Yoo ! Comment vous allez, depuis le temps ? Moi ça va, j'ai eu mon bac, tout ça, donc c'est plutôt cool.
Aussi, je suis en plein NaNoWriMo (en gros, c'est un défi où je dois écrire 50 000 en 30 jours, pour ceux qui ne connaissent pas), donc j'avance beaucoup dans l'écriture de cette fic (j'ai pondu 2 chapitres en 5 jours, et je pense en boucler un troisième aujourd'hui, pour vous dire). Bon, les publications de chapitres ne vont pas retrouver tout de suite un rythme "normal"puisqu'il faut quand même le temps que je reprenne un peu d'avance, mais le bilan est plutôt positif de ce côté !
Mais trève de bavardages, je vous laisse à votre lecture. :3 On se retrouve de l'autre côté.
8- Jouer
En vingt minutes de marche, Néo s'était plaint de la chaleur environ six fois. Forcément, les manteaux de l'Organisation n'allaient pas très bien avec le climat de ce monde. Xion le reconnaissait, mais pouvait le supporter. Après maintes missions à Agrabah, passées à chasser les Sans-Coeurs sous un soleil de plomb, la température de la Nouvelle-Orléans paraissait presque agréable.
Mais oui, un peu de fraîcheur n'aurait pas été de trop. Chaque brise légère était comme un petit miracle, par ici. Puis aussi, ça empêchait Néo de se plaindre pendant environ trois minutes. A la fin, Xion décida plus intelligent de le distraire avant qu'il ne recommence.
« Tu ne trouves pas que ce monde est vraiment magnifique ? Et encore, ce n'est que la ville... »
Mais la nature prenait ses droits sur la civilisation, comme une habitante à part entière. Les plantes grimpaient sur les murs, croulaient depuis les toits, pleines de fleurs colorées et magnifiques. Des insectes dont Xion n'aurait même pas soupçonné l'existence s'en donnaient d'ailleurs à cœur joie. Sans doute que cela contribuait à l'ambiance festive qui régnait dans le coin.
Le garçon lui jeta un regard méfiant, mais hocha la tête.
« Ouais, c'est pas faux. »
Encore cette attitude froide... La marionnette en aurait soupiré d'agacement, mais elle préférait se taire pour le moment. Elle commençait à se dire que c'était juste la façon de fonctionner de Néo. Mais c'était bizarre, tout de même... Il pouvait se comporter tout à fait normalement, et l'instant d'après agir comme s'il lui en voulait personnellement.
Et ils ne savaient toujours pas où ils se rendaient. Xion songeait vaguement à voir ce qui se trouvait en dehors de la ville. Si la nature semblait sauvage rien qu'ici, ce devait être encore plus beau lorsqu'elle possédait le monopole de l'espace...
Elle allait en faire part à son camarade, lorsqu'une voix la fit se stopper.
« Approchez donc, jeunes gens ! disait l'homme, assis derrière une table au coin de la rue. Venez donc voir si la chance vous sourit. »
Il tenait un paquet de cartes entre les mains, qu'il s'amusait à mélanger. Son sourire inquiétant révélait deux dents écartées. Il se voulait sans doute aimable, mais quelque chose de mauvais brillait dans ses yeux tandis qu'il les fixait. Même avec sa peau brune, il parvenait à avoir le teint maladif et presque jaunâtre, comme quelqu'un qui s'apprêtait à rendre son repas – ou bien un cadavre. Sur la table reposaient trois gobelets de plastique retournés.
Xion recula d'instinct, mais Néo avança, visiblement curieux de voir ce que cet étrange personnage leur voulait.
« Ah, je vois que vous n'avez pas froid aux yeux, jeune homme, fit l'inconnu en élargissant son sourire. Vous voulez tenter votre chance ?
-Ca dépend. Qu'est-ce qu'il faut faire ? »
L'homme désigna la table et les trois gobelets.
« Un simple jeu de hasard, expliqua-t-il. La participation coûte dix munnies, qui seront placés sous une de ces coupes, que je changerais de place. Si vous vous trompez, tant pis pour vous. Si vous réussissez, vous récupérez votre dû... »
Il laissa planer le suspense d'un regard malicieux, tout en soulevant son chapeau haut-de-forme, dont il retira deux papiers bleus.
