Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du Dix-Neuvième Parallèle sont à moi.

Rating : T

Personnages : Harry Potter, Severus Snape, OC.

Correctrice : Fantomette34.


Merci à Guest pour sa review.

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On arrive à la fin de l'histoire. Il y aura une dernier chapitre après celui-là et un épilogue.

Bonne lecture !


Les Sorciers et le Livre de Thot - Une vie à défendre

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Alistair s'était lancé à la suite de Severus, mais le Sorcier courait si vite vers la Maison du Savoir qu'il le perdit de vue.

"Zut, grogna-t-il, je connais pas l'chemin !"

Il voulu se renseigner. Pas moyen d'en placer une ! Les Égyptiens avaient tous entendu parler des exploits des Voyageurs du Temps dans la Douât, et même si le Minotaure n'y avait pas participé, il était inclus dans l'admiration que les gens leur vouaient. C'était sympa, mais le flot incessant de paroles commençait à alourdir sa tête. Quand le Scribe Mérérou survint et calma la foule, il lui en fut infiniment reconnaissant.

"Viens, je connais un raccourci," avait dit ce dernier, et une course à travers les ruelles et les arrière-cours permit au duo de rejoindre les bâtiments du Savoir sans encombre. Severus était là, pantelant, sous l'œil inquiet de Morora. Il n'arrivait pas à saisir le gobelet de vin qu'elle offrait, tant il perdait le contrôle.

Dans ces situations, le Minotaure savait quoi faire : d'un bond il ceintura son compagnon, de son bras libre il saisit le récipient, le porta aux lèvres fines et en fit doucement avaler le contenu. Evidemment, une potion calmante aurait été plus appropriée, mais il n'y en avait plus. La seule chose supérieure en effet aurait été l'ingestion des Épinards-De-La-Mort de l'intendante, mais, au vu du chaudron, il n'y en avait plus non plus. Une bonne chose. Severus n'y aurait pas survécu.

"Ça va mieux ?"

Le sorcier hocha la tête. Peu convaincu, Alistair le fit s'asseoir sur la meule à grains et attendit qu'il se reprenne.

Il voulait des explications,

et quand il les eut il blanchit.

Merlin, ce qu'elles impliquaient était horrible !

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"J'avais la réponse, murmura Severus, j'avais la réponse et je n'ai pas compris, sur le moment.

- Et si tu nous racontais tout ?"

Le Potionniste leva un œil las sur ses amis : Morora, quiète en apparence, était adossée à la réserve d'eau mais le frémissement de ses doigts sur son habit démontrait une certaine nervosité, Mérérou, la perruque de travers sans qu'il ne fasse rien pour y remédier semblait sur le point d'exploser en questions, et Alistair...

Le Minotaure patientait, sachant comment fonctionnait son compagnon.

"Quand nous nous sommes retrouvés dans les Limbes, Pakhémetnou et moi, et qu'il a su que j'étais son descendant, il a commencé à hurler. Il... il pensait sans doute que j'étais comme lui, qu'une ambition sans bornes me guidait. Je l'ai bien déçu sur ce point... Alors il a fustigé mon manque d'ambition, ma peur d'affronter d'éventuels adversaires, du moins c'est ce que je supposais.

- Ce n'était pas le cas ?

- Non... en fait, pas au début. Il m'a traité de craintif. J'ai cru à une insulte de sa part, mais le ton sur lequel il l'a dit était plus désolé qu'en colère.

- Ce qui voulait dire ?

- Qu'il ne faisait pas allusion à moi, mais à quelqu'un d'autre. Son fils. Senedj, puisque ce nom signifie craintif.

Tu comprends, Alistair, il venait de réaliser que son enfant, qu'il avait visiblement en piètre estime, avait engendré une lignée qui ne s'accordait pas avec sa vision du Pouvoir. Une immense déception pour lui.

- C'est une façon de penser que l'on retrouve, hélas, chez bien des Sangs-Purs de notre époque.

- Oui.

- Booon ! reprit Alistair, que je récapitule : ton ancêtre, criminel et père indigne, t'a renseigné malgré lui sur l'identité de son fils. Un bon point, puisque tu veux protéger ce dernier. Y'aura juste un gros, gros problème, si l'hypothèse que tu as formulée au Palais est exacte.

Comment comptes-tu l'aider s'il est un Obscurus ? Et d'ailleurs, es-tu sûr qu'il en soit un ?

- C'est une déduction que je pense juste..."

Son regard s'appuya sur la jeune femme.

"... et je n'ai besoin que d'une confirmation. Morora, Senedj était-il un élève de la Maison de Vie ?

- Oui, avoua-t-elle dans un souffle.

- Et qui s'occupait de lui, plus particulièrement ?

- Le Grand Prêtre Ounech."

Celui qui avait été agressé dans le Temple de Thot par un Obscurus.

La boucle était bouclée.

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Ils passèrent deux heures à mettre de l'ordre dans la chronologie des événements, dans ces vies du père et du fils qui avaient conduit au désastre. Morora avait terrorisé le Préposé aux archives, pour obtenir les papyrus officiels, Mérérou traçait, sur indication du Minotaure, des cases reliant par des flèches personnes et circonstances, Severus tentait d'y voir un plan logique qui chasserait les zones d'ombres. Enfin, au bout du bout, il estima qu'ils y étaient arrivés.

