L'allergie de Draco Malfoy

Disclamer: Les personnages et l'univers d'Harry Potter appartiennent à J.K Rowlings.

Pairing: Drarry. What else?

Rating: M

Résumé:"L'allergie provoque un trouble du comportement et une envie de baiser Potter, c'est connu... Non?"

Note de l'auteur: Je voudrais remercier toutes les personnes qui m'ont mis un commentaire, du premier chapitre à celui-là, à vrai dire, je ne m'attendais pas à en voir autant et je ne vous ai pas assez remercié.

Chocola Glossy, Serdra, Menoly, DonaBella, Nologin, heart-piicture-x3, Vampireclamp, Mimik0, AdelheidRei, myrtillenaru, butterfly, Kira Potter Malfoy, Marionnette0116, Krix27, Lel, toinette Malefoy-Potter, brigitte26, personne, titounete, Donoka, B, Brame Romani, luna, UsagiXNekOoo, Elinoa, BB-initials, kisis, Eichi-chan, Im' Kuy, et Lady lisa-chan.

Vous êtes géniaux.

Remerciements: Merci à Naixy, pour m'avoir soutenue durant touuut ce chapitre, on a mis du temps, mais on y est arrivées!


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Chapitre 4: Le tête à tête.

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Le cœur de Blaise Zabini était à deux doigts d'exploser.

Rien que l'idée de savoir que le Gryffondor qu'il …Aimait… – Draco aurait grincé des dents s'il avait entendu ses pensées- était assis à côté de lui était déjà un calvaire. Il devait sans cesse inspirer et expirer profondément pour se calmer, comme une groupie devant son idole.

Qu'il était pathétique.

Tout ça pour un Weasley.

Non, d'accord, pas n'importe quel Weasley. Ron Weasley.

Il s'était juré de lui parler à la fin du cours, mais maintenant il flippait. Tout ça pour mettre un terme au 'problème Draco', ou, 'comment-faire pour-que-Draco-Malfoy-arrête-d'éviter-Harry-Potter -en-prétextant-qu'il-est-allergique-à-lui'. Problème Draco était plus court.

Fin du cours qui était dans exactement 4 minutes et 32 secondes.

Il ne s'en était même pas cru capable.

Maintenant que cette partie était faite, restait plus qu'à l'emmener dans un endroit où personne ne les entendrait… Il pourrait se rapprocher de lui… Voir ses yeux, ne regarder que lui, comme le misérable Serpentard qu'il était… Et il pourrait approcher son visage…

Pour lui parler, lui PARLER.

Il se serait presque mis une claque.

Il fallait qu'il essaye par tous les moyens d'oublier qu'il avait à proximité de lui une créature à se damner.

Plus que 3 minutes et 6 secondes à tenir.

Depuis le temps qu'il rêvait de le voir d'aussi près… Ses cheveux, roux, lui auraient donné envie de vomir, s'ils ne s'accordaient pas autant avec cette peau claire et parfaite.

Et ses yeux, bon dieu, ses yeux.

De plus près, ils apparaissaient encore plus beaux. D'un vert si clair qu'on aurait presque dit qu'il était aveugle. Et sa bouche… Humm… Ce qu'il donnerait pour avoir SES lèvres contre les siennes. Il devait se faire violence pour ne pas regarder plus bas. Rien que de loin, le corps de Ron l'attirait bien plus que nécessaire… Alors de près…

Le corps de Ron l'avait toujours attiré. Même enfant, il était déjà attiré par lui. Les muscles que celui-ci s'était formé au cours des années ne le rendaient que plus attirant. Une sorte de petit plus.

Encore 2 minutes.

Heureusement que Ron ne semblait s'apercevoir de rien. Trop buté comme Gryffondor.

Comment pouvait-on être aussi aveugle ? Ne voyait-il pas tous ces regards tournés vers lui ? Ne voyait-il pas à quel point il était attirant ? Il aurait pu lui crier qu'il le matait que ça n'aurait rien changé.

Dire qu'il aura fallu lui faire du chantage pour avoir son attention… Bon, il n'était pas fier de lui, jouer des sentiments du roux pour arriver à ses fins était quelque chose de vil et cruel… Mais il était Serpentard, donc il avait une super excuse.

1 minute et 29 secondes.

Ce n'était pas supposé être si difficile… Si ?

En fait, ça n'aurait pas été difficile si ça n'avait pas été Ron Weasley à qui il devait demander de l'aide.

Nan mais sérieusement, lui et ses bonnes résolutions ! Demander de l'aide à Weasley ! C'était comme s'automutiler.

Bon, il y avait bien dents de lapin… Enfin, Granger. Mais l'idée de lui demander de l'aide à elle alors qu'elle avait osé toucher SON Ron…

Et Théo qui n'arrêtait pas de la dévorer du regard ! Il réprima un frisson de dégout.

Combien de temps déjà ? Il jeta un rapide coup d'œil à sa montre : même pas 20 secondes.

Son regard arpenta la pièce dans le but de reprendre son souffle et croisa celui de Draco. Un mélange de colère, d'incompréhension, et un chouïa de choc. Ouhhh, le Malfoy n'était pas content qu'il l'ait abandonné pour Weasley. C'était pour la bonne cause Draco, pour la bonne cause !

Bon, advienne que pourra, la chance pourrait tourner en sa faveur.

