Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du Dix-Neuvième Parallèle sont à moi.
Rating : T
Personnages : Harry Potter, Severus Snape, OC.
Correctrice : Fantomette34.
RàR : quetsche, Christine, merci pour vos reviews. J'espère que vous continuerez à apprécier cette fic.
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Nd'A : ce chapitre clôt la première partie de l'histoire.
Je vais faire une pause dans mes publications, la suite viendra dans la deuxième quinzaine de Juillet.
(et vous aurez un p'tit OS en prime, si vous êtes sages.)
Bonne lecture !
Les Sorciers et le Livre de Thot - Et maintenant ?
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Dans les jardins de la Villa des Papyrus...
La clarté des vêtements de lin était le seul point de repère des corps se mouvant dans la nuit.
Cela était vrai pour Pakhémetnou et Grimoire.
Pour Severus, ce n'était pas le cas. Ce qu'il venait d'apprendre avait rendu sa peau plus blanche qu'un cachet d'aspirine, et son visage ainsi que ses mains semblaient flotter dans l'air. Comprendre que Pakhémetnou était l'ancêtre magique de sa lignée l'avait anéanti, de même que le dilemme qui avait suivi : si ce dernier et Nedjemet n'avaient pas eu d'enfants, alors il devait laisser à l'homme sa liberté et donc, une chance de procréer, si lui-même voulait vivre.
Mais l'ancien Scribe était un criminel dangereux, des morts jalonnaient son passage et d'autres suivraient, s'il n'était pas neutralisé.
Merlin, quel choix impossible !
Un bruit faible et rapide tira le Potionniste de ses pensées. Grimoire courait sus au dit criminel, évitant habilement les décharges d'énergie magique que celui-ci lui envoyait. En cinq secondes il fut sur lui, l'expédiant dans les herbes d'un coup de poing. Celui qui n'était déjà plus tout à fait humain s'écrasa sur le sol et ne bougea plus. L'Enquêteur le contourna pour mettre hors de portée le pot de terre du Fayoum, source de Magie, au cas où il reprendrait connaissance.
"Navré, Popeye, mais vaut mieux que j'enlève tes épinards de là !
"Il... il est vivant ?
- Tout juste. Sa chair se dégrade de plus en plus vite.
Il est mourant, Severus."
Les mots tombèrent comme une sentence.
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"Tu es sûr ?
- Oui. Ses organes lâchent les uns après les autres. Tu devrais le voir, non ?"
Non. Il n'arrivait pas à user de son Pouvoir de Diagnostic. Inutile, de toute façon, la fin était évidente. Grimoire continuait à lui parler mais il n'entendait rien, tant et si bien que l'Enquêteur s'approcha de lui et posa la main sur son épaule, oublieux du fait qu'ils étaient un peu trop près du corps de Pakhémetnou.
"AAAAAHHH !"
Un bras décharné avait saisi Grimoire à la cheville, le foudroyant d'un reste de Magie. Et Severus avec.
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La gare de King Cross. Déserte. Fantomatique.
Le Potionniste la balaya du regard. Il savait qu'il était dans les limbes, cet endroit où la mort n'est pas encore définitive. Harry lui avait dit qu'il s'y était retrouvé, quand la rage du Dieu Arès avait tué Voldemort et, par extension, détruit ses Horcruxes, provoquant l'envol de l'âme du jeune Gryffondor. Le Sang de la Méduse donné par Severus lui-même l'avait ramené parmi les vivants. *
Et lui, aurait-il une chance de revenir ?
"Quel est cet endroit ?" fit derrière lui une voix mêlant défiance et colère.
Pakhémetnou.
Il pivota au ralenti pour lui faire face. Dans cet entre-deux où l'espace et le temps n'existaient plus, l'ancien scribe avait l'apparence d'un Égyptien d'une trentaine d'années, celle qu'il aurait dû avoir s'il n'avait pas rencontré la Magie. Severus retint son souffle : l'homme était d'une beauté captivante, mais l'envoûtement culminait dans ses yeux d'obsidienne qui gardaient les regards prisonniers. Nedjemet avait dû succomber, elle aussi, comment ne pas la comprendre ?
"Où sommes-nous ?!"
La colère de l'Égyptien montait et se tournait vers le seul être visible sur les quais : le Potionniste. Severus hésita. Devait-il tout dire ?