"Résumons, fit Alistair, Pakhémetnou a fini ses études à la Maison de Vie, sous la houlette d'Ounech, dont il était l'amant, il y a dix ans. Il est devenu Prêtre de Maât et a commencé son ascension avec pour ambition de devenir Porte-Tongs...

- Porte-Sandales !

- C'est pareil. C'est au cours de l'un de ses voyages le long du Nil qu'il a rencontré une jeune femme et que tous deux ont "pataugé dans les marécages".* De cette union est né un fils qui doit avoir...

- ... sept ans, lut Morora, il est venu au monde lors du dernier jubilé de Pharaon.

- Okay ! Pakhémetnou n'ayant pas la fibre paternelle, il laissa l'enfant à la garde de sa mère qui décéda cinq ans plus tard. Le petit fut déclaré orphelin et les villageois l'envoyèrent au Temple de la ville voisine, pour qu'il puisse apprendre à lire et à écrire. Ce n'était pas par bonté d'âme, ça leur faisait simplement une bouche en moins à nourrir.

C'est là que son père l'a récupéré, l'expédiant sans égards à la Maison de Vie, sous la garde d'Ounech, son âme damnée. Il y a passé ces derniers mois, jusqu'au jour où Pakhémetnou a découvert les Sources de Magie sorcière et compris le Pouvoir qu'elles donnaient. Le "dévoué" Prêtre de Maât a comploté, s'écartant des autres et même de Nedjemet qu'il aimait pourtant comme un fou, tant et si bien qu'il fut déclaré mort, ce qui l'arrangeait encore plus. Seulement...

- Seulement, conclut Severus, cette disparition était une catastrophe pour Senedj, car ce cher Ounech a vu là l'occasion d'en faire sa chose. Qu'il ait réussi ou non, le gamin est parti il y a dix jours. C'est bien cela, Morora ?

- Oui, renifla-t-elle, je ne l'ai plus vu à la tablée.

- A partir de là nous ne pouvons que deviner, mais une chose est sûre : les Obscurus proviennent uniquement d'enfants qui répriment leur Magie, et à notre connaissance, Senedj était le seul qui pouvait en vouloir autant au Grand Prêtre.

- C'est... c'est terrible qu'il lui ait fait cela au Temple.

- Vous n'allez tout de même pas plaindre ce pourri d'Ounech ?! tonna Alistair.

- Jamais de la vie ! Mais en l'attaquant dans la Maison du Dieu, le petit a commis un sacrilège. Et pour cela, il y a qu'un seul châtiment :

la mort !"

Les Compagnons d'âme se regardèrent.

Commençons par le retrouver, le reste... on y pensera après.

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Rê était au plus haut et tapait sur leur tête quand ils arrivèrent au village natal de l'enfant.

"T'es sûr qu'il s'est réfugié là ?

- C'est ce que je ferais à sa place."

Alistair observa les environs : à gauche, des roseaux, que le Nil berçait de sa houle, à droite des nouvelles terres,** où s'affairaient des paysans, en face, un chemin vers les collines qui semblait voué à écorcher les pieds de ceux qui l'empruntaient.

Severus descendit de sa mule à la hauteur des villageois et revint quelques questions plus tard.

"Ils disent qu'un Esprit leur vole des galettes d'orge.

- T'avais raison, alors. Par où on commence les recherches ?

- Nous allons nous séparer. Prends les champs. N'hésite pas à fouiller les cabanes saisonnières et les granges. Moi je vais m'occuper des hauteurs.

- D'ac !"

Le Minotaure s'éloigna.

Il savait très bien que son compagnon l'avait envoyé sur une mauvaise piste. Tout ça pour qu'il ne soit pas à proximité si cela tournait mal.

Espèce de... de... de Severus !

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Les arbres donnaient une protection avare à l'enfant qui passait d'une ombre à l'autre, se distinguant à peine des troncs noueux.

Avait-il choisi d'être là ?

Non. Il était un fugitif. Il savait qu'un jour ou l'autre quelqu'un parlerait, que les patrouilles iraient à sa recherche et qu'il serait capturé.

Ce qui ne voulait pas dire qu'il allait leur mâcher la besogne.

L'enfant huma l'air. Quelque chose était différent, quelque chose qu'il savait dangereux,

et cela le fit trembler.

"Tu n'as pas à avoir peur."

Il tourna violemment la tête en direction d'un endroit vide.

"Qu'est-ce que vous me voulez ?!

- Hmm, fascinant ! Tu perçois ma présence, malgré le Sort de Désillusion.

- Le sort de quoi ?"

Il n'eut pas de réponse. A la place un homme apparut du néant. Peau blanche, cheveux noirs... les yeux aussi, comme ceux de son père.

Cela le fit reculer.

"Non !"

Les pierres s'écroulèrent sous ses pieds et le garçon tomba, à côté d'un surplomb qui dominait les remous inquiétants du fleuve.

Le Sorcier Transplana.

Affolé, le gamin recula vers l'extrémité périlleuse. Severus le saisit,

et ce fut comme si s'était déclenchée l'Apocalypse.

La Magie sorcière avait forcé l'Obscurus à sortir et l'affrontait, tandis que les corps roulaient vers l'abîme.

...


* Métaphore des anciens Égyptiens pour désigner les relations sexuelles.

** Les nouvelles terres étaient les champs qui étaient recouverts de limon fertile par les crues du Nil et donnaient de ce fait de meilleures récoltes.