La sonnerie retentit et le stress prit un autre degré. Ça devrait être interdit de ressentir un trac aussi grand envers une chose aussi simple que de parler à quelqu'un. Il n'était surtout pas le genre d'homme à être timide, quand il voulait quelqu'un, il l'avait, et ça, en claquant des doigts. N'était-il pas le grand, le fier Serpentard, qui savait tenir tête à Draco Malfoy ? Bon, il jouait bien de ce rôle, mais en vérité le blond était comme un frère pour lui et c'était réciproque.

Mais avec ce ROUX… Ce n'était pas si simple. Tout semblait si insurmontable, si infranchissable. Face à Ron… Il devenait un putain de Poufsouffle.

Il sortit de la salle, le roux sur ses talons, l'air suspicieux.

« Je t'écoute Zabini !

- Pas ici Weasly. Suis-moi. »

Voilà que maintenant il angoissait presque, et n'arrivait plus à parler. Concentre-toi Blaise, concentre-toi. D'abord, l'approche tactique, trouver un coin tranquille, et éviter, oh dieu, éviter de regarder ses fesses. C'était mignon comme surnom ça Weasly.

Mignon ? Draco lui dirait une de ses phrases du style « Un Serpentard ne dit pas Mignon. » avec un de ces sourcils relevés.

« Si tu tiens à ta vie, ne m'appelle pas Weasly ! » Rétorqua le roux.

S'il tenait à la vie, il ne serait même pas là à discuter avec lui.

Bon alors, maintenant, trouver un endroit où ils pourraient discutailler… Salle sur Demande ? Trop loin. Toilette des filles ? Vide, discret : Bonne idée.

Ils marchèrent encore durant quelques minutes dans un silence bizarrement non pesant, puis s'arrêtèrent devant la porte imposante. Chaque élève à Poudlard la connaissait mais personne n'y entrait. A vrai dire, il n'avait jamais vu quelqu'un d'autre qu'un élève de son année y entrer.

« Tu te fous de moi? »

La réaction du Weasley le fit sursauter.

« Pourquoi ça Weasly ?

- Pourquoi ? Parce qu'on est devant les toilettes pour filles ! » Tiens, il ne s'était pas indigné sur le 'Weasly'.

« Et alors ?

- Et alors c'est les toilettes pour fille merde !

- Ton langage Weasley, ton langage. Rappelle-moi, Voldemort en forme d'horcruxe s'est caché dans ces toilettes sans que personne ne le retrouve pendant des siècles, et ta brunette… » Il cracha presque le mot « Potter et toi avez fait un polynectar durant un mois entier sans que personne ne s'en rende compte, donc, je pense que ce n'est pas un endroit particulièrement… Visité. » Le roux l'avait écouté sans l'interrompre, puis sembla reprendre ses esprit.

« Ce n'est pas ma brunette. » Il grinça des dents. Le Serpentard se contenta d'hausser les épaules et d'ouvrir la porte, le Gryffi sur ses talons. « Comment tu peux savoir tout ça toi ? »

De nouveau un silence s'installa.

Pile la question à laquelle il ne voulait et ne pouvait pas répondre.

Il n'allait tout de même pas répondre que comme il était amoureux de lui depuis il ne savait combien d'années, -Bon d'accord, si on comptait l'année de guerre en plus et celle qu'ils devaient désormais refaire, ça tournait autour de huit- et que de ce fait il ne pouvait s'empêcher de savoir tout de lui. Ron s'enfuirait en courant.

« Je sais beaucoup de choses, Gryffondor. » Il lui sourit, fière de sa combine. Mais plus doucement qu'il ne l'aurait voulu. Aussitôt, son regard retrouva le mur.

Ou comment dire tout de suite à Weasly qu'on est raide dingue de lui.

Il se retint de justesse de se frapper comme un vulgaire elfe de maison. Méchant Blaise, méchant !

Dire que Draco en possédait vraiment. Pauvres elfes.

« Venant d'un mangemort je peux m'attendre à tout. » Cracha le roux.

Un… Mangemort ?

Il eut soudain l'impression que tout devenait flou autours de lui. Les couleurs perdaient de leur intensité, les lignes droites des carreaux blancs se courbaient, la vision du mur devant lui s'obscurssait, et des bribes de souvenirs de la bataille finale apparaissaient. Apparurent alors la vision des corps inertes sur le sol, la sensation de peur, d'horreur, d'abandon, et la panique dans les yeux des élèves, des aurors, des professeurs... De son Weasley, quand ils apprirent la mort d'un des jumeaux... Des malefices et sorts impardonnables, des géants et autres espèces amenées dans l'unique but de tuer. Tuer jusqu'au dernier.

Tandis que lui... Témoin unique de scènes recréées par son subconscient, lui n'arrivait tout simplement plus à savoir comment respirer.

Si son cœur le pouvait réellement, il se serait déchiré à cet instant précis.

Son cerveau ne semblait pas vouloir enregistrer l'information.

Son pouls s'accéléra, tandis qu'il ouvrait de grands yeux paniqués. Heureusement qu'il était dos à ce regard, sûrement remplis de haine. Sinon… Sinon...

Lui, un mangemort ? Depuis quand ?

Le Gryffondor le voyait vraiment comme ça ? Comme un putain de pourri destiné à lécher le cul de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ?

Bien avant que cet…Rester poli, rester poli… Ne meure, il avait œuvré pour le côté de Potter, pour Ron. Ses parents avaient été torturés, puis tués devant lui, mais jamais, jamais, il ne s'était détourné du bon côté… Et pendant tous ces longs mois où il avait souffert, le Gryffondor croyait… Qu'il s'amusait avec les mangemorts ?

