Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du Dix-Neuvième Parallèle sont à moi.
Rating : T
Personnages : Harry Potter, Severus Snape, OC.
Correctrice : Fantomette34.
Fin des aventures de nos héros en Égypte antique.
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Merci à adenoide, ArianaDSnape, AvaTarbleu, Christine, darkcorbeau, Guest, JustPaulInHere, Lilou0803, Melodie Zik Spirit, Miss lyli, Quetsche et ma chère Fantômette pour leurs gentilles reviews. Vous êtes formidables !
Et encore une fois, bonne lecture !
Les Sorciers et le Livre de Thot - Adieux et Épilogue
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Deux heures étaient passées depuis la fin de l'audition. La liesse et la ferveur n'étaient pas retombées, et pour cause : Pharaon avait décrété qu'ils devaient célébrer ce jour doublement heureux en organisant un festin dans la soirée. Joie supplémentaire pour les petites gens, des douceurs et de la bière leur seraient aussi distribuées et Memphis, de la plus sombre des ruelles aux villas les plus huppées s'apprêtait à la fête.
Adossé à une colonne du Palais, Severus regardait les préparatifs frénétiques se faire sous ses yeux sans pouvoir ressentir autre chose que de la fatigue.
Ils avaient réussi sur toute la ligne, il devrait être content, par Merlin !
Non, il y avait une... absence qui le minait, mais il ne pouvait mettre un mot sur ce manque et cela n'arrangeait pas son blues. Sa famille, au contraire, semblait profiter au maximum de l'atmosphère joyeuse : Elspeth, penchée sur un échiquier, jouait au Senet avec le Prince Ramsès, les deux couvés par Massacre. Lydie parlait Histoire de l'Égypte avec Dame Diounout qui égrenait ses souvenirs. Harry était écroulé de rire devant Sssethos et Aureus, qui avaient trouvé une substance semblable à du chewing-gum et s'étaient lancés dans un concours de la plus grosse bulle, ne réussissant qu'à s'en mettre partout. Alistair, tout sourire, tapait dans le dos de Mérérou, à la limite de lui faire cracher ses poumons, comme s'il racontait la dernière blague à la mode mais le Sorcier savait qu'il abreuvait le Scribe de recommandations sur l'éducation de Senedj, ce que l'air sérieux de l'Égyptien confirmait. Ne manquaient au tableau que Flûtiau, Nil et Grimoire. Il repéra les deux premiers dormant dans un coin, paisibles, le petit Dragon de Lydie sur la tête du rouge et or et l'Enquêteur, venant de l'extérieur, entra dans son champ de vision.
"Où étais-tu ? questionna le Minotaure qui les avait rejoints, cela fait une heure que tu t'es volatilisé.
- Le Dieu Thot et moi avons ramené le Livre dans Son Temple, répondit Grimoire, puis nous avons parlé.
- Des choses que l'on devrait savoir ?
- Juste ceci : notre retour au vingtième siècle est pour ce soir, pendant le festin.
- Nom de Zeus !"
Le Minotaure fonça vers leurs appartements.
"Quelle mouche le pique ?
- Il va sans doute rendre une dernière visite aux amis qu'il s'est fait ici, ce qui est particulièrement important aujourd'hui. C'est ce que voulait dire Pharaon quand il parlait de journée doublement heureuse. C'est la Fête de Thot. A cette occasion, les Égyptiens sortent et vont offrir des cadeaux à ceux qu'ils apprécient, ceux qu'ils aiment, avec une phrase rituelle et... Severus ? Severus, tu m'écoutes ?"
Le Sorcier s'était figé. Il réalisait enfin que le temps filait et qu'il devrait bientôt quitter une certaine jeune femme. Sans répondre à l'Enquêteur, il fila vers les appartements royaux. Les gardes le laissèrent passer et il arriva devant la porte de Nedjemet.
Il n'eut pas le temps de manifester sa présence,
le vantail pivota et s'ouvrit sur la plus merveilleuse des visions : enserrée dans une robe de lin plissée, les cheveux tressés et parée de bijoux précieux, la jeune femme incarnait la beauté. A nouveau le Sorcier perdit ses moyens, il était si... fasciné. À la fois Déesse et mortelle, elle faisait battre son cœur au-delà du possible.
Elle avança, prit la main blanche du Sorcier et y déposa un présent enveloppé de papyrus en disant cette simple phrase :
"Douce est la Vérité."
Il n'eut pas besoin d'explication. C'était la phrase rituelle de la Fête de Thot, elle lui offrait un cadeau.
Les Égyptiens offrent des cadeaux à ceux qu'ils aiment.
