Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du Dix-Neuvième Parallèle sont à moi.

Rating : T

Personnages : Harry Potter, Severus Snape, OC.

Correctrice : Fantomette34.


Premières mises à l'épreuve dans le Labyrinthe d'Anubis.

Bonne lecture !


Les Sorciers et le Livre de Thot - Penser et agir

.

o-O-o

.

Harry était au bord de l'explosion.

Après vingt-trois réponses au courrier de Lockhart ses doigts lui faisaient mal, son front dégoulinait et son cerveau, durement attaqué par les minauderies contenues dans les lettres, semblait sur le point de déclarer forfait. Il en venait à souhaiter à la place un tonneau de crapauds à éviscérer, c'était dire.

Si au moins l'autre bellâtre se taisait...

Mais non, il n'arrêtait pas de raconter en parallèle ses Exploits - avec un E majuscule, s'il-vous-plaît ! - même si lesdits Exploits défiaient les connaissances du Monde Sorcier.

"Mais Monsieur, finit-il par dire, vous ne pouvez pas avoir combattu un Moremplis en Norvège, ils n'existent que dans les zones tropicales !

- Une preuve de plus du réchauffement climatique."

Evidemment, il avait réponse à tout. Et la litanie continuait, donnant au Gryffondor des envies de meurtre. Ne voulant pas finir à Azkaban à cause de lui, Harry fit une pause et ferma son esprit, suffisamment pour réduire les mots à un bourdonnement qu'il pourrait ignorer. Ceci fait, il réfléchit.

Comment neutraliser quelqu'un qui arrive toujours à contrer vos arguments ?

En abondant dans son sens, comme l'avait dit un jour Nemo.

Le vieil homme lui parlait des différentes options qu'avait un Agent pour progresser dans une enquête : soit il observait les suspects de loin, soit il les attaquait de front ou, plus subtil et plus dangereux, il se posait en sympathisant de leur cause ou en possible receleur, selon les cas. Si cette tactique marchait, il allait devenir un double de sa cible et la mener à sa perte, sans même que celle-ci ne s'en aperçoive.

Hé hé, je devrais pouvoir appliquer ma propre version de cela à Lockhart !

"Monsieur, le tas des lettres de vos admiratrices et admirateurs est vraiment impressionnant...

- Tout comme moi !

- ... mais il pourrait être encore plus conséquent si certains osaient vous écrire.

- Des timides. Oh que c'est mignon !

- Tenez ! je sais que Rita Skeeter vous adule en secret.

- Elle a bon goût. En connaissez-vous d'autres ?

- Rusard. Il a acheté l'intégrale de vos livres."

C'était vrai, mais pour utiliser les pages comme papier toilette.

"Oh ! Qu'il me les envoie, je les lui dédicacerai. Et à part lui ?

- La Professeure McGonagall. Elle aime la sobriété de vos textes et leur véracité indiscutable.

- Elle cache bien son jeu, j'ai toujours cru qu'elle les détestait.

- Même Albus Dumbledore a pensé à vous écrire."

Cela aussi, c'était vrai. Harry avait trouvé le brouillon dans la poubelle du Directeur.

"Mais, vous savez, il y a un cas qui surpasse tous les autres. Un individu tourmenté, un Sorcier qui ne compte plus ses batailles et qui vous doit une fière chandelle, car il s'est beaucoup inspiré de vos récits.

- Un disciple, c'est merveilleux !

- Lui ne viendra jamais à une séance de dédicace, il aurait peur d'admettre devant témoins tout ce qu'il vous doit. Mais je sais qu'il meurt d'envie de vous rencontrer. Si seulement..."

Un claquement fit sursauter Harry. Lockhart s'était levé brusquement, faisant tomber sa chaise.

"Il ne sera pas dit que quelqu'un d'aussi compréhensif et généreux que Moi n'aille à la rencontre d'un Fan Absolu. Vous avez son adresse ?"

Le Gryffondor la donna.

L'homme sortit en trombe, et sa disparition entraîna celle de la Salle de Classe qui redevint couloir du Labyrinthe.

Harry avait gagné.

Quel dommage que tout cela n'ait été qu'une illusion, pensa-t-il, j'aurais aimé assister à l'entrevue du vrai-faux Lockhart avec son admirateur.

.

Il aurait pu.

La Magie d'Anubis était si puissante que "Lockhart" était devenu un avatar et avait rallié l'adresse donné.

"Eh bien, si je m'attendais, on cache bien son jeu, hein ?! Mais je comprends que vous ne vouliez pas qu'on sache que vous me révérez... grand coquinou !"

...

..

.

La tête que fit Alastor Maugrey valait son pesant de jus de citrouille.

.

o-O-o

.

A la bibliothèque on aurait entendu une mouche voler, si tant est qu'une mouche soit assez suicidaire pour passer sous le nez de Madame Pince quand celle-ci était en mode commando, un coupe-papier glissé à la ceinture et les mains armées d'une agrafeuse grand format, capable d'envoyer ses attaches métalliques à cinq mètres de là. Et cinq mètres, c'était tout ce qu'il y avait entre elle et la chaise où était assis un Grimoire immobile, tentant de se faire oublier.

