Hey ! Ouais, je sais, je vous aie beaucoup délaissé, ces derniers temps. J'ai posté le chapitre 28 y'a quelques semaines à la va-vite sans explication. Le truc, c'est que jusqu'en mai, j'étais pas mal embourbée dans mes cours et mes exams. Maintenant, ça va mieux, je souffle, et je pense reprendre l'écriture de cette fic en juillet/août, maintenant que je peux me concentrer là-dessus. (Bon, ouais, y'a aussi d'autres projets de fics qui m'ont tenus éloignés de celle-ci... Milles pardons, je sais absolument pas gérer mes projets, ahah).
Je tiens à remercier tous ceux qui ont pris le temps de commenter, au passage, ça fait toujours chaud au coeur.
Bon, du coup, voici le chapitre 29, tout prêt, tout beau... pas tout neuf, parce qu'il traîne depuis un moment dans mes fichiers. Oups. Bref.
Bonne lecture !
29. Escapade
« Tu vas peut-être mourir.
-C'est très mignon de t'inquiéter pour moi, Lea, mais je crois que j'ai survécu à pire !
-Parce qu'il y avait Donald et Dingo pour sauver tes précieuses miches.
-Hey, ça suffit ! »
Sora était content. Il allait partir avec Xion et Roxas dès que tout le monde serait prêt. Pour le moment, il choisissait les objets de soin et les magies qu'il allait emporter avec lui. Ses deux doubles faisaient de même dans une autre pièce.
Tout de même, les doutes de Riku concernant Xion le consternaient. Bah, il supposait que son meilleur ami avait un peu raison, de se méfier, mais tout de même, à ce point...
Sora avait su tout de suite qu'elle disait la vérité. Il ne saurait pas se l'expliquer. C'était comme avec Roxas. Elle lui semblait terriblement familière, et pas juste à cause de son apparence. Dans son esprit, cela ne faisait aucun doute qu'elle était une part de lui.
Du coup, il pourrait profiter de cette aventure au Colisée pour la connaître un peu mieux. Ils auraient tout le temps de discuter, là-bas. Et Roxas aussi, en prime ! Il se sentait soulagé de savoir que son Simili allait bien !
« Tu as l'air étonnamment guilleret » nota Lea.
Son ami l'observait dans un coin, les bras croisés.
« Et toi t'as l'air de plus pouvoir te passer de moi une seconde, taquina-t-il.
-Pfff ! C'est juste que je m'ennuie. Et puis, pardon hein, mais Roxas me met mal à l'aise, et j'pense que c'est réciproque. »
Ouais, il imaginait bien... Lorsque tout le monde s'était mis à l'appeler Roxas, Sora n'avait pas apprécié, alors il se doutait que Lea commençait à en avoir marre qu'on le prenne pour Axel.
Aqua aussi avait mal réagit à l'apparition de Roxas, mais ç'avait été plus discret, et Sora ne s'en était pas rendu compte sur le coup. La pauvre... Décidément, ça commençait à être embêtant, que tout le monde ressemble à tout le monde, dans cette histoire !
« T'aurais très bien pu aller ailleurs qu'ici. »
Il acheva de boucler ses affaires et entendit Lea soupirer derrière son dos.
« De quoi tu te plains ?
-J'me plains pas, annonça Sora en se retournant. J'vais te manquer ?
-Et si c'était le cas ? »
Le brun laissa échapper un rire nerveux, pas trop sûr de ce qu'il devait répondre à cela. C'était nouveau pour lui, ce genre de choses.
Il ne savait pas encore où leur espèce de flirt étrange les conduirait. Il appréciait cela, en tout cas, bien qu'il soit certain de ne pas éprouver de sentiments particuliers pour Lea – à part une forte amitié, cela allait de soi ! Malgré tout, l'idée qu'il se passe quelque chose entre eux ne le dérangeait pas. Et il était à peu près sûr, malgré son sens inexistant de l'observation, que ça n'embêterait pas le concerné non plus.
