Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du Dix-Neuvième Parallèle sont à moi.

Rating : T

Personnages : Harry Potter, Severus Snape, OC.

Correctrice : Fantomette34.


RàR : Guest, merci pour ta review. - Christine, je t'envoie plein de Sauce Bolognaise virtuelle !

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Un chapitre de transition, avant le retour des ennuis (encore !)

Bonne lecture !


Les Sorciers et le Livre de Thot - La Villa des Papyrus

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Au Palais de Pharaon...

L'horloge interne du Potionniste le prévint que l'aube était proche et il ouvrit les yeux, captant par la fenêtre l'éclaircie naissante de l'horizon où Rê allait paraître. Tout était calme au dehors, nul ne bougeait, pas même les sentinelles un peu trop appuyées sur leur lance ou les premiers levés dans la cour, les mitrons, qui surveillaient en silence la montée en chaleur des fours.

Enfin, ombres de chair, des serviteurs vêtus de blanc sortirent d'huis d'usages ou de discrets passages et le jour commença : l'éclat revint aux yeux, les pas s'accélérèrent, les vêtements claquèrent et cela, couplé aux chants d'oiseaux, éveilla le Palais.

Sachant qu'une dure journée l'attendait, Severus tenta de se lever en prenant appui par réflexe sur son bras gauche. Il le regretta aussitôt : la morsure du serpent au-dessus de sa main se rappelait à son mauvais souvenir et le Sorcier n'en pouvait plier ni le poignet, ni les doigts. Le reptile avait frappé à l'endroit où était la Marque,ce maudit tatouage détruit par Athéna quand elle l'avait mis à l'épreuve, au Cap Sounion, et il soupçonnait une interaction avec le venin qu'il ne pouvait contrer, même avec du Sang de la Méduse.

"Au moins n'est-ce pas celle qui tient la baguette, soupira-t-il en desserant les dents.

- Tu parles tout seul ?

- Grimoire ! Par Merlin, je ne t'ai pas entendu...

- ... arriver ?! Hé, je ne suis pas aussi doué que toi en mode furtif mais je me défends. J'ai de l'expérience depuis mes huit ans, quand j'allais "emprunter"...

- ... du chocolat dans la cuisine ?

- Euh, non ! Des livres dans la bibliothèque. Un surtout, qui me fascinait depuis que j'en avais lu le titre : "Des Dieux, des tombeaux, des savants, le roman vrai de l'Archéologie."

Severus soupira à nouveau. Comptez sur les amis d'Alistair pour avoir eu chacun une enfance spéciale. Au début de l'école primaire, la plupart des gamins en était encore à la Bibliothèque Rose, et il y avait loin de Oui-oui aux écrits de Ceram. *

Tiens, et Granger ?! pensa-t-il soudain, au lieu de suivre les aventures de Pierre Lapin, allait-elle fureter dans des bouquins qui n'étaient pas de son âge ?

Probablement. Sa soif d'apprendre n'aurait jamais été rebutée par de trop hautes étagères ou la difficulté d'un texte. Et l'addiction vient vite...

"Ça va ?"

Les mots inquiets de Grimoire ramenèrent Severus sur terre.

"Je... non, en fait. Je ne peux, pour l'instant, utiliser ma main gauche et c'est un sérieux problème."

L'Enquêteur grimaça quand il vit la trace des crochets dans la chair. La plaie était saine, le venin avait été contré, mais... l'influx nerveux ne passait toujours pas, rendant la main inerte.

"As-tu mal ? C'est cela qui t'a réveillé si tôt ?

- Non, la venue de l'aube. Et toi, que fais-tu debout et déjà habillé à cette heure ?

- Je ne me suis pas couché.

- Hein ?!

- Quand vous êtes arrivés, dans la nuit... après que les jeunes vous ont rejoints dans le sommeil nous sommes sortis, le lion et moi.

- Il a un nom, ce lion, il s'appelle Kontrolteknis.

