palais...

A peine entrés dans la salle d'audience, les Sorciers comprirent que quelque chose se tramait. Ramas Takouet, Le Vizir, ne promenait plus son regard hautain depuis l'estrade, il était au niveau des arrivants et surtout...

le Pharaon Séthi siégeait à sa place.

On ne pouvait s'y tromper, bien que l'homme ne soit pas couvert d'or et de pierres, parce que ses yeux montraient l'usage du pouvoir et aussi parce que la ressemblance avec Ramsès, son fils, était flagrante. Ce dernier était là, en compagnie d'Ânty, le chef des Medjaïs, donnant un supplément d'importance à l'entrevue. Ils n'étaient pas les seuls des Ramessides : les paupières rougies, Diounout et Nedjemet étaient agenouillées sur des coussins, et l'on ne savait laquelle soutenait le plus l'autre.

Quand il revit la jeune femme, le souffle de Severus s'arrêta.

Elle était la beauté même. Les larmes qui coulaient sur ses joues n'arrivaient pas à enlaidir son visage, au contraire, elles avaient une brillance de nacre qui les apparentait aux perles les plus précieuses et le Sorcier en était fasciné. Une fois de plus, le temps et l'espace s'effacèrent : les yeux noirs adoucis et les prunelles mordorées se rencontrèrent à nouveau, mais tout avait changé. Nedjemet venait d'apprendre que son mari était, peut-être, toujours en vie et son cœur s'était fermé aux prémices de l'amour que Severus lui offrait.

Merlin, quelle douleur !

Perdu dans ses pensées, le Potionniste ne vit pas les courtisans et le Vizir quitter la place alors qu'arrivaient Massacre, Elspeth et Lydie.

Les Voyageurs du temps au complet étaient seuls avec Pharaon, sa famille et son homme de confiance.

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"Je ne peux y croire." murmura le Souverain.

La nouvelle de la possible survie de Pakhémetnou, l'époux de Nedjemet, les avait bouleversés, lui et les siens, mais le fait que l'homme était peut-être derrière le complot contre le Prince n'était, pour eux, tout simplement pas possible.

Severus savait par expérience qu'on pouvait cacher beaucoup de choses à un Maître, et ce pendant longtemps, aussi demanda-t-il à Ramsès des précisions sur le parcours du susnommé. Après tout, c'était la base d'une enquête et enquête il y avait.

Le jeune Prince fut concis, et il sortit de ses propos que Pakhémetnou était né une trentaine d'années plus tôt dans le Fayoum, au sud-ouest de Memphis. Son père était un petit propriétaire qui possédait dix aroures de terres neuves* le long du Nil. Cela aurait dû donner une vie facile au garçon mais il avait de nombreux frères et sœurs, lui-même était le troisième fils, d'où son nom,** et les récoltes ne suffisaient pas pour toute la famille. L'enfant était intelligent et un fonctionnaire l'avait pris sous son aile, l'envoyant à la Maison de Vie pour qu'il apprenne le métier de scribe. Il y grandit en force et en savoir.

"Y a-t-il près d'ici un de ses anciens camarades que nous pourrions interroger ?

- Le scribe Pentaour. Ils partageaient la même chambre."

Severus rangea cela dans un coin de sa tête. Ce récit était lisse. Trop lisse. Il ne soupçonnait pas Ramsès de mensonge, non, mais cela s'était passé avant sa naissance et il ne faisait que répéter ce que d'autres lui avaient dit. L'ascension du garçon, de l'enfant au jeune Scribe, semblait avoir été exemplaire mais la méfiance naturelle du Potionniste lui criait le contraire ; ça, et la grimace qu'Ânty ne put dissimuler.

Bien, il faudra aussi interroger le Chef de la Police. Quelle ironie !

Il s'inclina.

"Si vous le permettez, Seigneur, nous allons nous retirer et réfléchir à tout cela."

Le Pharaon les congédia d'un geste, l'air absent, et Severus sortit avec les siens pour retrouver son quartier général, juste de l'autre côté du bassin. Il était temps d'aborder cette histoire sans idées préconçues, ce que ne pouvait faire, de toute évidence, la famille royale.

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Dès qu'ils furent de retour dans leur Q.G. trois hommes s'annoncèrent, dont deux chargés d'un étrange attirail.

"Mon chef a fait collecter les possessions de Pakhémetnou au Temple de Maât, fit le jeune Medjaï à leur tête, et m'a ordonné de vous les transmettre au plus vite."

Severus le remercia et débarrassa la table pour étaler la charge hétéroclite : cela allait du matériel de scribe, classique, aux statuettes percées de trous, s'apparentant aux poupées vaudoues connues au vingtième siècle. Il y avait même...

"Un fossile.

- Albus est ici ?

- Voyons, Alistair, ce fossile n'est pas si vieux.

- J' sais pas. Peut-être qu'on pourrait le dater au Carbone 14 ?

- Albus aussi. Quoique... avec lui les mesures seraient faussées, les bonbons au citron, ça conserve bien au-delà de la date de péremption.

- Hé, vous deux, au lieu de plaisanter venez voir !" leur cria Grimoire.

Les jeunes avaient récupéré la peau de bœuf où s'étalait le plan que son propriétaire avait voulu soustraire aux regards.

"Je l'ai révélé grâce à un Finite Incantatem, dit Harry en le déroulant, et nous savons tous ce que cela signifie.

- Pas nous, désolés, précisa Lydie à côté de Grimoire.

- Pardon ! Je vous explique : seule la Magie des Sorciers a pu créer ce plan, et elle ne devrait pas exister, ici et maintenant...

- ... car elle serait étouffée par la Magie des Dieux égyptiens, trop puissante, précisa Severus, du moins nous le pensions.