Pour le moment, la situation lui convenait bien comme ça. Il aimait cette façon qu'ils avaient de se tourner autour.
« J'suis flatté, finit-il par répondre. J'me pensais pas si indispensable à tes yeux.
-Exagère pas non plus, p'tite tête.
-Hé, c'est pas ma faute si tu fais la taille d'une courgette !
-C'est plutôt petit une courgette.
-T'as compris ce que j'voulais dire. Eh ,approche pas comme ça, là, avec ton regard de tueur en série ! J'suis armé ! »
Pour illustrer ses propos, il brandit une fiole d'éther devant lui en bouclier, alors que l'autre s'avançait vers lui, un rictus amusé sur le visage.
« Repose ça, tu vas le casser.
-Nan, tu m'fais peur ! plaisanta Sora.
-J'ai rien fait ! Pose ça sinon j'te chatouille.
-Tu vois que j'ai raison de me méfier ! »
C'était déjà arrivé à vrai dire, et Sora commençait à reconnaître l'expression dangereuse de son ami lorsqu'il envisageait la torture par chatouilles.
Lea poussa un soupir faussement ennuyé et se gratta l'arrière de la nuque en une expression résignée. Il avança d'un pas, une main crochue en avant.
« Bon bah, tu me laisses pas le choix...
-Naaaaaaan ! »
Il s'apprêtait à repousser bravement son assaillant lorsqu'un petit toussotement du côté de la porte figea Lea dans son mouvement. Les deux garçons se tournèrent vers Xion, qui les dévisagea un moment d'un drôle d'air.
« Huhum... fit-elle avec une petite voix. C'est pour vous dire qu'on part bientôt. Pardon, j'ai interrompu quelque chose ? »
Sora ricana.
« Nan, tu viens juste de me sauver la vie ! »
Décidément, cette fille était une bénédiction.
« Il faut que j'y ailles, décréta Riku.
-Quoi, maintenant ? »
Le Maître de la Keyblade hocha la tête, l'air grave. Cela faisait trop longtemps qu'il s'inquiétait, mais la priorité avait été de ramener Naminé saine et sauve, et il avait été plutôt d'accord avec cela.
Mais, et si, pendant ce temps, le cas de Vanitas s'était aggravé ?
La dernière fois qu'il l'avait vu, il l'avait pratiquement attaqué. Etait-il possédé par Xehanort ? Ou bien, comme Aqua semblait le penser, avait-il changé de camp en toute connaissance de cause ?
Dans tous les cas, Riku devait en avoir le cœur net.
Il vit Kairi le darder d'un regard grave. Elle seule pouvait comprendre. Ils s'étaient aidés mutuellement à tenir le coup, ces derniers jours. A présent, elle avait récupéré Naminé.
Aqua poussa un lourd soupir.
« Je ne peux pas te donner d'ordres, Riku, puisque tu es Maître, toi aussi. Mais je te le demande en tant qu'amie. N'y vas pas seul. S'il faut, je t'accompagnerais. »
Le jeune homme fronça les sourcils.
A vrai dire, ça ne l'arrangeait pas. De toute les personnes qu'il connaissait, Aqua était sans doute celle qui nourrissait le plus d'aversion envers Vanitas – et à juste titre, il devait le reconnaître. Il ne pouvait pas vraiment la blâmer pour ça, étant donné leur histoire à tous les deux.
Et puis, il voulait se retrouver seul avec son petit ami. Seul Riku parviendrait à lui faire entendre raison. Seulement, si quelqu'un d'autre l'accompagnait, est-ce qu'il se montrerait coopératif ?
« J'irais, moi ! »
Les yeux se tournèrent vers Lea, qui arrivait sans se presser, l'air guilleret.
« Eh, faites pas cette tête. Je le connais pas trop, ce type, alors je suis un parti neutre. Du coup, je pourrais éviter les erreurs de jugement ! »
Riku hocha la tête à contrecoeur. C'était le meilleur choix possible, étant donné la situation.