« … Ainsi que deux invitations à la grande fête qui se déroule à la résidence des LaBouff, pour l'anniversaire de leur fille Charlotte. Alors, partant ? »
Xion vit son camarade réfléchir, ayant déjà un pressentiment sur la réponse qu'il allait donner.
« Ce n'est pas du hasard, contra Néo très sérieusement. C'est une question de talent, pour réussir à repérer où sont les munnies, rien de plus.
-Appelez ça comme il vous conviendra, dans ce cas, fit l'autre d'un air affable. Et serez suffisamment talentueux pour gagner contre moi ? »
Quelque chose s'alluma dans le regard de Néo à la mention du défi et un petit sourire suffisant naquit sur ses lèvres. Xion comprit qu'il était du genre à répondre à la moindre provocation. Et elle avait une mauvaise impression sur toute cette affaire...
« Je suis partant » répondit-il en tendant les munnies, que le charlatan s'empressa de dissimuler sous le gobelet du milieu.
Il les fit bouger relativement vite, mais pas suffisamment pour qu'il soit possible de perdre la trace de celui qu'il fallait désigner. Aussi, Xion ne fut pas surprise lorsque Néo choisit celui de gauche et ne se trompa pas. L'inconnu eut la décence d'avoir l'air déçu.
« Ah, vous avez l'oeil ! soupira-t-il. Cela fait des jours que j'ai mis ces invitations en jeu, et personne n'a réussi à les prendre jusque-là. Enfin, j'imagine qu'il vaut mieux qu'elles servent à quelque chose, puisque la fête est ce soir... Amusez-vous bien. »
Il leur remis les munnies et les deux cartons, puis ils s'éloignèrent. Xion jeta un dernier regard à l'étrange homme, toujours assis derrière sa table, à mélanger machinalement un paquet de cartes. Elle aurait juré qu'il semblait satisfait de sa défaite.
Satisfait, Néo l'était aussi. Il irradiait la suffisance lorsqu'il tendit l'une des deux invitations à la marionnette.
« Eh bien, on sait ce qu'on fait ce soir !
-Hum... Je ne pense pas qu'on devrait y aller, asséna doucement Xion.
-Pourquoi ? Ca permet d'explorer un peu plus ce monde. C'est ce que tu voulais, non ?
-Oui, d'accord, mais... Je ne sais pas, ce type me paraît louche. Et puis, j'ai comme l'impression qu'il t'a laissé gagner. »
La chose à ne pas dire, évidemment. L'autre fronça les sourcils et contra ses accusations d'un claquement de langue agacé.
« N'importe quoi. Je ne vois pas pourquoi il aurait fait ça.
-Il ne t'as pas semblé bizarre ? s'enquit-elle.
-Un peu, admit Néo, mais tous les gens bizarres ne sont pas mauvais. Puis s'il l'était, il aurait plutôt triché pour que je ne puisse pas gagner, tu ne penses pas ? »
Là, il marquait un point. D'ailleurs, pourquoi un parfait inconnu leur tendrait-il un piège ? Xion soupira. A force d'enchaîner les trahisons, elle voyait le mal partout...
L'invitation précisait que la fête commençait à vingt heures, et qu'elle était déguisée. Les deux jeunes gens décidèrent que leurs manteaux noirs passaient facilement pour un déguisement dans le coin et ne s'embêtèrent pas plus avec cette contrainte.
Comme escompté, personne ne se trouvait dans ce château, malgré les signes apparents d'une présence quelques jours auparavant. Pour en être sûr, Vanitas avait envoyé des Nescients inspecter les recoins, pendant que lui-même prenait ses marques à l'intérieur de l'immense bâtisse – après tout, il allait devoir y rester un certain temps pour guetter un éventuel retour de Maléfique ou de ses acolytes.
La déco n'était pas trop mal, mais il allait s'ennuyer de son manoir à la Cité du Crépuscule. Enfin, au moins, ces lieux s'avéraient imprégnés de Ténèbres plutôt confortables.