Son cœur tambourina dans sa poitrine, et ses yeux s'embuèrent légèrement.

« Ne dit pas des choses sans savoir si elles sont vraies Weasley. » Et merde, sa voix trahissait son trouble.

Il ne se sentait pas, non, plus, la force de continuer à parler. Il avait fallu que… Qu'il touche la corde sensible sans le savoir.

Tout ce qu'il voulait, c'était aller dans les cachots. Et se murer dans un mutisme permanent.

Penser à Draco.

Penser à Draco. Il avait souffert lui aussi. Lui aussi avait perdu ses parents.

« Elles le sont. Dis-moi ce que tu sais sur Harry. »

Une rage sans nom lui vint sans qu'il ne la contrôle, le cœur en compote. Il s'était attendu à quoi ? Bien sûr que ce con le détestait. Oh, il allait en profiter. Parce qu'après tout, il était un putain de mangemort pas vrai ? Alors, il pouvait bien profiter de son pouvoir, non ?

« Je vais te le dire... Mais d'abord, tu devras me donner quelque chose en échange...

- Je ne te donnerai rien.

- Dans ce cas, tu n'auras rien.»

Le roux ne sembla même pas comprendre que c'était un sourire forcé, et lui jeta le même regard que celui lancé dans la salle sur demande, moins d'une année plus tôt. Un regard haineux.

Il avait tout gâché. Il savait en plus que c'était une mauvaise idée d'essayer de parler à Ron. Ron. Ron. Il voulait l'appeler comme ça… Mais le Gryffondor le haïssait.

« Je ne jouerai pas à tes petits jeux de mangemort. » Il regarda sans pouvoir bouger le jeune homme se diriger vers la porte.

Soudain, il entendit la poignée s'abaisser.

Il ne fallait pas que quelqu'un voit Weasley avec lui, la réputation du Gryffondor serait détruite, puis la sienne aussi. Le Serpentard attrapa son épaule et le tira dans les toilettes les plus proches.

Il dut user de tout son self-control pour ne pas poser, dans la précipitation, ses mains autre part que de part en part de la tête figée face à lui. Blaise réprima un gémissement quand il vit les joues de l'être face à lui prendre une teinte adorablement plus foncée que d'habitude.

« Qu'est-ce que... »

Il posa une de ses mains sur les lèvres du roux.

AH NON. Si en plus il entendait cette voix légèrement plus grave parler, il allait dépérir.

« Chut. Il fallait que j'agisse vite, je suppose que tu n'avais pas particulièrement envie que tout le monde sache que tu étais avec un 'mangemort', seul, dans des toilettes. » Sa voix était légèrement ironique, ah bon ?

Le roux fit la tête de Draco dans ses beaux jours. Levant un sourcil sceptique, il croisa ses bras musclés par le Quidditch sur sa poitrine.

Le monde extérieur avait disparu. Il avait SON monde, devant les yeux. Sa main se retira aussitôt qu'il fut sûr que l'autre ne parlerait pas.

Non. Il ne devait pas. Il ne devait pas encore espérer. Dès qu'il sortirait de cet enfer, il se promettait de tout faire pour se changer les idées.

« C'est froid… » Bordel, cette voix... Manquait plus que Draco. Il fronça les sourcils, inquiet. Il n'était pas supposé être là !

Quand Draco Malfoy allait dans les toilettes pour filles, c'est qu'il était profondément perdu.

« Il n'est pas là Draco.» Tiens, Mimi Geignarde était de la partie aussi.

Il vit la tête du roux se relever pour croiser son regard, et son cœur s'arrêta de battre. C'était quoi ça ? Il n'avait pas le droit de le regarder ainsi, alors qu'il souffrait pour maintenir le contrôle, c'était déloyal.

- « Je sais ».

- « Harry. » Bordel il avait un problème en rapport avec Potter, il DEVAIT l'aider ! D'un geste presque désespéré, il ferma férocement les yeux. Mais il ne tint pas longtemps.

Ils se rouvrirent.

Toute sa colère et frustration disparut en une fraction de secondes tandis qu'il plongeait son regard dans celui plus clair de son vis-à-vis. Sa respiration s'accéléra. Une tonne de sentiments lui vinrent, et il dut se contenir pour qu'ils n'apparaissent pas à travers ses yeux. Mais il n'était pas aussi doué que Draco pour ça, il le sentait.

« Depuis quand Malfoy cherche Harry ? » Demande Ron. Il tressaillit. La voix était encore légèrement rauque.

Ce que ce petit Weasley pouvait être aveugle… Il ne put empêcher ses lèvres de sourire.

« T'es vraiment aveugle ma parole.

- Oui c'est moi Ron, l'ami crétin d'Harry Potter. » Le sarcasme transparaissait dans sa voix.

Un crétin ? Non, il n'était pas un crétin. Il pouvait se sentir maladroit, impulsif, ou tout autre chose que son regard semblait dire en ce moment, mais crétin, non. Parce que quoiqu'il dise, Ron avait aidé Harry Potter, et sans lui, rien de tout cela ne serait arrivé. Vol… Vol… Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, serait toujours vivant.

C'est pour cela que tout le monde le respectait.

« Tu n'es pas un crétin. »

Mais lui n'était pas comme tous les autres. Tous ces petits chiens qui voulaient se taper le meilleur ami de Potter. Lui l'aimait vraiment et c'était ça son plus grand défaut.