Ce serait se bercer d'illusion que de penser que tout irait bien. Et pourtant, pour une fois, Riku avait envie d'y croire. Juste cette fois.
Décidément, cette fille était une malédiction.
Néo aurait dû rester sur sa première impression. Les premiers jours, ils n'avaient pas cessé de se disputer, elle et lui. Ils étaient restés l'un avec l'autre après avoir fui Lumaria et Ienzo... mais pourquoi, au fait ? Il aurait dû se tirer pendant qu'il le pouvait encore. Avant qu'il ne finisse par s'attacher et que ce soit elle qui se fasse la malle.
Et pour couronner le tout, le monde se mettait à tourner devant ses yeux. Sa faute, ça aussi.
Et aussi un peu de la faute de Zack qui l'avait traîné dans ce bar pourri pour « se changer les idées ». Assez ironiquement, l'alcool rendait Néo encore plus morose qu'en temps ordinaire. C'était pas de bol, pour quelqu'un d'usuellement grincheux, d'avoir l'alcool triste.
« J'arrive pas à croire qu'elle nous ait lâché comme ça ! s'exclama-t-il pour la énième fois. Sérieux, j'comprend pas.
-Les femmes... soupira Laguna qui les accompagnait tout en finissant son verre de whisky. Ca va p't'être lui passer, qui sait ?
-Sauf que la désertion, c'est définitif, lui rappela Kiros. Même si elle voulait revenir, je doute que la reine ne l'accueille à bras ouverts.
-Oh, je pense qu'elle lui pardonnera, quand même ! s'indigna Zack. Moi, je lui en veux pas.
-Bah moi, si » répliqua amèrement Néo en contemplant son verre presque vide.
Il aurait voulu se noyer dedans. Ca soulagerait sa migraine, au moins. Et ce serait une fin digne de lui : ridicule jusqu'au bout.
Seul Zack connaissait les véritables raisons du départ de l'autre connasse – rien que de pensait à son nom lui faisait mal. Il était évidemment hors de question d'expliquer toutes ces histoires de Keyblade et de clone, de sorcière et de scientifique fou à tous ces gens qui n'avaient pas la moindre idée de l'existence des autres Mondes.
« Bah, pour toi, c'est une bonne chose, philosopha Kiros. Faut que tu la détestes pour pouvoir te la sortir de la tête. C'est comme ça qu'ça marche.
-Et il faut boire, aussi, renchérit Laguna en lui assénant une grande tape dans le dos qui manqua de le faire s'étouffer. Serveur, un autre verre pour mon copain ! »
Néo se sentit pas le cœur de protester. Peut-être qu'en se soûlant suffisamment, il n'arriverait plus à émettre une pensée cohérente. Ou qu'il ferait un coma éthylique. C'était la meilleure chose qui puisse lui arriver ce soir, honnêtement.
« J'arrive paaaas.
-Quoi ça ?
-A la détester. »
Et pourtant il essayait. Il ne la désignait plus que par des noms insultants, et il trouvait mille raisons de lui en vouloir, et, bordel, elle s'était vraiment sauvé comme une voleuse ! La vie qu'ils menaient ici lui déplaisait à ce point, pour qu'elle préfère plutôt passer le restant de ses jours auprès d'abrutis qui ne se souvenaient plus d'elle ?
Quand elle était partie, ç'avait été la fin du monde pour Néo. Et maintenant le monde était fini, terminé, et il ne restait plus que des ruines de son petit cœur fumant.
Et malgré tout ça, il ne ressentait pas un brin de colère, juste un abattement terrible.
Pff.
« Allez, j'suis sûr que tu vas trouver une raison ! »
Pour toute réponse, Néo poussa un gémissement de désespoir.
« J'aurais dû l'inviter à la fête du printemps...
-Pourquoi tu l'as pas fait ?