Au bout de quelques heures, les Nescients avaient finis de ratisser la zone de fond en comble. Depuis qu'il les avait récupérés, il ne se privait pas de les utiliser ! Il n'aurait jamais pensé que ces créatures insignifiantes lui manqueraient autant. Il comptait bien faire payer à Ienzo pour les lui avoir volé – leurs routes se croiseraient bien à un moment ou un autre, et à ce moment-là...
Cela faisait plus d'une demi-journée déjà qu'il s'était établi au château de Maléfique, et il avait trouvé une étrange chose, dans l'une des bibliothèques. Un objet dont émanait un étrange pouvoir. Il s'agissait d'une pierre, en vérité.
Affalé sur un trône sombre qu'il trouvait tout à fait à son goût – au point de se demander s'il ne le déménagerait pas dans son manoir – Vanitas tournait et retournait la pierre bleutée entre ses doigts, se demandant à quoi elle pouvait bien servir. Elle luisait quelques peu, et une puissante énergie émanait d'elle. Il ne s'agissait ni de Lumière ni de Ténèbres, cependant. Elle n'avait pas de forme particulière – ou plutôt plusieurs angles partant dans tous les sens de façon plutôt anarchique.
Il ne devrait sans doute pas jouer avec un objet magique, surtout s'il appartenait à une dangereuse sorcière, mais le pouvoir qui s'en échappait exerçait sur lui une étrange fascination. Oh, il n'était pas stupide. S'il sentait que cette chose devenait dangereuse, il la remettrait à sa place. De toute façon, si cette pierre renfermait quelque chose d'extrêmement dangereux, Maléfique ne serait pas assez bête pour la poser en évidence là où tout le monde pouvait la trouver, n'est-ce pas ?
Vanitas se demanda un moment s'il devait en parler aux autres, avant de se rappeler qu'il n'était de toute façon pas censé quitter son poste.
Et puis, inutile de les inquiéter pour une babiole.
Xion ne savait pas tellement quoi penser de cette journée. Après leur étrange rencontre, ils avaient visité l'extérieur de la ville, qui se composait de marais. Elle n'en avait jamais vu de ses propres yeux, mais savait par les souvenirs de Sora qu'il en existait un sur l'Ile du Destin. L'endroit était quasiment impraticable, humide, plein d'insectes en tout genre, et la chaleur n'arrangeait rien, mais la vie qui y pullulait s'avéra fascinante.
Ils en étaient ressortis couverts de boue, mais étrangement, pas de mauvaise humeur. Enfin, pas Xion en tout cas. Néo ne se plaignait pas – ce qui relevait déjà en soi de l'exploit – mais paraissait ne pas en penser moins. Une vague nostalgie se saisit de la marionnette lorsqu'elle pensa que visiter cet endroit avec Axel et Roxas aurait sans doute été plus amusant.
Elle avait toujours préféré faire équipe avec eux lors des missions. Cela n'arriverait plus, désormais. Peut-être n'était-ce jamais arrivé que dans sa mémoire, rien que dans les souvenirs d'une poupée brisée. Peut-être avait-elle tout imaginé. Pourquoi pas, après tout ? Personne ne pourrait lui affirmer le contraire, puisque personne ne se souvenait...
Quand ils revinrent en ville, le crépuscule baignait déjà la ville d'une ambiance plus paisible, plus fraîche. Le temps qu'ils trouvent la résidence où se déroulait la soirée, il faisait déjà nuit. Durant le trajet, ils ne parlèrent pas énormément. Xion tenta quelques commentaires, sur les marais ou bien la fête où ils se rendaient, mais les silences à répétition de Néo la firent vite se sentir idiote. Peut-être qu'il ne lui répondait pas tout simplement car elle parlait de sujets peu intéressants pour lui, après tout... Peut-être qu'elle s'y prenait juste mal pour tenter de le faire sortir de sa coquille. Ce ne serait pas la première fois qu'elle était le problème majeur.
Ils arrivèrent enfin devant un grand portail forgé, devant lequel un homme bien habillé proposait à ceux qui venaient à bord des tas de ferrailles de « garer leur voiture » tandis qu'un autre vérifiait que les invités possédaient leur carton, ainsi qu'un costume. Quand Néo et Xion se présentèrent à lui, il haussa un sourcil et un coin de moustache devant leur tenue, avant de leur souhaiter une bonne soirée.