- Ce que nous avons appris démontre le contraire.

- Tu as raison, Grimoire : la transformation de Rachtok en Gobelin, l'Obscurus qui a rendu Ounech catatonique, ce plan, tout indique la présence de notre Magie.

- Y'a un truc que j' comprends pas ! continua Lydie, si ce Pouvoir n'en est qu'à sa naissance, comme vous semblez le penser, il n'y a donc personne qui puisse l'enseigner à quelqu'un, correct ?

- Oui.

- Dans ce cas, comment Pakhémetnou, le présumé coupable, a-t-il pu la maîtriser ?"

La question à dix mille Shâts. (pour faire local)

"Il ne la maîtrise pas ! affirma Severus, pas plus que les autres. Il n'a pu l'utiliser qu'en y mettant toute sa volonté, et même ainsi... Merlin !

- Quoi, qu'y a-t-il ?!

- Cet apprenti-sorcier, au sens où l'entendent les Moldus, se fera détruire corps et âme par Elle, lentement rongé de l'intérieur."

Harry eut un frisson de dégoût. Cette perspective... cela lui rappelait Voldemort avec son apparence qui s'éloignait de plus en plus de l'humain.

"La comparaison est bonne, lui dit son père qui avait suivi ses pensées, et Pakhémetnou a un autre point commun avec lui.

- Lequel ?

- Avant que nous ne l'arrêtions - ou que la Magie ne le tue - il a le temps de faire du mal.

Beaucoup de mal.

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Les Sorciers étudièrent soigneusement la carte, sans parvenir à définir son but. D'après Grimoire, les points marqués ne signalaient pas toujours une oasis ou un village et ils étaient éloignés de tout centre urbain.

"Et si cela indiquait des sources de Magie ? fit Elspeth.

- Voyons, fifille, la Magie, c'est pas comme de l'eau minérale.

- Je sais que j'ai raison ! Et cela expliquerait qu'il n'y en ait pas dans les villes : les Dieux y sont trop présents."

Alistair ne répondit pas tout de suite. Ce qu'elle avait dit... ça se tenait. Descendante de la Déesse Hécate, Elspeth avait des affinités avec les deux Magies. Elle était même le lien entre elles. Alors, pourquoi pas ?

Ils n'avaient pas d'autres hypothèses, de toute façon.

"C'est bien joli, ça, finit par dire le Minotaure, mais il y a dix-sept endroits notés sur cette carte. On ne va pas les visiter un par un pour confirmer, on n'a pas le temps.

- Non, il nous faut déterminer dans laquelle de ces "sources" est allé se réfugier Pakhémetnou. Il y est obligé, il n'a pas de réserves. Des idées ?

- Severus, hasarda Grimoire, le Prince Ramsès a dit que l'ancien scribe était natif du Fayoum. Il y a un cercle dans ce secteur, plus précisément sur la Nécropole.

- Cet endroit sur la carte est imprégné de douleur et de haine, contrairement aux autres, qui ont été notés plus tard, fit la plus jeune.

- Comment peux-tu dire ça ?

- Je le ressens !"

Possible. Encore une fois. Ils ne connaissaient pas la véritable étendue de ses pouvoirs.

"Bien. Nous irons donc là-bas, Alistair et moi. Emmener tout le monde par Transplanage nous épuiserait, et... qu'est-ce que tu as, Massacre ?

Le Chien Infernal tapait sa poitrine d'une de ses pattes.

"C'est vrai, s'écria le Minotaure, en passant par les Enfers il peut nous emmener n'importe où !

- Le groupe entier ?

- Euh... non, Sev. Charon est contre le tourisme de masse. Mais nous deux, ça ira !"

*soupir*

Au moins, ils ne se fatigueraient pas.

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La visite aux Enfers fût brève.

"SEVERUS ! ALISTAIR ! MES VIVANTS PRÉFÉRÉS !

- Charon, s'il te plaît, mets la sourdine.

- COMMENT ?!

- Laisse tomber !"

Massacre se dépêcha de les envoyer dans l'un des innombrables couloirs des Enfers, direction le Fayoum, laissant le passeur du Styx loin derrière.

"Tu ne leur as rien dit, fit une haute silhouette à ce dernier.

- Je ne voulais pas plomber leur moral,

les collègues égyptiens n'auraient pas été contents si je l'avais fait. Et puis, ça peut attendre."

Le Dieu dans l'ombre grogna. Oui, cela pouvait attendre, mais pas si longtemps que cela.

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La Nécropole du Fayoum, au crépuscule.

Le Trio Sorcier-Minotaure-Chien des Enfers sortit d'une tombe vide.

"Attention, fit le Potionniste, ne vous faites pas remarquer.

- Sev, c'est pas une boîte de nuit, ici, c'est un cimetière. Y'a personne.

- Chut !"

Le grattement qui avait alerté le Sorcier se fit entendre à nouveau.

"Je la vois, murmura Alistair, une lionne. Elle chasse, elle a senti une proie.

- Laquelle?

- Ben, nous."

Le Minotaure se trompait, la lionne avait repéré un pauvre hère qui cherchait un abri pour la nuit. Elle sauta.

Et le prodige survint.

Le corps du félin et celui de l'humain fusionnèrent. L'entité hurla.

Une Créature nouvelle s'abattit sur le sol.

Une Manticore.

...


* Une aroure était une unité de surface d'environ 2.500 mètres carrés, et les terres neuves étaient celles qui, proches du fleuve, étaient inondées chaque année et recouvertes de limon fertile. Elles étaient aussi les plus taxées.

** En effet, Pakhémetnou signifie "le troisième".