Cette pensée réchauffa l'âme du Sorcier tandis qu'il ouvrait le papyrus. Sur la feuille brillait l'or et le Lapis-Lazuli d'un Oudjat, l'œil protecteur, au bout d'une longue chaîne.
"Ce pectoral veillera sur toi où que tu soit," dit la jeune femme.
Elle souriait. Ses yeux pétillaient même.
"Nedjemet... ma douce... ce présent...
- Chuuut !
Il est précieux, mais ce que je vais t'offrir maintenant l'est plus encore.
- Quoi ?! Mais... Mmmm !"
Elle l'avait bâillonné d'un baiser. Il le lui rendit aussitôt avec fièvre et ils s'abattirent sur la couche de la jeune femme.
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Severus et Nedjemet furent très en retard au festin.
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Alistair avait couru dans les rues encombrées jusqu'à la Maison de Bière, presque entièrement reconstruite. Son apparition surprit tout le monde : Fournès faillit recracher sa boisson, un de ses collègues mordit son doigt au lieu de la datte qu'il tenait, seul Rachtok n'eut d'autre réaction qu'un sourcil levé un peu plus haut que l'autre.
"Tu sais soigner tes entrées, Minotaure, fit le Gobelin, une raison à ce coup d'éclat ?
- Ben, euh... on va bientôt partir.
- Et ?!
- J'ai pas réglé ta facture. Tiens, voilà !"
Rachtok saisit le tissu qui enserrait une forme longue et solide dont la vision lui coupa le souffle.
"Une barre d'or ! finit-il par couiner, je... tu... tu sais que c'est bien plus que ce que tu me devais ?
- Je sais, mais je voulais te la donner. Pour que tu la fasses fructifier. Tu es très doué à cela."
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Alistair quitta un Rachtok muet, en admiration devant l'or qu'il tenait.
Je commence à aimer ce métal, pensa le Gobelin.
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Quand il rentra au Palais, le minotaure atterrit en plein drame : Harry était en larmes et Grimoire ne savait que faire pour le consoler.
"Je lui ai dit que, conformément aux Lois Divines, aucun être vivant de cette époque ne pourra nous accompagner ce soir, quand nous partirons, et... il voulait tant emmener Sssethos."
Alistair hocha la tête. Pauvre Harry ! Il allait souffrir de cette séparation. À moins que...
Hé hé, il ferait bientôt un Serpentard acceptable.
"Les enfants, j'ai un plan tordu."
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Les minutes avaient fui et le festin battait son plein. Chaque Voyageur du Temps avait rassemblé ses affaires, qui consistaient en quelques sacs et les Portoloins confiés par Asclépios. L'équipe était comme à son arrivée, Flûtiau à nouveau tissu au cou d'Alistair et Massacre absent. Severus pensa qu'Elspeth l'avait renvoyé aux Enfers, pour éviter toute contestation divine. Il posa son regard sur son fils. Harry semblait triste, mais il savait que c'était de la comédie. Ses muscles étaient trop relâchés pour un tel sentiment.
Qu'a-t-il donc inventé ?
Lydie fut la première à partir, le disque solaire étincelant à son front. Elspeth et Grimoire suivirent. Harry, dont le sac à dos remuait bizarrement, n'eut aucune difficulté à rejoindre son époque, de même qu'Alistair.
Severus allait les retrouver quand un cri stoppa son départ. Nedjemet ! Elle courait vers lui, les yeux pleins de larmes. Ils eurent à peine le temps d'échanger un baiser.
Le Voyage reprit, les lueurs disparurent,
et l'Égypte antique retrouva le cours de son Histoire.
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Lydie vint directement au Bar des Louchébems où Nemo faillit l'étouffer, tant il la serra dans ses bras.
Grimoire fut projeté au Musée du Louvre, où il constata que le texte des stèles avait bien changé.
Harry, Elspeth, Severus et Alistair reconnurent les couloirs de Poudlard sous leurs pas. Le Gryffondor posa à la hâte son sac à dos au sol mais n'eut pas le temps de l'ouvrir : Albus et Minerva les avaient repérés et cela retarda l'action du jeune homme. Il n'eut pas plus de temps par la suite, une Elspeth surexcitée le tira par la manche pour l'emmener ailleurs.
"Viens, on va le ramener, mais il faut qu'on soit dans une grande pièce et pas dans un couloir, cela ne suffira pas."
Les adultes suivirent, incertains, tous sauf Albus pour qui ces cavalcades n'étaient plus de son âge. Arrivés dans la Grande Salle, Elspeth invoqua son Familier : "Viens à moi, Massacre, Chien des Enfers. Venez, tous les deux !"
Et du néant surgit la toison blanche où se lovait le Serpent argenté.