-J'allais le faire ! cracha-t-il. C'est juste que... C'tait jamais le bon moment. Ca le sera jamais maintenant. J'en ai trop marre de moi. J'sais pas pourquoi j'dis ça.
-Parce que l'alcool délie les langues. Allez, ça va t'faire du bien de te confier !
-J'vais regretter demain...
-Mais non ! sourit Zack en lui posant une main sur l'épaule. Eh, t'es trop pudique mon pote.
-Mon cul. Et j'ai mal à la tête.
-Tu sais quoi ? Tu devrais inviter quelqu'un à cette fête. Y'a plein de jolies filles en ville ! »
Néo eut un ricanement amer.
« J'm'en fous, j'les connais pas. J'm'en bats les couilles. Ca s'rait plutôt une torture qu'aut'chose.
-Ah bah si t'y mets pas du tien aussi. »
Si quoi ? S'il mettait pas du sien ? Il avait l'impression de faire que ça ! Franchement, il avait assez souffert comme ça, et on lui reprochait de ne pas faire d'efforts ?
« Ta gueule. »
Ca sortit même pas de façon agressive. Juste comme une demande. Presque un « pourrais-tu garder tes âneries pour toi, s'il te plaît ? » mais plus court.
Les verres s'enchaînèrent encore un peu. Néo avait perdu le compte, franchement. Il laissait les trois autres philosopher, comme seuls les gens ivres savaient le faire à propos de l'amour, la vie, l'univers, toutes ces choses, de façon mortellement sérieuse et légère à la fois. Il entendait leurs voix, mais il était plus très sûr de qui parlait.
« Ouais, nan, j'sais pas. Ca me branche pas d'accomplir des trucs trop extraordinaires. C'doit être nul d'être roi, t'imagines ? Ta vie t'appartient pas. Nan, une vie simple, c'bien. Les copains, un boulot honnête... La taverne !
-Ouais, la taverne. J'crois j'ai dû être tavernier dans une autre vie. Même l'odeur, j'aime bien.
-L'odeur du vomi ?
-Mais nan. Le bois et tout. A ma retraite, si ça s'trouve...
-Si ça s'trouve. »
Ils burent tous les trois à la santé de la retraite et du bois ciré.
« Ca va, Néo ? Tu t'endors pas hein ?
-Pourquoi ça arrive qu'à moi ? se désola ce dernier. D'abord Naminé, et puis ça ! Je suis maudit ? Ou alors c'est moi qui... Ouais, c'est ma faute, en fait. J'suis trop con. »
Il pose ses coudes sur la table et se prit la tête entre les mains. Il était trop borné et trop agressif, toujours sur la défensive. Comment on pouvait tomber amoureux d'un gars comme ça, de toute façon ? Si ça se trouve, elle le détestait, en fait. Il se serait détesté, lui, s'il avait dû se supporter.
« J'repense à tous les trucs que j'lui ai dit, expliqua-t-il plus pour lui-même que pour son auditoire. Chaque fois, j'me fâchais contre elle quand elle posait des questions. Je me braquais pour rien ! J'crois j'avais peur.
-Peur de ?
-J'sais plus. J'me fermais à chaque fois. P't'être que je voulais pas qu'elle voit... Comment j'suis en vrai. »
Un faible, un lâche. Il n'avait pas voulu lui confier ses faiblesses. Mais elle avait juste dû le prendre pour un gars horrible, au bout du compte.
Et pourtant, malgré ça, elle l'avait considéré comme un ami...
Elle était trop gentille, cette pute.
« Mais elle est partie quand même au bout du compte... » souffla-t-il dans un murmure.
Pour Sora.
La pensée le fit rire.
Pourquoi elles l'abandonnaient toutes pour Sora ?
La réponse était évidente, en vérité. Lui, il était avenant. Ouvert. Tellement niais. Néo le détestait.
« On croit connaître les gens... siffla Zack d'un air étonné.