La fête se déroulait principalement dans la cour de la résidence, où des personnes vêtues de costumes colorés et de perruques farfelues discutaient en tenant à la main un verre ou de la nourriture. A proximité des escaliers, un orchestre armé d'instruments à cuivre jouait une musique que Xion n'avait jamais entendu, mais qui, sans être dans le même registre, lui évoqua dans la tonalité celle entendue plus tôt dans les rues de la Nouvelle-Orléans.
Toute cette agitation lui prit aux tripes. Tant de monde au même endroit, tant d'inconnus avec chacun une histoire propre, qui riaient, dansaient, buvaient, qui s'amusaient... Tout ça, Xion ne l'avait jamais connu dans son ancienne vie, qui consistait majoritairement en missions, glaces à l'eau de mer et en soucis. Même ses bons moments avec Axel et Roxas avaient été teintés d'inquiétude face à tous ces problèmes, elle n'avait presque jamais pu se laisser aller à l'insouciance pure.
Et puis, wow, cette foule... Ca avait quelque chose de grisant.
Elle se tourna vers Néo pour lui faire part de tout ce qui la traversait en cet instant, mais s'interrompit. Il ne semblait pas aussi enthousiaste qu'elle, bien qu'il soit celui qui ait insisté pour s'y rendre.
« Quelque chose ne va pas ? » l'interrogea-t-elle.
Le garçon pinça les lèvres, puis répondit en fixant la foule :
« C'est rien. Pas l'habitude, c'est tout.
-Moi non plus, confessa Xion avec un sourire. Mais c'est plutôt chouette, non ? »
Le visage de Néo se détendit un peu tandis qu'il réfléchissait.
« Hum... Je ne vois pas trop en quoi. »
Cela sonnait comme une question.
« Eh bien, je n'arriverais pas à l'expliquer... commença Xion. Toute cette agitation, cette insouciance, la musique... »
L'autre ne la regarda toujours pas, mais un rictus amusé courba le coin de ses lèvres.
« Ah, ça, pour la musique, je ne peux pas te contredire...
-Je n'avais jamais entendu ça auparavant. Ces instruments doivent être typiques de ce monde...
-Peut-être, acquiesça-t-il. Mais le reste...
-Quel est le problème avec le reste ? interrogea Xion. »
Néo haussa les épaules.
« Je ne sais pas. Perso, tout ce que je vois, ce sont des gens bruyants avec des rires gras et des conversations inutiles. C'est... Stressant. J'aime pas trop ça. »
Eh bien, on progressait ! Bien que la marionnette n'approuve pas le point de vue de son compagnon de route, elle remarqua qu'il confessait déjà un peu plus ses pensées.
« C'est un peu intimidant, acquiesça-t-elle, mais je trouve que ça ajoute quelque chose de... Hum, disons que j'ai enfin le sentiment de vivre une aventure. Et je trouve que tu as un point de vue bien arrêté sur des gens que tu ne connais pas.
-Mais ils ont l'air tellement bêtes... » souffla Néo avec un semblant de jugement dans la voix.
Pour toute réponse, Xion poussa un énorme soupir. Pourquoi trouvait-il que s'amuser signifiait avoir l'air stupide ? Pour le coup, ce fut elle qui eut envie de mettre fin à la conversation.
« Bien, si tu me cherche, je serais avec les gens stupides, en train d'explorer ce monde. Ca ne se limite pas qu'à parcourir un paysage et à tuer des choses, tu sais ? »
Sur ce, elle s'éloigna avant qu'il n'ait pu répliquer quelque chose qui aurait rajouté de la tension entre eux. C'était déjà suffisamment compliqué comme ça...
Elle s'approcha du buffet, situé à proximité de l'entrée, derrière lequel une silhouette désormais familière se trouvait.
« Tiana ! » s'exclama-t-elle.
La jeune femme releva la tête, d'un air absorbé par son travail, puis finit par lui sourire.
« Oh, tiens donc ! Xion, c'est ça ? Je ne m'attendais pas à te voir ici.
-Moi non plus, à vrai dire. Tu travailles ici, en plus de ton restaurant ?