Ce qu'il aurait donné pour que ce ne soit qu'un amour de passage... Il n'aurait pas eu à souffrir autant, de le voir avec des filles qui n'en voulaient qu'à sa popularité.

Il était peut-être Serpentard, c'était peut-être un homme, mais il l'aimait plus que quiconque ne l'aimerait sans doute jamais.

« Si tu l'aimes, et tu voudrais qu'il soit là avec toi. »

Le roux poussa de nouveau une exclamation surprise, qu'il arrêta tout aussi rapidement en reposant une main sur les lèvres du roux.

Ce qu'il n'avait pas prévu, c'est qu'il ressente cette envie soudaine et presque écrasante de mettre plus que sa main sur ses lèvres. Toute sa retenue commençait à disparaître, et son envie prenait l'emprise sur sa résistance.

Sa tête s'approcha doucement. Les voix commençaient à s'élever, de plus en plus fortes, leur permettant de pouvoir à nouveau respirer normalement, sans être sans cesse sur leurs gardes.

« Il... Il faut qu'on... » Bon dieu cette voix qui essayait de se reprendre était… Inimitable. Toutes ses barrières étaient ouvertes, toutes ses envies emplissaient son cerveau...

Et sans le vouloir, sa bouche s'ouvrit.

« Je t'ai toujours aimé Ron. Depuis la première année où je t'ai vu, je n'ai pas cessé de t'aimer.»

Et merde.

Il recula brusquement, et fixa les toilettes. Qu'est-ce qu'y lui avait pris ?

Il était mort, mort, mort.

Soudain, une main douce le fit revenir sur terre. Une main qui lui caressait la joue. Ses yeux se perdirent dans les émotions qui peuplaient ceux du Gryffondor. Tous deux se rapprochèrent en même temps, jusqu'à ce que leurs torses se touchent. Et doucement... Ils se rapprochèrent... La porte remua. Faisant sursauter Ron et Blaise qui se séparèrent aussitôt. Merde, il avait failli craquer. Il ne pouvait pas l'embrasser, pas comme ça… Les deux hommes se fixaient intensément, légèrement refroidis. Il avait été à deux doigts de se jeter sur lui...

« Et tu supporterais de ne plus jamais le voir ?

- Sûrement... Dans ma poche, j'ai une potion. Une seule. Si je la bois, Potter disparaît de ma vie. Et je compte bien la boire. » Non Draco, pas une potion, tout sauf ça !

- Tu ne sais pas le mal que tu vas lui faire si tu l'oublies.

- Le mal ? Mais quel mal ! Il me déteste, il m'a oublié! COMMENT PEUX-TU DIRE QUE ÇA LUI FERAIT MAL ! » Draco souffrait. Et lui le savait, et il n'avait rien fait pour l'aider. Quel piètre meilleur ami il faisait…

Son regard se voila de douleur. Tout ce qu'il voulait c'était sortir et aider Draco. Même Ron semblait d'accord. Ron… Qu'il avait failli embrasser il y a quelques secondes… De nouveau il haleta.

« Arrête Draco ! Tu deviens fou ! Il t'aime ! »

Reprenant ses esprits, il sortit précipitamment de la cabine et se figea. Draco était étendu sur le sol. Il ne bougeait plus. Il s'en approcha.

Celui-ci avait une teinte cadavérique qui lui fit froid dans le dos. Un instant, il crut même ne pas sentir son pouls palpiter entre ses doigts. Mais il le sentait, c'était déjà ça.

« Draco, Draco non...

- Ses jours ne sont pas en danger. J'ai déjà vu un cas semblable auparavant mon petit Ronny, ami de mon Harry chéri, c'est bien ça ? Vous n'avez plus qu'à prier qu'il l'ait prise trop tard. »

Les deux garçons se dévisagèrent inquiets.

« Comment ça trop tard ?

- Vous ne connaissez pas cette chanson ? »

Ils se regardèrent de nouveau, puis dirent d'une même voix :

« Non. »

- « Si après trois heures,

Il ne l'a pas prise à la bonne heure,

Alors avant cinq jours il se rappellera de lui,

Et leur amour sera à nouveau réunit. »

Chantonna la brune, disparaissant à travers les murs.

Un silence se fit quand elle disparût.

« Va-t'en, je m'occupe de lui. » Finit par dire Blaise, baissant les yeux.

« Bien. »

Lorsque le roux fut sorti, il s'autorisa un soupir.

« Draco Malfoy… Qu'est-ce qui t'est passé par la tête ! »


Les yeux d'Harry Potter, étaient uniques.

Leur couleur certes, d'un blanc entourant un vert émeraude profond, comme le plus précieux des diamants, était exceptionnelle. Mais, ce n'était pas elle qui leur donnait tout leur charme, non.

Non, il ne suffisait pas de les regarder, il fallait les voir, lui les voyait.

Et si une autre personne que lui les voyait à cet instant, elle n'y trouverait pas ce que lui y trouverait, parce que lui, il le connaissait mieux que personne. Lui, il savait interpréter les émotions d'Harry, même quand il essayait vainement de les cacher derrière une carapace souriante. Et lui, il voyait ces centaines de milliers de différentes émotions, qui étaient commandées par une seule émotion, l'inquiétude.

Quelque chose de désespéré, de perdu, d'apeuré, qui faisait en sorte que l'on ne puisse détacher les yeux de son visage. Et c'est ça qui les rendaient magnifique.