- Je sais. Mais tu conviendras que l'on ne peut plus l'utiliser. Il m'a raconté son histoire, et si jamais un des saboteurs qui a voulu sa mort entend ce nom et fait le rapprochement...

- ... nous serons tous en fâcheuse posture. Bien pensé. Lui avez-vous trouvé un nouveau patronyme ?

- J'ai proposé Clarence, comme dans ce vieux feuilleton télé." **

Severus, lui, l'aurait appelé Scrimgeour, comme le chef des Aurors à l'apparence de vieux lion. A chacun ses références.

"Soit ! Et qu'avez-vous fait de votre périple dans le Memphis nocturne ?

- Nous sommes allés, en évitant les Patrouilles, jusqu'à la Villa des Papyrus dont nous avons fait le tour. C'est la planque idéale pour un fugitif, non seulement les jardins sont envahis par ces hautes tiges qui ont donné leur nom à la Villa et qui la cachent, mais une des extrémités donne sur le fleuve et l'on y distingue une rampe en bois pour remonter les barques, qui a servi récemment.

- Vous avez essayé de pénétrer là-bas ?

- Non. Trop dangereux. Si l'assassin y est..."

"Prudence constante !" semblait être la devise personnelle de l'Enquêteur - n'en déplaise à ce vieux parano de Maugrey - mais les gens comme eux avaient un avantage : ils survivaient !

"Donc, la Villa est à l'abri des regards. Comment est le quartier ?

- Très calme, depuis que le Vizir Ramas Takouet a fait fermer l'établissement voisin.

- Qui était...

- ... l'équivalent d'une boite de nuit. Son propriétaire, un certain Eddybarklès, habite toujours sur place, et..."

Severus ne l'écoutait plus. Un idée tordue - vraiment tordue - venait de germer dans son crâne.

"Dis-moi, notre ami "Clarence" est resté en planque là-bas ?

- Oui. Je pensais demander au Prince Ramsès des Medjaïs de confiance, pour le relever.

- Fais-le. Pendant ce temps j'ai ma propre requête à présenter.

- ...?!

- Je vais demander à Ramas Takouet de revenir sur sa décision."

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A l'audience, en petit comité...

"Par la clarté solaire, avez-vous perdu la tête ?!

- Elle est toujours sur mes épaules."

Le Vizir secoua la perruque qui masquait sa calvitie naissante et tenta de se calmer, en vain. Que Pharaon ait ordonné qu'on apporte toute l'aide possible aux étrangers était une chose, que cette aide l'amène à replonger dans l'affaire Eddybarklès-Ounech en était une autre : à propos de celle-ci, le Dignitaire n'avait pas digéré les fortes suggestions que l'on avait glissées à son oreille, menaçant de l'humilier en public. Malgré son titre, l'homme avait dû plier et il en avait toujours honte.

Peut-être... peut-être que le Magicien aux yeux noirs mettrait un point final à toute cette histoire ?

Cela valait la peine d'essayer.

"Donc, vous voulez que j'annule la fermeture administrative de la boite de nuit ?

- Exactement !

- Puis-je savoir pourquoi ?"

Le Potionniste n'hésita pas, il raconta au Vizir tout ce qu'ils avaient découvert des secrets de Pakhémetnou et de son complice, Ounech. Et plus il en apprenait, plus le visage du Dignitaire pâlissait.

"Il faut donner l'assaut... écraser cet homme... comme la vermine qu'il est !

- Surtout pas !

- Mais...

- Acculé, il n'aura plus rien à perdre. Il serait capable de faire exploser sa Magie, et il emporterait un grand nombre de personnes avec lui."

Severus pensa un instant à Peter Pettigrow, qui n'avait pas hésité à tuer treize Moldus pour pouvoir s'enfuir, faisant endosser ce crime à Sirius Black. Oui, passé un seuil, les criminels donnaient la mort sans états d'âme.

"Que faut-il faire, alors ? murmura le Vizir.

- Vous, rien. Je m'occupe de tout.

- Qu'allez-vous inventer ?!