-Charlotte est une de mes amies depuis l'enfance. Ma mère était sa nourrice quand nous étions petites, alors, chaque fois que son père organise une soirée, ils préfèrent m'engager plutôt qu'une inconnue. Je n'ai plus vraiment besoin de me faire beaucoup d'argent, mais j'aime leur rendre service.
-Je vois, se contenta-t-elle de répondre en souriant. Ton restaurant marche plutôt bien, alors ? »
Tiana prit le temps de servir un beignet à un couple d'âge moyen, avant de revenir vers Xion.
« Oui, répondit-elle avec un sourire rêveur. Ca n'a pas toujours été ainsi. J'ai dû travailler dur pour pouvoir l'ouvrir, mais c'était mon rêve depuis l'enfance. »
La marionnette se contenta de sourire en se disant que ça devait être bien, d'avoir un rêve et de s'y accrocher. Elle, elle ne possédait que des envies, pour la plupart irréalisables. Comme, par exemple, de ramener à la vie son meilleur ami mort. Oh, il ne fallait pas qu'elle pense à cela maintenant...
« Je n'avais pas réalisé que ce que tu portais ce matin était ton costume pour la soirée, fit remarquer Tiana en la dévisageant de la tête aux pieds. Qu'est-ce que c'est censé représenter ?
-Oh, euh... C'est une blague... Une blague idiote, avec Néo.
-Eh bien, vous devez être vraiment proches pour porter des costumes assortis à une soirée déguisée. »
Sur le coup, elle fut tentée de répliquer un « Pas vraiment, non, on se connaît depuis trois jours » mais se contenta de sourire, sachant d'instinct que ce genre de phrase passerait moyennement dans une conversation. De toute façon, Tiana était trop occupée à servir les clients pour remarquer son air pincé.
Ce fut en jetant un coup d'oeil aux arbres environnant la cour qu'elle remarqua quelqu'un habillé de la même manière qu'elle. Pas Néo, non, ce serait trop facile... Son cœur manqua un battement lorsqu'elle le reconnut.
Xaldin restait en retrait, les bras croisés sur la poitrine, l'air indifférent, comme s'il comptait se fondre dans les ombres de la végétation.
« Désolée Tiana, il faut que j'y ailles » fit-elle précipitamment avant de se fondre dans la foule, à la fois pour se cacher du regard de l'homme et pour chercher Néo.
Xaldin... C'était donc bien lui la veille, avec Maléfique ! Mais alors, elle les avait retrouvés ? Il était là pour eux ? Oh, il ne manquait plus qu'un second groupe de poursuivants à leurs trousses...
Elle eut beau chercher à l'endroit où elle avait laissé Néo et partout aux alentours, nulle trace de lui – d'ailleurs, la situation lui paraissait bien familière...
Elle jeta un coup d'oeil nerveux à Xaldin juste à temps pour le voir disparaître à travers les arbres qui bordaient la résidence. Prise de panique, elle se demanda s'il n'auraient pas déjà attrapé son compagnon de route.
Elle hésita une demi-seconde, puis, maudissant l'ironie du sort, se lança sur les pas de Xaldin, d'un pas rapide mais discret.
Néo ne savait même pas pourquoi il était venu.
En fait, si, il savait. Parce qu'il avait gagné ces fichues invitations dont il ne voulait même pas à la base.
Et maintenant, qu'allait-il faire, hein ? Xion l'avait laissé seul – très sympa de sa part, au passage – et il ne se voyait vraiment parler à personne. Pour dire quoi, de toute façon, hein ? Il se fichait de la vie de ces gens et il ne pouvait pas vraiment leur parler de la sienne... Quelle plaie.
De plus, comme chaque fois qu'il laissait son esprit vagabonder deux secondes sans le tenir en laisse, ses pensées revenaient sur le sujet auquel il voulait à tout prix éviter de penser. Même lui trouvait ça redondant, à force.
N'empêche qu'il commençait à se demander s'il n'avait pas fait une connerie, de s'enfuir du Jardin Radieux, comme ça. Il aurait peut-être dû lui dire au revoir, au moins... Quoique non il n'en aurait pas été capable, et elle l'aurait sans doute trouvé pathétique, bien qu'elle soit trop gentille pour l'admettre.