Ron avait déjà vu ces yeux là refléter presque toutes les émotions possibles envers Ginny.

Surprise, de la voir embrasser Seamus. Tristesse, quand il avait appris qu'elle sortait avec lui. Joie, lorsqu'il l'avait embrassé pour la première fois. Peur, de la perdre dans la bataille. Confiance, lorsqu'il la voyait trop près de Seamus alors qu'ils étaient ensembles. Colère, lorsqu'il avait su qu'elle l'avait trompé il y a quelques mois. Mais jamais de l'inquiétude. C'était une première.

Il attrapa sa fourchette, et prit une bonne dose de pâtes, tout en continuant de fixer son meilleur ami.

Jamais, jamais il ne l'avait vu aussi inquiet et cette fois, cette nouvelle expression n'était pas pour elle, c'était presque flippant. Les émotions transparaissaient sur son visage bien plus que toutes celles qui étaient présentes pour sa sœur. Son regard... Fixait un point imaginaire à travers son assiette vide, ses sourcils étaient froncés et il se mordillait la lèvre inférieure nerveusement. Son corps n'était pas en reste, il pouvait voir tous ses membres contractés imperceptiblement et sentir ses jambes trembler contre les siennes.

Lui savait pourquoi Harry était comme ça. La question était de savoir pourquoi il s'en préoccupait. Depuis la fin de la guerre, son meilleur ami n'avait pas l'air d'en avoir quelque chose à foutre de Malfoy –alors qu'avant c'était presque s'il le suivait partout où il allait-, ne lui adressant jamais la parole, alors pourquoi d'un seul coup se préoccupait-il de son sort? Parce qu'il était à l'infirmerie ? Donc si ça se trouve, lui aussi était attiré par Malfoy, comme Malfoy l'était pour lui... Et sa sœur dans l'histoire ?

Bon en même temps, c'était son meilleur ami, il n'avait pas à choisir avec qui celui-ci devait sortir. S'il préférait un Serpentard... QUI était-il pour s'y opposer ? Surtout après ce qui c'était passé avec Zabini. Où était-il celui-là d'ailleurs ? Pas qu'il s'en préoccupait bien sûr...

Oh non pas se remettre à penser à ses lèvres, mauvaise idée, très mauvaise idée. Revenir au sujet Harry/Serpentard-narcissique, voilà, bien mieux.

« Je t'ai toujours aimé Ron. »

Bordel de bordel de Serpentard.

Le grognement que fit Harry le ramena à la réalité.

De toute évidence, il s'était tramé quelque chose entre ces deux-là pour que chacun réagisse de cette façon... Mais quoi ?

Il tourna son regard vers la gauche cette fois et donna un léger coup de coude à Hermione.

« Hermione ? Tu m'expliques ? »

Celle-ci sursauta, surprise que Ron lui adresse la parole après leur différent. La Gryffondor l'interrogea du regard, puis un éclair d'intelligence le traversa et elle se rapprocha de lui, un air conspirateur sur le visage.

Le roux bénit le cerveau de son ex-petite-amie.

Voyant le regard insistant de Dean en face d'elle qui ne comprenait pas ce qui se passait, elle se pencha davantage vers lui, les joues légèrement écarlates, lui provoquant la même réaction, puis lui murmura dans l'oreille pour qu'eux seuls puissent entendre.

« Harry n'est pas dans son état normal en ce moment...

- Non, c'est vrai ? » Répliqua-t-il cynique, assez troublé de sentir la proximité de la fille dont il était, -il semblait croire- toujours amoureux.

Bizarrement, il ne ressentait plus de papillons à travers le ventre, son rythme cardiaque était normal, ou encore, il ne ressentait plus cette sensation de chaleur qu'il ressentait il y a bien longtemps envers elle. Depuis quand exactement ? L'avait-elle remarqué, et avait décidé de rompre à cause de cela ? Bien que ce fut fort possible, cela ne lui disait toujours pas qui était ce mystérieux « il ». Lui et un mec ? Pfff ! N'importe quoi ! Et Zabini alors ? Oh la ferme.

Il attendit, impatient qu'elle poursuive. Mais le regard noir qu'elle lui adressait lui fit comprendre qu'elle attendait des excuses. Ou alors qu'elle avait une envie pressante. Il opta pour le premier choix.

Mais... Comme s'il allait s'excuser !

...

La tentation était trop grande, il voulait savoir si ce qu'il avait appris aujourd'hui était réciproque. Il se reprit rapidement, un sourire faussement contrit sur les lèvres.

« Désolé. » Dit-il entre ses dents. Ouf, il avait réussi à sortir une excuse. Là, il attendait au moins des fleurs, si ce n'est plus encore ! Son regard parcouru la grande salle, de peur que quelqu'un n'ait entendu son excuse, et croisa celui de Nott... Qui semblait vouloir le tuer. Il lui arrivait quoi à celui-là ?

« Continue je ne t'arrête pas.

- Il n'est dans son état normal en ce moment... » Reprit la jeune fille, heureuse de pouvoir parler des problèmes d'Harry avec quelqu'un.

Oui, ça lui avait manqué. De parler avec elle de tout et de rien, à une véritable amie. Son sourire faussement contrit se transforma en vrai sourire et il écouta plus sérieusement ce qu'elle avait à dire. Elle lui rendit son sourire.

« Ça a débuté lors du match de Quidditch opposant Gryffondor et Serpentard, tu te rappelles le moment à la fin du match où Harry est tombé de son balai sur Malfoy ?