Bah, au point où j'en suis... pardon, au point où nous en sommes !
"Nous nous trouvons dans les Limbes, l'antichambre du Royaume des morts. Ce que tu vois est la représentation d'un lieu de passage qui m'est familier, et..."
Il se tut. Pakhémetnou le regardait comme s'il était Ammout en personne. **
"Je suis mort ? fit ce dernier d'un ton dégoûté.
- Tu l'es presque. La Magie des Sorciers que tu utilisais était trop puissante pour ton corps, elle l'a détruit.
- Mensonge !
- Non. Tu as été projeté ici à cause de cela, et je t'y ai suivi.
- Pourquoi ? haleta l'homme, je t'ai vu faire, tu uses toi aussi de cette Magie mais tu la maîtrises. Et la décharge d'énergie qui t'a fauché n'était pas des plus grandes. Alors pourquoi es-tu ici, avec moi, aux Portes de la mort ?!"
Severus soutint son regard.
"Parce que tu es l'ancêtre de ma lignée. Et parce qu'ainsi, dès que tu ne seras plus je vais être... effacé.
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"Par quel prodige...
- ... suis-je ici ? Les Dieux nous ont fait venir du futur, mes compagnons et moi, pour retrouver le Livre de Thot. Il semblerait qu'ils avaient d'autres tâches collatérales en tête, dont celle de t'empêcher de détruire la famille royale.
- NON ! hurla Pakhémetnou, les yeux fous, je veux savoir pourquoi tu ne tentes pas d'échapper à ce lieu. Tu es puissant et ton corps est intact, tu pourrais revenir sur terre pour dominer ces larves qui prétendent tenir leur pouvoir des Dieux. Ce serait si facile !
- Ce n'est pas mon genre. Et puis... pourquoi le faire, si je dois disparaître dans l'instant ?"
L'ancien scribe ouvrit la bouche, comme s'il voulait s'inscrire en faux contre cette assertion, mais le seul mot qui franchit ses lèvres fut :
"Craintif...
- Je n'ai pas peur ! s'écria le Maître des Potions.
- Par Osiris, j'ai engendré une lignée de - comment dis-tu, déjà ? - Sorciers sans ambitions !
- Au prix de la vie des autres, ça, jamais !"
L'échange fut interrompu par des vibrations qui firent trembler les quais. Un grondement suivit, plus fort que celui du Poudlard Express à pleine puissance.
"Quel est ce monstre qui crache de la fumée ?
- Un train. Une sorte de grand char couvert. Il vient nous chercher pour nous amener dans l'autre monde.
- Non, je ne veux pas y aller !"
Pakhémetnou avait perdu l'esprit. Comme une immense locomotive entrait en gare, il tenta de fuir en s'éloignant du quai. Peine perdue ! Une barrière invisible l'en empêcha. Alors, il se tourna vers Severus.
"Tu ne m'obligeras jamais à monter !" fit-il en le frappant.
Ils étaient bien trop près des rails, les quais vibraient de plus en plus et ce qui devait arriver arriva : une pierre céda sous le poids de Pakhémetnou et il chut sur la voie.
Le train ne s'arrêta pas.
Tout devint noir.
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Il était au Paradis. Forcément.
Nedjemet le couvait de ses yeux ambrés et caressait son visage. Le cœur du Potionniste rata un battement quand elle lui sourit, le faisant sourire à son tour.
"Sev ?" demanda-t-elle d'une voix bizarrement déformée.
- Oui, mon Amour ?
- Oh là là, t'es atteint grave, mon vieux !"
Atteint ?... Mon vieux ?... Mais pourquoi parlait-elle comme cela ?
"Mais puisque tu causes, on va peut-être pouvoir te réveiller. Sais-tu comment on peut faire ?"
Le Serpentard opportuniste avait sa p'tite idée.
"Un baiser !
- Un baiser ?... Oh, hum... qui se dévoue ?"
Mais à qui parle-t-elle ?
La Douce semblait contrariée. ***
Elle s'approcha de lui en grommelant "Lâcheurs, je m'en souviendrais !" et se pencha, se pencha...
SMOUTCH !
Ça, c'était un baiser à couper le souffle. Littéralement ! Ses lèvres paraissaient collées à l'extra-glu.