- Un truc qui n'existera pas avant trente-trois siècles : je vais organiser des auditions pour la boite de nuit... des numéros de cabaret, principalement.

Autrement dit, je vais faire un Radio-crochet."

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"Un Radio-crochet ? Là, c'est officiel, t'as perdu la tête !

- Alistair,c'est la première étape pour piéger l'assassin.

- Et ceux qui gagneront, t'y as pensé ? Si c'est pour les mettre en danger...

- Non. Car les futures vedettes, ce sera nous.

- Oh !

- Venez tous là, je vais vous expliquer."

Le Q.G. des Voyageurs du temps était presque trop petit pour accueillir l'équipe et ses alliés. Outre les trois Sorciers, le Minotaure, l'Enquêteur et la Moldue d'origine il y avait aussi les Créatures : Flûtiau, Massacre, qui était plus en forme que jamais, Sssethos, que tout ce remue-ménage amusait beaucoup et Aureus, qui avait guéri la main de Severus en un clin d'œil. S'alignaient ensuite Mérérou et sa sœur Morora, Rachtok, qui avait proposé le siège de la Guilde des Potiers pour la séance, à un prix d'ami - soit trois fois plus cher que d'habitude - et Fournès. "Clarence" était toujours de garde près de la Villa.

"Vous l'avez compris, ces auditions ne seront qu'un rideau de fumée pour tromper les complices de Pakhémetnou, qui l'avertiront aussitôt de la réouverture prochaine de la boîte de nuit.

- Et qu'est-c'que t'en attends ?

- Il y aura deux possibilités : soit il aura peur que l'animation soudaine n'attire l'attention sur la Villa et il voudra fuir avant cela, soit il ne bouge pas. C'est l'hypothèse que je privilégie.

- Pourquoi ?"

Il sourit.

"Si j'étais dans sa situation, je ne me serais jamais enfermé dans une maison en plein centre-ville.

- Donc, il y est coincé pour de bonnes raisons.

- Bonnes pour lui, mauvaises pour Pharaon. Si mon idée se confirme, il faudra donner l'assaut pendant la première.

- Chouette, une future baston !

- En attendant, pensez aux numéros que vous allez présenter."

La phrase ramena les présents à la réalité et ils s'égayèrent, se creusant la tête pour trouver l'inspiration.

"Mais qu'est-ce que je vais faire, grogna Alistair en s'arrachant les cheveux - pardon, les poils de la tête - j'suis pas doué pour le showbiz !

- Tu n'as qu'à chanter à nouveau, suggéra Lydie, comme tu l'as fait devant le Vizir, dans la Grande Salle des Audiences. Ton succès est encore frais dans les mémoires, et...

- Et rien du tout ! A cause de cela, justement. Même si je me déguise, tout le monde saura qui je suis.

- Ah flûte !

- Remarque, ton idée de chanson n'est pas mauvaise. Le tout c'est de trouver qui l'interprètera."

Et, croyez-le ou non, la porte s'ouvrit juste à ce moment là sur un tas tout froissé de bandelettes.

"Salut la compagnie !

- Imhotep ! Tu nous as manqués, où étais-tu ?

- Je planais. Y'avait du vent, hier soir.

- Euh...

- Laisse tomber, Lydie, fit Alistair, ça doit être un truc ésotérique."

Le Minotaure observa la momie qui semblait un peu maussade. Hé hé, un client parfait pour une ballade mélancolique.

"Imhotep, tu serais d'accord pour chanter une chanson dans le concours-spectacle que nous organisons ?

- Pourquoi pas. Laquelle ?

- Un tube interprété à notre époque par la Moldue Nicoletta. Je vais en modifier légèrement le titre et les paroles.

Crois-moi, cela va t'aller comme un gant, ou plutôt comme une longueur de bandelettes.

...


Alors, une idée du titre modifié de cette chanson ? :)

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* Ceram est l'auteur du livre susnommé.

** Ce feuilleton s'appelait Daktari. Les animaux-vedettes en étaient Clarence, un lion qui louchait et Judy, une guenon.