- Ouais. » Son regard s'égara sur le poignet de la jeune fille, légèrement dévoilé par sa manche relevée. Il y avait des marques rouges sang, qui semblaient moins récente. Il avait appris qu'elle se taillait les veines, par Harry, quelques temps auparavant et avait essayé d'arranger les choses en la rendant un peu plus heureuse, tout en restant éloigné pour qu'elle essaye de passer à autre chose. Parce qu'il savait que la cause des tourments de la jeune fille n'était nulle autre que lui-même. Tout était sa faute. Tout ça parce qu'il ressentait quelque chose pour un sois disant… Il. Le rouquin lui attrapa le bras avant qu'elle n'ait le temps de le cacher, et posa ses doigts sur les entailles, comme hypnotisé, comme à chaque fois qu'il les voyait. Son sourire se fana. Elle reprit son bras, et lui sourit timidement.

« S'il y a la moindre chose...

- Non, ne t'inquiète pas. Je vais beaucoup mieux maintenant. J'ai... Rencontré quelqu'un... Et je vais… Beaucoup mieux. » Comment ça quelqu'un... Non... Quand même pas... Nott ? Cela expliquerait pourquoi il le dévisageait comme ça ! Son regard passa du regard marron de la brune à côté de lui, à celui marron du Serpentard plusieurs fois.

Oh.

Oh.

Oh, oh.

Il aurait dû s'en rendre compte ! C'était pour ça ! Il fixa cette fois-ci le visage figé de Théodore Nott. On aurait dit qu'il lui passait un message qui se résumait nettement à 'Laisse la ou je te tue'. Il était con ou quoi ? C'était Hermione qui l'avait quitté pas l'inverse. Il n'allait pas se jeter à ses pieds pour qu'elle le reprenne ! De toute façon, le voulait-il vraiment ?

C'est vrai qu'elle était jolie Hermione, des cheveux soyeux, marron bouclés, un visage fin, deux yeux marron où luisait une intelligence peu commune, de jolies joues légèrement rosées, et des lèvres moyennement rouges... Que lui avait-il trouvé de joli ? De différent des autres ? Il ne s'en souvenait plus.

Tout ce qu'il se souvenait, là, c'était les yeux brûlant de désirs de Zabini posés sur lui.

En parlant de Zabini, il le vit réapparaître et s'assoir à sa place habituelle à la table des Serpentards, en face de lui. Il devait sûrement revenir de l'infirmerie. Son visage était tendu, et il semblait ne pas l'avoir vu ...

« Oui donc, à cet instant, Harry a... Embrassé Malfoy.

- QUOI ! » Il se leva d'un bond de sa chaise comme si un Scrout à pétard venait de le piquer.

C'était quoi ce bordel ! Que Malfoy soit en manque de Potter, d'accord, mais de là à ce que ce soit Harry qui l'embrasse ! Doucement... Doucement... Repenser à ce qu'il s'était dit, si Harry aime Malfoy, alors lui, rien faire. Le sentiment de trahison le rongeait quand même. Il aurait dû s'y attendre, que cela ferait mal ! Il aurait dû s'y attendre ! Vite trouver une chose pour se détendre et avoir les idées claires...

Son regard croisa celui sombre de Blaise qui fronçait les sourcils, le dévisageant. Alors... On est Jaloux Zabini ? Avait-il pensé que les yeux d'Harry étaient magnifiques ? Parce que ceux du brun l'étaient bien plus.

« Je t'ai toujours aimé. »

Qu'avait de différent ce regard par rapport à celui d'Hermione ? Quelque chose. Il ne savait pas quoi, mais il était différent. C'était la première fois qu'il ressentait ça pour un autre homme. Alors c'était Zabini, le fameux 'Il' ? Pourtant, il lui semblait ne pas avoir fait vraiment attention à lui avant cet instant. Comment aurait-il pu en tomber amoureux ? C'était… Débile.

Il se rassit lentement sans lâcher le regard sombre qui le fixait.

« Hermione… »

Elle tourna la tête vers lui, interrogatrice, puis fronça les sourcils en voyant son air perdu.

« C'est Zabini n'est-ce pas ? C'est lui dont tu disais que j'étais… Tu sais… »

Il fit un petit signe de tête gêné.

« Tu as enfin compris à ce que je vois. »

Alors c'était bien lui ! Mais comment ? Quand ? Pourquoi ?

« Je t'expliquerai plus tard… D'accord ?

- Merci… Hermione. »

Ce qui c'était passé et ce qu'il avait entendu il y a quelques heures devait rester secret. Personne ne devait savoir. Parce qu'il n'aurait pas dû faire ça.

Bordel, pourquoi fallait-il toujours qu'il soit là au mauvais moment ?

Comment, en quelques heures, pouvait-on totalement revoir le jugement qu'on s'était fait sur une personne ? C'était du délire !

Tout avait commencé au moment où la sonnerie avait retentie...

oOo

- Ce n'est pas ma brunette. » Grinça des dents Ron, suivant le Serpentard à l'intérieur de la grande pièce. Il ferma la porte derrière eux. « Comment tu peux savoir tout ça toi ? »

Ils se fixèrent longuement, l'un en face de l'autre, à quelques mètres seulement. Le métis croisa les bras sur sa poitrine, seulement vêtue d'une légère chemise.

Plus vite il aurait ses infos, plus vite il pourrait se casser.