"Sssethos, s'écria Harry, je Sssuis Sssi heureux que tu Sssois là !"
Severus fronça les sourcils.
Il croyait dur comme fer que son fils avait caché le serpent dans le sac à dos.
Mais alors, qu'y avait-il dedans ?
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Albus était intrigué.
Le sac qu'avait laissé Harry remuait faiblement. Devait-il l'ouvrir ?
La curiosité fut la plus forte.
"AAAAAH !
- Oh je suis désolé ! fit une voix qui sortait d'un amas de tissu, je ne voulais pas vous faire peur. Vous êtes Albus Dumbledore, n'est-ce pas ? Severus m'a beaucoup parlé de vous... Oh, vous êtes pâle comme la lune, vous avez besoin d'une douceur qui vous remette d'aplomb.
Un bonbon au melon ?"
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EPILOGUE
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Si les Sorciers avaient cru que leur retour au vingtième siècle leur apporterait l'apaisement, ils se trompaient. Les troubles commencèrent dès que Severus constata avec horreur qu'il n'avait plus le flacon du Sang de la Méduse, et il se mit en colère à l'aveu d'Alistair :
"C'est moi qui l'ai, Sev. Je te l'ai dérobé quand je t'ai secoué comme un prunier, juste avant que la Patrouille vous emmène, Senedj et toi. J'en avais besoin pour réveiller Ounech, pour qu'il crache le morceau devant Pharaon et la cour. Il était dans le coma, rappelle-toi ! J'ai utilisé une mesure...
- Quoi ?!... Montre-moi le flacon !"
Le Minotaure s'était exécuté devant son compagnon, ce dernier blêmissant à vue d'œil.
"Il ne reste qu'un quart du volume initial.
- Ben oui, la mesure a fait du mal au niveau.
- C'est catastrophique !
- Pourquoi ?
- Parce que désormais il n'y a pas assez de Sang de la Méduse pour ramener quelqu'un à la vie, voilà pourquoi !"
Le Minotaure avait rentré la tête dans les épaules. Asclépios et Madame Kostic avaient bataillé dur contre Zeus, pour qu'Il autorise Severus à ramener trois personnes des griffes de la Mort. La première fut Harry, lors de la bataille finale... et il n'y en aurait pas d'autres.
Devant l'air déprimé de son père, Elspeth avait aussitôt prié Aureus de contacter le Dieu de la Médecine pour qu'Il lui remonte le moral. Asclépios avait accouru et, bien sûr, avait demandé la cause de cette dépression. Au grand désarroi des Sorciers, il s'était mis à sourire à leurs explications.
"Ce n'est que cela ? Donne-moi le flacon, je vais le remplir à nouveau.
- Le remplir ?
- Eh bien oui !... Tu croyais que je n'avais que ce flacon de Sang de la Méduse pendant tous ces siècles ? J'ai une réserve dans une jarre de grande contenance.
Je ne vous l'avais pas dit ?"
A voir leurs têtes, non.
C'était tout Asclépios, cela, oublier de le leur dire.
Severus fulmina un moment avant de se calmer, et de fourrer le flacon presque vide dans les mains de son ancêtre. Lui crier dessus serait inutile, on ne pouvait le changer. Il resterait à jamais un Dieu humain, dans le meilleur sens du terme, mais, assez souvent, totalement à côté de la plaque.
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A partir de là, les choses étaient à peu près rentrées dans l'ordre à Poudlard. Si l'on exceptait Rusard, qui râlait tous les jours sur une certaine momie qui perdait ses pièces, la vie avait repris ses rails, jusqu'au jour où une missive de Gringotts convoqua Harry, Severus et Alistair à leur établissement du Chemin de Traverse.
Ils furent reçus par Ragnok.
"Vous êtes ici pour deux affaires. Voici la première : c'est une très vieille lettre qui vous est adressée, Monsieur Dutoréador.
- A moi ?!
- Oui. Faites attention ! Elle a beau avoir des Sorts de conservation, elle reste fragile." fit le Gobelin en la tendant avec précaution.
Le cœur des trois Sorciers battit un peu plus vite quand ils identifièrent la matière de ladite lettre : du papyrus.
Alistair la déplia avec le plus de douceur possible.
Cher Minotaure,
Je ne pensais pas cela possible, mais tu me manques terriblement. Vous me manquez tous, en fait, même si notre première rencontre a conduit à la destruction de ma Maison de Bière.
Votre départ a laissé un vide à Memphis que les années n'ont pas comblé. La vie a continué, certes, mais tous ceux que vous avez rencontrés ont souvent le réflexe de dire : que penseraient-il de tel événement ? Que feraient-il en de telles circonstances ? Même au Palais !