-Oh, tu s'rais surpris de tout ce que tu pourrais apprendre d'un mec bourré, rit Laguna. Et au cœur brisé en plus de ça ! Enfin, il s'en remettra. On se remet toujours. »
On se remet toujours.
Comment on pouvait se remettre d'un truc pareil ? Néo avait même peur d'aller dormir, de crainte de l'apercevoir dans ses rêves. Tout ce qui pourrait le soulager, ce s'rait de se jeter d'une falaise. Et encore.
Il se leva d'un coup. Il n'aurait pas dû. Il fit tomber le tabouret, avec un bruit qui lui fracassa le crâne, et il manqua de s'écrouler lui-même.
« Tu fais quoi ?
-Vais pisser.
-Arrête, soupira Zack en se levant à son tour. Tu marches plus droit. J'vais t'aider. »
En parlant, il lui passa un bras autour de la taille et le soutint de l'autre. En temps normal, Néo se serait récrié à ce contact. Il détestait qu'on le touche. Mais là, anesthésié par l'alcool, il s'en foutait un peu. Et il n'aurait pas pu atteindre les toilettes tout seul.
Une fois que Zack l'eut lâché, Néo se pencha vers la cuvette pour vomir une mixture atrocement acide qui lui brûla la gorge.
Il avait envie de sangloter.
« Eh, ça va mon gars ?
-Nan ça va pas. Ca ira plus jamais. »
Tout ça, ce Monde, ça voulait plus rien dire à ses yeux. Il se souvenait d'un truc que Riku avait lu dans un livre. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Pourquoi fallait-il que ce soit si vrai ?
« Mais si, tu vas voir ! fit Zack du ton de celui qui n'en savait rien. Eh, tu vas y aller à cette fête du printemps, dans quelques jours ! »
Pourquoi il lui parlait de ça maintenant ?
Il se remit à vomir, s'essuya un peu la bouche avec du papier toilette et ne bougea plus.
C'était atroce. Chaque fois qu'il tournait la tête ne serait-ce que d'un millimètre, l'univers faisait un tour sur lui-même.
Il sentit Zack lui tapoter le dos en un geste qui se voulait réconfortant, et n'eut pas le courage de lui sommer d'arrêter.
« J't'ai dit, souffla-t-il. J'veux inviter personne.
-Bah moi j't'invite ! sortit son ami. Entre potes et tout, et on va s'amuser. T'as pas le droit de dire non ! »
Quelle proposition charmante... Surtout en ce moment, alors que Néo avait les yeux et le nez vissés sur son vomi au fond de la cuvette.
« Pfff... Perds pas ton temps avec moi. J'suis sûr que tu préférerais y aller avec une fille. Ou un gars. Quelqu'un qui te plaît, quoi. »
Zack se mit à rire, ce qui augmenta son mal de tête.
« Ah, t'en fais pas pour ça ! En fait... J'ai déjà quelqu'un qui m'attend.
-Au Colisée ?
-Ouaip. »
Ca dépassait Néo. Pourquoi restait-il là alors, si la personne qu'il aimait se trouver dans un autre Monde ? La chose lui paraissait... pas naturelle. Comment pouvait-il décider de vivre séparé de cette personne ?
Il n'eut pas le temps de poser la question que son estomac se retourna de nouveau. Rah, il avait horreur de ça !
« Tu vas pas être frais, demain... » grimaça Zack.
Pour toute réponse, Néo gémit de dépit.
« M'en parle pas... »
Demain et tous les jours qui suivraient...
Eh bien, Sora aurait pensé que le voyage serait davantage... léger. Après tout, il était seul avec lui et deux autres lui. Qu'est-ce qui pourrait clocher ?
C'était sans compter sur la timidité de Xion et la morosité de Roxas. Ainsi que la relation quelque peu tendue entre les deux.
Sora s'étonnait de ne pas avoir eu besoin d'une thérapie, à l'époque où ces deux-là résidaient dans son cœur. Aux commandes du vaisseau Gummi, il poussait un lourd soupir.