« Je sais beaucoup de choses, Gryffondor. » Blaise eut un sourire rieur et énigmatique, qui provoqua en lui une réaction qui ne lui plut pas. Son pouls s'était accéléré à l'entente de ce rire qu'il avait l'impression d'avoir déjà entendu... Même pire, il avait l'impression d'avoir souvent rêvé de ce rire.

« Venant d'un mangemort je peux m'attendre à tout. » Cracha-t-il.

Le sourire disparut aussi vite qu'il était apparu, et il en vint même à le regretter.

« Ne dit pas des choses sans savoir si elles sont vraies Weasley. »

Alors le Weasly avait disparu ? Bien, très bien même. Il s'était laissé subjuguer par le côté drôle, voir touchant que pouvait avoir le brun, il n'aurait pas dû. Il pouvait de nouveau parler affaires, ne dit-on pas que « Nos pensées sont les ombres de nos sentiments, elles sont toujours plus simples que ceux-ci » ? Il ne devait se remettre qu'à celles-ci.

« Elles le sont. Dis-moi ce que tu sais sur Harry.

- Je vais te le dire... Mais d'abord, tu devras me donner quelque chose en échange... » Putain de cœur qui battait de nouveau trop fort. Comment ça quelque chose en échange ? Peut-être voulait-il des informations sur Harry, ou alors, se servir de lui... Ou encore...

« Je ne te donnerai rien.

- Dans ce cas, tu n'auras rien.

- Je ne jouerai pas à tes petits jeux de mangemort. »

Il se dirigea vers la porte, quand la poignée s'abaissa dans un bruit désagréable. Il sentit un bras lui attraper l'épaule et le tirer dans les toilettes les plus proches. En quelques secondes il se retrouva enfermé dans un espace très réduit, avec en face de lui Zabini. Ses bras encadraient sa tête, ne lui laissant pas de porte de sortie possible. Il sentit ses joues prendre une teinte rosée.

« Qu'est-ce que... »

La main gauche du brun lui coupa toutes paroles.

« Chut. Il fallait que j'agisse vite, je suppose que tu n'avais pas particulièrement envie que le monde sache que tu étais avec un 'mangemort', seul, dans des toilettes. » Il ne releva pas le ton ironique de cette remarque, levant un sourcil sceptique, et croisa ses bras sur sa poitrine dans un geste protecteur, fine rempart le séparant du corps particulièrement tentant du Serpentard.

Bordel qu'il sentait bon, ça devrait être interdit de sentir comme ça ! Sûrement un piège de l'ennemi, une potion... Il racontait vraiment n'importe quoi ! La main se retira aussitôt, comme brûlée.

« C'est froid… » Fit la voix de la personne qui était rentrée après eux. Cette voix... C'était Malfoy ! Qu'est-ce qu'il foutait là ?

Le regard de Blaise lui fit comprendre que lui aussi avait compris qui venait de rentrer et il semblait inquiet. Maintenant qu'il y pensait, le jeune homme en face de lui devait bien faire cinq centimètres de plus que lui. Il devait lever légèrement la tête pour pouvoir le regarder dans les yeux.

« Il n'est pas là Draco. » Qui était cette autre personne ? Il se serait mis la main à couper que c'était Mimi Geignarde.

Le corps du Serpentard était bien trop près de lui. Son odeur l'enivrait... Mais qu'est-ce qu'il racontait encore ! Il n'était pas gay bordel ! Il avait déjà vu des dizaines d'hommes nus dans les vestiaires, sans ne jamais rien ressentir, et une simple chemise le mettait dans tous ses états ? Il était pitoyable.

« Je sais ». Attendez… Qui ça 'Il' ?

« Harry. » Depuis quand Malfoy cherchait Harry ?

Le flot de paroles se fit plus lointain, quand il croisa le regard de Zabini.

« Depuis quand Malfoy cherche Harry ? » Lui murmura-t-il choqué.

Un rire discret lui répondit avant que Zabini lui réponde, un sourire…Tendre ? Sur le visage.

« T'es vraiment aveugle ma parole. » Bien sûr que non il n'était pas aveugle ! Quoique… Le nombre de fois où il avait merdé parce qu'il agissait trop impulsivement, sans prendre la peine de bien regarder…

« Oui c'est moi Ron, l'ami crétin d'Harry Potter. » Grommela-t-il. Ce n'était pas la première fois qu'il disait cette phrase, mais à chaque fois les personnes en face de lui n'avaient rien répondues, ou approuvées. Harry Potter était parfait, Harry Potter était sublime, courageux, fort… Alors que lui… Lui était moche. Faible. Sensible. Et pauvre. Il ne s'attendait pas à une réponse, pourtant quelques secondes après le brun lui attrapa doucement le visage, le forçant à le regarder.

« Tu n'es pas un crétin. » Son cœur rata un battement.

Les yeux de Zabini étaient remplis de désir, pour lui. Il n'y avait que lui ici, personne d'autre que lui. Et il se rendit compte que c'était ce dont il avait besoin. Après la guerre, il s'était renfermé dans cette coquille… De colère et de solitude. Il avait besoin de ce regard qui le regardait comme s'il était le seul à ses yeux. Depuis quand une telle lueur pouvait-elle exister ? Et depuis quand était-elle présente dans ce regard là? Le Gryffondor l'ignorait, mais elle était... Intrigante. Ses yeux semblaient briller de mille feux, sous la faible lueur de la lumière qui éclairait la pièce en entier. Son regard était si sombre, qu'il en eut le souffle coupé, et alors il perdit tout, sa souffrance d'avoir perdu ses frères pendant la guerre, sa carapace de colère, son envie de disparaître, tout. Il partit à l'exploration de ce corps, retraçant lentement la courbe de sa mâchoire, pour descendre sur sa clavicule et remonter sur ses lèvres... L'homme qui était en face de lui, était... Il fallait se l'avouer, particulièrement beau.