"Bon sang, Alistair, qu'est-ce que tu as mangé pour baver comme cela ?! fit une voix aiguë.
- Des épinards de Morora. Désolé, Sev !"
ALISTAIR ?!
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Mor-ti-fié.
Au moins Harry et Elspeth avaient eu la décence de sortir pour rire tout leur soûl. Ce n'était pas le cas de Lydie et Grimoire.
Severus envisageait un Oubliette - pour lui ou pour les autres, il ne savait pas - quand il croisa le regard de son compagnon. Le Minotaure n'était ni moqueur, ni fâché.
"Pourquoi le serais-je ?
- Que... Alistair, ne lis pas mes pensées !
- Navré, vieux, mais ça se fait automatiquement. Les jours où tes boucliers sont affaiblis, je précise.
- J'aimerais que tu t'en dispenses.
- Dans ce cas..."
L'Homme-taureau s'approcha, s'assit.
" ... raconte-moi ton trip mental, vieux frère. Y'a des trucs que j'ai pas saisi."
Il raconta.
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" ... bon, je résume : tu t'es fait foudroyer par une décharge de Magie, tu t'es r'trouvé avec Pakhémetnou dans les Limbes et il s'est fait écrabouiller par une loco aussi grosse qu'un Brontosaure. Exact ?
- Exact.
- Puis t'es revenu dans ton corps et t'as commencé à délirer.
- Exact aussi.
- Mais c'est merveilleux, Sev !
- D'avoir perdu les pédales ?
- Nooon, d'être revenu !
- Sauf que je n''aurais pas dû. Nedjemet et mon ancêtre n'ont pas eu d'enfants.
- Alors, il n'y a qu'une seule autre explication à ton retour : il en a engendré hors mariage.
Merlin, c'était si évident qu'il n'y avait même pas pensé.
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Le soleil montait dans le ciel quand Severus se réveilla à nouveau.
"Alors, le Prince au Bois Dormant, tu émerges ? Ça te dit, un p'tit dej' ?"
Oh que oui !
Pendant qu'il mangeait, il bombarda son ami de questions, dont la plus importante pour lui était :
"Qu'ont-ils fait de la dépouille ?
- Séthi a ordonné de la brûler, juste avant son départ.
- Le Pharaon est parti ?
- Yep ! Avec trois corps d'armée. Il va combattre sur le front hittite, à l'Est. Du coup Ramsès est devenu régent. A quatorze ans. C'est dingue, non ?"
Ce qui était "dingue" était le fait que Severus ne pouvait se défaire d'un sentiment étrange. Il oubliait quelque chose, quelque chose d'important. Mais quoi ?
Il se leva.
"Je vais voir le Prince Ramsès, j'aimerais qu'il m'aide à localiser l'enfant de Pakhémetnou.
- Euh, Sev, et si on le laissait tranquille, ce mouflet ? Il grandirait, aurait à son tour des enfants, et, des siècles plus tard, un descendant ronchon que je ne nommerais pas mais qui...
- Alistair !... Je préfère le mettre sous la protection du Prince. Tout peut arriver."
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Comprenant qu'il ne fléchirait pas son compagnon, le Minotaure l'accompagna dans la cour. Les gens étaient déjà nombreux pour les audiences, ils devraient attendre. Alors ils partagèrent les toutes dernières nouvelles.
"On a fouillé la Villa des Papyrus.
- Et qu'est-ce que cela a donné ?
- Pas grand chose, vu que les murs se sont à moitié effondrés. On n'a pas trouvé d'armes, ni de documents importants. Le seul truc bizarre qu'il y avait, c'était dans les souterrains. Des sillons dans tous les sens. Comme si l'on avait fait du V.T.T. dans la poussière.
Des sillons... comme des traces de roues... Merlin !
"Les chars... ils les ont sabotés là-bas ! Et Pharaon est parti guerroyer avec. Bon sang, où est Clarence ?!"
La réponse attendrait. Un Mérérou échevelé fonça droit sur eux et lâcha sa bombe au milieu du public, sans se préoccuper des conséquences.
"Je vous en prie, Enfants des Dieux, venez à notre aide, Dame Diounout et Dame Nedjemet ont disparu !"
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FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE
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* Voir Le Collier de Minos.
** Ammout est un monstre qui dévore les âmes de ceux qui ont commis des crimes.
*** Nedjemet signifie La douce.