« Alors, vous avez déjà visité le Colisée ? demanda-til afin de détendre l'atmosphère.
-Moi oui, fit Roxas. J'ai dû participer à des tournois parce que Phil me prenait pour quelqu'un d'autre, et Demyx me laissait faire tout le boulot à sa place. »
Xion eut un gloussement joyeux.
« Ca lui ressemble bien ! »
Roxas ne répondit rien. Sora regarda par-dessus son épaule, et vit que son Simili fixait son clone avec un regard torve. Xion baissa les yeux au sol.
« Désolée.
-Pas ta faute, souffla Roxas d'une voix blanche. C'est juste... Etrange. Un peu plus que ça, en fait.
-De mon côté aussi...
-Moi ça va ! chantonna Sora en reportant son regard sur la route. Je m'accommode plutôt bien des situations étranges. Enfin, le fait que j'ai voyagé pendant deux ans avec un canard et un chien géants aide un peu, je suppose. »
Il fut satisfait d'entendre des ébauches de rire dans les sièges derrière lui.
« Eh, Xion, t'as visité quoi comme Mondes, après avoir fui la Citadelle ?
-Hum... Eh bien, celui où réside Maléfique, d'abord. Avec Néo, on a libéré le roi Philip.
-Ah, oui ! Merci pour ça, au fait !
-Ensuite, nous sommes allé à la Nouvelle Orléans, au pays des Merveilles, à la ville d'Halloween et puis... A Arendelle. »
Elle avait soufflé la fin de sa phrase dans un murmure triste.
« Arendelle ? répéta Sora pour l'enjoindre à poursuivre.
-Huhum. Néo y est toujours. On y est restés un bout de temps, avec un autre ami que nous avons rencontré un peu avant.
-Je connais pas ce Monde. C'est bien ? »
La voix de la jeune fille se fit de plus en plus enthousiaste alors qu'elle racontait les tempêtes de neige, le château, immense, avec sa patinoire et ses extraordinaires statues de glace. Sora faisait des commentaires de temps à autres, ravi de la voir se détendre un peu.
Roxas resta silencieux.
« Et Néo ? Il se plaisait, là-bas ?
-Hum, oui. Excuse-moi, est-ce qu'on pourrait... ne pas en parler ?
-Ah, pourquoi ? »
Un léger silence flotta dans l'air, le temps qu'elle ne prenne le courage de répondre.
« On s'est disputés avant que je ne parte. Il... Pardon de dire ça, mais il ne voulait pas vous aider. Moi, si.
-Quoi ? s'étonna Sora. Mais, on est ses amis !
-Hum... »
Il entendit Xion remuer sur son siège, comme mal à l'aise.
« Il ne le voyait pas comme ça... Je crois qu'il ne s'est jamais vraiment senti à sa place parmi vous. »
Sora fronça les sourcils. C'était vrai qu'il ne le connaissait pas beaucoup. Lorsqu'il est arrivé parmi eux, beaucoup de choses ont commencé à se produire en même temps, alors ils n'avaient pas pu faire plus ample connaissance. Mais Sora avait supposé qu'il s'était lié à d'autres personnes.
Pour dire la vérité, il n'y avait jamais vraiment pensé.
Il se passa une main à l'arrière du crâne, embarrassé.
« Ah, j'me sens coupable, maintenant...
-Désolée...
-Mais non ! C'est pas ta faute. J'suis pas très doué pour remarquer quand les gens vont mal. Zut. J'espère que je pourrais m'excuser auprès de lui un jour...
-Hum...
-Ah, on arri- Euh.
-Sora ? »
Le panneau de bord s'était mis à clignoter, puis à émettre un faible bruits, qui augmentait de volume à chaque petit « bip ».
Il lui fallut quelques secondes pour trouver ce qu'il clochait.
« Ah... »
Sa voix se voulait légère, mais il ne parvint qu'à pousser un espèce de gémissement plaintif qui ne lui ressemblait pas vraiment.