La plupart du temps, il parvenait à s'empêcher de penser à Naminé, mais ce jour-ci, il se sentait pris de... Non, pas de nostalgie. De manque, sans doute, ou il ne savait pas trop comment appeler cette putain d'émotion qui lui nécrosait le cœur. Quoiqu'il en soit, peu s'en fallait avant qu'il ne s'enfuit de cette soirée épouvantable et ne se réfugie au Jardin Radieux comme si de rien n'était. Seuls la perspective de sa chambre morne qu'il ne pouvait plus voir en peinture et les remarques sans doute peu agréables de Vanitas s'il revenait l'en empêchaient. Ca, et les questions curieuses des autres, du genre « Mais qu'est-ce qu'il t'a pris voyons, tu es chez toi ici ! ». La blague.
Et puis, il y avait le mystère de Xion, qu'il comptait bien percer à jour une fois qu'il aurait réglé sa propre crise existentielle. Pour le moment, l'image de Naminé se trouvait trop présente dans son esprit pour qu'il puisse songer à quoique ce soit d'autre. D'ailleurs, celui-ci tombait sans le vouloir dans un scénario où elle serait là, avec lui. Ce serait déjà mille fois plus supportable.
Il ressentit soudain le besoin de s'éclipser de cette foule, qui le faisait se sentir comme un intrus, presque comme un voyeur, à force de rester en retrait ainsi. Mais il ne pouvait pas laisser Xion seule... Il décida donc de disparaître un petit moment de l'autre côté de la résidence. Eventuellement s'asseoir contre un mur et apprécier le calme.
Il tourna les talons dans cette optique, mais une personne se trouvait déjà à la place convoitée, un paquet de cartes à la main, qu'il manipulait avec une dextérité peu naturelle.
« Eh, vous êtes le type de tout à l'heure ! » s'exclama Néo.
Celui-ci tourna vers lui son sourire aux dents écartées, comme s'il l'attendait – ou au moins, que sa venue ne le surprenait pas – et s'esclaffa :
« Eh bien, on ne peut rien te cacher.
-Vous vous moquez de moi ?
-Question difficile, déclara l'inconnu en continuant de manipuler ses cartes. Mais dis-moi plutôt ce qui te trouble, hum ? Tu n'aimes pas la petite fête ? »
Néo fronça les sourcils. Xion avait peut-être raison à propos de cet homme. Sa présence ici ne lui inspirait rien qui vaille, et il posait bien trop de questions.
« Pas vraiment à mon goût, non, marmonna-t-il en croisant les bras.
-Ah, dommage, dommage... J'imagine que pour un visiteur d'un autre monde, ça ne paie pas de mine, en effet. »
Néo se demanda un moment s'il avait mal entendu.
« Je ne vois pas de quoi vous parlez ! se défendit-il, abasourdi.
-Tu te demandes comment je le sais, hm ? répliqua l'inconnu en ignorant sa dernière réplique. Disons que j'ai des amis... Des amis qui savent beaucoup de choses et peuvent en faire beaucoup également...
-Mais de quoi v- » commença le garçon avant de s'interrompre brusquement.
Pendant l'espace d'un instant, il crut voir l'ombre de l'homme bouger sur le mur de briques. A en croire le sourire de ce dernier, il l'avait sans doute fait exprès. Un pouvoir des Ténèbres, à n'en pas douter.
« Oh, excuse-moi jeune homme, je ne me suis pas présenté, fit-il en se levant et en s'inclinant. Dr. Facilier, expert en sciences occultes. Et si tu sens des présences un peu joueuses, ce ne sont que mes amis de l'Au-Delà.
-L'Au-Delà ?
-Les âmes des morts, si tu préfères... Comme je te le disais, elles peuvent accomplir de grandes choses. Ramener quelqu'un à la vie ou le tuer, le transformer, le rendre riche ou bien... Lui attirer l'affection de celle qu'il convoite. »
Le sang de Néo ne fit qu'un tour.