Je le sais par Senedj. Ton protégé est devenu quelqu'un qui compte auprès du Pharaon Ramsès, car cet enfant que j'ai vu grandir - il n'a pas oublié d'où il vient - a réussi ses vies d'Architecte et de Mage. C'est lui qui ensorcelle cette lettre, en ce moment où je m'apprête à quitter ce monde et retrouver les miens, et je sais qu'elle te parviendra intacte.
Mais il y a autre chose que je veux te donner avant le grand départ. J'ai bien utilisé l'or que tu m'as laissé, et en compagnie d'autres êtres qui ont été transformés comme moi, j'ai fondé un établissement qui prête aux Créatures, quelles qu'elles soient. J'espère que cette idée me survivra. Si c'est le cas, tu trouveras un document précieux avec cette lettre, j'ai laissé des instructions en ce sens.
Il s'agit d'une part dans l'établissement. Je sais que tu feras bon usage de l'or qui te reviendra, car ton cœur est immense et tu ne veux que le bonheur des autres. Il ne pourrait être en de meilleures mains.
Les forces me manquent.
Minotaure, je te salue. Prends bien soin de ta famille, et quand le temps sera venu pour toi de franchir l'ultime frontière, il y aura un Gobelin qui t'accueillera, une coupe de bière à la main.
Rachtok.
Tenancier,
banquier,
ami.
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Un grand silence suivit, seulement troublé par les reniflements d'Alistair. Severus jeta un regard au deuxième document. Même s'il ne payait pas de mine, il était tout à fait légal. Alistair allait toucher plusieurs milliers de Gallions par an.
"Hum... je suggère que nous laissions Monsieur Dutoréador se remettre de ses émotions et que nous allions régler l'affaire qui vous concerne," fit Ragnok en fixant les deux autres Sorciers.
Ils le suivirent. Pas loin. Ils n'eurent même pas à prendre le wagon. Le Gobelin désigna une porte sans serrures qui, d'après ses dires, n'existait que depuis la veille. Il y avait une inscription qui en barrait le milieu :
Ce que contient cette voûte appartient à Harry Potter et à Severus Snape,
autant qu'ils lui appartiennent.
Le vantail disparut dès qu'ils approchèrent et leurs regards se posèrent sur le tableau qui trônait, solitaire, au fond de la pièce. Une femme y était représenté, une femme qui s'éveilla doucement quand Harry bredouilla :
"M'man... MAMAN !"
C'était bien Lily. La Lily que Severus avait rencontré dans le Labyrinthe d'Anubis, celle qui avait désormais son âge.
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Les Sorciers vécurent le retour à Poudlard dans un brouillard qui ne voulait pas les lâcher. Ce ne fut que lorsque le tableau fut installé sur un des murs du bureau de Severus qu'ils revinrent à eux. Alors les questions fusèrent, de part et d'autre, et la belle Lily ne pouvait plus s'arrêter de parler. Elle leur apprit, sur le moment et dans les jours suivants qu'Anubis, en accord avec Seth, l'avait placée comme 'esprit gardien' de Nedjemet sa vie durant.
"... Elle a eu une existence heureuse, tu sais, dit-elle un jour qu'elle et le Potionniste étaient seuls dans le pièce, elle a épousé le Scribe Pentaour et ils ont eu trois fils. Elle a eu le temps de connaître ses petits-enfants avant de quitter ce monde."
Severus avait souri sans répondre. Tout doucement, l'amour qu'il avait perdu lui était devenu moins douloureux. La patience et la tendresse de Lily y étaient pour beaucoup.
La semaine de la rentrée des Professeurs mit un peu d'animation dans l'école, et Severus s'absentait plus souvent. Lily taquinait le Serpentard sur le sujet. Elle n'aurait jamais cru qu'il serait devenu enseignant, et surtout, qu'il le serait toujours seize ans après, tant il pestait sur le niveau médiocre des Cornichons auxquels il devait apprendre le Noble Art des Potions.
"Voyons, Sev, il ne sont pas nuls à ce point ?
- Non, ils sont pires ! Je crois que je préférerais repartir dans le passé, à cause des Dieux, et affronter leurs Créatures plutôt que de supporter ces terreurs miniatures une année de plus."
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Ouille !
La-Phrase-À-Ne-Pas-Dire.
L'Employé du Destin sauta sur l'occasion.
Cela tombait bien. Zeus avait un gros problème à résoudre, du côté de Troie.
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FIN
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Vous l'avez compris, nos héros vont bientôt repartir pour de nouvelles aventures. Mais cela ne sera pas pour tout de suite. Je publierai en attendant une série de drabbles sur le thème des phrases malheureuses. Premier chapitre demain.