Le roux revint vite à lui lorsqu'il entendit la voix de Mimi répliquer.

« Si tu l'aimes, et tu voudrais qu'il soit là avec toi. » Malfoy aimait Harry !

Ses yeux s'écarquillèrent de surprise, et il poussa une légère exclamation, vite arrêtée par la main de Blaise qui se reposa sur ses lèvres.

De nouveau, celle-ci se retira, et les lèvres du brun se rapprochèrent à leur place. Il fallait qu'il sorte de cet enfer, et de ce démon séducteur. Il ne fallait pas qu'elles s'approchent davantage...

« Et alors ? Qu'est-ce-que ça fait qu'il soit là ou non ? Je m'en fous de Potter ! »

Les voix commençaient à s'élever de plus en plus fortes, leur permettant de pouvoir à nouveau respirer normalement, sans être sans cesse sur leurs gardes.

« Il... Il faut qu'on... » Commença-t-il, la voix devenue rauque pour il ne savait qu'elle raison. Allez, ce n'était pas si compliqué ! Il faut qu'on sorte d'ici, il faut qu'on sorte d'ici.

« Je t'ai toujours aimé Ron. Depuis la première année où je t'ai vu, je n'ai pas cessé de t'aimer. »

Son souffle se coupa, et tout disparût, à part Zabini.

QUOI, MAIS QUOI, MAIS QUOI, MAIS DE QUOI IL... Non ce n'était pas possible, il avait dut rêver. C'était impossible qu'il ait entendu ça... Hein ?

C'était impossible que quiconque sur cette planète l'ait un jour aimé depuis toujours. Des filles comme Lavande sortaient avec lui parce qu'il était le meilleur ami d'Harry Potter, et que désormais grâce au Quidditch il était plus musclé et populaire. Elles ne l'aimaient pas quand il n'était qu'un gringalet impopulaire, et peureux des araignées. Zabini devait mentir.

Mais le regard posé sur lui... Lui prouva le contraire. A cette pensée, son cœur se réchauffa doucement. Il se sentait important. Important pour quelqu'un.

Les lèvres face à lui le tentaient. D'un geste sa main se leva pour se poser sur la joue chaude du métis et le forcer à le regarder. Non, pas la caresser, mauvaise idée, non... Il ne fallait pas qu'il la rapproche de lui encore plus... Oh merde, il sentait le torse du brun se presser contre le sien, et c'était particulièrement excitant. Il foutait quoi là ! C'était un mangemort ! Remets-toi les idées en place bordel de merde !

Les pas se rapprochèrent de la porte de la cabine de toilette, et une main se posa dessus, mais c'était le cadet de ses soucis. Il voyait bien dans les yeux du Serpentard que lui aussi était à bout, et qu'il était à deux doigts de se jeter sur lui. Quelque chose tapa durement sur la porte, faisant sursauter Ron et Blaise qui se séparèrent aussitôt. Les deux hommes se fixaient intensément, légèrement refroidis. Il avait été à deux doigts de se jeter sur lui...

oOo

La main insistante d'Hermione sur son épaule le fit revenir à la réalité. Elle semblait se demander pourquoi il avait cet air rêveur sur le visage depuis quelques minutes.

Il sourit au brun qui fronça d'autant plus les sourcils, pensif, Seamus en face de lui le regarda bizarrement, puis reprit sa conversation avec Dean et Hermione. Ginny, quant à elle, essaya de secouer le bras d'Harry en face d'elle, qui se dégagea aussitôt.

Il ne savait pas ce qui était le plus horrible, qu'il ait ressentit d'étranges sentiments à la proximité du brun, ou qu'il venait de comprendre que Draco Malfoy était humain, et amoureux d'Harry, et qu'Harry lui-même semblait partager ses sentiments. Quoi qu'il en soit, le Gryffondor ne devait pas savoir ce qu'il venait d'entendre. Il avait fallu beaucoup de courage au Serpent pour faire ce qu'il a fait, et même s'il ne l'aimait pas, l'idée de lui faire ce coup ne lui plaisait pas. Et tant pis pour Ginny, elle fera un beau couple avec Seamus.

Son regard se retourna de nouveau vers Harry, qui à cet instant même se leva de sa chaise, pour se diriger d'un pas rageur en dehors de la salle. Il le suivit.

Alors comme ça Harry ne serait plus jamais rien pour Malfoy ?

Si après trois heures,

Il ne l'a pas prise à la bonne heure,

Les effets de la potion devaient durer seulement pendant trois heures.

Alors avant cinq jours il se rappellera de lui,

Et leur amour sera à nouveau réunit. »

Dans cinq jours, ils le sauront. Et si jamais il ne l'avait pas prise trop tard cette potion ?

Un Potter sans Malfoy, c'est un Potter sans vie... Il sentait que tout cela allait finir mal, très mal.


Alors, alors? Vous en dîtes quoi? Votre avis est important! La suite arrivera plus rapidement que ce chapitre. Promis!

Je vous adore!

Aiko