Pas qu'il y réussisse, la bibliothécaire ne le quittait pas des yeux.

Alors il laissa son regard vagabonder sur les étagères, sur ces livres d'un monde auquel il n'appartenait pas et dont il ne pourrait jamais comprendre les contenus. Peu importait, c'était des temples de savoir et cela, Grimoire le respectait.

Un endroit retint son attention : une demi-douzaine de volumes s'y trouvait en désordre. Il était sur le point de s'en offusquer quand il réalisa leur piteux état : c'était l'infirmerie des livres, là où on les soignait et où l'on se résignait, parfois, à leur perte.

Un reniflement fit pivoter sa tête. Irma Pince avait suivi ses mouvements et pleurait, rattrapée par l'émotion.

"Celui de gauche, il est... il est..."

Nul besoin qu'elle termine, l'ouvrage était à deux doigts de tomber en poussière, cela se voyait. Grimoire sentit sa gorge se nouer. Il avait toujours considéré les livres comme des êtres sensibles à qui il devait soins et protection, des êtres qu'il aimait et qui avaient remplacé sa famille, trop tôt disparue. Et celui-ci... il pouvait presque entendre son râle d'agonie et son cœur en souffrait.

"Mais que faites-vous ?! Non, vous allez l'achever !"

L'Enquêteur s'était levé, avait rejoint la table où gisaient les reliures fatiguées et les pages criblées de trous qui s'élargissaient à chaque manipulation. Le cas du volume de gauche était désespéré, pourtant...

Il sortit un petit spray de sa poche, ainsi que ce qui semblait être une règle plate.

"Qu'est-ce que c'est ?

- Deux inventions géniales qu'un ami a mis au point pour moi : dans l'aérosol, une colle caméléon, sur la surface de la règle, une revêtement totalement anti-adhésif.

- Euh...

- Démonstration !"

Avec mille précautions, Grimoire leva une page à la verticale, l'adossa à la règle et pulvérisa sur les déchirures un jet contrôlé en sa force et en sa direction.

"Mais...

- Chuut, regardez !"

Le liquide s'était solidifié en une couche égale à l'épaisseur du parchemin, de sorte qu'un doigt passé à la surface n'aurait trouvé aucune aspérité.

"Et ce n'est pas fini."

La matière ajoutée jaunit, pour se mettre au diapason de la page.

"C'est ça qui est génial, dans ces inventions, la règle empêche la colle de s'éparpiller, tandis que cette dernière s'adapte à son environnement, en consistance et en couleur. C'est d'ailleurs pour cette faculté qu'on l'a appelée colle caméléon.

- C'est... magique ! déglutit Irma Pince, les yeux embués.

- Si vous le dites."

Il fallut à Grimoire une heure pour traiter l'entièreté du livre et renforcer la reliure.

"Et voilà, comme neuf ! Que pensez-vous du résultat, Madame Pince ?... Madame Pince ?!"

Elle ne répondit pas, elle s'était évanouie, vaincue par l'émotion et gisait dans un fauteuil où elle disparaissait presque. Grimoire prit son pouls : pas d'inquiétude, elle avait glissé dans le sommeil.

Il déposa le livre dans les bras de la Sorcière et sortit, tandis que la bibliothèque se dissolvait dans le néant.

.

o-O-o

.

Imhotep n'avait jamais été aussi malheureux, vie et mort confondues.

Dans cette réalité il était moins qu'un grain de sable, loin des lieux qu'il avait tant aimé, loin de ceux qui lui étaient chers.

Il contemplait l'endroit où aurait dû s'ériger la Pyramide à degrés de son maître, le Pharaon Djoser, celle dont il avait créé les plans, mais comme ils avaient été rejetés...

Rien ne s'élèverait ici, et leurs noms seraient effacés de la mémoire des hommes.

Perdu dans ses pensées, l'ancien Architecte ne vit pas venir le vautour avant qu'il ne soit sur lui et le percute.

"Deprofundis, tu crois que c'est le moment de faire l'idiot ?!

- Désolé, mais y'a urgence ! Une troupe de Hittites vient vers nous et les sentinelles ne l'ont pas vue.

- Par les plumes de Thot !"

La momie s'élança pour donner l'alerte. Trop tard ! les ennemis prenaient le campement royal en tenaille et les encercleraient bientôt. Il étaient faits comme des rats.

"Si seulement on pouvait mettre Pharaon hors de leur portée, gémit le vautour.

- Eh mais, on peut. Que la suite royale se rassemblent derrière nous, le temps presse !"

Djoser et ses Dignitaires obéirent, et Imhotep utilisa sa Magie pour générer des pierres, les empiler les unes sur les autres et faire monter dans le mouvement la plateforme du sommet où ils s'étaient tous réfugiés, créant par là-même la Pyramide qu'il aurait dû construire.

"T'es génial, vieux frère, vraiment génial ! Ici on est à l'abri des flèches, et le bataillon des chars, à voir ce monument, viendra aux nouvelles. On est sau-vés !"

L'ancien architecte entendit à peine son compagnon. Il avait épuisé sa magie, était trop près du bord...

Il bascula, accompagné d'un furieux battement d'ailes, dans les Ténèbres.

...