Roxas se leva de son siège et lui posa une main sur l'épaule.
« Eh, Sora ! Il se passe quoi ?
-Héhé, vous allez rire... »
Le bruit d'alarme s'intensifiait encore. Un soubresaut agita soudain le vaisseau, manquant de renverser Roxas, qui était le seul debout. Sora se tourna vers lui avec un sourire crispé.
« On est partis tellement vite... On a dû oublier de remettre de l'essence. C'est bête, hein ? Ah ah ! »
Comme pour lui répondre, l'engin émit un secousse plus vive encore, qui manqua de l'envoyer se cogner le nez sur le tableau de bord. Derrière le pare-brise, le Monde d'Hercules se rapprochait de plus en plus.
Sora espérait qu'ils n'allaient pas encore causer des dégâts au Colisée.
« Attachez vos ceintures ! s'exclama-t-il en agrippant les commandes du vaisseau. Et accrochez-vous bien ! »
Xion tituba hors des débris de l'appareil, en proie à une terrible nausée. Eh bien, quel atterrissage !
Une fois en sécurité sur les pavés de la ville, et son centre de gravité à peu près revenu à sa place, elle se retourna pour contempler les dégâts.
Avec un pilote moins expérimenté que Sora, elle supposait qu'ils n'en seraient pas ressortis vivants. La carcasse du vaisseau Gummi fumait, et il ne semblait plus vraiment utilisable, mais l'avant de l'appareil, là où se trouvaient les sièges, n'avait subi presqu'aucun dommage.
Les deux garçons émergèrent peu après elle. Roxas paraissait aussi déboussolé qu'elle, et tout pâle.
« Sora, déclara-t-il d'une voix blanche, si tu nous refais un coup pareil, je te jure...
-Eh, c'est pas ma faute ! eépliqua le concerné avec le flegme de quelqu'un qui n'en était pas à son premier accident. Enfin, pas entièrement. »
Il s'épousseta distraitement, avant de poser les yeux sur un point derrière Xion.
« Oh, bonjour... » fit-il avec un sourire gêné.
La jeune fille se retourna et s'aperçut qu'une foule de gens s'était réunis tout autour de leur petit accident, avec un brouhaha inimaginable. Comment avait-elle fait pour ne pas les remarquer plus tôt ? En y regardant de plus près, tous les environs grouillaient de monde. Des bâtiments de marbre s'élevaient tout autour d'eux, de part et d'autre des routes pavées.
Ils avaient atterri en plein milieu de la ville !
« Génial, on a un public » pesta Roxas en la rejoignant, visiblement mal à l'aise.
Elle ne pouvait pas l'en blâmer. Pour sa part, elle espérait juste qu'on allait pas les jeter en prison ou les chasser à coups de bâtons.
« Bon, on y va ? les enjoignit Sora.
-Quoi ? s'indigna Roxas. En laissant le vaisseau ici, après tous les dégâts qu'on a causé ?
-Ah, ouais... Ce n'est pas faux. »
Le Simili s'apprêtait à rétorquer quelque chose lorsqu'une voix attira leur attention.
« Eh, Roxas ! »
En se tournant vers la foule, Xion aperçut un jeune homme qui faisait de grands gestes de bras dans leur direction. L'inconnu approcha d'eux, un grand sourire radieux aux lèvres. Il portait un objet en bandoulière derrière son dos.
« Oh, y'a Sora aussi ! Super ! Eh, vous vous souvenez de moi ? »
Xion sursauta en croisant son regard couleur vert d'eau.
C'était Demyx.
Re !
Surpris ? N'hésitez pas à laisser un petit commentaire, ça fait toujours plaisir !
Je vais essayer de pas trop vous faire attendre pour le chapitre 30, mais je ne vais rien promettre, parce qu'à chaque fois que je promets un truc, j'arrive pas à le tenir... On verra bien.
A plus !