« Mais bordel, comment vous-
-Je te l'ai dit, interrompit Facilier. Mes amis de l'Au-Delà savent des choses, et ils me les racontent. »
Révolté d'être ainsi percé à jour, Néo lui adressa un regard noir. Un sorcier qui parlait à l'âme des morts, rien que ça ! Et lesdits morts lui rapportaient les secrets intimes des gens. Sûr, ça n'inspirait certainement pas la confiance...
« D'accord, et qu'est-ce que ça peut bien vous faire ? » cracha-t-il, sur la défensive.
Le sourire de Facilier s'élargit.
« Oh, mais je voulais seulement t'aider. Je viens de te dire que mes amis pouvaient t'aider à réaliser ton souhait... »
Tentant. Rien qu'à cette pensée, son pouls s'accéléra. Si seulement... Mais on lui avait déjà fait ce coup-ci. Lumaria lui avait promis la même chose, avec autant de facilité.
« Ok, c'est quoi l'arnaque ? » asséna-t-il sans détour.
La paquet de cartes de l'inconnu passait de plus en plus rapidement d'une main à l'autre, mais c'est avec une voix plus aimable que jamais qu'il lui répondit :
« Il n'y en a pas, mais... J'ai bien peur que tu ne doives gagner ta récompense.
-C'est-à-dire ? »
Le sorcier lui agita le paquet de cartes sous le nez. D'accord, encore un jeu... S'il s'écoutait, Néo aurait accepté aussitôt, mais il s'efforça de se montrer prudent.
« Et si je perds ?
-Je ne vais pas te le cacher, ce jeu est à double tranchant. Si tu perds, tu ne pourras plus jamais retenter ta chance. En fait, tu ne pourras plus relever aucun défi de la sorte, que ce soit avec moi ou n'importe qui... Un sortilège t'en empêchera. »
Néo haussa un sourcil. Quelle condition farfelue... Mais ça ne lui paraissait pas bien dangereux. Ca en valait même le coup.
« Qui me dit que vous n'allez pas tricher ? insista-t-il tout de même. C'est votre jeu, après tout.
-Je n'ai pas triché, tout à l'heure, fit observer Facilier, et j'ai perdu humblement. Je ne suis pas mauvais joueur. »
C'était suffisant pour Néo, qui accepta. Il pouvait gagner, c'était certain, tant que ce sorcier restait fair-play. Celui-ci lui demanda juste de signer au bas d'une page, « pour que le contrat soit valable et que je puisse te donner ton prix, bien entendu ».
Ils s'assirent donc à même le sol et Facilier entreprit de distribuer les cartes, puis la partie commença.
Mais au fur et à mesure que les tours s'enchaînaient, Néo perdait de son assurance. Il n'aurait pas dû se montrer si confiant sur un terrain qu'il ne maîtrisait pas bien, mais... Rah, flûte ! Il s'était laissé avoir par ses émotions. Peut-être même les « amis » de Facilier s'étaient-ils insinués dans son esprit pour le pousser à accepter ?
Il poussa un cri de frustration lorsque son adversaire abattit sa dernière carte, scellant ainsi son destin. Il avait perdu. Bien entendu... C'était trop beau, ça n'aurait pas pu lui arriver, une chance pareille... Enfin, relativisa-t-il, le coût de son action ne serait pas trop élevé. Il regarda Facilier dans les yeux. Celui-ci affichait un air bien trop satisfait à son goût.
« Bon, j'ai perdu, vous êtes content ? soupira-t-il.
-Tu n'imagines pas à quel point...
-Qu- »
Les iris du sorcier se mirent à luire d'un vert lumineux, des ombres dansèrent devant Néo – des ombres malsaines, avides de pouvoir – et il n'entendit que la voix de Facilier avant de sombrer dans l'inconscience :
« Tu ne pourras certainement plus jouer aux cartes... Sous cette forme. »
J'aimerais beaucoup connaître vos pronostiques sur ce que Facilier a fait à Néo, ahah 8D Et aussi sur ce que Xaldin fiche ici, tout ça... Ca m'amuse beaucoup de lire vos hypothèses en général, en fait (et des fois vous tombez juste, même si je peux pas le diiiire ! ).
Désolée s'il y a fautes, j'ai encore une fois pas eu trop le temps de me relire, mais j'espère que ça ne vous a pas (trop) dérangés.
A tout bientôt pour la suite !
